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J-01/11/2012

 

01 novembre 2012

Journal Libération

International Herald Tribune

Journal Le Figaro

Magazine L'Expansion

Evasion fiscale: "Publier la liste Lagarde a mis fin à un climat détestable en Grèce"

Propos recueillis par Angélique Kourounis 

Kostas Vaxevanis, le journaliste qui a publié la liste de 2000 détenteurs grecs d'un compte HSBC en Suisse que le gouvernement affirmait avoir égarée, passe ce jeudi en jugement pour "publication de données personnelles". Il risque 5 ans de prison mais ne regrette rien. Interview.

Lorsqu'il était ministre des finances, Georges Papaconstantinou qui a appliqué le premier plan d'austérité au pays, avait déclaré: "frauder le fisc est un crime contre l'Etat." Pourtant, alors que le pays s'enfonçait dans une crise économique sans précédent, il n'a pas songé à exploiter la liste de détenteurs grecs de comptes HSBC en Suisse, que son homologue française, Christine Lagarde lui avait confiée. Pas plus que son successeur Evangelos Venizelos. Tous deux ont déclaré devant le parlement, "avoir perdu" cette liste 'Lagarde' alors même que, selon le minsitère des finances, "au moins 15 millards d'euros seraient sortis du pays, dont 10 au moins vers la Suisse". Bêtise ou connivence, on ne le aura jamais.

Ce que l'on sait, en revanche, c'est que le journaliste qui a trouvé et publié, la semaine dernière, cette liste de 2059 noms dans son magazine, passe ce jeudi en jugement pour "publication illégale de données personnelles". Kostas Vaxevanis, rédacteur en chef du magazine Hot Doc, spécialisé dans le journalisme d'investigation, risque jusqu'à 5 ans de prison. A terme c'est la survie du magazine qui est en jeu.

Nous avons là trois scandales qui se superposent: celui d'une atteinte délibérée à la liberté de la presse, un scandale politique d'incompétence gouvernementale et un scandale d'évasion fiscale dans un pays qui risque la banqueroute le 16 novembre prochain. Pourtant c'est le journaliste qui a révéle le pot-au-rose qui se retrouve sur le banc des accusés. Mais Kostas Vaxevanis ne regrette rien. Entretien.

Quelle sera votre ligne de défense au procès?

Celle que nous avons toujours eue: nous n'avons commis aucun délit. Dans la liste publiée, il n'y a pas de données personnelles car toute personne qui visite une banque pour une transaction le fait publiquement. Donc avoir un compte en banque ne peut en aucun cas être interprété comme une donnée personnelle. De plus, si un journaliste est devant un dilemme entre respecter les données personnelles ou l'intérêt public, il choisira l'intérêt public. C'est ce que j'ai fait. C'est ce que préconisent les lois, les décisions judiciaires et la loi internationale.

Enfin, le fait que des ministres ont caché illégalement cette liste durant des années et qu'ils n'ont pas révélé les noms d'éventuels fraudeurs a créé un climat très malsain en Grèce. Cela a donné lieu à des chantages et des spéculations. Cela a laissé le champ libre à de vraies-fausses listes impliquant tout le monde politique. On salissait quotidiennement l'image du parlement et de la démocratie, sur le mode "c'est tous des pourris". Les gens qui cherchent dans les poubelles de quoi manger pensaient que des milliers d'autres sortaient leur argent en Suisse sans payer le moindre impôt. Publier la liste a mis un terme à cette atmosphère détestable.

Mais être dans cette liste ne veut pas automatiquement dire que l'on fraude le fisc?

Non, bien sûr. Et nous l'avons précisé dans l'article que nous avons publié avec la liste. Le compte ouvert en Suisse peut être parfaitement légal ou illégal, c'est au gouvernement de vérifier. Nous on a simplement rendue l'affaire publique. C'est ça, le travail d'un journaliste: mettre à nu ce que d'autres veulent cacher.

Vous avez parlé de chantage, avez-vous des éléments qui le prouvent?

Nous avons de très sérieux indices que des gens ont subi un chantage via cette liste. C'est d'ailleurs ce que m'a écrit la personne qui me l'a donnée sous forme de clé USB.

Des gens qui figurent sur cette liste seront des témoins de la défense. Comment est-ce possible?

Nous publions aujourd'hui des entretiens avec des gens qui sont sur cette liste et qui nous expliquent que leur argent a été légalement sorti du pays. Vu les problèmes de la Grèce, ils comprennent parfaitement la nécessité de la publier. C'est pour moi une grande victoire.

Outre votre arrestation, trois journalistes ont perdu leur travail à cause de leurs écrits, deux bloggeurs ont été interpellés. Est-ce qu'il y a un retour de la censure en Grèce ?

