Accueil Actualités Communiqués Politique Etrangère Evénements culturels La Grèce en France Grèce Xenios Médias Olympisme Contactez-nous

Ethnos 22/11/2015

 

 

Interview du Premier ministre M. Alexis Tsipras

Journal Ethnos du 22 novembre 2015

 

 

Nous allons changer la donne et l’économie se redressera

Monsieur le président, le gouvernement, deux mois seulement après les élections, doit faire face à des problèmes majeurs qui exigent de facto de hautes normes du modèle de gouvernance. Outre l’engagement de la mise en œuvre du programme et des modifications engendrées, la recapitalisation des banques et le versement des tranches d’aide, les réfugiés et les attaques terroristes, sans aucun doute d’autres facteurs inconnus viennent se greffer sur cet échiquier complexe. Le pays a une « feuille de route » forte, non pour promettre des « solutions automatiques » mais pour revenir progressivement à des conditions de croissance et de prospérité en éloignant les dangers imprévus ?

Au cours de la précédente période, ceux qui investissent dans l’échec du programme, ont cherché à retarder le plus possible la recapitalisation des banques, afin d’un côté de la lier à la première évaluation, affaiblissant ainsi la position de négociation du pays, de l’autre en risquant son achèvement après la fin de l’année, un fait qui aurait abouti à une décote potentielle des dépôts et à la réouverture de la question du Grexit. Le fait que nous ayons empêché les deux sans franchir nos lignes rouges pour la protection de la résidence principale et des ménages incapables de faire face à leurs prêts, constitue un grand succès. Si quelqu’un avait dit en juillet dernier que les banques auraient seulement besoin de 6 milliards – alors que le chiffre de 25 était avancé – et que les investisseurs privés investiraient en novembre plus de 8 milliards, serait passé pour un fou. Et cependant c’est arrivé, ce qui constitue une indication claire que nous allons changer la donne et que l’économie enfin va se redresser, afin de nous libérer de la troïka et de regagner notre souveraineté économique perdue. L’objectif de recapitalisation, donc, a été atteint, et maintenant nous avons devant nous un deuxième objectif qui est la négociation de la dette, immédiatement après la première évaluation. Nous savons que la période à venir sera difficile, mais nous sommes décidés à aller de l’avant. La normalisation de la situation économique est la première direction principale de « notre feuille de route » qui comprend également la mise en œuvre progressive du programme gouvernemental parallèle.

Les conditions préalables viennent juste d’être votées. La négociation entre dans la deuxième phase et apporte de nouvelles modifications sur les Assurances, l’Administration Publique, etc. D’abord qu’avez-vous à dire aux citoyens Grecs qui sont inquiets au sujet des ventes aux enchères de la résidence principale ?

Nous avons livré un rude combat sur la question de la résidence principale. Je vous rappelle que la proposition initiale des institutions incluait la protection d’un pourcentage minimum de résidences principales. Je souligne aussi que le gouvernement Samaras avait accepté la suppression totale de toute protection, un fait confirmé publiquement par la Commission Européenne. Nous avons clairement indiqué dès le départ que ce type d’arrangements, pour notre gouvernement, était totalement inacceptable. Dans cette direction nous avons activé tous les canaux politiques de la négociation et avons contacté les dirigeants et hauts fonctionnaires européens. La Nouvelle Démocratie qui aurait pu agir de la même manière, nous a suivi indifférente, espérant notre déroute pour gagner politiquement. La société est attentive à ces comportements et s’en souvient. La conclusion de la négociation est le fruit de nos efforts. Les 25% des dettes rouges des prêts immobiliers qui n’ont pas été inclus dans la « loi Katseli »  sont totalement protégés. 35% supplémentaires sont également protégés s’il n’y a pas de manquement malveillant aux conditions de prêts, tandis que, dans le même temps, la dette subit une décote, puisque la réglementation interviendra sur la base de la valeur commerciale actuelle – et non initiale – du bien immobilier. Au-delà des outrances alarmistes, la réalité est que nous avons résolument défendu la résidence principale des plus faibles. La dernière réglementation qui assure la protection de 60% des débiteurs immobiliers dans le rouge, nous donne raison.

Il existe des « lignes rouges » pour les Assurances ? Et, si oui, elles sont définies seulement par le programme préélectoral de Syriza ou considérez-vous qu’un dialogue élargi peut s’ouvrir avec d’autres forces ou organes politiques avant de conclure les négociations avec les partenaires ?

