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J-27/11/2012

 

27 novembre 2012

Journal Le Figaro

Grèce : une facture de 600 millions par an pour la France

L'accord sur la Grèce coûterait quelques 600 millions d'euros par an aux finances publiques françaises. Dans un premier temps.

Comment renvoyer aux calendes grecques le remboursement d'une partie substantielle de la dette d'Athènes sans que cela coûte apparemment aux créanciers? C'est la quadrature du cercle à laquelle sont parvenus cette nuit les ministres des Finances de l'Eugroupe, avec la participation de Christine Lagarde pour le FMI et de Mario Draghi pour la BCE.

«L'accord est habile dans la mesure où il conduit à une véritable restructuration des engagements d'Athènes vis à vis de ses créanciers publics, sans qu'à aucun moment on ne parle d'effacement du principal», analyse un économiste de banque. «Pour les finances publiques françaises cela devrait correspondre à un surcoût de l'ordre de 600 millions d'euros par an, dans un premier temps», poursuit cet analyste spécialiste de la zone euro.

Dans la kyrielle de décisions prises pour alléger le fardeau grec d'une quarantaine de milliards d'euros, sur les 150 à 180 milliards de la dette souveraine actuellement détenus par des opérateurs publics étrangers, deux mesures devraient impacter le budget de l'État français.

Tout d'abord, en tant que prêteur direct à la Grèce à hauteur d'environ 12 milliards d'euros effectivement tirés depuis mai 2010, la France consent à réduire de 1 % le taux d'intérêt sur ces prêts. Cette mesure concerne l'ensemble des États créanciers. Soit au total 120 millions d'euros, que Bercy pourra présenter comme un simple «manque à gagner», même si ces rentrées auxquelles on renonce avaient été prises en compte dans les recettes du projet de loi de Finances 2013.

La deuxième ligne d'impact sur le budget français est plus complexe et plus importante. Elle transitera par la BCE et la Banque de France. Son ordre de grandeur porte sur 500 millions d'euros annuellement.

Intérêts touchés par la BCE reversés

Le mécanisme est le suivant: la BCE et les Banques centrales nationales (ses actionnaires) ont accepté d'abandonner les «gains» (sic) réalisés sur les titres de dettes grecques qu'elles détiennent. Leurs encours s'élèvent à 50 milliards d'euros. Autrement dit, les intérêts que la BCE touchait sur ces titres et dont le taux (à l'émission) peut-être estimé à 4 %, ne seront pas perçus mais réversés sur un compte bloqué à Athènes.

Au total c'est 2 milliards d'euros environ, et donc 500 millions pour la Banque de France et indirectement le Trésor français son actionnaire unique, auquel nous renonçons. Précisons que ce chiffre de 500 millions correspond à la part française - soit le cinquième de toutes les opérations d'aide à la Grèce (ou plus exactement 20,3 %, qui est le quota de la France au capital de la BCE et donc dans l'euro).

Ces chiffrages qui s'élèvent à un peu plus de 600 millions d'euros annuellement pour les finances publiques françaises ne sont bien sûr que la partie émergée de l'iceberg. Autrement dit l'impact direct et immédiat dans les finances publiques des pays créanciers, car toute l'astuce de l'accord de l'Eurogroupe a consisté à différer les charges d'intérêt et les remboursements en capital vis à vis du Fonds européen de stabilité financière (FESF), lequel n'est à la vérité qu'un compte écran pour les États de l'Euroland qui ont donné leur garantie au FESF et sont les seuls responsables.

Expliquer le nouveau mirage grec

«On a un résultat, on peut le présenter à notre Parlement pour une décision», a commenté avec soulagement Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand. Il s'apprête à fournir les chiffres dans les prochains jours au Bundestag qui devra apporter son aval.

Du côté Français, Pierre Moscovici se félicite d'avoir «rendu de la visibilité à la zone euro et de l'espoir au peuple grec», ce qui n'est pas faux. Reste à expliquer ce nouveau «miracle grec» qui doit tout à la technique financière: la France dont les engagements publics vis à vis d'Athènes, s'élèvent à 50 milliards d'euros dans les estimations les plus basses, ne devra payer qu'environ le centième de cette somme par an pour maintenir la Grèce dans la zone euro. Une bonne affaire?

