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Fondation Hans-Böckler-Stiftung

 

 

«Grèce: Solidarité et ajustement lors de la crise»

Étude de la Fondation Hans-Böckler-Stiftung

Le professeur émérite d'Économie de l'université Kapodistria d'Athènes, T. Giannitsis et le professeur-adjoint d'Économie Rurale à l’université d’Agriculture d'Athènes, S. Zografakis, ont rédigé une étude pour le compte de la Fondation allemande des Études Macroéconomiques Hans-Böckler-Stiftung, sous le titre ‘Grèce: Solidarité et ajustement lors de la crise’, qui a été présentée le 19 mars 2015 à Berlin.

Le but de cette étude était d’examiner l’impact de la crise et des politiques menées pour la résoudre sur les revenus, les inégalités et la pauvreté.

Selon l’étude, entre 2009-2013, le PIB de la Grèce a diminué de 24,7% au niveau macroéconomique, alors que les conséquences économiques les plus graves pour le pays étaient la baisse des revenus et l’augmentation brutale des taux de chômage. Pourtant, il faut souligner que la chute des revenus n’était pas seulement le résultat de la crise mais de trois facteurs:

a)     de décisions politiques du gouvernement et de la Troïka pour une réduction des retraites et des salaires et pour la déréglementation drastique du marché du travail,

b)     de l'assainissement budgétaire, qui a mené à une récession profonde affectant les niveaux de revenus, de la demande et du chômage, et

c)     de l’attitude des gouvernements vis à vis de certains sujets, tel que la protection du secteur public des effets négatifs de la crise, la réticence à lutter contre l’inefficacité et à réaliser des réformes, qui avaient des effets défavorables au niveau des revenus et de leur répartition  

L’étude a montré entre autres :  

-        Le montant des revenus imposables de l’ensemble des ménages a baissé de 22,6%, tandis que le montant total des salaires a baissé de 27,4%

-        Le montant moyen de revenu salarial par foyer a diminué de 10,9% (entre 2008 et 2012), et celui du revenu total pour les foyers de travailleurs a baissé de 13,5%

-        La baisse du revenu moyen des salariés a atteint 10,3% tandis que le montant de la retraite moyenne a baissé de 8.3%

-        On a observé des différences importantes dans les variations de revenu par catégorie. Les baisses, les plus élevées, concernent les dividendes/intérêts (53,6%) et les recettes des activités commerciales (47,3%). Les recettes liées aux salaires et aux activités indépendantes ont reculé de 27,4%, celles des avoirs de 20,3%, tandis que celles des activités rurales ont enregistré un progrès significatif (26,2%).

-        Les baisses de salaires dans le secteur privé (sauf le secteur bancaire) étaient considérablement plus élevées (58%), en comparaison avec les salaires du secteur public (baisse moyenne annuelle respectivement 3,8% et 1,6%).

-        Dans la même période, le nombre de retraités a significativement augmenté. L’augmentation se chiffre à 48,5% pour le secteur public et à 14,1 pour le secteur privé.

-        En ce qui concerne le taux de pauvreté, entre 2008 et 2012, on a enregistré une augmentation de 3,2%, les plus jeunes tranches d’âge étant davantage affectées.  

De l’analyse des transformations financières et politiques au cours de la crise, il ressort que la discrimination demeure un élément majeur de l’économie grecque. Selon l’étude, il s’agit d’une forme d’inégalité qui était déjà évidente avant la crise et qui s’est aggravée pendant la période 2008-2012, spécialement en ce qui concerne les salaires. Concernant la discrimination dans son ensemble, il y a eu des changements restreints, malgré l’existence de groupes qui ont été beaucoup plus touchés par la forte baisse des revenus et le déclin du niveau de vie que d’autres. A partir de 2010, le taux de ceux qui risquent de se trouver en dessous du seuil de pauvreté a commencé à augmenter et a atteint une augmentation de 3% pendant la période 2009-2013. Pourtant, il y a un grand nombre de foyers qui n’a plus la possibilité de jouir des biens et des services essentiels.  

Selon l’enquête, la contraction des revenus est due partiellement à l’ingérence de l’État en ce qui concerne les salaires, les retraites et le marché du travail mais surtout la crise elle-même. Comme la charge fiscale des discriminés a été beaucoup plus lourde que celle des aisés, la discrimination, qui fut causée par la crise, s’est dégradée. L’adaptation aux nouvelles données a été très difficile puisque la charge fiscale n’a pas été symétrique et elle a eu lieu très violemment au cours d’une conjoncture économique défavorable. La taxation a frappé toutes les classes. La perte de revenus la plus importante en valeur absolue a été remarquée chez les classes aisées mais les moins favorisées ont subi une fiscalité plus lourde en termes relatifs. L’augmentation des impôts entre 2008 et 2012 a atteint 440% pour les plus pauvres, 77,6% pour la classe moyenne et 42,8% pour les privilégiés.  

L’étude introduit aussi un « indicateur de désespoir », qui révèle la pression que l’abaissement des salaires et la perte d’emploi exercent sur les foyers. Il y a plusieurs paramètres qui influencent cet indicateur, comme l’âge, le niveau de formation, le fait d’être ou de ne pas être au chômage et les possibilités existantes pour améliorer la situation. Ce ne sont pas seulement les plus défavorisés qui ont été frappés par la crise économique. Ceux qui se sentaient «assurés» et «protégés» par le cadre institutionnel ou par leurs compétences, jugées comme suffisantes, ont aussi été concernés. La croissance de « l’indicateur de désespoir »  pourrait expliquer pourquoi un grand nombre de Grecs, spécialement des jeunes, qui sont diplômés, sont partis à l’étranger pour travailler et toucher des salaires plus importants.  

Enfin, en ce qui concerne les politiques qui doivent être mises en place pour lutter contre les conséquences sociales de la crise, on doit tenir compte de la réalité telle qu’elle a été réformée ainsi que les nouvelles formes de pauvreté et d’inégalités. Ces politiques doivent

Ø     Favoriser la croissance

Ø     Lutter contre l’évasion fiscale, la fraude aux cotisations, l’exonération d’impôts ou l’indulgence du gouvernement face à ces phénomènes

Ø     Insister sur la croissance de la productivité et de l’efficacité de l’état et sur la lutte contre la corruption.  

On a constaté que les relations entre l’inégalité, la croissance et l’efficacité du secteur public sont très importantes parce que la clef pour un assainissement budgétaire réussi et une stabilisation reste la croissance. Le niveau de la corruption, de l’inefficacité du secteur public et de la politique gouvernementale demeure aussi significatif, concernant l’épanouissement en association avec les choix de la Troïka. Pour conclure, l’inégalité et les autres facteurs (politiques, corruption, efficacité) influencent de façon négative les variables indépendantes de la croissance (emploi, investissements, nouveauté etc.) ayant directement et indirectement des effets sur le rythme de la croissance et la performance globale du pays. 


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Dernière modification : 06/04/2015