Le régime des assurances a été pillé de façon flagrante sous les gouvernements Nouvelle Démocratie – PASOK. Mis à part les coups infligés par le chômage et le travail au noir, il a subi une rapine délibérée de ses réserves avec le fameux PSI. La question, maintenant, est d’assurer sa viabilité, et ceci ne peut se faire avec des coupes répétées des retraites. Pour cela nous avons dit que notre intention est une réforme globale pour un système de sécurité sociale plus équitable et plus durable. A cette fin, le gouvernement va façonner son projet et va inviter pour un dialogue national toutes les forces politiques et les institutions sociales du pays. Nous ne pouvons imaginer que certains opteront pour l’accusation, solution de facilité au lieu de déposer et de débattre honnêtement leurs propres propositions. Spécialement ceux qui ont gouverné tant d’années et portent la responsabilité principale de la situation actuelle.

Existent-ils d’autres domaines qui requièrent un dialogue national ? Et comment pensez-vous que les forces de l’opposition y feront face ?

Pour toutes les réformes majeures dont l’impact va au-delà du mandat de 4 ans d’un gouvernement, nous voulons épuiser toutes les possibilités d’échanges d’opinions, de composition et de concertation avec toutes les forces démocratiques politiques et sociales. Pour les grandes questions nationales ouvertes mais aussi les questions cruciales pour assurer la cohésion sociale nous lancerons un dialogue national. Par exemple pour l’Éducation. Nous devons travailler à une réforme radicale démocratique, à tous les niveaux, afin de nous assurer que le système éducatif correspondra aux valeurs de notre époque. Nous ne voulons pas d’un système éducatif à tendance néolibérale, d’où sortiront des personnes compétentes seulement pour un travail précaire, ni un système lié au conservatisme et à la paralysie hérités des décennies précédentes. Nous voulons un système éducatif d’où sortiront des personnes ayant une instruction globale, un esprit critique, un amour de la connaissance et un haut niveau de compétence scientifique.

L’autre domaine où nous pensons que le dialogue national est nécessaire, est la révision constitutionnelle. L’heure est enfin venue d’aller vers une réforme globale et approfondie, qui aura un caractère permanent et ne servira pas de vils intérêts politiques, mais aussi vers le renforcement et l’élargissement des institutions démocratiques. Dans cette discussion, nous intégrons aussi le dialogue pour un nouveau système électoral stable.

Considérez-vous que les forces de l’opposition vont répondre à l’invitation pour un dialogue national ?

Des réformes radicales exigent un large consensus et je veux penser que la plupart des forces politiques sont mûres pour une telle discussion. Naturellement, la voie de la politique démagogique accusatrice et gratuite reste toujours la plus facile. Mais ces réformes sont nécessaires et matures, la société l’a compris et le gouvernement est déterminé à poursuivre. Cela sera bénéfique pour tous, si au lieu d’échanges d’éclats politiques, nous avons un dialogue de fond, avec des arguments, et pourquoi pas des désaccords. C’est ainsi qu’avance la démocratie. C’est une position de principe, ce n’est pas de la faiblesse. Nous le chercherons, nous espérons le trouver. Si c’est encore non, nous ne les attendrons pas. Nous pouvons même seuls. Les grandes réformes dont la société grecque a besoin vont être entreprises par notre gouvernement au cours des 4 prochaines années, de toute façon. Il serait souhaitable que nous progressions avec un consensus le plus large possible et le dialogue.

Je me souviens qu’au cours du premier Conseil des Ministres vous avez averti vos ministres qu’ils seraient soumis à un contrôle permanent concernant la mise en œuvre du projet et que l’horizon du premier crash test est fixé à un semestre. Avez-vous procédé à une première évaluation ? Avez-vous distribué des cartons jaunes ou rouges ?

Le travail gouvernemental doit s’accélérer. La pression de la négociation et de la première évaluation ne doit pas nous retarder. Comme d’ailleurs la gestion quotidienne difficile de la crise des réfugiés. Néanmoins, en deux mois, beaucoup de travail a été accompli.

