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J-26/11/2012

 

26 novembre 2012

Journal Le Monde (daté du 27/11/2012)

Journal Le Monde (daté du 27/11/2012)

Journal La Tribune

"Le coût du sauvetage de la Grèce est bien moindre que celui d'une explosion de l'Europe"

Pour Yannis Monogios, chercheur à l'Institut de recherches économiques grec, " les dirigeants européens doivent faire preuve de raison : ils ne peuvent pas jouer l'avenir de l'Europe sur leur propre intérêt politique."

Propos recueillis par Elisa Perrigueur

Yannis Monogios, chercheur au KEPE (Institut de recherches économiques grec), est conseiller au ministère des Finances grec. Il analyse les raisons pour lesquelles les négociations sur le versement de l'aide européenne de 44 milliards d'euros à son pays ont échoué la semaine dernière, en particulier sur le montant de la réduction de la dette. Il juge que la réunion des ministres des Finances de la zone euro ce lundi à Bruxelles devrait se conclure par un accord, car tout les membres y ont intérêt.

Y a-t-il un risque qu'il n'y ait toujours pas d'accord sur la dette grecque ce lundi ?

Je pense que non, car un accord est la solution la plus bénéfique pour tout le monde. Il est sûr que la possibilité d'un autre sommet extraordinaire n'est jamais à exclure, mais on sait que plus on retarde, plus on augmente les coûts. De plus, les marchés financiers ont les yeux rivés sur ces tractations, il pourra y avoir une réaction positive. La question traitée aujourd'hui par les dirigeants n'est pas : « Comment réduire la dette ?» mais : « Accepte-t-on les moyens de la réduire ?»...Il existe en effet plusieurs voies : une baisse des taux d'intérêt des prêts, une extension des maturités de ces prêts, ou une renégociation de la recapitalisation des banques...Et c'est sur ces conditions que les dirigeants européens doivent s'accorder. Aujourd'hui, on bute sur 10 milliards d'euros (*), ce qui représente très peu au niveau du budget européen. Il y aura une entente mais elle sera politique et non économique.

Pourquoi parler d'entente politique ?

Un accord et un nouveau versement de l'aide révèleront avant tout le degré de solidarité des dirigeants européens, et non une solution économique sur le long terme. La position exprimée par l'Allemagne mardi dernier (qui refuse tout effacement d'une partie de la dette grecque. NDLR) n'est pas une attitude négative envers la Grèce, mais un message au reste de l'Europe et surtout au président de la république française François Hollande. Cela signifie : « Je ne suis pas prête à donner davantage car le tour de la France viendra ensuite». Car, pour l'Allemagne, l'économie française est une bombe à retardement. Il va y avoir des échéances importantes pour Angela Merkel, notamment les élections en septembre 2013, ce qui explique qu'elle refuse de jouer sa carte politique. Mais les dirigeants européens doivent faire preuve de raison : vous ne pouvez pas jouer l'avenir de l'Europe sur votre propre intérêt politique. Le coût de sauvetage des pays comme la Grèce mais aussi de Chypre, de l'Irlande ou du Portugal est bien moindre que celui d'une explosion de l'Europe. Si L'Europe tombe, le monde entier sera touché.

En Grèce, comment percevez-vous ce blocage des négociations ?

Je reste confiant, comme d'autres. En Grèce, nous avons rempli les conditions réclamées pour une aide. Le rapport de la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI. NDLR) le souligne. Nous recevrons, à mon avis, les 44 milliards d'euros d'aide en une seule fois. Rappelons encore que ces trois dernières années, nous avon effectué un énorme ajustement budgétaire. Nous écrivons l'histoire rapidement, car nous avons appris de nos erreurs passées. Les dirigeants internationaux doivent faire de même. La troïka est responsable à 50% de ce qui se passe en Grèce. Dès le début, elle a raté son diagnostic en assurant que le problème grec était un problème de liquidités, alors que le pays était insolvable. C'est sur ce constat erroné que la troïka a administré ses remèdes : de l'austérité, des coupes... Et quand ils ont constaté que le patient grec était perdu, après l'avoir eux-mêmes mis à terre, ils ont continué à exiger davantage d'austérité! Aujourd'hui, le patient grec agonise. Et c'est seulement maintenant que le FMI prend conscience des erreurs faites. Ces experts appliquent des modèles économiques, mais ils ne peuvent pas prédire l'avenir. Ils ne prennent pas en compte le contexte. En Grèce, c'est l'instabilité politique, la chute du PIB... Couper dans le budget est toujours rentable, bien sûr, mais pour les chiffres, pas pour le peuple. Ces économistes ont voulu faire en sorte que la croissance touche le fond pour redémarrer ensuite. Mais où se situe le fond aujourd'hui en Grèce ?

* Le FMI a accepté que la dette grecque soit considérée soutenable si elle est ramenée à 124% du PIB en 2020, contre 130% voulus par Athènes. Ces six points de pourcentage de différence représentent environ 10 milliards d'euros.

 

Journal Les Echos

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal Libération

Journal International Herald Tribune

Journal Libération

Journal La Croix

Journal Le Monde

La nouvelle restructuration de la dette grecque à l'épreuve des divergences européennes

La dette de la Grèce doit atteindre 190 % du PIB d'ici à 2014, contre 150 % estimés lors du premier plan d'aide, en mai 2010.

