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J-19/12/2012

 

19 décembre 2012

Journal La Croix

Note de la Grèce, causes et conséquences d’un relèvement

L’agence de notation Standard & Poor’s a augmenté, mardi 18 décembre au soir, la note de la dette grecque de six crans.

Elle est passée de la catégorie « défaut sélectif » (SD) à « B- », avec une perspective « stable » à long terme.

Une première depuis le début de la crise grecque fin 2009.

Qu’est-ce qui justifie ce relèvement ?

Standard and Poor’s explique le relèvement de six crans de la note de la dette grecque (de « défaut sélectif » à « B- ») par le fait qu’Athènes a mené avec succès le rachat d’une partie de sa dette, au tiers de son prix ( La Croix du 9 décembre 2012). Les créanciers du pays ont salué cette réussite – bien que le gouvernement grec a demandé 1,29 milliard d'euros supplémentaire pour la terminer – qui a allégé la dette grecque de 22 milliards d’euros. Dans la foulée, l’UE a débloqué une tranche de 34,3 milliards d'euros de prêt gelée depuis juin.

C’est aussi le rétablissement de cette perfusion financière internationale – le FMI doit bientôt débloquer sa part de l’aide – qui rassure l’agence américaine. Parmi ses arguments, S&P invoque ainsi la « forte détermination » européenne à mener à bien le sauvetage grec, et à garder le pays dans la zone euro. Côté grec, l’agence met en avant « l’engagement du gouvernement à mener l’ajustement budgétaire et structurel » requis par les bailleurs de fonds du pays.

En réalité, S&P s’attendait à un tel scénario et avait prévenu que la dégradation de la Grèce en « défaillance partielle » qu’elle avait annoncée le 5 décembre dernier (à un cran seulement du défaut de paiement) était provisoire, suspendue à un tel dénouement.

Cette décision change-t-elle la situation économique en Grèce ?

Alors que la note grecque est maintenue à C par Moody’s et à CCC par Fitch, la décision de S&P marque symboliquement une forte inversion de tendance. C’est la première fois depuis le déclenchement de la crise grecque fin 2009 que S&P revoit la note grecque à la hausse. Athènes retrouve ainsi le niveau B qu’elle avait perdu le 13 juin 2011.

Le pays continue toutefois à affronter la spirale de la rigueur et va entamer sa sixième année de récession. Des risques « importants » continuent de peser sur la situation économique en Grèce, estime un rapport de l’Institut de la finance internationale (IIF). Ce document souligne les incertitudes pesant sur la stabilité politique du pays, sous l’effet d’un « PIB qui devrait décliner d’environ 4 à 5 % l’année prochaine (…) et une cohésion sociale mise à l’épreuve par de nouvelles mesures d’austérité » .

L’IIF émet aussi des réserves sur la capacité du pays à retrouver sa solvabilité. « Les doutes sur la viabilité de la dette persisteront tant que la croissance ne sera pas de retour », mentionne le rapport. Le dernier accord européen sur la Grèce, qui prévoit de ramener le niveau de la dette de 124 % du PIB en 2020 à « moins de 110 % » deux ans plus tard, ne pourra pas éviter un nouvel effacement de dette.

Et cette fois, ce seront les créanciers publics (les États prêteurs, le FMI et la BCE) qui seront mis à contribution puisque la dette privée a déjà été effacée dans sa quasi-totalité. Une option que même la chancelière allemande Angela Merkel a envisagée publiquement, « mais pas avant 2015 » . Le temps, a-t-elle précisé, que les Grecs poursuivent leurs réformes.

MARIE DANCER

 

Journal Les Echos

Un « hedge fund » a gagné 500 millions de dollars sur la Grèce

Certains hedge funds ont engrangé des profits grâce à l'opération de rachats de dette conduite par la Grèce. Mais la crise de la zone euro a plutôt été une source de pertes pour les spéculateurs.

Ils sont nombreux à s'être trompés. Mais les fonds spéculatifs qui ont fait les paris judicieux sur la Grèce ont été bien payés en retour. Ils n'ont pas cru que le pays allait sortir de la zone euro cette année et ont misé sur une forte hausse du prix des obligations grecques.

Third Point, un hedge fund basé à New York et dirigé par le milliardaire Dan Loeb, est de ceux-là. D'après les informations du « Financial Times », le fonds, qui gère 10 milliards de dollars, a engrangé un profit de 500 millions de dollars grâce à sa stratégie sur la dette grecque. En effet, celui-ci a acheté des titres sur le marché à 17 centimes (17 % de la valeur nominale) et les a revendus à 34 centimes lors de l'opération de rachats de dette conduite par Athènes. Opération qui vient d'être bouclée et validée par l'Union Européenne, et qui permet au pays de réduire l'encours de sa dette obligataire de moitié environ.

John Paulson

Third Point n'est certainement pas le seul. Pour une raison simple : avant que l'opération de rachats de ses propres titres par la Grèce ne soit lancée début décembre, les rumeurs circulaient déjà depuis des semaines, voire des mois. Et ce d'autant qu'Athènes, sans le dire, procédait déjà par petites touches à des interventions dans le marché, indique un analyste de BNP Paribas. C'est sans doute ce qui explique que le prix d'une obligation grecque -celle qui arrive à échéance en 2023 -ait doublé entre septembre et décembre. Par ailleurs, le gouvernement grec a été généreux puisqu'il a racheté ses titres au prix le plus haut possible.

Ces opérations de rachat ou de restructuration de dette sont toujours l'occasion pour les investisseurs les plus malins de gagner de l'argent. La gigantesque opération d'effacement de dette qui a eu lieu en mars, pour plus de 100 milliards d'euros, a aussi enrichi des fonds spéculatifs, qui avaient acheté des titres grecs dans le marché à un prix inférieur à celui qu'Athènes leur a proposé en mars.

Il n'en reste pas moins que la crise grecque et, plus généralement, celle de la zone euro a coûté cher à la majorité des hedge funds, notamment celui du célèbre John Paulson. D'après le « FT », son principal fonds a perdu plus de 60 % de sa valeur depuis 2010. Les investisseurs qui ont été vendeurs à découvert sur l'euro ou les obligations des pays périphériques, ont été sérieusement pris à revers. Notamment depuis que Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a affirmé en juillet sa détermination à sauver la zone euro.

Isabelle Couet

 

Journal Le Figaro

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Dernière modification : mercredi 19 décembre 2012