La loi sur les Médias a été votée, nous avons mis en œuvre notre engagement et avons légiféré sur la réhabilitation de Drapetsona en cédant le front de mer à la Collectivité Locale, nous avons déposé la loi sur le nouveau contrat de vie commune qui concerne également les couples homosexuels, nous avançons rapidement sur la nouvelle loi sur les pâturages, sur la loi pour la recherche et les centres de recherches. Le ministère du Travail prépare un plan pour 100.000 nouveaux emplois en 2016. Le Cadre de Référence Stratégique National est redéfini et couvre davantage de programmes, particulièrement sur l’innovation et les nouvelles technologies en mettant l’accent sur les jeunes scientifiques. Dans le secteur de la Santé, nous progressons vers un nouveau programme pilote pour les premiers soins. Nous élargissons le programme pour lutter contre la crise humanitaire en lançant un projet ambitieux de distribution de milliers de repas dans les écoles. Dans le domaine de l’Éducation, nous nous préparons à lancer le dialogue social pour une réforme globale du système. De plus, nous accélérons et renforçons notre travail dans le secteur des mécanismes de contrôle des impôts et de la lutte contre la corruption, où nous avons déjà obtenu des succès, particulièrement dans la répression de la contrebande.

Pour la première fois, depuis de longues années, les mécanismes de contrôle sont mobilisés et travaillent sans distraction ni pressions politiques. Il en va de même pour la Justice, où souffle enfin un air d’indépendance. De plus un important travail est réalisé au ministère de l’Intérieur, particulièrement dans le domaine de la réforme administrative et des Collectivités Locales. Et n’oublions pas que nous avons tenu notre engagement de retirer la TVA à 23% sur l’enseignement privé, revenant même, quand n’ont pas été acceptés les taux progressifs, à zéro. Cependant il y a encore beaucoup de choses à accomplir et pour lesquelles nous nous sommes engagés. Voilà pourquoi la réalisation de nos objectifs, dans chaque secteur du gouvernement, doit être claire et surveillée. Parce c’est une chose de légiférer s’en est une autre de gouverner. Actuellement, un énorme effort est fourni dans tous les ministères pour réorganiser les services administratifs et accélérer le travail administratif quotidien. Les ministères ont préparé leurs calendriers prévisionnels et à la fin du premier semestre un bilan général du travail gouvernemental sera dressé. Il existe certainement des retards, la question est cependant de les identifier et de les corriger.

En fait, vous avez demandé à ce qu’ils travaillent non seulement à la mise en œuvre du mémorandum mais aussi à un programme parallèle avec un signe social-progressiste et des réformes institutionnelles. Avez-vous un plan élaboré ?

La mise en œuvre d’un programme parallèle est une question d’une importance capitale, afin d’éliminer les effets de la crise au niveau social et économique, mais aussi en soutenant l’économie. Il y a également un secteur pour lequel le gouvernement sera jugé. L’une de nos priorités immédiates est la création d’établissements de premiers soins, le développement de programmes de lutte contre le chômage et l’extension des mesures pour remédier à la crise humanitaire. La société attend de nous des initiatives visant à lutter contre la corruption. Le secteur public doit être restructuré productivement. Un système fiscal équitable et stable doit également être instauré, la loi sur la croissance doit être votée et la mise en œuvre des Cadres de Référence Stratégique Nationaux doit progresser. Tout ceci est inscrit à notre agenda immédiat. Autant nous allons de l’avant d’autant nous stabilisons l’économie et délions nos mains.

L’opposition vous accuse également d’une avalanche d’impôts et de mesures injustes que vous déposez pour vote au Parlement sans que soit menée une négociation substantielle et fructueuse avec les créanciers. L’état-major économique a-t-il pour logique de formuler une charte fiscale stable pour les citoyens grecs et les investisseurs ?

Il est facile de parler d’avalanche d’impôts et de tirer son épingle du jeu d’un accord que tu as signé. C’est ce que fait l’opposition. Le gouvernement, d’un autre côté, a fait un compromis, qui lui donne l’opportunité de sortir le pays des programmes, en protégeant en même temps la société. Voilà pourquoi le système fiscal doit être équitable, stable et efficace, afin d’assurer la redistribution de la richesse et le soutien de l’état social et en même temps renforcer l’économie et attirer les investissements. Nous n’avions rien de tel ni à l’époque des mémorandums ni en période de croissance. L’évasion fiscale légale et illégale, particulièrement de la grande fortune, combinée à la corruption, a érodé les fondements de l’économie. Notre gouvernement a pris l’engagement très sérieux de changer les choses. Notre but est que la fortune soit fiscalisée dans son ensemble et que la charge fiscale soit répartie proportionnellement sur tous les citoyens. Et ceci au moyen d’un système fiscal simple, fonctionnel et transparent. C’est dans cette direction que l’état-major économique travaille. Mais il ne s’agit pas d’une tâche facile surtout en période d’ajustement budgétaire. Je pense cependant que tous comprennent que quelque chose a changé dans la question de l’évasion fiscale et de la lutte contre la corruption. Ceci explique aussi dans une large mesure les attaques extrêmes de divers milieux envers le gouvernement.

