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J-14/11/2012

 

14 novembre 2012

Journal La Croix

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Journal Les Echos

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La Grèce a réalisé d'importantes réformes, reconnaît la troïka

La Grèce, qui ne recevra pas d'aide de ses partenaires avant la fin novembre, a fait des progrès inégaux mais réels dans la mise en oeuvre des réformes exigées.

Les ministres des Finances de la zone euro se sont lancés lundi soir un défi audacieux : ils ont accepté de donner deux années de plus -2016 au lieu de 2014-à la Grèce pour qu'elle puisse ramener son déficit public au dessous des 3 % du PIB ; mais aucun d'eux n'a été capable de dire qui va financer les 32 milliards d'euros que va générer l'octroi de ce délai supplémentaire. Une réunion de l'Eurogroupe est programmée le 20 novembre pour trouver un compromis, sachant que le FMI risque de ne pas continuer à contribuer et que plusieurs pays, dont l'Allemagne, refusent de s'engager dans un nouvel effacement de la dette grecque.

Si les pays européens ont néanmoins accordé ce répit aux autorités grecques, c'est d'abord parce qu'ils ont rejeté l'option d'une sortie de la Grèce de la zone euro et qu'ils sont donc obligé de continuer à la porter à bout de bras ; c'est aussi parce que le rapport de la troïka des créanciers d'Athènes ( FMI, BCE, Commission européenne) a rendu un rapport plutôt positif sur les efforts réalisés par la Grèce. Ces derniers ont été certes inégaux depuis le lancement du premier plan de sauvetage, mais ils sont incontestables « Il est temps d'en finir avec la perception qu'aucun progrès n'a été réalisé dans ce pays. Cette perception est désobligeante, injuste et tout simplement fausse » a dit lundi soir à Bruxelles Olli Rehn, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, fidèle aux conclusions du rapport.

Des résultas supérieurs aux attentes

Les résultats sont même parfois supérieurs aux attentes : ainsi, souligne la troïka, « l'effort budgétaire entrepris par la Grèce depuis le début du programme d'ajustement en mai 2010 est beaucoup plus important qu'anticipé » puisque l'amélioration représente déjà 13 points de pourcentage du PIB en trois ans, au lieu des 10 points exigés d'ici 2014 . Seule la récession dans laquelle le pays a été plongé explique que le pays n'ait pas réussi à ramener son déficit dans les limites réclamées par ses créanciers. Outre le recul de l'âge de la retraite de 65 à 67 ans qui vient d'être voté par le parlement, les réformes commencent à porter leurs fruits dans deux domaines. La santé où les premières mesures de contrôle des dépenses -baisse des salaires et informatisation des prescriptions notamment-ont permis d'économiser 25 % des coûts cette année. Le marché du travail ensuite où la Grèce est sur la bonne voie pour tenir son engagement de réduire de 15 % d'ici à 2014 le coût du travail. « D'ici la fin de l'année, a rappelé Olli Rehn, toute la perte de compétitivité accumulée entre 2001 et 2009 aura été annulée ».

D'autres engagements de la Grèce, parfois pris depuis 2010, tardent cependant à voir le jour. C'est le cas de la réforme fiscale dont l'élaboration -et une certaine mauvaise volonté- a pris beaucoup plus de temps que prévu. « La réforme doit entrer en vigueur au premier janvier 2013 et son impact budgétaire est prévu pour 2014 », note la troika. Les privatisations dont le rapport reconnaît implicitement que les recettes attendues étaient irréalistes compte tenu du contexte de crise dans lequel elles étaient envisagées. La troika en attend désormais moins de 11 milliards d'ici 2016 au lieu des 24 milliards attendus à l'origine.

Catherine Chatignoux

 

Journal Les Echos

Magazine Nouvel Observateur

Costa-Gavras se paie « le Capital »

Après avoir dénoncé le stalinisme, la CIA ou la collaboration, le réalisateur de « Z » s'en prend aux ravages de l'argent fou. Rencontre avec un éternel révolté.

