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J-12/12/2012

 

12 décembre 2012

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Magazine L'Expansion

Comment la Grèce efface 20 milliards de dette comme par magie

Par Sébastien Julian 

Afin de rendre soutenable la charge de sa dette, la Grèce a racheté un gros paquet de ses propres obligations aux investisseurs privés qui les détenaient. Et comme elle n'avait pas d'argent pour le faire, c'est l'Europe qui a avancé la somme. Explications.

C'est un tour de passe-passe digne des plus grands magiciens. En l'espace de quelques jours, la Grèce a réduit sa dette de 20 milliards d'euros sans débourser un centime de sa poche. On pensait pourtant le problème insoluble... Comment a été réalisé ce miracle? En rachetant une partie de sa dette à l'aide des fonds européens.

Deux effacements en moins d'un an

Concrètement, l'Etat grec a proposé à ses créanciers privés (banques nationales, fonds spéculatifs, etc) de leur racheter à bas prix ses propres obligations, c'est-à-dire avec un rabais très important par rapport au montant qu'elles lui avaient permis de lever. L'objectif du gouvernement grec était de mettre la main sur 30 milliards d'euros de titres pour ensuite les annuler. Mais comme la Grèce n'a plus un sou en poche, c'est l'Europe qui a donné un coup de pouce: les créanciers de la Grèce ont donc reçu, en échange de leurs titres, des obligations du FESF, le fonds de secours européen.

L'opération ne vous rappelle rien ? C'est à peu près la même que celle qui avait eu lieu en début d'année. Mais cette fois-ci, les montants en jeu sont moins importants et les créanciers ne récupèrent aucun nouveau titre grec au passage. En mars dernier, quelque 107 milliards de créances détenues par des créanciers privés avaient été effacées. Dans le cas présent, environ 20 milliards d'euros de dette grecque devraient l'être : 30 milliards de rachats auxquels il faut enlever les 10 milliards prêtés à la Grèce par l'Europe.

Les banques en première ligne

Comme en début d'année, les investisseurs privés, et notamment les banques, se sont montrées réticentes à accepter l'échange. Mais cette fois encore, elles n'avaient pas vraiment le choix. Le versement des aides destinées à les recapitaliser dépendait en effet du succès de l'opération de rachat de dette. Cependant, selon des sources proches du dossier, le gouvernement a offert des conditions d'échange meilleures que prévu.

Selon les termes de l'offre, les participants ont accepté une décote conséquente, puisque l'Etat grec avait fixé une fourchette de rachat allant d'un plancher de 30,2% à 38,1% (selon les échéances des titres) de la valeur faciale des obligations rachetées, à un plafond de 32,2% à 40,1%. Ce qui veut dire en clair qu'ils ont abandonné entre 60 et 70% du capital prêté à la Grèce. L'opération offre toutefois un bénéfice non négligeable pour des titres qui se sont longtemps négociés autour de 15% de leur valeur faciale. De fait, certains fonds spéculatifs ont sans doute réalisé des bénéfices dans cette affaire en ratissant au cours des derniers mois ces obligations pourries en prévision d'une telle opération.

La Grèce, elle, a gagné du temps puisque le versement de l'aide financière de 44 milliards d'euros promise par l'Europe et le FMI était directement lié à la réussite de l'opération. Elle permettra de réduire l'ardoise grecque de 7,8% du PIB environ et diminuera donc la charge de la dette. Reste que le chemin est encore long si la Grèce veut rendre ses remboursements vraiment soutenables: elle doit en effet réduire sa dette de près de 50 points de PIB ! Autrement dit, le pays aura besoin d'un nouveau tour de passe-passe. Et la prochaine fois, ce sont les Etats - et non pas les investisseurs privés - qui risquent d'être mis à contribution.

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Dernière modification : mercredi 12 décembre 2012