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J-30/11/2011

30 novembre 2011

Journal Les Echos

Journal La Tribune

Journal International Herald Tribune

Journal Le Figaro

La Grèce s'attaque à ses millionnaires fraudeurs

Depuis quelques semaines, l'État grec a lancé la chasse aux citoyens fortunés qui fraudent le fisc. La police financière a déjà arrêté une vingtaine de personnes.

Une figure du monde des médias, le patron d'une grande entreprise industrielle, une papesse de la mode hellénique... Ces dernières semaines, la police financière grecque a procédé à une vingtaine d'arrestation pour fraude fiscale. Parmi eux, George Petzetakis, PDG de l'entreprise du même nom qui fabrique des tubes, doit 2,3 millions d'euros à l'État. Ou encore Costas Yiannikos, un des dirigeants de la chaîne de télévision Alter TV, appréhendé lundi 21 novembre : ses arriérés d'impôts grimpent à 1,2 million d'euros.

Pour le gouvernement, il s'agit de montrer aux citoyens sa fermeté envers les plus riches. Et sa détermination à redresser ses comptes alors que ses partenaires européens lui accordent leur aide. «En un mois, il y a eu plus de personnes menottées pour fraude fiscale que lors de la dernière décennie!», observe Nick Malkoutzis, rédacteur en chef adjoint du quotidien grec Ekatherimi English.

Ce changement soudain est dû à la mise en application de la loi du 1er avril 2011, qui durcit considérablement la législation anti-fraude. Les grands fraudeurs risquent dorénavant entre un et trois ans de prison, en plus d'amendes de 10.000 à 50.000 euros.

Un procureur vedette

La loi est plus sévère, et les services anti-fraudes ont gagné en compétence, grâce notamment aux bons conseils de collègues européens. Un nouveau service a même été créé pour l'occasion : le Service de répression du crime économique, dirigé par une grosse pointure : Ioannis Diotis. Ancien procureur vedette à Athènes, il compte à son actif le démantèlement de l'organisation terroriste 17-Novembre. Il dirige dorénavant 1068 agents, épaulé par les 50 policiers de la Financière.

Pistage électronique du contrevenant, filature, mandat d'arrêt: la police financière procède à l'encontre des fraudeurs de la même manière que contre n'importe quel autre malfaiteur. Le lendemain de l'arrestation, le prévenu est conduit devant le juge. S'il est coupable, un seul moyen peut lui éviter de passer derrière les barreaux: signer un chèque à l'État. «Jusqu'à présent, personne n'a été écroué», tous les accusés réglant leur dette, souligne Nikolaos Lekkas, responsable de la lutte contre la fraude fiscale en Grèce.

Face aux policiers et aux juges, le contribuable fautif a quelques marges de manoeuvre, nuance l'avocate franco-grecque Georgia Kouvela-Piquet : «une étape de transaction, qui n'est pas inscrite dans la loi, est possible. Le contrevenant a quelques jours pour faire une proposition, comme payer plus rapidement ses arriérés en échange d'une ristourne de 20 à 30%.» L'avocate traite notamment des dossiers d'étrangers, dont des Français, épinglés pour avoir frauder le fisc grec.

Les comportements changent

Le raid éclair du gouvernement contre les fraudeurs semble payer. Les comportements changent : les versements de TVA ont augmenté de 14% en 6 mois. Près de 3,8 millions d'euros récupérés depuis le début des arrestations. Une goutte d'eau à l'échelle de la dette grecque de plus de 350 milliards d'euros. Ce n'est qu'un début, plaident les autorités. L'objectif est de réduire les impayés, actuellement estimés entre 40 et 50 milliards d'euros.

Surtout, la peur du gendarme fait changer les mentalités. «Les Grecs pesant entre 20 et 25 millions d'euros craignent que le fisc ne leur tombe sur le dos et régularisent leur situation», reconnaît Georgia Kouvela-Piquet. Mais, en fonction du poids et de l'influence, tout le monde n'est pas touché de la même façon.» Et l'avocate de faire remarquer que les plus grandes fortunes n'ont pas été inquiétées à ce jour.

Guillaume Guichard

 

Journal Le Monde

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Dernière modification : mercredi 30 novembre 2011