Journée du 10 mars 2011

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Grèce : démission à la tête du service des impôts

Le secrétaire général chargé de la fiscalité auprès du Ministère des Finances a quitté son poste, trois jours après que l'agence de notation Moody's ait dégradé la dette souveraine grecque de trois crans.

"Dimitris Georgakopoulos a démissionné pour des raisons personnelles", a déclaré mercredi à l'agence Reuters George Petalotis, le porte-parole du gouvernement socialiste de George Papandreou. Dimitris Georgakopoulos était, jusqu'à ce jour-là, le secrétaire général auprès du Ministère des Finances chargé de la fiscalité. Coïncidence, sa démission est intervenue trois jours seulement après que l'agence de notation financière Moody's ait dégradé la dette souveraine grecque de trois crans d'un coup, au rang d'investissement "hautement spéculatif".

L'agence doute de la capacité d'application des mesures de consolidation budgétaire prises par l'exécutif. Elle pointe notamment la faiblesse chronique des mécanismes de collecte des impôts de ce pays. Si l'agence admet des avancées dans la collecte de la TVA, elle stigmatise la lenteur des progrès réalisés pour la levée de l'impôt sur le revenu. Il y a un mois déjà, la troisième mission du trio de bailleurs de fonds à la Grèce, le Fonds monétaire international, l'Union européenne et la Banque centrale européenne, avait relevé "des lacunes dans la collecte des recettes" fiscales. Dans ce domaine, le pays méditerranéen n'est pas parvenu à atteindre ses objectifs en 2010 et risque d'en faire de même cette année, ont averti les Européens et le FMI.

Réagissant avec grande vigueur à la dégradation de la note de la dette opérée par Moody's, le Ministre des Finances, George Papaconstantinou, a martelé que la Grèce est tout de même parvenue à accroître ses recettes budgétaires de près de 6% en exécution de la loi des finances 2010. Et ce alors que le pays a enduré, l'an passé, une contraction du PIB de 4,5%. Dimitris Georgakopoulos avait très peu de temps pour remplir sa mission. Début janvier, il avait annoncé un cadre beaucoup plus sévère pour lutter contre l'évasion fiscale, un fléau chronique en Grèce. En vertu de son plan, les fraudeurs avérés du fisc sont obligés de provisionner davantage pour garantir le paiement des pénalités qui leur sont appliquées. Les entreprises qui ne versent pas la TVA sont traînées en justice. L'Escouade contre le crimes économiques du fisc a multiplié depuis les descentes inopinées dans les établissements soupçonnés d'être coutumiers du fait, les night-clubs en tête. Le Parlement doit approuver ce mois-ci une loi de réforme de l'administration fiscale. Dimitris Georgakopoulos était parfaitement conscient de la difficulté de sa tache. Il y a un mois, il a dit ne pas exclure l'éventualité d'un effondrement du pays. "La partie va être serrée jusqu'en 2013", avait-il déclaré lors d'une interview à Flash Radio.

Athènes demande une aide « patriotique » à sa diaspora américaine

Aux prises avec une crise fiscale sans précédent, privé d'accès au marché primaire de la dette de long terme, le gouvernement grec a décidé de faire appel aux fonds de ses émigrés. Il prévoit d'émettre 3 milliards de dollars d'obligations d'ici la fin juin, a précisé Petros Christodoulou, le directeur général de l'agence chargée de la gestion de la dette souveraine du pays. Destinataires: les quelque 3 millions de membres de la colonie grecque aux Etats-Unis. Les Grecs à l'étranger sont environ 7 millions, dont la plus grande partie résidents aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. Un nombre très important si comparé aux 11 millions d'âmes qui habitent dans la République hellénique. Le gouvernement espère placer ses titres à un taux inférieur à 5%. Aujourd'hui, sur le marché secondaire, l'obligation d'Etat à deux ans se traite plus de trois fois supérieur. L'initiative d'Athènes s'inspire des émissions « patriotiques » réussies qui furent réservées aux émigrés israéliens et indiens. Israël a réalisé la première de ces opérations il y a tout juste 60 ans, en 1951. Si le placement est couronnée de succès, il pourrait être suivi d'autres de la même nature ciblant les autres grandes colonies grecques au Canada et en Australie.

