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J-01/12/2012

 

01 décembre 2012

Journal Libération

Journal International Herald Tribune

Journal Le Figaro

La lente et difficile privatisation de la Grèce

Alors que l'économie grecque s'achemine vers une sixième année de récession et que le chômage touche un quart de la population active, la priorité des autorités est d'attirer tous les investissements possibles. 

PAR LIZ ALDERMAN

Alors que la Grèce redouble d'efforts pour lever des milliards afin de réduire sa dette et doper son économie en vendant ses biens, d'impressionnants défis se profilent.

Depuis que la fameuse troïka - FMI, BCE et Commission européenne — a imposé voici trois ans la cession de biens de l'État, à peine 1,6 milliard d'euros ont été collectés. Fin novembre, les dirigeants européens ont annoncé qu'Athènes aurait besoin d'une aide supplémentaire de 15 milliards d'euros en 2014 pour tenir ses objectifs en matière de désendettement — en partie à cause de l'échec financier du programme de privatisations.

Pour rassurer des investisseurs qui redoutent une sortie de la zone euro, la troïka pourrait envisager d'abaisser à nouveau les objectifs à environ 10 milliards d'euros d'ici 2015, contre 19 milliards précédemment. Mais elle maintient la cible de 50 milliards d'euros à réunir pour 2022 grâce aux privatisations.

Pour le FMI, ces fonds ne devraient en fait résorber qu'environ 1 % de la dette nationale qui, selon les estimations, pourrait atteindre le taux effarant de 189 % de la production en 2013 (contre 175 % cette année).

Alors que l'économie s'achemine vers une sixième année de récession et que le chômage touche un quart de la population active, la priorité immédiate des autorités grecques est d'attirer tous les investissements possibles pour créer des emplois — en louant à long terme des propriétés de l'État.

«Cela pourrait faire redémarrer l'économie», explique Andreas Taprantzis, directeur exécutif de la HRADF, l'agence nouvellement créée pour accélérer les privatisations. L'organisme mise sur l'aménagement du territoire, la restructuration des autoroutes ou la création de zones industrielles, qui «soutiendront l'emploi, un enjeu vital pour la Grèce», poursuit-il.

Si le pays arrive à vendre aujourd'hui un bien majeur, alors les investisseurs seront moins réticents à y placer leur argent, estime-t-on.

Le site d'Hellinikon, l'ancien aéroport d'Athènes, appartient à ces biens privatisables. Jamais en Europe une telle opération n'aura porté sur un terrain aussi vaste.

Les autorités grecques font miroiter leur atout maître: OPAP, l'entreprise — extrêmement lucrative — qui détient le monopole des jeux et dont l'État possède pratiquement un tiers. Elle a des guichets partout dans la capitale et dans la plupart des villages. Le gouvernement a reçu huit offres, dont une venue de Chine.

L'idée que l'État cède les bijoux de la couronne touche un nerf sensible dans le pays. Des manifestations ont accompagné l'annonce de pratiquement tous les projets, même pour les avoirs qui perdent de l'argent depuis longtemps.

Certains craignent que l'État, acculé, ne brade ses biens les plus précieux. Sans parler de ceux qui redoutent de voir le tout passer aux mains de puissants oligarques grecs, qui pourraient attendre le moment propice pour faire de juteuses affaires.

La plupart des biens concernés ne seront pas rentables avant de nombreuses années. Pour environ 30 % d'entre eux, il s'agit de ports, d'aéroports, d'autoroutes et autres équipements. Le reste est composé en grande majorité d'immobilier — d'un ancien palais royal au siège de la police d'Athènes en passant par des parcelles de choix, dont certaines plages de Rhodes et de Corfou.

Une perspective qui suscite bien des convoitises: six offres ont été reçues pour un seul site, à Rhodes. Mais de multiples complications attendent les acquéreurs potentiels.

«En fait, les biens qui ont été confiés à la HRADF ne sont pas propices à une privatisation», affirme une partie prenante à cette initiative. «Pratiquement tous soulèvent d'innombrables difficultés».

Ainsi, alors que les investisseurs sont censés injecter des fonds propres, les établissements financiers étrangers renâclent à accorder des prêts liés à la Grèce. Une partie des capitaux doit provenir de banques grecques, mais celles-ci ont pratiquement cessé toute activité de crédit. Plus de 85 % de la tranche d'aide d'un peu plus de 34 milliards d'euros qu'Athènes va recevoir sont destinés à recapitaliser ces établissements.

L'essentiel du portefeuille est constitué de terrains. Or, les registres fonciers sont pratiquement inexistants — une bizarrerie qui date de l'empire Ottoman. Les titres étant rarement enregistrés, les investisseurs risquent de se retrouver en procès avec des propriétaires putatifs.

«Imaginez un peu: l'État est incapable d'évaluer précisément son patrimoine immobilier», déplore George Katrougalos, un avocat grec spécialiste du droit constitutionnel attaché à l'université de New York. «C'est un imbroglio juridique».

M. Taprantzis affirme que le gouvernement a bien conscience qu'il doit montrer aux Grecs qu'ils n'ont pas à redouter ces privatisations.

Même si elles risquent d'être douloureuses pour ceux qui défendent leurs intérêts. «Nous en discutons comme si le pays avait une autre option», ajoute-il. Puis il conclut, après une pause: «Je ne suis pas sûr que ce soit le cas».

par New York Times

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Dernière modification : lundi 03 décembre 2012