Journal Le Figaro du 08 septembre 2010

Le premier ministre grec remanie son gouvernement

08/09/2010 

Le premier ministre grec, Georges Papandreou, mardi à Athènes.
Le premier ministre grec, Georges Papandreou, mardi à Athènes. Crédits photo : AP

Georges Papandréou opère des changements pour muscler son équipe face à la crise. 

Pour sortir de la crise et relancer l'économie, Georges Papandréou procède à un remaniement d'ampleur significative. Une nouvelle étape pour le gouvernement en cette rentrée politique sous tension.

Lors de leur serment devant la Bible au palais présidentiel, les nouveaux ministres du gouvernement Papandréou avaient petite mine. En effet, le feuilleton du remaniement ministériel a duré une partie de la soirée pour finalement être annoncé à 2 heures du matin, mardi. Pratique peu courante dans l'histoire gouvernementale grecque, qui a mis en effervescence le monde politique.

Malgré le climat de rigueur, ce remaniement ne rime pas avec resserrement. Il y a près d'un an, au début de son mandat, Georges Papandréou avait formé un gouvernement de quinze ministres, secondés par un minimum de secrétaires d'État. Cette fois, changement de ton et de forme. Il y a pléthore de vice-ministres et secrétaires d'État pour un gouvernement de 48 membres et 17 ministères, soit 30% d'effectifs en plus.

«Cette démarche est obsolète et déplacée en temps de crise», pour la députée indépendante Dora Bakoyiannis, «personne ne comprend pourquoi, à l'heure où il faut maîtriser les dépenses de l'État, on doit avoir 7 vice-ministres, 24 secrétaires d'État et un nombre indéterminé de conseillers autour du premier ministre», commente l'ancienne ministre grecque des Affaires étrangères. «La manière dont Georges Papandréou retourne aux mauvaises sources du Pasok est impressionnante», ironise-t-elle.

Dans cette nouvelle équipe, le ministre des Finances, Georges Papanconstaninou, reste en première ligne et trois autres proches du premier ministre deviennent «hyperministres»: Giannis Ragoussis, à l'Intérieur, sera chargé de contrôler le travail de tous les ministères, Andréas Loverdos devra réformer le système de santé et Michalis Chryssohodis, ancien ministre de la Protection civile, relèvera le défi de l'investissement.

Équilibre byzantin 

Pour expliquer cette extension gouvernementale, l'écrivain et sociologue Nikos Dimou revient sur la nature du Parti socialiste grec, le Pasok, qui est «à l'image de la société actuelle». «Ses membres vont du plus extrémiste au plus progressiste. Il y avait trop de tensions dans la majorité, Georges Papandréou était en difficulté et devait donc étendre les portefeuilles ministériels pour placer les "anciens" du Pasok, qui s'opposaient au plan de sauvetage de la Grèce et parlaient dans la presse de "nouvelle dictature" dans le pays», souligne-t-il. «Même si beaucoup seront inutiles, ces ministres cautionneront les décisions du gouvernement et cela apaisera de facto la pression sociale», analyse le sociologue.

Plus qu'un exercice d'équilibrisme byzantin, le premier ministre fait le pari de l'union au sein de la majorité parlementaire et restructure ses équipes pour une meilleure application du plan de rigueur imposé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en échange d'un prêt de 110 milliards d'euros.

Après avoir baissé les salaires et les retraites, augmenté la TVA à 23% et procédé à de larges réformes, le gouvernement doit relancer l'économie. Et ce n'est pas une mince affaire. Si la plupart des ministres récusent le mot récession, ils savent que l'hiver sera rude. Au-delà de la grogne sociale croissante, le plan de rigueur frappe les Grecs de plein fouet. Les PME et commerces de quartier ferment un à un, le chômage ne cesse de croître et l'inflation plafonne à 5,5%.

Cela ne laisse pas les Grecs indifférents. Ils seront appelés aux urnes, le 7 novembre prochain, pour les élections régionales et le gouvernement veut tout faire pour ne pas transformer ce scrutin en plébiscite, d'où ce remaniement politique avant tout.

Par Alexia Kefalas

 

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Dernière modification : mercredi 08 septembre 2010