Jean-Pierre Robin

 

Journal Le Monde (daté du 28/11/2012)

Journal Le Monde (daté du 28/11/2012)

Magazine L'Expansion 

Pourquoi la dette grecque devra encore être effacée

Plusieurs solutions techniques vont être mises en oeuvre pour réduire durablement la dette de la Grèce. Mais seul un nouvel effacement premettra de retrouver une situation saine. L'Europe rechigne encore, mais reste à savoir jusqu'à quand...

Sauf surprise, le FMI, l'Europe et la BCE devraient trouver un accord pour réduire durablement la dette de la Grèce. Sans cela, la Grèce ne touchera pas les aides financières promises -44 milliards d'euros au total - et elle fera faillite. Les mesures mises sur la table par la Troïka sont un peu techniques : il s'agit de réduire les taux d'intérêt des prêts occtroyés à Athènes, de rétrocéder les profits réalisés par la BCE sur les obligations publiques grecques, de permettre à la Grèce de racheter une partie de sa dettes...

Combinées les unes aux autres, ces mesures permettront sans doute de ramener l'énorme dette grecque - 161,4% du PIB cette année - vers un seuil plus raisonnable. Cependant, de l'aveu des experts, le seuil visé initialement par la Troïka - 120% en 2020 - ne sera pas atteint. Et pour cause. Le seul moyen de réduire véritablement la dette grecque, c'est que les pays européens acceptent d'en effacer une nouvelle partie, ce qu'ils refusent jusqu'à présent. Explications.

Sur la table, plusieurs options disponibles

Réduire les taux des prêts bilatéraux. Pour ramener la dette grecque à vers un niveau moins dangereux, la Troïka a pour ainsi dire, l'embarras du choix. Par exemple, les créanciers de la Grèce ont récemment décidé de réduire les taux d'intérêt des prêts bilatéraux déjà consentis à Athènes. Actuellement, la Grèce emprunte avec une prime de risque de 150 points de base (cette prime avait été réduite de moitié en février 2011). Une nouvelle réduction de ce surcoût de 100 points de base permettrait à la Grèce de réduire sa dette de 2% du PIB à l'horizon 2020, calcule un expert de l'Institut Bruegel. En réduisant encore plus la prime, on peut sans doute économiser jusqu'à 5% du PIB, selon les calculs de la Deutsche Bank.

Rétrocéder les gains réalisés sur les obligations grecques. Les créanciers ont également décidé de rétrocéder à la Grèce au moins une partie des gains réalisés par les banques centrales nationales et la BCE sur les obligations grecques qu'elles détiennent. Cette rétrocession reviendrait à faire un cadeau de d'environ 4,6% du PIB à la Grèce.

Autre mesure possible : le rachat de dette grecque par le pays. C'est une option que privilégie Berlin, mais il faudra d'abord accroître les garanties du fonds de sauvetage de la zone euro (FESF) jusqu'à 10 milliards, afin qu'il prête à la Grèce et qu'elle rachète sa dette à des investisseurs privés. Et cela " rapporterait " peu : la Deutsche Bank évoque par exemple un scénario à 2,4% du PIB.

Beaucoup plus efficace, repousser de 10 ans le paiement des intérêts au FESF permettrait à la Grèce d'économiser 16,9% de son PIB. Mais cela ne résout malheureusement pas pour le problème Grec. En fait, mises bout à bout, l'ensemble des mesures permet dans le meilleur des cas de ramener la dette grecque vers le seuil de 130% du PIB en 2020, alors que la troïka voulait initialement revenir à 120% du PIB.

L'ardoise grecque devra encore être effacée

Tous les experts sont d'accord sur ce point : un nouvel effacement de la dette grecque sera nécessaire. Le premier, réalisé au printemps dernier, avait impliqué les créanciers privés, qui au passage, avaient perdu beaucoup d'argent. Le second impliquera les Etats, et donc les contribuables. Le FMI est favorable à cette idée : selon lui, c'est la solution la plus facile pour remettre une fois pour toute la dette grecque sur une trajectoire soutenable.

La presse allemande du week-end évoque ainsi le scénario d'un effacement partiel permettant de ramener la dette à 70% dès 2015 contre 144% prévu aujourd'hui. Selon Les Echos, une réunion se serait même "tenue à Paris où Wolfgang Schaüble se serait montré 'ouvert'".

Mais cette solution a deux inconvénients majeurs. Le premier, c'est qu'elle envoie un mauvais signal aux pays les plus laxistes. En gros, elle les incite à ne pas changer leur comportement car l'Europe se tient prête à effacer l'ardoise des pays plus endettés, même les plus petits.

