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J-08/11/2012

 

08 novembre 2012

Journal Les Echos

Journal International Herald Tribune

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Nouveau plan de rigueur en Grèce sur fond de violences

Malgré la colère de la rue, le Parlement grec a voté de justesse 18 milliards d'euros d'économies supplémentaires la nuit dernière. De quoi débloquer un nouveau prêt de 31,5 milliards.

Athènes

Les députés grecs ont voté mercredi soir un nouveau plan de rigueur de 18 milliards d'euros sur trois ans, exigé par les créanciers internationaux du pays (UE, BCE, FMI). Malgré des débats houleux au Parlement et la colère de la rue, où des violences ont éclaté en fin de journée avec la police, le troisième «mémorandum» devrait être adopté dans la nuit, conformément aux vœux du premier ministre, Antonis Samaras.

Reste à savoir s'il sera réellement appliqué, tant la population est en colère contre les mesures d'austérité. «Nous allons mourir étouffés par cette rigueur! Il faut effacer la dette!», lance Fanis, un ingénieur au chômage, venu manifester avec des milliers de compatriotes, devant le Parlement, à Athènes. «On sait déjà que les députés vont adopter cette énième cure d'austérité. Ils se justifient en brandissant la menace de la faillite du pays. Mais la société a déjà fait faillite. Je ne peux plus payer mes impôts ni mes factures, je risque la prison!», explique-t-il. Il est persuadé que les Grecs bloqueront l'application des mesures d'austérité et des réformes.

Plus sévère encore que les précédents, le troisième mémorandum prévoit de nouvelles coupes sur les salaires et les retraites, des licenciements de fonctionnaires, le report de l'âge de la retraite à 67 ans et la suppression des conventions collectives.

Les armateurs visés

En adoptant ces mesures, Athènes devrait recevoir 31,5 milliards d'euros d'ici à fin novembre. Si la Grèce respecte ses engagements, La Commission européenne prévoit même un retour de la croissance à 0,6% du PIB dès 2014!

Sceptique, Yannis Varoufakis, professeur d'économie à l'université d'Athènes, estime au contraire que la rigueur «entraînera plus de récession, alors que celle-ci sévit pour la sixième année consécutive. Des réformes sont nécessaires mais pas celles-ci», affirme-t-il. Nombre d'experts multiplient les appels à une nouvelle restructuration de la dette grecque, une fois le mémorandum adopté.

En attendant, une clause supplémentaire de ce plan de rigueur prévoit pour la première fois la contribution des armateurs au soutien de l'économie du pays. Pointés du doigt par la population pour leur régime fiscal privilégié, les armateurs vont devoir verser dans ses caisses «au moins 140 millions» d'euros, selon le mémorandum.

Pour le célèbre armateur Nicos Vernicos, cette initiative aura un effet à double tranchant: «L'initiative du gouvernement est logique, maintenant j'espère que les compagnies maritimes ne vogueront pas vers d'autres destinations, plus concurrentielles», s'inquiète-t-il. Les députés devront se prononcer dimanche sur le budget 2013 du pays. Tous les syndicats appellent de nouveau à un rassemblement contre l'austérité.

Alexia Kefalas

Journal La Tribune

Grèce : une majorité affaiblie a adopté le plan d'austérité dans la douleur 

Antonis Samaras a eu chaud en voyant son plan d'austérité adopté cette nuit à une très courte majorité. Pourtant, cette adoption était nécessaire avant le versement de 31,2 milliards d'euros par la Troïka avant le 16 novembre pour éviter le défaut. Pendant ce temps la colère sociale est encore montée d'un cran après deux jours de grève générale.

Antonis Samaras aura fini par y parvenir. Après une histoire pleine de rebondissements, son gouvernement a réussi à obtenir du Parlement le vote de son plan d''austérité sur lequel la Grèce s'était engagée vis-à-vis de ses créanciers. Au total, ces mesures comprennent pour 13,5 milliards d'euros d'économies supplémentaires.

