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J-13/11/2012

 

13 novembre 2012

Journal La Tribune

Pourquoi la Grèce est devenue l'otage de ses puissants créanciers

Les créanciers privés ayant déjà dû accepter un "hair cut" sur la dette grecque en 2011, les suivants sur la liste sont les créanciers publics. C'est pourquoi toute réunion au sommet entre dirigeants de l'eurozone, de la BCE et du FMI s'apparente au conseil d'administration d'une entreprise en faillite où il s'agit de savoir qui va prendre ses pertes.

Athènes a rempli ses obligations pour obtenir le feu vert au versement de la tranche d'aide de plus de 31 milliards d'euros prévus au deuxième trimestre. Mais l'évolution du poids de sa dette divise ses bailleurs de fonds internationaux (BCE, Commission européenne et FMI) sur l'action à mener à moyen terme et les décisions traînent en longueur.

« Le peuple grec mérite un accord politique », a dit Pierre Moscovici lundi après-midi à une rangée de journalistes frigorifiés venus tendre leurs micros à son arrivée au Conseil des ministres européen. Le ministre français des Finances faisait allusion au nécessaire déblocage de l'aide européenne à Athènes pour une trentaine de milliards d'euros. Pendant ce temps, son homologue allemand, Wolfgang Schäuble glissait discrètement derrière lui en soufflant un « Vive la France ! » sonore avant de s'engouffrer dans le bâtiment du Conseil des ministres.

Voilà une scène qui résume assez bien le nouvel épisode du drame grec qui s'est joué lundi soir à Bruxelles : l'affichage d'une complicité de façade entre « Grands »... sans solution durable à l'insolvabilité grecque, ce mal qui mine l'Union monétaire depuis maintenant trois ans.

Echec de la politique menée depuis 2010

« Dans la perception des uns et des autres, Samaras a pris le taureau par les cornes et cela fait la différence. Cela mériterait un encouragement », disait il y a peu un haut fonctionnaire européen. C'est tout le paradoxe de la situation actuelle où la Grèce n'a jamais été aussi proche de remplir les engagements pris à l'égard de ses créanciers, et n'a jamais été aussi peu assurée de recevoir les fonds dont elle a cruellement besoin pour payer ses factures.

Athènes fait les frais des différends entre ses puissants créanciers. Différends qui résultent en partie de l'échec de la politique menée depuis 2010.

Le premier oppose le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne (UE). Pour l'institution de Washington, la poursuite du programme grec, qui passe par le versement d'une tranche de plus de 31 milliards d'euros attendue depuis le 30 juin, doit être conditionnée à une révision générale du programme. Sa logique est implacable : tous les plans échaffaudés pour le sauvetage de la Grèce visent à ramener sa dette à un niveau « soutenable » de 120% du PIB en 2020. Or l'inconséquence des précédents gouvernements grecs ajoutée à la récession ont invalidé cette « trajectoire » sur le fondement de laquelle le FMI a obtenu l'aval de ses actionnaires américain, brésilien et autres pour mettre au pot. « Nous ne sommes pas venus pour une solution d'urgence mais pour une solution durable », avertissait Christine Lagarde en arrivant à Bruxelles.

L'objectif d'une dette grecque représentant 120% du PIB en 2020 est irréaliste

Pour les Européens, au contraire, le moment est venu de découpler la question de la soutenabilité à moyen terme de la dette et le déblocage des tranches d'aide. Il faut un « accord politique pour permettre la validation du programme grec... il restera des questions à résoudre ensuite par exemple sur la soutenabilité », indiquait Pierre Moscovici en arrivant à Bruxelles.

Le second différend oppose la Banque centrale européenne (BCE) et les capitales européennes. Personne, en effet, ne conteste le fait que la réduction à 120% de PIB de la dette grecque en 2020 est devenue un objectif irréaliste.

Le rapport de la troïka, sur la base duquel les ministres ont travaillé lundi soir, enfonce le clou puisqu'il fait monter la dette hellénique à 190% du PIB contre moins de 170% dans le précédent rapport de mars 2012. D'un excédent primaire de 3,6 milliards en 2013 et de presque 10 milliards en 2014 en mars 2012, les prévisions des experts européens ont été dramatiquement révisées à la baisse. Ils tablent à présent sur un équilibre (lui-même fort aléatoire) en 2013 et un excédent de seulement 1,5% milliard en 2014.

Vers une nouvelle restructuration de la dette héllène

La question du jour est donc celle d'une nouvelle restructuration. Les créanciers privés ayant déjà donné en 2011, les suivants sur la liste sont les créanciers publics. C'est pourquoi toute réunion au sommet entre dirigeants de l'eurozone, de la BCE et du FMI s'apparente au conseil d'administration d'une entreprise en faillite où il s'agit de savoir qui va prendre ses pertes.

