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J-29/11/2012

 

29 novembre 2012

Journal Le Monde (daté du 30/11/2012)

Journal Le Monde (daté du 30/11/2012)

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Berlin chiffre la facture grecque pour les contribuables Français

Par Jean-Pierre Robin 

Le Bundestag s'apprête à discuter du nouveau plan d'aide à la Grèce décidé mardi à Bruxelles. Malgré les réticences de l'opposition SPD, il est fort vraisemblable que le Parlement allemand donnera son feu vert.

Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances, a reconnu que cela pèserait sur les finances publiques allemandes, ce qui est l'évidence. On comprendrait mal en effet comment on pourrait alléger de 40 milliards d'euros la dette grecque d'ici à 2020, sans que cela touche les créanciers eux-mêmes, en l'occurrence les Etats de la zone euro. Car l'accord de cette semaine concerne exclusivement les prêteurs publics et non les banques privées qui pour leur part ont déjà l'hiver dernier procédé à une véritable restructuration de la dette grecque qu'elles détiennent. Rappelons qu'à l'issue de cette opération les créances du secteur privé ont été divisées par deux.

Le ministre des Finances allemand a donc fourni des estimations chiffrées sur l'impact budgétaire pour l'Allemagne. Au total, le coût s'élèvera à 2,7 milliards d'euros, dont 730 millions dès 2013. Ces deux chiffres sont particulièrement intéressants pour nous Français, car on peut en déduire mécaniquement la charge pour le budget de l'Etat français.

Rien de plus simple en effet. Si toutes les opérations de soutien à la Grèce annoncées depuis trois ans peuvent paraître complexes, et c'est délibéré de la part des ministres des Finances de l'Eurogroupe qui s'efforcent ainsi de rassurer leurs opinions publiques, il y a au moins un principe de base clair. Chaque fois que l'on annonce un chiffre global de l'aide européenne, la clé de répartition entre les Etats est immuable: elle est fonction de la participation de chaque Etat au capital de la BCE. A savoir 27,13% pour l'Allemagne et 20,38% pour la France. Ces quotas ont servi notamment pour calculer les parts nationales au Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Dans la pratique, il faut toutefois préciser que les trois pays qui ont actuellement un programme d'assistance du FMI (Grèce, Irlande et Portugal) ne participent pas aux nouvelles aides, ce qui conduit à alourdir la douloureuse pour les autres. Mais fondamentalement les charges relatives de l'Allemagne et de la France restent dans le rapport de 20,38% rapporté à 27,13%, soit un ratio de 75%. En clair l'ardoise pour la France est égale aux trois-quarts de celle de l'Allemagne.

Si on reprend les chiffres de Wolfgang Schaüble, le budget français devra donc supporter une charge supplémentaire de 548 millions d'euro en 2013 et de 2 milliards d'ici à 2020. Ces données correspondent globalement aux estimations que des économistes privées ont pu faire ces derniers jours en se fondant sur le communiqué de l'euro groupe.

Tout un chacun peut en effet prendre sa règle à calcul et traduire pour les finances publiques la dizaine de mesures annoncées, qui vont d'une réduction sur le taux d'intérêt aux ristournes effectuées par la BCE et les banques centrales nationales sur les gains qu'elles ont pu réaliser en rachetant de la dette grecque sur le marché. Ce qui peut paraître paradoxal mais correspond à la réalité!

On attend bien sûr que Pierre Moscovici et notre ministère des Finances communiquent ces données à l'Assemblée nationale et au Sénat. Même si nos parlementaires semblent aujourd'hui plus préoccupés par les statistiques du chômage ou le décompte des votes de l'UMP.

Journal L'Humanité

Dette grecque : un allégement pour peser... toujours plus lourd

Les membres de l’eurogroupe et le FMI s’entendent pour maintenir Athènes à flot sans se départir de leur plan d’urgence qui vise à présenter l’addition aux peuples grec et européens, en dépit de l’échec de plus en plus patent de la démarche.

L’eurogroupe et le Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus aux premières heures de la journée d’hier à un compromis visant à alléger partiellement la dette grecque. L’accord ouvre également la voie au versement à Athènes d’une tranche d’aide de quelque 44 milliards d’euros, indispensable pour éviter un défaut de paiement. Obtenu dans la douleur et au prix d’un montage extrêmement complexe, il s’inscrit dans cette série de réunions de la « dernière chance », toujours plus rapprochées, et destinées à sauver Athènes de la faillite ou l’euro de l’éclatement. Et il ne fait malheureusement déjà aucun doute que le laborieux mécanisme élaboré par les dix-sept ministres européens et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ne permettra, au mieux, que de gagner un répit.

