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Kretsos - Nea selida

 

 

Le secteur audiovisuel, nouvelle industrie lourde pour la Grèce  

02 septembre 2018  

 

«La Grèce est maintenant inscrite sur la carte mondiale des pays offrant des incitations financières et attire dorénavant l’intérêt des producteurs. Nous verrons bientôt de grandes productions dans notre pays, à condition que nous réglions rapidement les problèmes de bureaucratie;  il n'y a pas de place pour la complaisance », a souligné Lefteris Kretsos, Secrétaire d’État de la Politique Numérique, des Télécommunications et de l'Information, dans son interview avec Katerina Akrivopoulou pour le journal Nea Selida (1er septembre 2018), il a notamment parlé des politiques du gouvernement grec visant à attirer les investissements dans la production audiovisuelle en Grèce.  

Lefteris Kretsos est titulaire d'un doctorat en relations du travail et jusqu'à sa nomination au poste de Secrétaire Général pour les Médias et la Communication, il était maître de conférences en relations du travail et en gestion des ressources humaines à l'Université de Greenwich (Greenwich Business School, Department of Human Resources and Organizational Behaviour). Lors du récent remaniement ministériel, il a été nommé Secrétaire d’État de la Politique Numérique, des Télécommunications et de l'Information.  

Le secteur audiovisuel occupe le centre de votre action. Au cours de l’année écoulée, vous avez régulièrement écrit des articles – un peu avec la plume du professeur, un peu avec la plume de l’homme politique -, affirmant que ce domaine est prometteur et que la Grèce peut en tirer de multiples avantages.  

Je pourrais commencer à parler de l'industrie audiovisuelle et ne jamais m'arrêter. Il s’agit d’une branche d’activité économique en pleine croissance qui intègre de nouvelles technologies et se développe continuellement à l’échelle mondiale avec un chiffre d’affaires astronomique, ouvrant de nouvelles voies à la création artistique. C'est le secteur qui a le plus grand multiplicateur de valeur ajoutée, il regroupe plus de 150 catégories professionnelles et c’est le domaine professionnel où les taux d’emploi des jeunes et des femmes sont très élevés.  

Comment les développements technologiques et l'environnement institutionnel affectent-ils l'industrie audiovisuelle?

Internet est désormais le principal vecteur et le principal moyen de transmission des contenus audiovisuels et, du fait de son impact sur la planète entière, il réclame toujours plus de contenus, de plus en plus qualitatifs dans un contexte de concurrence. Vous devez savoir qu'au niveau de l'Union Européenne, il est désormais obligatoire qu'une partie du contenu diffusé sur le territoire européen soit une production européenne.  

Quel que soit le mode de diffusion, que ce soit au cinéma, à la télévision ou sur Internet.   Notre pays, par l’intermédiaire du Secrétariat Général à l’Information et à la Communication, s’est efforcé de parvenir à cette réglementation, nous avons travaillé de manière systématique et nous nous préparons aujourd'hui à en récolter les fruits. Ainsi, l'Europe, de consommateur de contenu audiovisuel provenant des grands studios américains, est désormais devenue un producteur et le plus grand pôle attractif pour les investissements.  

Et cela nous amène à la question suivante : pouvons-nous et devons-nous produire mais aussi attirer des productions étrangères dans notre pays? Tout le monde, bien sûr, connaît la réponse  alors il est temps d'agir.  

Faire voyager nos paysages et notre Histoire sur toutes les plateformes linéaires et en ligne.  Exporter de la fiction grecque de qualité et attirer des investissements étrangers, en utilisant le potentiel humain spécialisé et les talents que nous avons. Dans ce domaine, la Grèce a un avantage concurrentiel, mais il lui manquait les incitations à la production et un cadre réglementaire pour lutter contre la bureaucratie.  

Et est-ce que tout est prêt maintenant? Le pays est-il capable d’accueillir de grandes productions? Ce qu’il s'est passé, il y a quelques mois, à Sounion lorsque la BBC a trouvé portes closes, n'a-t-il pas nuit à la réputation du pays?  

Ce fut un moment malheureux mais finalement tout s'est bien terminé et nous serons très fiers lorsque la série de la BBC sera diffusée dans des dizaines de pays, montrant notre beauté naturelle et notre culture. Il est certain que nous attendons avec intérêt une collaboration plus substantielle avec le ministère de la Culture, qui est compétent en matière d’autorisation de tournage sur les sites archéologiques. Je suis sûr que nous aurons une coopération productive.  