D'autant plus que les Grecs organisent la résistance. Des mouvements pour refuser de payer le ticket d'accès aux autoroutes ont pris une ampleur nationale. Le plus populaire et enraciné d'entre eux, "Den Plirono" ("je ne veux pas payer", en grec), envisage maintenant de s'attaquer au doublement des tarifs de l'électricité. L'extension rapide des organisations a-politiques qui combattent l'alourdissement de la charge fiscale s'explique par la dureté de la crise et des mesures prises par le gouvernement pour sortir l'Etat d'une crise budgétaire sans précédent. Le taux de chômage grec approche les 15% de la population active. Près de 40% des jeunes entre 15 et 24 ans sont sans travail. Les Grecs doutent de la capacité de l'exécutif de vaincre la crise. Cette semaine, Iveta Radicova, la chef du gouvernement slovaque, avait évoqué le risque de défaut de la Grèce en dépit du programme draconien de redressement budgétaire adopté par Athènes. Une opinion, la sienne, qui est de plus en plus partagée par les investisseurs, les économistes jusqu'à des experts travaillant au sein de certaines chancelleries européennes.

MASSIMO PRANDI

Journal Les Echos

La Grèce exige une action "urgente" pour encadrer les agences de notation

A Athènes, la dégradation brutale, cette semaine de la note souveraine du pays par l'agence de notation financière Moody's ne passe pas. Bruxelles promet des réponses avant la rentrée.

George Papaconstantinou, le Ministre grec des Finances, ne décolère pas. La dégradation brutale par l'agence de notation financière Moody's (trois crans d'un coup) de la note de la dette de long terme de son pays opérée cette semaine ne passe pas.

Dans son commentaire à chaud, le ministre avait déclaré que "le déclassement par Moody's de la dette de la Grèce en révèle davantage sur la distorsion des incitations et le manque de responsabilité des agences de notation de crédit que sur le véritable état ou les perspectives de l'économie grecque". Il avait poursuivi son réquisitoire en rappelant que les agences ont, "complètement manqué d'identifier la montée en puissance du risque qui a entraîné la crise financière mondiale en 2008". Incapables à ses yeux de se raviser, voilà, poursuit-il, que les agences "se font désormais concurrence pour être la première à identifier les risques qui mèneront à la prochaine crise". Dans un contexte conjoncturel global encore fragilisé et avec des marchés si sensibles, des actions comme celle de Moody's à propos de la dette grecque, "peuvent initier des prophéties auto-réalisatrices dommageables". Du coup, aux dires de George Papaconstantinou, ces agissements "renforcent les arguments en faveur d'une réglementation plus stricte des agences de notation elles-mêmes".

Le Ministre des Finances a immédiatement donné suite à ses remarques en adressant un courrier à ses pairs européens pour qu'ils prennent des mesures d'urgence pour encadre le travail des agences. La question, a-t-il martelé, doit être "traitée d'urgence au niveau de l'Eurogroupe" qui se réunit ce vendredi à Bruxelles ainsi que par le conseil des ministres européens des finances.

Jeudi après-midi, Bruxelles a réagi en se disant prête à proposer «des réformes fondamentales» sur ce dossier depuis longtemps en débat. « Les derniers jours mettent une fois de plus en lumière l'importance d'avoir un environnement davantage et mieux régulé pour les notations », ont souligné le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, et celui en charge des services financiers, Michel Barnier, dans une déclaration commune. « Nos services travaillent aussi vite que possible » et des propositions législatives seront présentées « avant la fin de l'été », ont-ils indiqué.

Jeudi, Angela Merkel a en outre fait un autre pas en direction d'Athènes en se disant disponible à reculer l'échéance de remboursement du prêt de 110 milliards d'euros accordé à la Grèce en mai 2010 par les Européens et le FMI. "La Grèce doit surmonter les conséquences de ses graves erreurs budgétaires. Cela n'est pas possible en trois ans. Si nous insistions là-dessus, cela provoquerait de nouvelles turbulences", a déclaré la Chancelière allemande au quotidien Bild. Le FMI a d'ores et déjà donné son accord pour repousser de 2015 à 2020 le délai de remboursement du crédit international fourni au pays. Le gouvernement grec, quant à lui, demande un report d'au moins 10 ans, jusqu'en 2025. Il souhaite aussi que le taux appliqué au prêt soit diminué.

MASSIMO PRANDI

Journal L'Humanité 

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Dernière modification : vendredi 11 mars 2011