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Site de Kéros

 

 

Des idoles brisées de Kéros suggèrent des rituels antiques mystérieux

Des figurines en marbre exposées au Musée de l’Art Cycladique donnent à penser que l’île inhabitée de Kéros dans les Cyclades était un lieu de pèlerinage antique qui attirait de nombreux visiteurs.

L’île de Kéros est un îlot rocheux situé entre Naxos, Amorgos et Ios dans les Cyclades. Rocailleuse et inhabitée, Kéros est de nos jours évité même par l’ « agoni grammi », une ligne maritime de ferry très peu empruntée qui dessert les régions les plus reculées des îles environnantes, officiellement nommée « ligne non rentable ».

Mais cela n’a pas toujours été le cas.  

Grâce au travail accompli par les archéologues anglais et grecs, il apparaît maintenant que Kéros, il y a 4.500 ans, était au cœur même de la vie maritime Égéenne. L’histoire des fouilles sur l’île, qui abrite quelques uns des plus anciens artefacts mystérieux au monde, remonte à plusieurs décennies. L’archéologue anglais Colin Renfrew a visité pour la première fois l’île en 1963, et depuis lors, des équipes grecques et britanniques ont effectué une série d’études et de fouilles systématiques.

Des rituels antiques au marché noir moderne  

Au fil des ans, un nombre de trouvailles intrigantes ont fait leur apparition sur le marché des antiquités, soit disant en provenance de la région située autour de Kéros. Les plus impressionnantes d’entre elles sont des morceaux de figurines féminines en marbre brisées, de même type que celles trouvées dans des tombes préhistoriques dans les Cyclades.

Blancs et de forme abstraite, ces objets sculptés ont commencé à être très prisés des collectionneurs d’art. Leur simplicité austère a été vénérée par les artistes avant-gardistes de l’après guerre en Europe, dont Brancusi, Modigliani et Picasso qui les ont appelé « objets magiques ».

En 1976, une exposition de la ville allemande de Karlsruhe a présenté un grand nombre de morceaux de figurines cycladiques. Cette collection a été baptisée « Le magot de Kéros », ce qui indique qu’ils provenaient de cette île. Les expositions ont commencé à faire l’objet de nombreuses controverses quand les archéologues ont fait remarquer que les objets avaient été pillés et vendus illégalement. En conséquence, disaient-ils, impossible de prouver l’origine des figurines ou d’évaluer leur importance.

Dans les années 1980, ces artefacts orphelins ont été adjugés pour des millions de dollars dans des ventes aux enchères, provoquant une vague de pillages dans les Cyclades et l’apparition d’un marché florissant de contrefaçons, ce qui a encore plus compliqué la détermination de leur origine et leur signification archéologique.  

Pèlerinages à l’aube de la civilisation  

Après de longues années, les archéologues ont pu reconstituer une image aussi riche en culture qu’intrigante, en se focalisant sur l’emplacement de ce qui a été décrit comme « le monde du plan ancien sanctuaire maritime ».

Le site archéologique se compose de deux parties : un grand « dépôt rituel » d’idoles et autres objets sur une colline connue sous le nom de Kavos située sur la côte ouest de Kéros, et un grand bâtiment datant de la même période sur la petite île de Daskalio, juste à l’ouest de Kéros. Les deux sites étaient jadis reliés par une étroite bande de terre, des fouilles récentes ont mis au jour les restes d’un escalier à ce croisement. Les découvertes datent de 2.750 – 2.550 avant J.C., période de l’Âge du Bronze.

Sur Daskalio, où la présence humaine s’est répandue sur les 7.000 m2 de l’île, se trouvent les ruines d’un bâtiment décrit comme « monumental ». D’une longueur de 16m et d’une largeur de 4m, il s’agit de la plus grande structure connue de cette époque dans les Cyclades. La pierre ayant à sa construction a été apportée de l’île de Naxos, distante de 6 miles marins.

A Kavos, les fouilles ont conduit à la découverte de plus de 500 morceaux d’idoles et 2.500 fragments de vasques en marbre, ainsi qu’un grand nombre de vases à boire. L’aspect le plus fascinant de ces objets trouvés dans le « dépôt rituel » est qu’ils sont tous en morceaux. Et plus précisément, aucun fragment ne correspond à un autre : des têtes sans corps correspondant, des pieds sans tête ni torse, des restes de vasques en pierre et des vases sans aucune pièce correspondante – et des dizaines de vases à boire.