La coalition pro-austérité bat de l'aile

Mais l'adoption ne se sera pas faite sans douleur et il aura fallu se contenter d'une très courte majorité, 153 voix sur 151 nécessaires, alors que la majorité disposait initialement de 176 députés. De fait, depuis plusieurs semaines, une atmosphère frondeuse régnait au sein de la coalition. Surtout entretenue par une aile gauche qui ne cautionnait pas un nouveau matraquage de la population. Principal noeud de la discorde, des mesures portant sur un nouvel assouplissement du droit du travail, objet d'un refus catégorique de la part du Dimar, troisièm parti de la coalition, alors que le chômage dans le pays atteint désormais plus de 25% de la population active. Avec ses 16 sièges, le petit parti de gauche aurait pu contribuer à faire pencher la balance du côté du non, comme il menaçait initialement de le faire. Finalement, 15 d'entre eux se sont abstenus et un seul a voté non. Par ailleurs, 6 députés socialistes ont eux aussi refusé de s'exprimer et un député conservateur a voté non. Mais c'est passé.

Un ouf de soulagement... en attendant la Troïka

Toujours est-il qu'il était temps, si la Grèce veut un jour voir la couleur des quelque 31,2 milliards d'euros dont le versement était conditionné par ses créanciers de la Troïka (UE-BCE-FMI) à l'adoption du plan d'économies. Somme en attente d'une entente - qui semblait impossible entre membres de la coalition - pour versement depuis le mois de juin. D'autant plus que sans cet argent avant le 16 novembre, le pays voyait à nouveau le spectre du défaut se profiler. Mais tout n'est pas encore terminé, même si les choses semblent être mieux engagées qu'il y a encore quelques jours. Car Athènes attend toujours l'aval de la Troïka, qui doit rendre son rapport le 12 novembre prochain.

Plus de 70.000 manifestants dans les rues d'Athènes

Mais Antonis Samaras, pour qui cela doit tout de même être une épine dans le pied en moins, n'est pas encore au bout de ses peines. Car il doit aussi composer avec des tensions sociales grandissantes, en plus des craquements dans sa majorité. La nuit dernière, selon la police, plus de 70.000 personnes étaient rassemblées sur la place Syntagma, qui jouxte le Parlement, pour protester contre l'adoption de ces mesures qui prévoient notamment une réduction des pensions de retraites pouvant atteindre les 25%. Et au deuxième jour d'une grève générale qui paralyse le pays, la colère monte. Il faut dire que la population a de plus en plus de mal à y croire en voyant les efforts déjà consentis et une dette publique qui continue encore et encore d'augmenter. Car malgré les multiples plans d'austérité, la dette publique grecque enfle encore, et devrait atteindre 189% du PIB en 2013.

Romain Renier

Journal L'Humanité

"En Grèce, les journalistes renouent avec la peur, l’autocensure et les pressions"

Jim Boumelha, président de la FIJ, était présent au procès de Kostas Vaxevanis. Il livre à humanite.fr son regard sur la situation en Grèce. Entretien.

Vous assistiez au procès du journaliste Kostas Vaxevanis, arrêté par la police pour avoir publié la « liste Lagarde » contenant le nom d’exilés fiscaux. Quelle était, s’il vous plaît, l’ambiance au procès ? Pourquoi la FIJ tenait-elle à y être présente ?

Jim Boumelha. Le procès de Vaxevanis était non-seulement un test crucial pour le journalisme grec mais a eu un impact sur tous les citoyens à la veille de votes parlementaires sur de nouvelles mesures d’austérité. D’une part les autorités grecques ont commencé à cibler des journalistes qui critiquent ouvertement les politiques gouvernementales tels que les deux collègues, Kostas Arvanitis et Marilena Katsimi, qui ont été écartés de leur magazine quotidien « Informations du matin » par la télévision publique grecque (ERT) pour leur analyse d’un article paru sur le quotidien britannique le Guardian, sur les actes de tortures de la police grecque sur des manifestants antifascistes, et pour avoir osé pose des questions sur cette affaire envers le ministre grec de l’Ordre public Nikos Dendias. Le ministre avait en outré annoncé que le gouvernement grec aurait porté plainte contre le Guardian au nom de l’Etat grec pour « diffamation de notre démocratie ».