Un accord entre l’UE et la Turquie doit être conclu sur la question des réfugiés

Vous allez participer dans quelques jours au Sommet sur les réfugiés, une question sur laquelle vous avez déjà présenté vos propositions lors de votre visite informelle à Ankara. D’après vous, quel est le « postulat » qui doit être adopté par l’UE ?

L’Europe doit montrer sa solidarité et son humanité à l’égard des réfugiés. Les conséquences des dimensions historiques que les flux migratoires et des réfugiés ont prises ne peuvent pas être gérées par un seul pays. Pour parvenir à un résultat visible, il faut que tous partagent le fardeau. Si non, la domination de l’isolationnisme pourrait mettre en cause la cohésion de l’Europe de manière grave, faisant de l’extrême droite une menace encore plus directe. Cependant, ce qui est le plus important est de lutter contre les causes de ces flux que nous connaissons très bien. Ce sont la guerre, la pauvreté, et pendant ces dernières années, la crise environnementale.

Étant donné que la Turquie ne s’engage pas à créer des hotspots sur son territoire et que certains pays européens ont annoncé la fermeture de leurs frontières, comment la Grèce peut-elle contribuer à résoudre la question des réfugiés?

La gestion efficace de la question des réfugiés est conditionnée par la réinstallation directe des réfugiés de Turquie dans les pays européens. Ceci aura comme conséquence la diminution considérable des réseaux de trafiquants ainsi que des naufrages quotidiens de la mer Égée très meurtriers. C’est la raison pour laquelle un accord entre l’Union européenne et le pays voisin doit être conclu de manière immédiate. La Grèce a plusieurs raisons de souhaiter la conclusion de cet accord et, à cet égard, vise à jouer un rôle essentiel dans toutes les étapes des négociations relatives. Nous nous trouvons au centre du problème, on ne peut pas et on ne doit pas rester en dehors des débats pour sa solution. Quant à la fermeture des frontières, ceux qui estiment échapper au problème par des clôtures, se trompent lourdement. Ils ne feront qu’intensifier les réseaux de trafic. Seule une réponse collective, rationnelle et humaine pourrait nous amener à un résultat.

Est-ce que le gouvernement a modifié son plan de riposte face aux dangers éventuels et de renforcement des mesures de sécurité?

On fait tout ce qu’il faut, en veillant à ne pas créer un sentiment d’insécurité dans la société. La Grèce est un pays sûr qui, malgré la crise, met en valeur le visage humain de l’Europe. Nous sommes optimistes malgré le fait que nous nous trouvons au cœur de la crise économique et des réfugiés, nous nous transformons, jour après jour, de manière toujours plus évidente, de partie du problème en partie de la solution de ces crises. Restant un lieu de stabilité et de sécurité dans une zone en général déstabilisée.

Le premier parti de l’opposition aujourd’hui vote pour son nouveau président. L’élection d’un des candidats à la présidence du parti de la Nouvelle Démocratie renvoie à des scénarios distincts sur l’épreuve de force avec le principal opposant politique de Syriza ?

Notre planification s’organise sur notre programme et non sur le chef du principal parti de l’opposition. Comme Kostas Filinis le dit dans son livre « Théorie des jeux », il faut toujours partir du principe que l’adversaire prend la décision considérée comme la meilleure pour lui. Nous le leur souhaitons, puisque cela sera bon pour la démocratie ; je crois, toutefois, que l’élection d’un nouveau président ne suffit pas pour dépasser l’impasse stratégique des partis de l’ancien système politique ayant des caractéristiques plus profondes et plus pertinentes. La Nouvelle Démocratie fait face à plusieurs problèmes. La marque négative de son gouvernement, son insertion totale au libéralisme ainsi que la montée de la rhétorique d’extrême droite au sein du parti sont des conditions qui ne lui permettront pas de se reconstruire, quel que soit son nouveau président. De plus, sa stratégie pendant ces trois dernières années a visé à établir avec le PASOK sous la présidence de Monsieur Venizelos un parti de l’euro ; en considérant Syriza comme le parti de la drachme. Ils se sont singulièrement trompés et maintenant ils sont cantonnés à représenter la droite en faveur de l’euro, celle de Wolfgang Schäuble, d’Angela Merkel, de Nicolas Sarkozy et d’Emmanuel Rajoy. Cependant, ceci ne convainc pas même ceux qui traditionnellement votent pour la droite.