Clairement, il ne s’agit pas de restes de la vie quotidienne – ou de la mort – de l’âge du Bronze ancien dans les Cyclades. Des objets ressemblant à ceux du dépôt ont déjà été trouvés lors de fouilles contemporaines mais ils étaient presque toujours intacts. En même temps, les habitations de cette période contenaient une plus large gamme d’articles, plus « mondains » que des pots de cuisine, des jarres et des outils.

Les archéologues suggèrent maintenant que les deux parties du site formaient une sorte de sanctuaire, où les offrandes étaient faites dans le cadre d’un rituel qui incluait la boisson.

Certains ont tenté d’établir un parallèle entre les idoles et les offrandes votives, connues en grec sous la dénomination « tamata », dédiées aux saints chrétiens ou aux divinités de l’Âge classique lors de prières pour une guérison. Ceci suggère une sorte de pèlerinage, et en effet Renfrew imagine des visiteurs passant la nuit à Daskalio après avoir voyagé pour participer aux rituels, comme l’ont fait les pèlerins à une époque plus récente.

Il y a aussi des comparaisons avec le célèbre sanctuaire classique de Delos, qui accueillaient les développements religieux et géopolitiques dramatiques durant l’Âge d’Or d’Athènes comme le centre de la soit disant « Ligue Délienne » des cités grecques.

D’autres traits de l’Âge de Bronze rencontrés à Kéros sont moins connus : personne ne comprend vraiment la signification des figures féminines, qui vont de la taille de la paume d’une main jusqu’à la taille d’un petit enfant, ou pourquoi seulement des fragments, apparemment brisés délibérément ailleurs, ont été déposés là.  

La vie dans la mer Égée à l’Âge du Bronze ancien  

Malgré les ressemblances apparentes avec les sites plus récents et mieux interprétés, il est difficile d’imaginer comment la vie était différente dans les îles des Cyclades il y a 5.000 ans. Des archéologues pensent que les îles étaient habitées par de petites communautés, composées de quelques familles chacune. Bien que les restes trouvés à Kéros datent de la même époque que les premières pyramides égyptiennes, les Cyclades ne faisaient pas partie d’un royaume d’une telle ampleur et si complexe – il n’y a pas d’écrit, par exemple, ou de monuments de taille significative concernant la vie ou la mort.

Néanmoins, les habitants des Cyclades ont clairement développé une culture riche, avec ses propres complexités. C’est également l’époque où la vigne et les olives ont été cultivées pour la première fois et où l’huile d’olive et le vin ont fait leur apparition dans le vocabulaire culinaire méditerranéen.

La poterie trouvée sur les sites archéologiques suggère que de nouveaux styles de nourriture et de boisson étaient devenus un élément central de la vie sociale. De la poterie décorée et des roches sculptées, il ressort que les voyages par mer revêtaient une grande importance non seulement pour la pêche et la cueillette d’aliments mais aussi pour acquérir des produits plus exotiques. Les îliens prenaient leurs bateaux entre les îles pour obtenir des métaux pour des armes compliquées, du marbre et de l’obsidienne pour fabriquer des lames tranchantes.

Voyager était sûrement aussi impératif pour des raisons sociales – et nécessaire pour des mariages entre petites communautés. Les îliens avaient leurs propres conventions au sujet de l’habillement et de l’apparence – un fait connu grâce aux traces de peinture sur les idoles qui montrent des coiffures sophistiquées et des vêtements à motifs et qui semblent orner de tatouages et de cicatrices décoratives. En fait, avec leurs barques et leurs tatouages, certains étudiants de cette période ont dépeint une image des autochtones du Cycladique Ancien qui est plus proche de l’image de la Polynésie que de celle de la Grèce Classique. Les dernières découvertes à Kéros vont ajouter d’épaisseur à une image déjà colorée de la société insulaire, plus de 1.000 ans avant que les grands palais de Knossos et de Mycènes ne soient érigés et 2.000 ans avant que le Parthénon ne soit construit.

 

Kéros : Révélations sur le plus ancien sanctuaire insulaire au monde  

Un article du journal anglais Times relate les nouvelles découvertes impressionnantes faites sur l’île de Kéros.