Vaxevanis a été poursuivi pour « violation de données personnelles » pour avoir publié dans son magazine Hot Doc une liste surnommée « liste de Lagarde » comprenant 2059 noms d’individus, tirée de données provenant de la banque HSBC en Suisse. Cette liste qui a été obtenue par la France d’un ancien employé de HSBC en 2009 et utilisée par le fisc français pour poursuivre certains fraudeurs et obtenir un redressement fiscal, a été transmise au gouvernement grec qui, pendant deux ans, n’a pris aucune action pour enquêter sur les armateurs, anciens hommes politiques, médecins, et sociétés inclus dans la liste. Par contre, les autorités ont décidé d’appréhender et harceler le journaliste qui a fait son devoir de livrer la liste au public grec.

Au nom de la FIJ, je me suis présenté comme témoin principal et j’ai pu expliquer à la juge Malia Volika, présidente de la cour, les éléments de base du métier de journaliste et nos responsabilités, la notion d’intérêt public et de transparence, et nos devoirs envers les citoyens et leur droit de savoir. Ceci a donné un volet spécial aux avocats de Vaxevanis qui avaient préparé un plaidoyer politique dans un contexte où les gouvernants grecs sont confrontés à la colère croissante de leurs citoyens face à une austérité de plus en plus aiguës et accusés d’épargner les riches et les puissants. Pour certains Vaxevanis était un héros pour avoir risqué trois ans de prison, pour nous il est un journaliste qui a fait son devoir de tous les jours, en fait son devoir de transparence. Après un marathon de douze heures, Vaxavanis fut acquitté.

Que révèle cet événement sur la situation des médias en Grèce où, parallèlement, des journaux ont fermé, les salaires des journalistes sont baissés, leurs contrats changés… ?

Jim Boumelha. Depuis le début de la crise, il y a cinq ans, tous les citoyens grecs vivent sous un régime d’austérité qui n’arrête pas d’empirer avec un PIB qui régresse à perpétuité. Les journalistes, comme tous les travailleurs grecques, ont continué à subir des réductions de salaires et dans plusieurs cas les salaires ne sont même pas payés, des licenciements fréquents et abusifs et des suppressions d’emploi et des dégradations des lois de travail qui accélèrent la précarisation de la profession. C’est dans ce contexte qu’il faut voir la grande résonance que la publication par Vaxevanis de la liste Lagarde a eu chez les citoyens grecques qui leur a permis de pointer du doigt la corruption que les gouvernants grecques continuent de tolérer et les fraudeurs qui sont permis d’échapper au fardeau de l’austérité.

Dans les années avant l’austérité la presse grecque n’a pas souvent eu l’occasion d’être aussi robuste qu’il le fallait, vu que la majorité des télévisions et journaux a toujours été dans les mains de l’Etat grec ou les corporations qui ont gardé un grand contrôle et ont pu impulser une timidité sur les affaires de corruption pourtant endémique dans le pays. Les journalistes ont toujours été sous pression de se tenir tranquille sous la menace permanente de perte d’emploi ou de poursuites.

Les exemples d’intervention visant à mettre des journalistes sous un régime de peur et d’intimidation continuent de se multiplier. Dans les dernières semaines, on a vu l’arrestation de Spiros Karatzaferis qui a tenté de divulguer des e-mails confidentiels sur les manœuvres de la troïka au sujet du plan de sauvetage; l’action contre le Guardian sur la collaboration de la police et des brutes du mouvement Aube dorée, suivi de l’écartement de Costas Arvanitis et Marilena Katsimi qui projetaient de suivre les allégations du Guardian; plus récemment l’occultation d’un autre journaliste de la télévision publique, Christos Dantis, qui préparait un reportage sur les manifestations contre le Premier Ministre grecque lors de cérémonies à Thessalonique; et la censure par la télévision grecque d’une scène de Downton Abbey avec la coupure d’un baiser homosexuel.

