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Kathimerini 13/01/2014

 

 

L'ombre de la France sur Athènes

Nikos Batapoulos

Je pensais au terme de « paradoxe » par lequel l'écrivain Olivier Rolin qualifiait Athènes, tout en observant le mouvement franco-grec de ces dernières années. « Alliance Grèce-France 2014 », nouveau programme de ce semestre de l'Institut Français, « Notre chère sœur France... », livre édité par Hestia à l'initiative encore une fois de l'Institut, les récents événements pour « Le Petit Paris » du Réseau d'Art d'Athènes sur la place Vathis, la représentation de Stavros Stangkos pour Albert Camus à la Maison Katakouzinou, la belle « cité des Lettres » de Pangrati...

Profondes sont les racines de la France dans les rues d'Athènes : bien que Kauffmann ne soit plus, une certaine aura lointaine perdure, tout comme le regard de la Duchesse de Plaisance dans la capitale. Je me rappelais à quel point étaient amusantes les versions « pures » (katharevousianikes) des drames apportés par les grands noms français du XIXème siècle, de la rue Satombriandou à la rue Maizonos. Et combien est douce leur connotation, comme dans un dédale de souvenirs, d'ombres et de sons, pour de nombreuses générations d'athéniens pour qui ce parcours personnel refait surface en tant que réalité.

Telle une mythologie particulière, la perception de la ville à travers sa toponymie, à travers ses rencontres et ses lectures, à travers ses films et ses missives, acquiert graduellement son relief, différent pour chacun telle une empreinte digitale. La France se ressent partout, pour qui veut bien le voir. Sur les enseignes « Pâtisserie de luxe », où déjà une Athènes plus innocente depuis le XIXème siècle et jusqu’il y a 40 ans, faisait don de ses pâtisseries, et jusqu'à l'étagère de ma bibliothèque avec les livres pour enfant de la « Bibliothèque verte » et l'atmosphère attirante des « Livres de poche » depuis les années 60.

Dans la rue Fokilidou, où l'un de mes amis m'a récemment confié qu'il considère la rue Kolonaki comme étant la plus belle, je me rappellerai toujours de Cécile, qui m'a enseigné le français au 4ème étage d'un bâtiment d'entre-deux-guerres sans ascenseur. C'était alors une jeune femme, que je percevais « grande », en ces années où avaient été plantés les palmiers de la rue Syggrou pour la venue de Giscard d'Estaing. Tout comme moi, des milliers d'enfants de ma génération apprirent le français, d'autres non, mais plus tard c'était « naturel », « attendu » de commencer le français.

Au fil des années, il est devenu évident qu'un pays est la langue, la corde profonde qui vibre et oscille et où, bien qu'on ne la possède pas (aussi bien que l’on souhaiterait), chante sa musique. La langue qui coule dans les veines et crée des images, dans la rue Didotou, dans la rue Sina (où se trouve l'École Française d'Athènes), où flottent en harmonie les consonances de la langue française et de la langue grecque ; cela même qui avait séduit Olivier Rolin, dans son propre ressenti d'Athènes dont il témoigne dans un petit avant-propos au magnifique guide d'Athènes de Emmanuel Adely (Autrement, 1997).

A travers les méandres de la mémoire où s’entremêlent les couvertures de Paris Match avec le « Le Cid » de Corneille, la France à Athènes ressemble à un fleuve doté de fontaines et de cascades.

(Journal Kathimerini du 13 janvier 2014)


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Dernière modification : 15/01/2014