Selon le site du journal, l’un des plus énigmatiques sites antiques de Grèce révèle de nouveaux niveaux de complexité après une décennie de recherches. L’article relate la découverte d’un escalier impressionnant et d’un sentier qui reliait la colline rocheuse de Kavos (à Kéros) à l’îlot Daskalio, deux lieux qui dans l’antiquité étaient reliés par une étroite bande de terre (et le sentier aujourd’hui englouti). Les découvertes, comme le précise l’article, remontent à l’époque des Pyramides d’Egypte.

Le sanctuaire insulaire le plus ancien du monde  

Selon le célèbre archéologue anglais Sir Colin Renfrew, qui réalise des fouilles depuis des années dans la région, le sanctuaire insulaire le plus ancien du monde se trouverait sur l’île reculée et inhabitée de Kéros, dans la partie méridionale des Cyclades, entre Naxos et Santorin, importants sites également à l’Âge du Bronze. Là où la route rencontre la pente raide de Kavos, les récentes fouilles ont mis au jour un escalier qui conduit aux deux zones où étaient effectués des « dépôts rituels ».

Il s’agit de dépôts de centaines de morceaux brisés d’idoles cycladiques en marbre ainsi que des vasques en marbre et des vases inhabituels en céramique pour boire du vin, à qui on a attribué le surnom de « saucières » en raison de leur forme. Il est extraordinaire qu’aucun fragment de marbre ne peut être assemblé à un autre et qu’aucune idole ou vase n’ait été trouvé entier mais qu’il n’y a aussi aucune trace de casse à proximité, un élément qui suggère que les pièces arrivaient déjà cassées à Kavos.

De plus, aucun des plus de 500 morceaux d’idoles ou des 2.500 étranges morceaux de vasques en marbre n’a trouvé un morceau lui correspondant dans aucun autre objet cycladique trouvé ailleurs ou obtenu par le biais du marché illicite d’antiquités. « Il semble qu’apporter un morceau d’idole brisée pour le déposer sur l’île sacrée de Kéros était une sorte d’obligation, vraisemblablement on restait quelques jours à Daskalio jusqu’à la fin de la cérémonie » selon une supposition du professeur Renfrew d’il y a six ans.

Le style de la poterie ainsi que les datations au carbone montrent que les dépôts rituels ont été  principalement pratiqués entre 2.750 et 2.550 ans avant J.C., pour décliner progressivement au cours du demi-siècle suivant. L’escalier découvert récemment remonte à la même époque que l’activité rituelle.

Il est à noter que sur l’îlot Daskalio ont été découverts, en 2008, les vestiges d’un bâtiment rituel en pierre d’une longueur de 16m, qui a été daté entre 2.550 et 2.400 avant J.C. et a été abandonné environ en 2.000 avant J.C. Selon M. Renfrew, il s’agit de « la plus grande construction connue de la Période de l’Art cycladique premier », cette région a l’architecture publique la plus spectaculaire des Cyclades pour l’époque, sans pareil dans toute la région égéenne.

De plus, comme révélé en 2008, dans le bâtiment ont été trouvées trois haches en bronze, pesant plus d’un kilo, un fait très important pour la métallurgie de l’île, ce qui a très certainement joué un rôle dans l’importance de l’installation, tandis qu’un bâtiment circulaire plus petit situé à Daskalio, dans lequel étaient cachés des galets marins, découvert à peu près à la même époque, montre des pratiques rituelles et se situe à la place de l’actuel îlot.

« L’importance du sanctuaire de Kéros comme le premier centre important religieux de l’Égée à l’Âge du Bronze se trouve confortée par les nouvelles découvertes faites dans l’installation de Daskalio » a déclaré M. Renfrew. « Les principaux dépôts rituels d’idoles en marbre brisées et les vases, ainsi que les vases à boire en céramique, ont été faits à Kavos de Kéros, en l’absence de structures impressionnantes ou d’un assez grand ensemble de bâtiments » a-t-il souligné. 

Il a ajouté « Au contraire, ces édifices monumentaux ont été construits dans l’agglomération de Daskalio, la conception et les caractéristiques monumentales commencent à être compréhensibles. Il est clair que c’est le plus important centre religieux des Cyclades situé au cœur de l’Égée du début du 3e millénaire avant J.C, sans aucun doute quelques 500 ans avant n’importe quel autre centre religieux de l’Égée préhistorique » a annoncé le professeur.

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Dernière modification : 17/03/2017