Le voici au coeur du sujet : l'argent. Costa-Gavras, depuis un demi-siècle, observe avec lassitude les mouvements d'une société qu'il dénonce. Dans « le Capital », son dix-neuvième film, il lâche un jeune loup de la finance, Marc Tourneuil (joué par Gad Elmaleh) dans la jungle des banques. Trahisons, retournements, gros chèques, comptes offshore, tout y est. Avec, en supplément, un personnage de femme d'une rare beauté (le mannequin Liya Kebede), que le héros croise un peu partout dans le monde. La tête tournée, sollicité de toutes parts, le sinistre héros ne devra sa survie qu'à un cynisme de bon aloi. Comme le remarque avec raison Costa-Gavras : « Pour faire fortune, il faut marcher sur les cadavres. »

L'idée est née en 1969, juste après le succès de « Z » : « Le producteur de « James Bond », Harry Saltzman, est venu me trouver. Il m'a demandé : Vous voulez faire quoi ?- « La Condition humaine ». - C'est quoi ?- Un film avec des Chinois. - Alors, c'est non. » Faute de pouvoir adapter le roman de Malraux, Costa-Gavras, alors, a pensé à un film sur l'argent. En attendant de le réaliser, il a poursuivi son chemin de cinéaste politique, attaquant le stalinisme avec « l'Aveu » (1970), la CIA (« Etat de siège », 1973), la collaboration (« Section spéciale », 1975), le Ku Klux Klan (« la Main droite du diable », 1988), la casse sociale (« le Couperet », 2005)… « Je n'ai jamais décidé d'être un cinéaste de combat. C'est venu naturellement. Je suis grec, après tout. » En effet. Né en Arcadie en 1933, Konstantinos Gavras a observé la pauvreté d'un pays aujourd'hui en faillite et l'extrême richesse des armateurs qui vivent tax-free : « L'un d'eux a cédé sa collection de tableaux - cent toiles, dont des Picasso, des Monet, des Greco - à un musée. Je me suis demandé : d'où vient tout cet argent ? »

Les gros sous, Costa-Gavras les a vus passer sous son nez : on lui a proposé de réaliser « le Parrain » - il a refusé. Hollywood a voulu le recruter pour tourner des blockbusters - il a refusé. Il a remis sur le feu le projet de « la Condition humaine » chez Paramount - on le lui a refusé. De ces tribulations, soutenu avec constance par sa femme, la productrice Michèle Ray, le cinéaste a gardé une certaine méfiance envers les puissances d'argent, adoucie par une grande bonhomie naturelle. Quand il parle de la situation économique actuelle, on a l'impression qu'il fait un sermon aux petits oiseaux : « Autrefois, avec Yves Montand, Simone Signoret, Jorge Semprun, on discutait à perte de vue sur les directives du Parti communiste. Aujourd'hui, c'est le marché qui dicte sa loi. Au fond, le marché a la même fonction que jadis le PC : il a toujours raison. »

Il s'intéresse à tout : peinture, beaux-arts, industrie lourde, momification de Staline, récoltes, édition. Il a de bons yeux de basset, qui ont tout vu, dont il se sert pour radiographier le siècle, parfois sans succès. Ainsi, il reconnaît que « Conseil de famille », film joué par Johnny Hallyday et Fanny Ardant en 1986, n'était « pas réussi ». C'est que Costa-Gavras est à la fois ascétique et insatiable. Il n'a pas besoin de beaucoup, et il aimerait continuer à dénoncer les injustices, à combattre les despotes, à bastonner les pilleurs. Malgré le titre de son dernier film, il n'a jamais pu lire « le Capital », livre sans doute majeur, « mais d'un ennui profond ». Il préfère citer Bakounine et Jérôme Kerviel, dans la même phrase. Et s'étonne, avec ravissement, que ses petits-enfants lui demandent de revoir « les Temps modernes », chef-d'oeuvre d'un cinéma militant. Sans illusions, cependant : « La seule chose que nous puissions faire, dit-il, ce sont des films. Ils ne changeront pas grand-chose, mais… » Ce « mais » contient une révolte.

Dans « le Capital » (le film), tout un monde de coulissiers, d'agioteurs, de conquérants, de viveurs s'agite, le coeur battant la chamade, achetant du vent, faisant des bancos virtuels. « C'est comme la danse de la mort, au Moyen Age. Le capitalisme mène la valse, désormais, en compagnie du diable. » Au fond, Costa-Gavras a filmé un pacte : celui conclu par Pluton avec une société qui vend en gros, en vrac, en vitesse, ses âmes.

François Forestier 

Journal La Tribune

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Dernière modification : mercredi 14 novembre 2012