Deuxième inconvénient : avoir recours à un effacement de la dette signifie que les pays créanciers ne récupèreront pas leur mise et que ce sont les contribuables qui paieront. Cette idée sera très difficile à faire passer auprès de l'opinion publique, notamment en Allemagne. De nombreux experts sont d'ailleurs persuadés que l'Angela Merkel essaie de gagner du temps en privilégiant d'autres mesures, afin de passer le cap des élections législatives de 2013.

Mais la France est concernée elle aussi. Comme le rappelle un rapport du Sénat, nos engagements vis à vis de la Grèce seront de l'ordre de 20 milliards d'euros à terme, en raison de prêts via le FESF. Une facture qui vient en complément des prêts bilatéraux décidés en 2010 pour un montant prévu de 16,8 milliards à l'horizon 2013. Il est encore très tôt pour en parler de façon précise, mais une partie de cet argent ne sera sans doute pas récupérée.

Sébastien Julian

Journal Le Figaro

L'UE et le FMI allègent de 40 milliards la dette grecque

Après 14 heures de discussion, les créanciers d'Athènes se sont entendus sur des mesures permettant de ramener sa dette à un niveau soutenable d'ici dix ans, tout en évitant de parler d'effacement. Ils ont aussi débloqué 44 milliards d'aide.

Les dix-sept pays de l'euro et le FMI ont validé dans la nuit un allègement d'environ 40 milliards d'euros du fardeau de la dette grecque et balisé pour au moins dix ans un retour du pays vers davantage de stabilité financière.

L'accord, «laborieux mais constructif» pour Christine Lagarde, a été scellé au bout de 14 heures de discussion, lors d'un quatrième rendez-vous extraordinaire depuis la mi-novembre. Il autorise le déboursement à partir du 13 décembre de trois tranches de crédits suspendues depuis l'été et permet au trésor grec d'éviter la banqueroute. L'enveloppe d'aide en retard atteint 44 milliards, dont 10 milliards que le conseil du FMI devra lui-même débloquer à son tour.

Dans le huis clos, l'objectif de l'allégement de dette a rapidement réuni l'adhésion des ministres des Finances, de la directrice générale du fonds et du patron de la BCE Mario Draghi: il s'agit de ramener la Grèce sur une pente d'endettement qui lui laisse assez d'oxygène pour retrouver la croissance et, in fine, rembourser son dû. La dette devra être ramenée à 124 % du PIB en 2020 (au lieu de 145 % escompté). Elément nouveau, les Européens promettent de la réduire encore, «à moins de 110 %», en 2022.

Le plan arraché à l'Eurogroupe exclut pour le moment toute atteinte au principal de la dette. Mais il utilise les possibilités d'allègement de la part des trésors nationaux, de la BCE et du fonds de sauvetage européen. Afin de diminuer le fardeau, il réduit de 1 point le taux d'intérêt accordé à la Grèce par les créanciers publics. Il rallonge les échéances de ces prêts de 15 à 30 ans, c'est-à-dire au-delà de 2040. Il reporte de dix ans le paiement des intérêts au fonds de sauvetage FESF. Dès 2013, la BCE et les banques centrales nationales rétrocéderont quelque 11 milliards de profits réalisés sur les obligations grecques. L'Eurogroupe autorise enfin Athènes à racheter ses propres titres, avec une décote probable de plus de 60%.

«L'accord de cette nuit met fin à une trop longue incertitude, lâche le commissaire à l'euro Olli Rehn avant d'ajouter la Grèce avait fini par s'imposer comme un test de crédiblité et d'aptitude à prendre des décisions». Pierre Moscovici, a déclaré sur Twitter qu'il s'agissait d'une «étape importante vers le retour de la confiance dans la zone euro» et Christine Lagarde estime que «la Grèce est à nouveau sur la voie d'une dette viable». Les marchés aussi saluent l'accord: l'euro est à la hausse et les indices asiatiques progressent ce matin à l'instar du Nikkei qui avançait de 0,4% vers 5 heures, heure de Pariss alors qu'il se repliait avant l'accord. Hong Kong prend 0,28%, le Kospi à Séoul 0,91% et Sydney 0,73%.

Jean-Jacques Mevel

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal Libération

Journal Les Echos

Journal International Herald Tribune

Journal La Croix

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Dernière modification : mardi 27 novembre 2012