Journal Les Echos du 05 septembre 2003

INTERVIEW

Costas Karamanlis : Notre priorité est de rendre le pays compétitif

LE PRÉSIDENT DU PARTI NOUVELLE DÉMOCRATIE ET LEADER DE L'OPPOSITION

Vous avez huit points d'avance dans les sondages. Comment espérez-vous assurer votre victoire ?

Notre Europe doit être plus forte, plus sociale, plus démocratique qu'elle ne l'est aujourd'hui. Nous voulons faire de la Grèce un pays dynamique et compétitif dans un environnement sûr et tout aussi compétitif. Mais pour faire cela, il est évident que nous devrons réformer quelques institutions et renforcer notre économie. Jour après jour, nous gagnons un peu plus la confiance de       Costas Karamanlis    nos citoyens pour améliorer leur vie.

Quels seront les thèmes les plus marquants de votre campagne ?

Je commencerai par parler de l'éducation. Nous voulons investir largement dans ce domaine. Nous voulons être plus compétitifs. Cela veut dire que notre économie doit être plus offensive, tout en protégeant l'emploi et la cohésion sociale. Dans le même temps, il faudra revoir les bases de l'Etat. Il faut créer plus de transparence et retrouver la confiance des citoyens en redistribuant les richesses.

Economiquement parlant, comment décririez-vous la situation actuelle de votre pays ?

La bureaucratie et la fiscalité constituent encore un frein à l'investissement étranger. A côté de cela, le service public est beaucoup trop présent dans des domaines où il ferait mieux de s'abstenir comme l'énergie, les télécommunications, les transports ou la banque. Les inégalités régionales sont également très fortes : 21 % des Grecs vivent sous le seuil de la pauvreté alors que la moyenne européenne est de 15 %... Quant à la dette, elle représente actuellement 105 % du produit intérieur brut en volume, et cela fait plusieurs années que cela dure.

Que pensez-vous des privatisations lancées par le gouvernement ?

Elles cherchent à rapporter de l'argent, mais sont menées d'une façon non productive et peu efficace économiquement. Sans parler des délais dans les procédures... Le gouvernement veut prouver qu'il maîtrise ses déficits. Mais la dérégulation des marchés de l'énergie et des télécommunications imposée par Bruxelles a dégénéré dans la création de sociétés privées affiliées.

Beaucoup d'entreprises nous ont parlé de leurs difficultés à travailler en Grèce à cause, notamment, de son régime fiscal contraignant. Certains parlent même de corruption...

C'est un sujet dont j'ai déjà parlé. On peut rappeler que des rapports récents, dont un émanant de la BCE, montrent que la Grèce a touché le fond en matière de lutte contre la corruption... D'autres chiffres montrent que l'investissement étranger s'est élevé à 53 millions d'euros en 2002, classant la Grèce dernière au sein de l'UE. C'est six fois moins que la Finlande qui se classe avant-dernière... Il faut assainir et simplifier le système fiscal.

PROPOS RECUEILLIS PAR C. C.

 

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Dernière modification : jeudi 14 février 2008