Détérioration accentuée de la situation économique

Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner le contenu du compromis âprement négocié tout au long de la nuit de lundi à mardi. L’objectif était de permettre à la Grèce, au bord de la faillite, de sortir la tête de l’eau en lui accordant cette part d’aide du second plan dit de sauvetage de 130 milliards d’euros adopté en mars dernier (après un premier plan de 100 milliards d’euros débloqué un an plus tôt). Exercice vital. Car sans un versement avant la fin de l’année, Athènes n’était plus capable de payer les fonctionnaires, ses fournisseurs et... le remboursement des traites à ses créanciers.

Compte tenu de la poursuite du gonflement de la dette, pour cause de détérioration accentuée de sa situation économique d’Athènes, il est devenu patent que les objectifs de désendettement du pays, définis lors de précédents sommets d’urgence, ne pourraient pas être atteints. Le montant de l’ardoise grecque dépasse les 170 % du PIB cette année et s’envolera, selon les prévisions les plus optimistes, à au moins 190 % du PIB en 2014. Soit un niveau considéré comme intenable, par les technocrates de la troïka des bailleurs de fonds (Union européenne, Banque centrale européenne – BCE – et FMI). Pour qui Athènes se doit de retrouver dans un délai pas trop éloigné de la « crédibilité » auprès des marchés financiers afin de pouvoir souscrire auprès d’eux de nouveaux prêts à des taux « praticables » (et non à des niveaux usuraires comme aujourd’hui). Le FMI avait fixé ce seuil du retour à la « crédibilité » à un endettement ramené à 120 % du PIB d’ici à 2020.

Une restructuration qui ne dit pas son nom

Ce seuil apparaissant inaccessible, revoir le plan de vol d’urgence défini précédemment était devenu incontournable. Le FMI plaidait pour une restructuration de la dette « publique » (détenue par les États ou l’UE) du même type que celle qui a déjà été mise en œuvre depuis le printemps dernier avec les détenteurs privés de bons du Trésor grecs. Mais Berlin et plusieurs autres capitales européennes se sont farouchement opposées à l’idée d’abandonner la moindre créance. Le compromis passé au bout de la nuit use donc de trésors d’ingéniosité technique pour pratiquer un vrai allégement de dette sans donner le sentiment de remettre en question le moindre des engagements d’Athènes.

Selon l’accord, la dette grecque devrait être ramenée à 124 % du PIB en 2020. Ce qui représenterait un allégement chiffré à 40 milliards d’euros. Pour parvenir à cette nouvelle restructuration qui ne doit pas dire son nom, les ministres de l’eurogroupe ont convenu d’une baisse des taux d’intérêt sur les prêts bilatéraux accordés à Athènes en 2010, d’un allongement de quinze à trente ans de la durée des échéances des remboursements des emprunts effectués auprès des États membres et du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et, enfin, d’accorder un moratoire de dix ans sur d’autres emprunts souscrits auprès du FESF. Ils ont également décidé que la BCE reverserait 11 milliards d’euros à Athènes en la faisant bénéficier des gains qu’elle a réalisés sur des opérations de rachats et de ventes d’obligations grecques.

Mais pour bénéficier de ce dispositif, Athènes devra se soumettre à une discipline encore plus serrée à l’égard des plans d’austérité définis par la troïka. L’aide de 44 milliards d’euros sera versée sur un compte séparé et placé sous surveillance des bailleurs de fonds. Et Athènes devra, pour bénéficier des mesures d’allégement de dette, se soumettre à « toutes les conditions » exigées, selon les termes de Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances. Autrement dit : la mécanique infernale qui a conduit à l’explosion de l’endettement d’Athènes, avec une récession de plus de 10 % sur ces deux dernières années, est intacte et même remontée d’un cran supplémentaire, pour présenter l’addition aux peuples grec et européens. Jusqu’à un nouveau constat d’échec et un prochain plan d’urgence...

Bruno Odent

Journal Les Echos

Journal International Herald Tribune

Journal Le Figaro

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Dernière modification : jeudi 29 novembre 2012