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J-30/11/2012

 

30 novembre 2012

Magazine L'Express

Immigration illégale en Grèce: "l'aide européenne n'est pas dépensée"

Propos recueillis par Charles Haquet

Cecilia Malström est commissaire européenne aux Affaires intérieures. Elle est chargée de vérifier la mise en place des engagements pris par la Grèce en matière d'immigration illégale. Notre envoyé spécial l'a rencontrée à Alexandropoli.

GRECE - "Nous sommes en train d'améliorer la législation européenne en matière de droit d'asile. Il faut un système commun à tous les pays d'Europe."

Tous les trois mois, une délégation de la Commission européenne vient à Athènes pour s'assurer que les Grecs luttent réellement contre l'immigration illégale. Parmi les mesures qu'ils se sont engagés à prendre: une meilleure surveillance des frontières, la construction de centres de détention décents et le respect du droit d'asile. Le point avec Cecilia Malmström, Commissaire européenne aux Affaires intérieures, qui s'est rendue à la frontière gréco-turque, le 8 octobre dernier, pour visiter trois camps de réfugiés.

La situation aux frontières est-elle vraiment sous contrôle?

Cecilia Malmström: Il y a moins de migrants qui passent par la frontière terrestre greco-turque. La tendance, désormais, c'est de passer par les îles. Il faut du temps pour mettre en place un dispositif qui soit solide. Les frontières sont dures à contrôler, et il faut rattraper le retard pris après des années de négligence.

Il faudrait, dites-vous, que le retour des migrants soit "mieux organisé". Mais est-ce possible, alors qu'il n'y a pas d'accords bilatéraux signés entre la Grèce et les pays d'origine de tous ces "illégaux"?

CM: Il y en a un avec le Pakistan. La Commission européenne négocie un système similaire avec le Maroc et la Tunisie, mais la discussion n'est pas facile. Avec la Turquie, un document a été ratifié, mais il n'a pas été signé. Et rien n'existe, c'est vrai, avec l'Afghanistan et l'Égypte.

La Commission européenne aide-t-elle financièrement la Grèce à lutter contre l'immigration illégale?

CM: Oui. Ces deux dernières années, nous avons accordé 170 millions d'euros à la Grèce. Et en 2013, ce seront encore 85 millions d'euros. Le problème, c'est que cet argent n'est pas dépensé! Moins de 40% des sommes sont réellement affectés, à cause de l'inertie bureaucratique grecque. C'est dommage: cet argent pourrait servir à construire des camps et à recruter des médecins.

Le droit d'asile est bafoué en Grèce. Que peut faire l'Europe?

CM: Nous sommes en train d'améliorer la législation européenne en matière de droit d'asile. Il faut un système commun à tous les pays d'Europe. Le dossier devrait être bouclé en fin d'année, mais il reste quelques clauses délicates à négocier. Par exemple, les demandeurs d'asile peuvent-ils travailler, alors qu'ils attendent la réponse à leur dossier ? À quel montant d'allocation sociale les migrants ont-ils droit ? Et quelles conditions doit-on accorder aux mineurs ? Il est important que l'on mette en place un système juridique humaniste.

 

Journal Le Figaro

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Dernière modification : vendredi 30 novembre 2012