La Grèce est maintenant inscrite sur la carte mondiale des pays offrant des incitations financières et attire dorénavant l’intérêt des producteurs. Nous verrons bientôt de grandes productions dans notre pays, à condition que nous réglions rapidement les problèmes de bureaucratie;  il n'y a pas de place pour la complaisance.  

Comment votre législation sur les incitations influence l’avenir de l’industrie audiovisuelle nationale ?  

L'institutionnalisation des incitations avec la loi 4487/2017 a servi de catalyseur au développement de l'industrie et se vérifiera dans les mois à venir. Maintenant, comme partout dans le monde, une société de production nationale ou une société étrangère -en coopération avec des entreprises nationales- qui investit dans notre pays, peut demander le remboursement de 25% de son investissement.  

Il convient de noter qu'en Europe, cette incitation est appliquée dans la plupart des pays, avec une fourchette de remboursement comprise entre 20% et 45% des dépenses éligibles. Pour cette raison, nous allons très prochainement procéder à une augmentation du taux de subvention de 25% à 35%.  

L’ensemble des procédures passe par le système informatisé du ministère de l'Économie et du Développement sur les aides d'État. Ce processus garantit la transparence et la parfaite conformité du mécanisme. Et la subvention n'est accordée que si le plan d'investissement a été réalisé dans son intégralité ou au moins à 60%.  

Le bénéfice pour l'économie nationale est considérable, si l'on prend en compte, non seulement l’équipe de tournage et les acteurs, mais aussi l’ensemble du mécanisme de soutien logistique : voitures, restauration, remorques, hôtels... La liste est très longue et les entreprises locales qui peuvent tirer profit des tournages, sont nombreuses et variées.  

À ce jour, quinze demandes ont été déposées pour des productions audiovisuelles, six ont déjà été approuvées et neuf sont dans la phase finale de l’évaluation. L’intérêt pour les tournages en Grèce est formidable et je pense qu’il va se multiplier très prochainement.  

Nos priorités immédiates incluent également la lutte contre le piratage de signal audiovisuel et de productions sur Internet, qui affecte à la fois les entreprises saines du secteur et les créateurs ainsi que la réduction des problèmes de liquidité en fournissant un ensemble de prêts et de garanties aux producteurs.  

Notre priorité principale pour le futur immédiat est également l’ouverture de bureaux d’accueil des tournages (film offices) dans chaque région et grandes municipalités. Ces bureaux seront des structures qui gèreront les demandes de tournage et interconnecteront tous les professionnels et organisations impliqués dans l’exécution d'une production - restauration, hébergement, services techniques et d'assurance, vestiaires, services comptables, photographes, ingénieurs du son, opérateurs, acteurs, magasins de meubles, accessoiristes, imprimeries, services de communication, institutions académiques, etc.  

Tout récemment, le 15 août, une subvention de 5 millions d'euros a été octroyée au Centre National de l’Audiovisuel et de Communication (EKOME) pour le développement des bureaux d’accueil des tournages, en coopération avec les régions, les municipalités, le Centre du Film Grec et les Bureaux de Presse à l'étranger du Secrétariat Général à l'Information et à la Communication.  

Certaines régions ont déjà adopté cette initiative, et plus particulièrement les régions de l'Attique et de la Grèce Centrale qui ont déjà franchi de grandes étapes et à qui ont déjà été adressées les premières productions. Par ailleurs, nous sommes en contact avec les autres régions avec lesquelles nous avancerons très vite. Notre objectif est de réussir à informer toutes ces régions jusqu’à la fin de l’année et à mettre en place une planification de sorte à ce que les bureaux soient opérationnels au cours du premier semestre – voire même du  1er trimestre - 2019.  

Je tiens également à signaler qu’une subvention de 10 millions d’euros a été attribuée à EKOME, au mois d’août, pour la création d’un Fonds National des Archives Audiovisuelles sur le modèle du BFI britannique et de l’INA français. L'industrie audiovisuelle et ses dérivés constitueront un moteur essentiel de la croissance dans la Grèce post-mémoranda.

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Dernière modification : jeudi 06 septembre 2018