La censure ces dernières années a pris une nouvelle forme en Grèce. On ne t'interdit plus d'écrire ce que tu veux mais des lois de plus en plus subtiles sont là pour empêcher le journalisme d'investigation et les révélations. Avant, on ne pouvait pas écrire contre l'intérêt national. C'était la censure de la junte des colonels en Grèce. Aujourd'hui on fait plus chic. On a trouvé d'autres lois comme celle sur les données personnelles. Toute cette histoire est une grande menace pour la liberté de la presse. Rien n'est plus important que la liberté de la parole et la liberté de l'expression.

N'est-il pas dangereux tout de même de publier ainsi des noms ?

Publier des noms de femmes prostituées séropositives comme l'a fait la police et la presse est dangereux, et ça n'a aucune utilité. Nous, on a publié des noms de gens qui doivent être contrôlés. Il y a en ce moment en Grèce un grand crime. Il y a des salariés qui gagnent 500 €, à qui on baisse le salaire de 100 € à cause de la crise. Et ils payent leurs impôts quand d'autres volent de l'argent et l'envoient à l'étranger.

A la lecture de cette liste il y a très peu de politiciens ou de journalistes, comment est-ce possible?

Il y a beaucoup de sociétés off shore dont on ne connaît pas encore les propriétaires et puis, surtout, il y a des amis de politiciens et d'hommes d'affaires. Il y a par exemple M. Markelos, un entrepreneur et très bon ami de la famille Papandreou et de l'ancien ministre des finances, M. Papaconstantinou. Il y a des patrons de presse, du BTP, il y a la famille Lanaras, l'une des plus grosse industrie grecque, officiellement en faillite. Il y a des sociétés qui se sont mises en faillite, qui ne payent plus les salariés mais qui ont de l'argent en Suisse.

Deux médias ont reproduit la liste que vous avez publiée mais ils n'ont pas été inquiétés. Pourquoi?

Il y a plus grave: le journal Ta Nea a publié, il y a quelques semaines, la liste des artistes fraudeurs, feuilles d'impôts à l'appui. Personne ne lui a rien dit. Il s'agit là d'une politique de deux poids, deux mesures. Ce qu'ils veulent faire, c'est fermer Hot Doc et c'est ce que je redoute Si je suis condamné, cela va servir d'exemple. Ce sera la fermeture du journal mais surtout la fin du journalisme d'investigation indépendant.

 

Journal Les Echos

Les ministres européens des finances lancent un compte à rebours pour le sauvetage de la Grèce

Par Anne Bauer 

Réunis mercredi par téléconférence, les ministres des finances de l'eurozone promettent un feu vert financier à la Grèce si elle vote d'ici au 12 novembre l'ensemble des mesures budgétaires et des réformes réclamées par les créanciers.

Mercredi, les ministres des finances de la zone euro ont lancé à l'occasion d'une conférence téléphonique un difficile compte à rebours, dans l'espoir de pouvoir conclure lors de leur rencontre le 12 novembre prochain un « programme » pour la Grèce. « Nous sommes sur la bonne voie pour parvenir à une décision le 12 novembre sur le déboursement de la prochaine tranche de prêts », a déclaré le Commissaire aux affaires économiques, OlliRehn, « mais cela réclame encore des efforts de chacun, surtout du parlement grec, qui doit voter à temps le programme de réformes budgétaires et structurelles ».

Le gouvernement grec doit conclure rapidement ses négociations avec la Troïka (Commission Européenne, BCE et FMI), autrement dit adopter l'ensemble des textes nécessaires pour mettre en oeuvre le nouveau plan d'économies de 13,5 milliards d'euros exigés par les créanciers ainsi que l'ensemble des réformes structurelles promises. Parmi celles-ci, certaines étaient déjà dans le programme d'aide conclu en mars dernier, d'autres ont depuis été ajoutées, au vu du retard pris et de la dégradation des comptes. La finalisation de l'accord est à portée de main, pour peu que le Premier ministre Antonis Samaras parvienne à surmonter les dernières résistances du petit parti de sa coalition « Dimar » face aux mesures de flexibilisation du marché du travail. Dès la semaine prochaine, Antonis Samaras soumettra au vote du parlement son programme budgétaire ainsi que plusieurs textes de réformes. Méfiant, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a une nouvelle fois averti qu'aucune aide ne sera débloquée si les réformes réclamées ne sont pas adoptées. Mercredi, Athènes a réussi à voter une loi importante sur les privatisations, témoignant ainsi de sa bonne volonté (voir ci-dessous).

Si Antonis Samaras passe d'ici le 12 novembre l'épreuve du Parlement, les créanciers doivent de leur côté trouver les moyens de combler le nouveau besoin de financement né de la nécessité d'allonger le programme grec de deux ans. Au vu du retard pris, de l'aggravation de la récession, le délai de 2014 initialement envisagé n'est plus réaliste et l'ensemble du programme doit être redéfini et recalé sur 2016. A l'issue de la réunion des ministres des finances, Jean-Claude Juncker n'a rien dit du « trou » à combler. Pour remettre le programme grec sur les rails, les experts évoquent un besoin de quelque 16 à 20 milliards d'euros. OlliRehn a de son côté rappelé qu'il fallait trouver un moyen de réduire la charge de la dette, l'objectif initial, à savoir une dette réduite à 120% du PIB en 2020, étant désormais hors de portée. « Nous travaillons intensément au sein de la Troika et dans une bonne entente, afin de présenter nos conclusions avant le 12 novembre », a déclaré aux Echos le Commissaire aux affaires économiques.

