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J-04/11/2011

04 novembre 2011

Journal Le Figaro

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Un gouvernement d'union nationale évoqué en Grèce

Le premier ministre grec a renoncé jeudi à un référendum et à des élections. Certains observateurs affirment qu'il pourrait démissionner s'il obtient le vote de confiance de ce soir et l'adoption du plan d'aide européen.

L'onde de choc provoquée par la décision de Georges Papandréou d'organiser un référendum sur le plan d'aide à la Grèce s'est finalement transformée en un étrange tour de passe-passe de politique intérieure.

Après avoir subi les remontrances de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel à Cannes, le premier ministre a été mis au pilori par l'opinion publique grecque et ses propres députés. Son ministre des Finances, Evangelos Venizélos, deuxième homme fort du gouvernement, remis miraculeusement d'une crise d'appendicite, refusait ouvertement, jeudi matin, l'idée d'un référendum sur la sortie de la Grèce de la zone euro. Quelques heures plus tard, le premier ministre grec revenait sur sa décision et abandonnait l'organisation du référendum. Les analystes politiques pariaient alors unanimement sur sa démission et la tenue d'élections législatives anticipées.

Ces scénarios de «fin de règne» pour Papandréou - et la possibilité pour l'opposition d'arriver au pouvoir - ont fait plier Antonis Samaras dans l'après-midi. Farouchement opposé à l'accord du 26 octobre dernier, prévoyant la réduction de 100 milliards d'euros de la dette grecque et une cure d'austérité jusqu'en 2020, le leader de l'opposition conservatrice a laissé entendre qu'il en accepterait finalement les termes si était formé un gouvernement d'union nationale transitoire. Ce gouvernement devait permettre de convaincre les partenaires européens de verser à la Grèce la sixième tranche du prêt de 110 milliards d'euros accordé en mai 2010 et fixer une date pour les élections législatives - a priori le 4 décembre prochain, au lieu d'octobre 2013.

Il n'en fallait pas plus pour décrédibiliser l'opposition. Fort du retournement d'Antonis Samaras, le premier ministre a fait une nouvelle fois marche arrière. Face à son groupe parlementaire, Papandréou a annoncé qu'il n'organiserait ni élection - estimant qu'elles constitueraient une «catastrophe» -, ni référendum - «qui signifierait la sortie de l'euro». Mais il s'est dit toujours disposé à dialoguer avec l'opposition pour «mettre en œuvre le plan d'aide de l'Union européenne».

Vote de confiance

Le chef du gouvernement est déjà considéré comme le «roi du bluff» par nombre d'observateurs médusés. «Il a consulté à plusieurs reprises le président de la République pour lui demander l'autorisation de former un consensus avec l'opposition, et rien n'y faisait. Maintenant, il y est arrivé. Reste à savoir s'il restera crédible auprès de l'opinion publique», affirme Pavlos Tzimas, analyste politique.

Désormais, Georges Papandréou s'engage à faire accepter le plan d'aide au Parlement. «Il faut la stabilité de ce groupe parlementaire et de ce gouvernement pour conduire (le pays) vers le jour d'après», a-t-il déclaré. « Les élections restent tout de même d'actualité. Mais Papandréou ne sera pas lâché par ses députés, il devra partir dignement», prédit Pavlos Tzimas.

Dans son discours au Parlement, le premier ministre grec a clairement expliqué qu'il était prêt à retirer son référendum et a appelé tous les partis politiques « à la formation d'un gouvernement de coalition dans l'immédiat afin de rétablir la stabilité ». Certains observateurs affirment à présent que Georges Papandréou pourrait démissionner s'il obtient le vote de confiance de ce soir à minuit et l'adoption du plan d'aide européen. « C'est un Papandréou », rélève l'un de ses conseillers. «Il ne s'agit pas de tout quitter et de partir. Il faut comprendre que le refus de dialogue de l'opposition pouvait mettre en péril la zone euro», souligne-t-il sous couvert d'anonymat. Mais personne n'ose prendre à la lettre les déclarations ou les scénarios de l'entourage de Papandréou, par peur de voir un nouveau retournement de situation.

En attendant, l'opposition conservatrice demande des élections dans les six semaines. Et la rue grecque, médusée par tous ces zigzags, reste perplexe et fébrile sur la suite des événements.

Alexia Kefalas

 

Journal Le Figaro

Journal La Croix

Georges Papandréou, l’héritier en péril

Fils et petit-fils de premier ministre, Georges Papandréou, 59 ans, est devenu en octobre 2009, chef de gouvernement dans son pays. Le premier ministre socialiste, très populaire alors était jugé comme une force tranquille.

Il avait pourtant dû dans les années 1990, éliminer toute la fraction populiste des cadres du Parti socialiste (Pasok) qui, certes, le respectaient grâce à son nom, mais qui n’appréciaient guère son profil modéré, innovateur et surtout né de mère américaine, aux États-Unis, puis formé dans les universités d’outre-Atlantique.

Pondéré, cultivé et sobre, ce dilpômé de Harvard rêvait pour son pays de social-démocratie, d’énergies renouvelables, de hautes technologies à la portée de tous. Jusqu’à la veille de sa désignation, il semblait toujours lui manquer quelque chose pour faire le poids. Pourtant, à ce moment là les jeunes ont massivement voté pour lui.

Président du Pasok

Georges Papandréou a fait ses classes dans des petits ministères, sous la houlette de son père, avec qui il entretenait des rapports tant conflictuels qu’affectueux. C’est au ministère de l’éducation qu’il commença à montrer sa volonté de changement.

Il fut aussi le premier à parler des minorités religieuses, sexuelles et ethniques, sujet tabou jusque-là. Il a encouragé la création d’une société civile, faisant grincer des dents au Pasok. Ministre des affaires étrangères de 1999 à 2004, il engagea un rapprochement spectaculaire avec la Turquie.

En 2004, la défaite du premier ministre sortant Costas Simitis le propulse à la tête du Pasok. Après une première défaite cuisante la même année et une seconde en 2007 contre son éternel rival Costas Caramanlis, Georges Papandréou a non seulement réussi à rester président du Pasok, mais il a su faire taire tous ceux qui le donnaient pour politiquement mort parce qu’il n’était pas, comme son père, le tribun qui savait faire frémir les masses.

« Il ne lui reste plus qu’à prouver qu’il n’est pas un Papandréou de plus », écrivait La Croix lors de sa prise de fonction en octobre 2009. Deux ans plus tard, la preuve n’est pas faite et la rupture avec les Grecs semble consommée. Dans la pire crise qu’ait affronté son pays, Papandréou a semblé paralysé.

Fin de sa carrière politique ?

Promettant devant ses pairs, les autres chefs d’Etats européens à Bruxelles, qu’il engagerait le pays dans des réformes fondamentales, incapable à Athènes d’imposer des mesures contre la corruption, de taxer les riches armateurs grecs, de mener à bien ses programmes de privatisation, George Papandréou s’est contenté de taxer ses fonctionnaires, qui ne peuvent échapper aux sacrifices.

Sa décision soudaine de convoquer un référendum a sidéré les dirigeants européens qui se sont estimés trahis. Après avoir accordé deux plans de sauvetage, d’un montant de 100 milliards d’euros chacun, en deux ans à la Grèce, l’Union Européenne espéraient en retour la docilité de Georges Papandréou. Son initiative politique hasardeuse signera peut être la fin de sa carrière politique.

THOMAS JACOBI (à Athènes)

 

Journal La Croix

Journal Libération

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Dernière modification : vendredi 04 novembre 2011