Journal Le Monde du 30 janvier 2009

La Grèce est le talon d'Achille de la zone euro

Si d'un point de vue géographique, la Grèce se situe loin du centre de la zone euro, elle n'en est pas moins au coeur des préoccupations de l'Union européenne (UE).

La situation du pays se dégrade rapidement. L'UE table sur une croissance 2009 d'à peine 0,2 % pour la Grèce. Le déficit budgétaire représente 3,7 % du PIB, et la dette publique 94 %. Le coût de l'emprunt est devenu bien plus élevé pour l'Etat grec lorsque l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé la note qu'elle lui attribue. Aujourd'hui, la Grèce porte la note de crédit la plus basse de toute la zone euro.

Les investisseurs ont toujours considéré la Grèce comme l'un des maillons faibles de la zone. Néanmoins, il est surprenant de voir avec quelle brutalité s'est achevée une décennie entière de croissance alimentée par les subsides de l'Union. Le tourisme et le transport maritime, les deux piliers de l'économie grecque, ont subi de graves revers en 2008. Les banques du pays sont très investies en Europe de l'Est. Enfin, les recettes fiscales se sont révélées inférieures de 50 % au budget.

Le bon sens commanderait que la dépense publique soit mise à la diète, mais la crise politique qui secoue la Grèce dissuade le gouvernement d'aller dans ce sens.

Si la Grèce était déclarée insolvable, les conséquences politiques et financières seraient catastrophiques. Dans un pays où les secteurs public et parapublic pèsent pour 40 % dans le PIB, l'annonce déclencherait à coup sûr des émeutes encore plus graves que celles de décembre 2008. Elle pourrait aussi semer la panique sur les marchés financiers, et pousser les investisseurs à se débarrasser des titres de dette émis par d'autres pays de l'UE à la gestion laxiste.

Le risque de contagion devrait inciter l'Europe à prendre des mesures préventives pour empêcher la Grèce de faillir. Elle se trouve dans la même situation que les détenteurs des actions et des obligations d'une société en difficulté : tous ont intérêt à ce qu'un plan de restructuration et de rééchelonnement de la dette soit mis en place pour éviter la faillite.

Il ne faudrait toutefois pas signer un chèque en blanc à la Grèce. L'économie du pays a grand besoin de modernisation. L'excès de dépense publique et une politique industrielle assise sur des subventions constituent autant de handicaps. La plupart des entreprises gérées par l'Etat se porteraient bien mieux si elles basculaient dans le secteur privé. La métamorphose ne manquerait pas d'être douloureuse, mais si elle n'a pas lieu, la Grèce devra faire face à bien pire encore.

Sur breakingviews. com

Constantin Courcoulas

(Traduction de Christine Lahuec)

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Dernière modification : jeudi 29 janvier 2009