Ici, les regards se tournent vers Mario Draghi, le président de la BCE qui détient environ 50 milliards d'euros d'obligations grecques... mais ne veut pas entendre parler d'un « hair cut ». Une solution plus élégante, et non moins efficace, serait pour les seize compagnons de galère de la Grèce de renoncer à leurs gains sur ces créances.

Des Européens peu pressés d'apporter une solution durable

Malheureusement, les Européens ne semblent pas presser d'apporter la solution durable recommandée par les économistes et demandée par Christine Lagarde. « En remettant cette question à plus tard, on gagne du temps pour montrer que les réformes grecques produisent des effets et surtout la possibilité de joindre plusieurs dossiers et d'aller une seule fois devant le parlement », concédait récemment un haut fonctionnaire européen, car dans certains pays, comme les Pays-Bas ou l'Allemagne, le déblocage de chaque tranche fait l'objet d'un débat parlementaire serré.

En attendant, on évite aussi de faire l'amer constat que la stratégie suivie jusqu'à présent n'a pas sorti Athènes de l'ornière et continue de plomber l'horizon de la zone euro.

Florence Autret, à Bruxelles 

Journal Libération

Journal La Croix

Journal Les Echos

Journal Les Echos

Aide à la Grèce : l'Eurogroupe se heurte au FMI

Faute d'arriver à se mettre d'accord sur la définition d'une dette soutenable pour la Grèce, les ministres des Finances renvoient au 20 novembre leur décision sur le refinancement de la Grèce.

A l'issue de la réunion de l'Eurogroupe, son président, Jean-Claude Juncker, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, se sont livrés à un joli quiproquo rempli de sous-entendus. Tandis que le premier affirmait que l'on pouvait déclarer la dette grecque soutenable en la ramenant à 120% en 2022, soit deux ans plus tard que prévu, la seconde maintenait l'objectif de ramener la dette à 120% dès 2020. Pressés de questions par les journalistes, les deux protagonistes maintenaient leur date respective, chacun s'indignant d'être contredit par l'autre. Sachant que la plupart des prévisions économiques à moyen terme s'avèrent fausses, 2020 ou 2022, y a-t-il réellement un enjeu ?

Malheureusement, cet écart de deux petites années est le signe du profond désaccord qui persiste depuis des semaines entre le FMI et les pays de la zone euro sur le refinancement de la Grèce. Un désaccord qui a encore obligé les ministres des Finances à retarder leur feu vert au déboursement d'une nouvelle tranche d'aide à la Grèce.

Combler le manque de financements

Hier, lors de la réunion des ministres des Finances à Bruxelles, la troïka (Commission européenne, BCE et FMI) a livré un rapport provisoire dans lequel elle confirme que la Grèce a besoin de deux ans de plus pour mettre en oeuvre le programme de restructuration dicté par ses créanciers et que ce délai supplémentaire entraîne un besoin financier de 32,6 milliards d'euros. Au vu des efforts importants de la Grèce, qui a voté les 7 et 11 novembre d'ambitieuses réformes et un budget 2013 qui représente des économies de 9 milliards d'euros, les créanciers européens sont désormais acculés à reprendre le financement du pays. Hier, lors de leur réunion, ils ont d'ailleurs admis qu'à quelques exceptions, la Grèce avait engagé l'essentiel des réformes réclamées et qu'il fallait bien lui accorder un délai de 2 ans. En revanche, ils n'ont pas trouvé les moyens de combler le manque de financements.

Pour ne pas faire appel à nouveau aux contribuables européens, les ministres cherchent à combiner une multitude d'outils (allongement de la maturité des prêts, allégement des taux, rachat d'obligations) et demandent au FMI d'être moins exigeant sur le désendettement grec. Car au vu du retard pris, les chances de ramener la dette publique grecque aux alentours de 120% du PIB du pays en 2020 est désormais irréaliste. C'est pourquoi Jean-Claude Juncker plaide pour un recul cohérent de deux ans en 2022. Il a le soutien du ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici, qui a appelé hier soir tous les acteurs de la négociation à faire preuve de pragmatisme et non de dogmatisme. Pour l'instant, le FMI se montre intraitable. Et ce afin d'obtenir des Etats européens qu'ils admettent la nécessité de procéder à une restructuration partielle de la dette grecque, alors que ceux-ci se refusent à tout abandon de créances. Le FMI estime que seul un allègement important du fardeau permettra à la Grèce de s'en sortir.

Hier soir, Pierre Moscovici s'est déclaré confiant sur la possibilité de réconcilier les points de vue d'ici la nouvelle réunion prévue le 20 novembre. «L'eurogroupe poursuivra les discussions sur les besoins financiers et la soutenabilité de la dette, et espère parvenir le 20 novembre à un accord pour lancer les procédures nationales qui permettront le déboursement d'une nouvelle tranche d'aide par le Fonds européen de stabilité financière», conclut l'Eurgroupe dans un communiqué. En attendant, Athènes sera soutenue pour faire face à sa prochaine échéance de remboursement de dette, le 16 novembre, qui porte sur 5 milliards d'euros d'obligations, a assuré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Anne Bauer

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

La Grèce devra patienter avant de recevoir son aide

Les créanciers de la Grèce lui ont accordé un délai de deux ans pour atteindre ses objectifs budgétaires. La tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros attendue par Athènes pourrait être débloquée mardi prochain lors d'une nouvelle réunion.