Aujourd’hui, les journalistes renouent avec la peur, la brutalité policière, l’autocensure et les pressions de la part de leurs supérieurs. Malgré cela, les syndicats de journalistes se battent tous les jours, organisent des grèves et manifestations, poussent leurs militants à résister et à réagir pour défendre le droit de leurs citoyens à une information juste et indépendante.

La Grèce est le premier pays, au sein de l’UE, à avoir appliqué de telles mesures d’austérité. Craignez-vous que la situation des journalistes et médias grecs se généralise, elle aussi, à son tour?

Jim Boumelha. Une situation similaire a commencé à se développer dans plusieurs autres pays européens tels que l’Espagne et le Portugal où un régime d’austérité à perpétuité s’est installé. Les mesures imposées par la troïka que composent la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international, ont déjà eu un impact sauvage sur beaucoup d’autres citoyens européens – mesures qui n’arrivent pas à faire démarrer leurs économies mais par contre conduisent à des conditions de vie de plus en plus dures, et des difficultés croissantes que ce soit la santé, l’assistance sociale, les retraites, et le chômage. Le tout faisant peser une atmosphère de démoralisation et de confusion.

En plus les médias ont leur propre crise qui s’est déjà traduite par des milliers de licenciements, une incertitude grandissante sur le futur même des médias y compris leur modèle économique, ou les moyens de distribution. Ce ralentissement aboutira sans doute à une crise sans précédents des démocraties où les médias indépendants ne seront plus en mesure de scruter les systèmes politiques corrompus qui pourraient émerger ou mettre sous le feu de leur critique les riches et les puissants.

Entretien réalisé par Fabien Perrier

 

Magazine Le Point

La France va redonner à Athènes une liste d'exilés fiscaux grecs en Suisse

La justice française avait saisi cette liste au domicile français d'un ancien employé de la filiale helvétique de la banque HSBC.

La France va transmettre pour la deuxième fois à Athènes les noms d'exilés fiscaux grecs en Suisse figurant sur une liste qu'elle a en sa possession, en réponse à une demande du gouvernement grec qui assure l'avoir perdue, a-t-on appris auprès d'une source interne à Bercy. "Dès lors que la liste contient des informations sur des contribuables qui sont résidents dans d'autres États membres avec lesquels la France a une convention fiscale, on est obligé de donner ces informations, on n'a pas d'autre choix dès lors que la convention le stipule", a-t-on expliqué mercredi.

Le 24 octobre, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, avait indiqué avoir "redemandé" à la France de lui communiquer une liste d'exilés fiscaux grecs en Suisse fournie en 2010, et égarée entre-temps par Athènes. Il s'agit d'une "procédure exceptionnelle", en cela que "jamais une demande d'assistance administrative n'a été aussi divulguée que celle qui a été faite par la Grèce". "C'est transmis par l'administration, ce n'est pas une fleur qu'on fait au gouvernement grec", a précisé la source interne à Bercy.

Grand intérêt pour le fisc français

Les noms des contribuables grecs figurant sur cette liste d'exilés fiscaux en Suisse avaient été envoyés une première fois à la Grèce en 2010 par l'actuelle présidente du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, lorsqu'elle était ministre des Finances.

La justice française avait saisi cette liste contenant des dizaines de milliers de comptes le 20 janvier 2009 au domicile français d'un ancien employé de la filiale helvétique de la banque HSBC sous forme de fichiers informatiques cryptés. Mais avant de les transmettre aux Suisses, les enquêteurs français ont analysé le contenu de ces saisies, qui se sont révélées d'un grand intérêt pour la justice et le fisc français.

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Dernière modification : jeudi 08 novembre 2012