La tâche relève du casse-tête. Les ministres ont tous rejeté l'option d'un « haircut » sur leurs prêts bilatéraux à la Grèce et ils ne souhaitent pas davantage augmenter leurs prêts à Athènes. L'option des rachats de dette, déjà évoquée par le passé, semblait mercredi une fois de plus être sur le point d'être abandonnée, faute de garantir un réel désendettement. Il faut donc jouer sur une panoplie d'instruments : allongement de la durée des prêts, baisse des taux d'intérêts, report de deux ans du retour à 120% d'endettement... Thomas Wieser, qui préside le groupe des hauts fonctionnaires chargés des questions financières, a déclaré mercredi qu'il espérait pouvoir rester à l'intérieur de l'enveloppe de financement déjà actée en mars dernier. D'autres observateurs doutent que cela soit possible. Quoiqu'il en soit, le programme révisé devra donner lieu à un nouveau « memorandum of understanding » et donc être soumis dans certains pays (Allemagne, Pays-Bas, Finlande) au vote de leurs parlements. Plus le besoin d'argent supplémentaire sera faible, plus facile seront ces votes, résume un proche des négociations. « Nous avons bon espoir de franchir une étape décisive le 12 novembre, mais c'est tout le programme défini en mars qu'il faut remettre sur des rails, et cette fois-ci, personne n'a plus le droit à l'erreur », conclut prudemment un diplomate. D'autant plus que la tranche en jeu porte sur un montant minimum de 31 milliards, mais sans doute plutôt sur 39 milliards, afin d'apporter de l'argent à l'Etat grec et de permettre surtout la recapitalisation de ses banques.

 

Journal La Tribune

La Grèce suspendue à la parole de ses créanciers voit resurgir le spectre du défaut

Romain Renier 

Antonis Samaras a annoncé mardi qu'un accord sur le budget 2013 de la Grèce avait été trouvé. Mais les partenaires européens font encore patienter le pays qui doit absolument obtenir le déblocage d'une tranche d'aide de 31,2 milliards d'euros de la troïka avant le 16 novembre pour éviter le défaut.

Après des discussions qui n'en finissaient plus depuis le mois de juin, la Grèce a présenté mercredi un projet de budget placé sous le signe de l'austérité. De quoi satisfaire ses créanciers réunis au sein de la troïka (UE, FMI, BCE) selon le gouvernement. Au programme, 9,4 milliards d'euros d'économies qui, et c'est ce qu'espère Athènes, doivent permettre à la Grèce d'obtenir un délai supplémentaire de deux ans pour assainir ses finances publiques, mais surtout, le déblocage d'une tranche d'aide supplémentaire de 31,2 milliards d'euros.

L'Europe fait patienter Athènes

Dans un climat de grande incertitude, aucun verdict définitif n'a été rendu mercredi par les Européens sur l'octroi ou non de ce sursis ni sur le déblocage des 31,2 milliards d'euros. Prudent, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a affirmé que des progrès avaient été atteints mais qu'il restait du travail avant de parvenir à un accord.

Un accord conforme aux engagements

Pourtant, l'accord est conforme aux engagements pris par la Grèce, malgré les difficultés de négociation au sein de la coalition gouvernementale entre les conservateurs de la Nouvelle-Démocratie, les socialistes Pasok et la gauche modérée Dimar. Ce nouvel effort permettra de réduire le déficit budgétaire à 5,2% du PIB au lieu de 6,6% attendu en 2012, mais s'inscrit dans un paysage économique totalement dévasté en Grèce, qui connaîtra l'an prochain sa sixième année consécutive de récession avec un PIB en chute de 4,5%.

Le spectre du défaut resurgit

Mais la Grèce doit encore faire voter ce budget au Parlement, et les bisbilles entre les partenaires de la coalition n'en finissent plus. Hier, Envangelos Venizelos, le leader du Pasok, avait parlé d'une annonce d'un accord sur le budget 2013 encore prématurée. Quand au Dimar, le troisième parti de la coalition, il s'était opposé catégoriquement au vote du projet en l'état. Pourtant, il y a urgence. Le texte doit aboslument être adopté avant le 12 novembre, date à laquelle doit être remis le rapport de la troïka. Car sans versement de la tranche de 31,2 milliards d'euros attendue depuis juin avant le 16 novembre, le pays se trouverait dans l'obligation de faire défaut. Une fois de plus, le pays, au pied du mur, reste suspendu au choix des ses partenaires européens et du FMI.

 

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Dernière modification : jeudi 01 novembre 2012