L’ensemble des responsables de la Nouvelle Démocratie prévoit que le gouvernement de Syriza et d’ANEL bientôt arrivera à son terme. Vous pensez que cette position est basée sur leur estimation que les députés de la coalition voteront contre les propositions de loi « chaudes » ou parce qu’ils anticipent l’incapacité de Syriza de gouverner dans ce moment critique ?

Tout ça ne sont que des vœux pieux. La majorité parlementaire est politiquement stable, parce qu’elle dispose d’une feuille de route claire. Elle est bien consciente de son objectif et des difficultés auxquelles elle doit faire face. La première évaluation et le début des négociations sur la dette en est un repère essentiel. À partir de ce moment-là, notre chemin sera toujours plus aisé. Qu’ils ne retiennent pas leur souffle jusqu’à la chute du gouvernement, parce qu’ils n’arriveront pas à rester sans respirer pendant quatre ans. Nous sommes ici grâce au soutien et la confiance de la société et c’est maintenant que la nouvelle ère pour le pays commence.

En tout cas, vous appellerez le nouveau chef de la Nouvelle Démocratie à participer à un débat sur les questions majeures actuelles?

Bien-sûr, une fois qu’il sera élu. Le dialogue est un élément fondamental de la démocratie et doit être constant et substantiel. Le pays mérite un discours et un débat politiques d’un plus haut niveau et nous espérons que la nouvelle présidence de la Nouvelle Démocratie souhaitera et sera en mesure de faire des pas dans cette direction.

Entre-temps, pendant ces derniers jours, les députés et les responsables de la Nouvelle Démocratie οnt attaqué vos ministres par des insinuations et des piques. Vous n’avez qu’une seule réponse pour tous les cas comme par exemple : « transparence partout » ou « saisissez la Justice » ?

Ce gouvernement ne doit rien à personne et n’a rien à cacher. Les lois sont applicables pour tous. On observe dernièrement que différents centres visent certains membres du gouvernement, avec l’intention parfois de créer une question nationale, de nous associer aux terroristes, ou de relever une question d’honnêteté ou de déontologie. Ces attaques sont la conséquence de la pression exercée par certains intérêts, qui sont mis en examen pour les dettes de leurs sociétés envers l’Etat, leur situation économique réelle, les conditions dont ils ont obtenu des prêts. Et il est vraiment triste de voir des députés agir en tant que « dealers » d’intérêts. Mais nous n’en sommes pas touchés. Nous sommes habitués à ces sortes de pressions. Et eux, ils ne sont pas habitués aux contrôles. Nous sommes déterminés à laisser la Justice respirer et faire son travail, pour combattre la corruption jusqu’au bout. Rien ne nous fera changer d’avis.

Deux mois après les élections, vous avez demandé la démission de M. Gavriil Sakellaridis, nommé Porte-parole du gouvernement en janvier dernier, qui vous a accompagné lors de la plupart de vos voyages de négociations à Bruxelles jusqu’au mois de juillet et a figuré sur les listes électorales de Syriza pour sa réélection le 20 septembre. Son choix de partir après avoir voté pour le troisième programme d’aide est-il compatible avec les conditions politiques et sociales d’urgence actuelles?

Nous mettons en œuvre un accord incluant des éléments politiques qui ne sont pas à nous, ce qui engendre bien sur des difficultés pour nous tous. Néanmoins, nous en sommes tous conscients et c’est sur cette base que nous avons demandé le mandat populaire. Nous connaissons aussi bien l’accord que les raisons pour lesquelles nous le mettons en œuvre. Notre projet concret est de réaliser le contenu de l’accord, pour arriver à l’ère « après-mémorandum » le plus tôt possible. Je respecte la décision de Gavriil, mais je ne la comprends pas. D’un autre côté, je dois porter à son crédit qu’il a démissionné de son mandat. J’essaie de me souvenir la dernière fois qu’un député en désaccord avec son parti a démissionné de son poste et je n’y arrive pas. C’est la seule position morale, plus particulièrement quand l’élection est organisée avec des listes et que l’accord était connu.

Interview réalisée par Mme Fofi Giotaki

 


page précédente

 

Envoyez un courrier électronique à grinfoamb.paris@wanadoo.fr pour toute question 

ou remarque concernant ce site Web 

Copyright ©Ambassade de Grèce - Bureau de Presse et de Communication, Paris, 1999

Conception : Georges Bounas - Réalisation : Marie Schoina

Dernière modification : 27/11/2015