Une nouvelle réunion – la troisième en un mois – est prévue lundi 26 novembre pour tenter, toujours, de sauver les finances grecques, grevées par cinq ans de récession. Mardi, une précédente réunion entre Athènes et ses créanciers européens, qui devait permettre de déclencher le versement d'une nouvelle tranche d'aide (comprise entre 31,5 et 44 milliards d'euros) à la Grèce, s'est soldée, à nouveau, par un échec 'provisoire'.

Alors que la dette du pays doit atteindre 190 % du PIB d'ici à 2014, contre 150 % estimés lors du premier plan d'aide, en mai 2010, l'objectif de la troïka (BCE, FMI et Union européenne) est de la ramener à 120 % du PIB d'ici à 2020.

Car, après l'accord PSI ("private sector involvment") négocié au printemps avec les créanciers privés, qui ont abandonné 53,5 % de la valeur de leurs titres (avec une perte réelle entre 73 % et 74 %), le Fonds monétaire international presse aujourd'hui les Etats de la zone euro de "prendre leurs pertes" et d'effacer une part de la dette grecque. Cette solution a jusqu'à présent toujours été écartée par l'Eurogroupe, et surtout par l'Allemagne.

"UN SIGNAL DÉSASTREUX"

Un député de la CDU expliquait mercredi qu'une décote aurait "trois conséquences que nous jugeons mauvaises. [...] D'abord, cela coûterait de l'argent. Ensuite, cela enverrait un signal désastreux à l'Irlande, au Portugal voire à l'Espagne, qui se demanderaient immédiatement pourquoi eux doivent accepter de mettre sur pied de difficiles mesures [d'austérité] [...] et cela aurait des conséquences sur la règle budgétaire."

L'Allemagne est soutenue par les pays du Nord de l'Europe : l'Autriche, la Finlande et les Pays-Bas. Pour contourner ce blocage, plusieurs alternatives sont actuellement à l'étude.

Lire : Le FMI et les Etats de la zone euro s'affrontent ouvertement sur la Grèce (édition Abonnés)

L'allongement de la maturité des dettes : certains Etats, dont l'Allemagne, ont proposé d'allonger la durée de remboursement des obligations grecques. Il s'agit cependant d'une option risquée, car une telle mesure pourrait être interprétée comme un "événement de crédit"c'est à dire un défaut de paiement – par les agences de notation.

Un "roll over" : via ce mécanisme, soutenu par la BCE, les créanciers de la Grèce souscriraient de leur plein gré de nouveaux emprunts, échangés au fur et à mesure de l'expiration des titres déjà émis par Athènes.

Le reversement à la Grèce des gains réalisés par la BCE sur sa dette : l'institution de Francfort pourrait mettre en place un mécanisme permettant de transférer à la Grèce les intérêts accumulés sur les obligations grecques qu'elle détient. L'agence Reuters, citant une source au ministère des finances grec, croyait savoir vendredi que le montant ainsi reversé s'approcherait des 9 milliards d'euros.

Un moratoire sur le paiement des intérêts : l'Eurogroupe peut exempter Athènes du paiement des intérêts sur environ 130 milliards d'euros de prêts du Fonds européen de stabilité financière (FESF), ce qui permettrait à Athènes d'économiser quelque 40 milliards d'euros sur dix ans, selon un responsable de la zone euro.

Le rachat par Athènes de sa propre dette : Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemand, s'est déclaré mercredi favorable à ce que la Grèce puisse emprunter auprès du FESF pour racheter une partie de sa propre dette à prix 'cassé'. Une telle option nécessiterait une augmentation dudit fonds à hauteur de 10 milliards d'euros. Berlin serait prêt à y contribuer, au prorata de sa quote-part au sein du fonds (27 %), a précisé un député allemand.

Voir la vidéo : Comprendre le mécanisme européen de stabilité en trois minutes

Une baisse des taux sur les prêts bilatéraux : Berlin a réaffirmé mercredi son opposition à cette option, au titre qu'elle pourrait engendrer de nouvelles pertes pour son pays. Selon M. Schäuble, le coup de rabot sur le taux de ces prêts les feraient tomber trop bas, c'est-à-dire en-dessous du taux de refinancement de la banque de développement allemande, KfW, qui les a émis, rapporte le Financial Times. De plus, le ministre allemand fait valoir qu'il serait impossible juridiquement pour l'Allemagne de rétrocéder à la Grèce les bénéfices réalisés sur la dette grecque, la Bundesbank en détenant la moitié.

Les moyens de réduire la dette grecque ne sont toutefois pas les seuls points d'achoppement. Le plan de désendettement butte toujours sur le calendrier : l'Eurogroupe envisage d'accorder deux années supplémentaires à Athènes pour lui permettre d'atteindre l'objectif de réduction de sa dette, une option catégoriquement refusée par le FMI.

L'UE est "tout près" d'un accord selon Moscovici

Le ministre français de l'économie et des Finances, Pierre Moscovici, a estimé dimanche que l'Union européenne est "tout près" d'un accord sur la dette grecque, lors d'un entretien sur la chaîne BFMTV, à la veille de la réunion lundi de l'Eurogroupe. "Il ne serait pas responsable que demain nous n'y parvenions pas, compte tenu des efforts qui ont été faits par chacun", a-t-il déclaré.

Anna Villechenon

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Dernière modification : lundi 26 novembre 2012