«Les Grecs ont tenu leurs promesses, il nous revient maintenant de tenir les nôtres», a déclaré hier le chef de file de l'Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Les créanciers d'Athènes ont décidé hier d'accorder deux années supplémentaires à Athènes pour réaliser les économies qu'ils lui réclament. Athènes aura ainsi jusqu'en 2016, et non 2014 comme prévu initialement, pour atteindre l'objectif d'un excédent budgétaire primaire de 4,5% du PIB, jugé compatible avec une diminution de la dette.

Mais, sur fond de divergences entre la BCE, le FMI et dix-sept capitales de l'euro - elles-mêmes divisées entre elles - les ministres des Finances de la zone euro réunis à Bruxelles n'ont pas débloqué la nouvelle tranche de l'aide de 31,5 milliards suspendue depuis juin. La question qui fâche est de savoir qui de l'UE, de la BCE ou du FMI - les trois membres de la «Troïka» - supportera le coût de l'allongement de deux ans du calendrier de redressement budgétaire à Athènes. Le rapport préparé pour la réunion l'évalue à 32,6 milliards. Pourtant, Athènes a un besoin urgent de rembourser 5 milliards de bons du Trésor arrivant à échéance le 16 novembre. «Je ne vous dirai pas comment, mais il n'y aura pas de problème le 16 novembre», a dit Jean-Claude Juncker.

Par ailleurs, les membres de la Troïka restent en désaccord sur l'évolution à plus long terme de la dette publique grecque. L'Eurogroupe estime que la Grèce peut bénéficier d'un délai pour ramener son taux d'endettement public à 120% du PIB. «Il y a une forte probabilité que le délai soit repoussé à 2022» au lieu de 2020 comme prévu jusqu'ici, a déclaré Jean-Claude Juncker. Même son de cloche à Paris: «pour ce qui me concerne, je pense que nous pouvons envisager la date de 2022», a affirmé le ministre français des Finances, Pierre Moscovici. Mais la directrice générale du FMI a déclaré que le Fonds voyait toujours la date-butoir «à 2020». «Nous avons des divergences, nous travaillons et nous tentons de les résoudre», a expliqué Christine Lagarde.

L'Eurogroupe a décidé de débattre de ces points mardi prochain lors d'une réunion extraordinaire consacrée à la Grèce.

Mathilde Golla – Jean-Jacques Mevel

 

Journal La Tribune

Journal La Tribune

Grèce : 2 ans de plus pour atteindre l'objectif budgétaire

Le pays aura jusqu'en 2022 pour réduire son taux d'endettement public à 120% du PIB. Mais concernant le déblocage de 33 milliards d'euros supplémentaires, la zone euro s'est donnée huit jours de réflexion.

Les ministres des finances de l'Eurogroupe étaient pour, le Fonds monétaire international (FMI) était plutôt contre. Ce sont finalement les premier qui l'ont emporté sur le second : la Grèce aura bien deux années supplémentaires pour réussir à abaisser son taux d'endettement public à 120% de son Produit Intérieur Brut (PIB), comme décidé lundi soir.

Un peu plus tôt, Jean-Claude Juncker estimait: "Il y a une forte probabilité que le délai soit repoussé à 2022" au lieu de 2020 comme prévu jusqu'ici. De son coté, la directrice du FMI disait toujours compter sur la date-buttoir initialement prévue: "2020". "Nous avons clairement des points de vue différents. Ce qui importe au bout du compte, c'est la soutenabilité de la dette grecque afin que ce pays puisse être remis sur pied" avait ajouté Christine Lagarde.

Alors que la dette grecques continue d'exploser et devrait atteindre 190% du PIB en 2014, de nombreux analystes considéraient qu'il serait irréaliste de la ramener à 120% du PIB dès 2020. En marge de la réunion qui s'est tenue lundi à Bruxelles, réunissant les ministres des finances de la zone euro, Pierre Moscovici, le ministre Français de l'Economie et des Finances avait dit penser "que nous pouvons envisager la date de 2022".

Décision reportée

Pour ce qui est du déblocage de 33 milliards d'euros supplémentaire, la question n'est en revanche pas encore tranchée. L'Eurogroupe se réunira à nouveau le 20 novembre pour en discuter. "Nous sommes tout près (d'un accord) et je ferai tout pour qu'une décision en bonne et due forme soit prise le 20 novembre", a affirmé Jean-Claude Juncker lundi.

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Dernière modification : mardi 13 novembre 2012