Journal La Tribune du 21 avril 2010

Les marchés maintiennent l'étau sur la Grèce

Malgré un placement de dette réussi ce mardi, les taux de ses emprunts d'Etat grecs ont bondi à de nouveaux records historiques. Les négociations sur l'aide du FMI et de l'UE commencent ce mercredi.

Malgré le relatif succès de son émission de dette à court terme, la pression exercée par les marchés sur le gouvernement grec n'a pas faibli ce mardi. Alors que les responsables du FMI, de la BCE et de l'Union européenne entament des négociations sur les conditions d'octroi des financements d'urgence, le taux des obligations à 10 ans grec a inscrit un nouveau record historique depuis l'entrée du pays dans la zone euro. Après avoir atteint 7,76 % lundi, le rendement a bondi jusqu'・ 7,86 %, soit pr・s de 4,9 % de plus que celui des titres allemands équivalents.

Nouvelles tensions

Ces nouvelles tensions sont intervenues alors que l'agence de gestion de la dette hellénique a pourtant réussi à placer 1,95 milliard d'euros de titres à 3 mois, contre un montant fixé initialement à 1,5 milliard. La solide demande des investisseurs, alléchés par des rendements élevés, a permis au pays d'emprunter à un taux de 3,65 %, alors que les analystes tablaient sur une fourchette de 4,25 % à 4,5 %. Bien que moins élevé qu'anticipé, ce niveau représente néanmoins plus du double de celui consenti lors de la dernière opération à 3 mois réalisée par la Grèce, le 19 janvier dernier.

Inquiétudes attisées

Les inquiétudes des investisseurs sur l'étendue des problèmes budgétaires grecs ont été attisées par des déclarations privées d'Axel Weber, le président de la banque centrale allemande. Selon l'édition de mardi du Wall Street Journal, qui cite des sources anonymes, le dirigeant aurait estimé la veille devant des parlementaires allemands à 80 milliards d'euros le montant total nécessaire pour venir en aide à la Grèce d'ici 2012.

Les européens ont pour l'instant annoncé le 11 avril dernier qu'il pourrait prêter jusqu'à 30 milliards d'euros en 2010, auxquels s'ajouteraient 15 milliards en provenance du FMI, le tout contre un taux d'environ 5%. En comptant la dernière levée de dette, la Grèce doit encore lever environ 9,7 milliards d'euros pour couvrir ses besoins de financements sur le mois de mai.

Une question de semaines

La plupart des observateurs estiment désormais que le recours de la Grèce à l'aide conjointe de l'UE et du FMI n'est qu'une question de semaines, ce qu'a confirmé à mots couverts George Papaconstantinou, le directeur de l'agence nationale de gestion de la dette. "Le gouvernement grec décidera d'activer le mécanisme d'aide quand il le jugera nécessaire, et cela dépendra à la fois des conditions d'emprunt et de la progression des négociations", a-t-il déclaré・.

Décalées à ce mercredi en raison de la crise aérienne secouant le ciel européen, les discussions devraient durer au moins 10 jours. Elles se focaliseront notamment sur les coupes budgétaires supplémentaires exigées par les Européens et le FMI pour prêter des fonds d'urgence en 2011 et 2012, ainsi que le taux d'emprunt concédé à Athènes.

Julien Beauvieux

 

Les taux de la dette grecque à un plus haut niveau historique

Les taux des obligations grecques à 10 ans ont franchi ce lundi leur plus haut niveau depuis l'entrée du pays dans la zone euro, à 7,764%. Une escalade qui confirme les inquiétudes du marché sur la capacité de la Grèce à venir à bout de ses déficits. La réunion prévue ce lundi entre l'Union européenne, le Fonds monétaire international et le gouvernement grec a été reporté à mercredi pour cause de ciel européen paralysé.

Les taux des obligations grecques atteignent à nouveau des sommets. Les rendements des obligations à 10 ans ont franchi ce lundi leur plus haut niveau depuis l'entrée du pays dans la zone euro, à 7,764%, un taux proche de celui que doit proposer actuellement le Mexique pour lever de l'argent.

En d'autres termes, la Grèce doit désormais offrir un surplus ("spread") de 4,60 points de pourcentage par rapport à l'Allemagne pour emprunter sur les marchés. L'accalmie qui avait suivi l'annonce le 11 avril des modalités du plan d'aide européen à la Grèce aura donc été de courte durée.

Cette hausse est dans la continuité de vendredi, les investisseurs ayant manifesté en fin de semaine dernière une aversion pour le risque, après les révélations sur Goldman Sachs Le gendarme boursier américain a annoncé des poursuites contre la banque d'investissement américaine, ce qui a refroidi les marchés et pesé par ricochet sur les actifs les plus fragiles comme la dette grecque.

Pas de nouvelles mesures d'austérité

Cependant, cette  tension sur les taux du pays reflète avant tout les inquiétudes sur la capacité de la Grèce à réduire ses déficits. Le gouvernement grec a d'ailleurs exclu lundi de durcir en 2010 les mesures d'austérité infligée au pays pour redresser ses finances, renvoyant aux deux années suivantes une éventuelle autre cure de rigueur.

"Les mesures et décisions que nous avons prises pour 2010 sont hypersuffisantes, elles vont plus loin que ce que nous auraient demandé le FMI et les autres organismes parties prenantes au mécanisme de soutien" à la Grèce, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Georges Pétalotis.

Le marché attend donc une amélioration des comptes publics grecs, dont l'état de délabrement rend peu attractif la dette grecque. Cette dernière "cumule tous les problèmes", selon René Defossez de Natixis cité par l'AFP (Agence France Presse), car "elle est peu liquide, mal notée par les agences financières et les statistiques officielles grecques ne sont pas très fiables".

Recours au plan d'aide européen

La réunion prévue lundi entre le gouvernement grec , l'Union européenne et le FMI (Fonds monétaire international) - probable prélude à une activation du plan d'aide européen - a été reportée à mercredi, pour cause de trafic aérien paralysé en Europe.

Le Premier ministre grec , Georges Papandréou, a indiqué ce lundi que si "l'intérêt du pays l'impose", il recourra "sans hésitation" au plan d'aide européen.

Ce plan prévoit des prêts pour un montant de 30 milliards d'euros à Athènes au taux de 5%, soit moins que le marché Plus les taux du marché augmentent, plus la Grèce devrait donc être tenté d'accepter le plan européen, qui permettra par ailleurs d'éloigner le risque de défaut du pays, en tout cas cette année.

L'Etat grec fera son retour sur les marchés mardi, avec une émission de titres à trois mois afin de lever 1,5 milliard d'euros.

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Dernière modification : mercredi 21 avril 2010