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Kathimerini - 16/06/2013

 

 

Article du Premier Ministre M. Antonis Samaras paru le 16/06/13 dans le journal KATHIMERINI

« On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs »

 

Peut-on faire des réformes, sans déloger les planqués ?

Peut-on poursuivre les réformes sans se heurter à ceux qui s’efforcent de sauver leurs privilèges ?

Le pays peut-il changer sans incisions audacieuses ?

Peut-on demander à la société de subir des sacrifices, quand il voit que des bastions et des symboles d’opacité et de corruption demeurent intouchables ?

Les questions sont assurément rhétoriques. Tout à chacun connaît la réponse…

Il est temps maintenant d’aborder le problème réel: qui assurément est ERT ! Parce que personne ne la respecte depuis de longues années. Ils la traitaient de «dédaigneuse» et «manipulatrice» ceux-là même qui aujourd’hui… se lamentent ! Et découvrent ainsi pourquoi la société aujourd’hui hait ce système politique sur le déclin. Parce qu’il ne supporte plus son hypocrisie !

Bien entendu «l’information publique» n’est pas non plus le problème. Parce que, tout simplement, il n’y avait pas d’information publique depuis bien longtemps !

Comment l’aurait-elle pu ? Puisque ERT était tout le temps en … grève ! Qui a oublié les grèves «soudaines» à chaque visite d’officiel étranger, quand il venait apporter son soutien à notre pays ? Ou quand un représentant du gouvernement grec se rend à l’étranger afin de tenter d’obtenir le soutien de puissants pays ? Cette grève permanente était … «l’information publique», est-ce cela que veulent et méritent les Grecs ? C’est elle qu’ils ont soutenu avec le  

récital de l’hypocrisie ?

Vendredi, le Juge de la Corruption a ordonné une enquête judiciaire pour ERT. Et nous allons bientôt être informé de ce qu’il se passait depuis des décennies. Et alors, les masques vont tomber et sera révélé la raison soudaine de tant de tapage pour l’indigne ERT….

Au contraire, nous devons créer un organisme sain et moderne de radiotélévision, publique mais protégée de tout contrôle politique, selon les normes internationales. Parce que l’information publique était inexistante depuis longtemps…

Le problème, donc, n’est ni ERT ni l’information publique. Le peuple grec doit soutenir les réformes pour qu’elles aboutissent, là est le problème. Et pour les soutenir, nous devons lui montrer que nous osons lutter contre les bastions les plus criants d’opacité et de gaspillage.

Le problème, pour le dire plus directement, est que le peuple grec a raison quand il s’interroge : D’accord pour les sacrifices que vous nous imposez à tous et qui sont, comme vous nous le dîtes, «provisoires» … Vous avez, cependant, le courage, vous avez la volonté politique d’affronter les bastions les plus résistants et les plus visibles du gaspillage ? Êtes-vous différents, de sorte à faire la différence ? Ou bien êtes-vous pareils ? Parce que d’autres ont prôné «l’assainissement» de ERT. Et rien n’a bougé. Pas d’un iota.

En réalité, rien n’a bougé parce que les privilèges étaient si bien protégés et l’opacité si diffuse et si bien défendue que personne ne pouvait agir.

Et tant que le monde voyait se poursuivre la même situation malsaine à ERT, il hochait de la tête et s’exclamait : Tous les mêmes ! Personne ne peut s’en prendre aux planqués et à leurs privilèges. Seulement nous, les simples citoyens, ils nous prennent pour des bêtes de somme et nous chargent de tous les poids.

Les simples citoyens avaient raison de penser ainsi. Mais maintenant c’est exactement cela que nous changeons : maintenant nous montrons réellement, pas avec des paroles en l’air et des promesses gratuites, parce que non, nous ne sommes pas tous pareils ! Et oui, nous avons la volonté politique de lutter contre les bastions des privilèges !

Le peuple grec n’a pas d’objection à subir quelques sacrifices temporaires pour redresser le pays et avoir un avenir meilleur pour lui et ses enfants. Il suffit que ces sacrifices soient justement répartis. Et pas en tapant invariablement sur les plus faibles et les sans défense, à l’heure où la grande «confrérie» des privilégiés et des planqués demeure intouchable. Parce que c’est elle qui proteste maintenant. Et c’est pour cela qu’elle proteste : parce qu’elle a peur car maintenant ses privilèges vont être attaqués pour de vrai. Et qu’ainsi un peu de justice passera.

Evidemment, nous ne sommes pas en confrontation avec les employés de la ERT. Ils ne représentent pas notre problème. D’ailleurs beaucoup d’entre eux seront réintégrés au sein du nouvel organisme. Mais cette fois-ci ça sera avec méritocratie et tous seront généreusement indemnisés.

Le problème vient des «réseaux» qui ont pillé la radio et la télévision publique, sans la servir. Ils l’ont fait de la plus arrogante des manières.

Ceci est désormais terminé. Nous avons reçu l’ordre de tout changer, pas de faire des compromis avec des personnes confortablement installées et avec leurs privilèges. Ce devoir, c’est notre force. Le peuple sait qu’«on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs»…

En très peu de temps nous avons réussi à changer et stabiliser l’image renvoyée par le pays.

La recapitalisation des banques grecques vient de s’achever. La route de l’énergie s’est ouverte à la Grèce. Pour la première fois, depuis de nombreuses années des investisseurs s’intéressent à notre pays. Est-ce le moment de faire marche arrière ou d’hésiter?

Nous nous sommes battus si longtemps et nous avons réussi à récupérer notre crédibilité auprès des pays étrangers. A présent nous nous battons pour prouver la fiabilité de la politique au sein de la Grèce. Il s’agit, principalement, d’une bataille démocratique ! Si nous ne prouvons pas au monde que nous pensons réellement ce nous disons, nous nous exposons à des menaces envers la démocratie.

Réformes et Démocratie vont de pair. Et réformes pour non seulement stabiliser l’Economie mais aussi la Démocratie. Mais tout ceci n’est pas réalisable, si nous ne sommes pas prêts à «casser les œufs».

D’ailleurs, c’est ce que le peuple attend de nous. N’est-ce pas ?


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Dernière modification : 18/06/2013