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Tsakalotos - Avghi

 

 

Extrait de l'interview accordée par le ministre des Finances M. Tsakalotos au journal Avghi

26/06/2017

Le ministre des Finances M. Tsakalotos analyse pour le journal Avghi, les bénéfices que le gouvernement grec a retirés en ayant refusé la proposition du 22 mai et en mettant la pression pour qu’une solution soit trouvée à l’Eurogroupe du 15 juin. Il estime, de plus, que la sortie de la Grèce sur les marchés est désormais une question d’ordre technique et se fera très prochainement, cependant il mentionne que le facteur temps devrait permettre de soulager les classes moyennes. En même temps, il aborde la question du modèle de croissance qui ressemble plus au renard qu’au hérisson, il déclare qu’il n’est pas amoureux du fauteuil de ministre des Finances et qu’il est prêt pour n’importe quel poste compatible avec le « programme politique ».

Enfin, il défend les choix du gouvernement quelles soient les erreurs en soulignant que « Nous ne pouvons pas abandonner le champ de l’affrontement politique en attendant des jours meilleurs », puisque cela « signifierait entre autre une grave détérioration de la vie des classes populaires et en même temps une renonciation à toute tentative de transformation de l’économie et de l’état ».  

Yannis Agouridis (pour Avghi) : Wolfgang Schaüble a accusé le gouvernement grec d’avoir repoussé du 22 mai au 15 juin à des fins de communication. Finalement, qu’est ce que la décision du dernier conseil apportait de plus ?  

Tsakalotos : Le projet de décision de l’Eurogroupe du 22 mai, que nous avons rejeté, n’avait pas les résultats escomptés que nous avons obtenus avec la décision du 15 juin même si, clairement, elle n’est pas à la hauteur de tous les sacrifices que le peuple grec a consenti mais c’est une étape importante dans la transformation du cercle vicieux en cercle vertueux.

Peut-être que la différence la plus importante entre les deux textes est que le deuxième verrouille les excédents primaires à long terme, à un niveau de pourcentage inférieur à celui réclamé dans le Pacte de Stabilité et de Croissance aux pays qui ne sont pas soumis au programme.

Ce verrou donne une plus grande clarté aux mesures à moyen terme pour la dette, stabilisant un autre paramètre – de même importance que  l’accord de mai 2016 fixant les besoins financiers bruts. Ces clarifications auront un impact décisif sur les futures décisions qui seront prises pour les mesures à moyen terme de l’allégement de la dette, comme l’allongement de la maturation et les modalités du paiement des intérêts.

Parallèlement le verrou donne un sens au mécanisme soutenu par les parties grecque et française, la clause de croissance.

Le libellé du précédent Eurogroupe, qui avait fuité dans le journal Kathimerini, prévoyait que l’excédent primaire devait être au moins égal à 2%. Potentiellement, donc, il permettait des excédents bien entendu supérieurs à 2%, qui auraient pu atteindre – je donne un exemple au hasard – les 4,5 % !

Avec cette formulation, une réponse probable à un mauvais scénario, à savoir un taux de croissance inférieur à celui attendu, aurait pu être une augmentation des excédents primaires au lieu d’avoir des mesures supplémentaires d’allégement de la dette. En verrouillant, donc, l’excédent primaire et en introduisant la clause de croissance nous avons créé les conditions de sorte à ce que les fluctuations du cycle économique aient une influence sur les mesures d’allégement de la dette et non sur l’excédent primaire.

Une autre amélioration décisive apportée au texte est le remplacement de l’expression « si nécessaire » (« if needed ») qui était mentionnée dans l’ancien texte de l’Eurogroupe, avec l’expression « dans la mesure nécessaire » (« to the extent needed »). Sur la base de cette dernière, l’application des mesures pour la dette est automatique et les futures discussions porteront sur l’étendue de leur application. La dernière dépendra de critères clairs et quantifiables.

De cette manière, a été levée la dernière incertitude qui planait avec les décisions précédentes avec lesquelles la mise en oeuvre ou non des mesures était liée au facteur de négociation politique et dépendait également de la volonté politique des parties qui n’agissent pas toujours en ayant à l’esprit l’intérêt de la Grèce.

Pour finir, mais certainement pas moins important, le fait qu’il existe une plus grande transparence dans les mesures de développement et de croissance en général, sur lesquelles le gouvernement grec mettra désormais l’accent.  

Yannis Agouridis : L’intégration de la Grèce au programme d’assouplissement quantitatif dans le courant de l’année est-elle envisagée et si oui à quelles conditions ? En quoi une telle décision est-elle importante ? Est-elle liée à la sortie test sur les marchés de la Grèce et quand aura-t-elle lieu ? Quand pouvons-nous attendre la suppression des capital controls ?  

La BCE est un organisme indépendant qui ne peut s’engager par anticipation en ce qui concerne la décision sur l’intégration de la Grèce au programme d’assouplissement quantitatif. Cependant, dans un avenir proche, nous pensons que la BCE pourrait apporter des clarifications sur l’agenda de l’intégration. A cette fin, je pense que le changement de position du FMI a aidé, après les différentes améliorations apportées au communiqué, qui il y a encore un mois voyait le verre dans le meilleur des cas à moitié vide alors qu’il le voit, maintenant, nettement plus qu’à moitié plein.

Dans les semaines à venir, le décaissement de la tranche sera ordonné. Dans le même temps, les cadres de l’Organisme de Gestion de la Dette Publique, toujours conformément aux conditions économiques nationales et internationales et en coordination avec le gouvernement, devraient organiser une sortie test sur les marchés – la date exacte relève d’une question assez technique, il est impossible actuellement d’établir une prévision précise.

De plus, nous poursuivons notre effort pour un assouplissement graduel des limitations de capitaux. Nous estimons que, puisque la confiance dans l’économie augmente, nous allons observer une accélération du retour des dépôts et un renforcement du système bancaire. Ce  qui logiquement accélèrera l’assouplissement des capital controls.

Ainsi, donc, l’achèvement de la deuxième évaluation et le changement de position du FMI jettent les bases pour la double sortie de la Grèce sur les marchés le plus rapidement possible et du Mémorandum en 2018. Ce à quoi contribue grandement le dernier paragraphe de la déclaration de l’Eurogroupe qui fait référence à l’obligation conjointe des états-membres d’aider avec le paiement des arriérés et la constitution de réserves.

 

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Dernière modification : mercredi 28 juin 2017