Journée du 30 mars 2011

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Dettes : nouvelles sanctions contre la Grèce et le Portugal

Par Guillaume Guichard

Les deux pays d'Europe du sud inquiètent l'agence de notation Standard & Poor's, qui a dégradé leur note. Les objectifs de réduction du déficit risquent de ne pas être atteints, redoute-t-elle.

La crise de la dette est revenue sur le devant de la scène. L'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a dégradé coup sur coup les notes des dettes de la Grèce et du Portugal ce mardi, respectivement de BB à BB- et de BBB à BBB-. Et ce n'est peut-être pas fini: l'une comme l'autre ont été placées sous surveillance négative, ce qui signifie qu'une nouvelle baisse des notes est possible dans les trois mois, explique l'agence de notation.

Les taux d'intérêt à deux ans portugais a bondi de 0,25 point de pourcentage, à 7,68%. Celui de la Grèce a grimpé de 0,35 point de pourcentage, à 15,29%, rapporte Bloomberg. La décision de l'agence est «déséquilibrée» et «injuste» car elle ne prend pas en compte les récentes décisions de la zone euro, a estimé le ministère des finances grec. «Les marchés ne s'attendaient pas à des révisions aussi rapides de la part de Standard & Poor's notamment sur le Portugal, dont la note a déjà été dégradée de deux crans la semaine passée», a réagi Cyril Régnat, de Natixis.

Doutes sur les finances publiques

S&P ne croit pas à un retour rapide à l'équilibre des finances des deux États. Dans le cas de la Grèce, «le déficit public pourrait dépasser l'objectif gouvernemental de 9,6% du produit intérieur brut (PIB) en 2010», s'inquiète l'agence dans un communiqué. «De plus, nous pensons que le gouvernement ne surveille pas de suffisamment près les dépenses» pour inverser la tendance en 2011. Pour ne rien arranger, les revenus fiscaux ne sont pas non plus au rendez-vous et rien ne dit que cela va s'arranger, craint en substance S&P.

Même analyse pour le Portugal. «L'environnement économique pourrait encore se détériorer au-delà de nos prévisions», redoute l'agence. Ce mardi, la Banque centrale portugaise a estimé que le PIB devrait reculer de 1,4% en 2011, contre 1,3% estimé auparavant. Elle a également divisé par deux ses perspectives pour 2012, avec une croissance dorénavant attendue à 0,3% et non plus de 0,6%.

Impasse politique

De surcroît, ajoute l'agence, «l'impasse politique [dans laquelle se trouve le pays après la démission du premier ministre José Socrates] pourrait remettre en cause l'application stricte des plans de rigueur adoptés, ce qui pourrait mener à des dérapages financiers.»

L'adoption d'un nouveau mécanisme européen d'aide financière aux États en difficulté, le Mécanisme permanent de stabilité (MES) vendredi dernier à Bruxelles, contribue également à inquiéter l'agence de notation. Athènes et Lisbonne ont toutes les chances, selon elle, d'y avoir recours en 2013, vu leur situation budgétaire actuelle. Cette perspective a motivé entre autre la dégradation de leur note ce mardi.

En dépit de la pression accrue des marchés, le Premier ministre démissionnaire José Socrates a justement affirmé mardi soir que le Portugal restait «très déterminé» à ne pas demander une aide extérieure. «Le gouvernement n'a aucune intention de le faire», a répondu le chef du gouvernement socialiste lors d'un point de presse. «Simplement, les conditions se sont aggravées. Elles se sont aggravées pour nos banques, notre économie et notre République», a-t-il reconnu.

Mécanisme européen préjudiciable

Deux des nouvelles dispositions du MES, qui entrera en action en 2013, «sont préjudiciables aux investisseurs privés ayant investi dans les dettes souveraines européennes», argumente S&P. D'abord, le recours au mécanisme pourrait être subordonné à une renégociation de la dette avec les investisseurs. En clair, ces derniers devraient faire des concessions et perdre de l'argent à cette occasion. Ensuite, le pays en difficulté devra en priorité rembourser le MES, avant ses créditeurs privés, tels que les banques et autres établissements financiers. Une disposition qui accroît les risques pour ces derniers d'être mal remboursé.

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Dernière modification : mercredi 30 mars 2011