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J-05/10/2012

 

05 octobre 2012

Journal Le Figaro

Les dessous de la visite surprise de Merkel en Grèce

De notre correspondant à Berlin

La chancelière se rendra, mardi, à Athènes. Une première depuis 5 ans. Cette visite d'apaisement intervient après la publication, en Allemagne, d'une interview choc du premier ministre grec.

Antonis Samaras a enfin réussi à toucher la corde sensible de l'Allemagne. L'appel dramatique du premier ministre grec dans le Handelsblatt, le grand quotidien d'affaires allemand, a eu un écho immédiat: Angela Merkel se rendra la semaine prochaine à Athènes, pour soutenir les efforts de la Grèce, soumise à un programme de réformes drastiques.

Officiellement, il s'agit d'une «visite normale» en réponse à une invitation transmise le 24 août, lorsque Angela Merkel avait reçu Antonis Samaras à la chancellerie. Cependant tous les médias outre-Rhin soulignent que l'annonce est survenue, vendredi, quelques heures après la publication d'un entretien dans lequel Samaras a comparé la situation en Grèce à la fin de la République de Weimar, qui dans sa chute ouvrit la voie à l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler.

«Nous voyons que sous le gouvernement Samaras, il y a un effort de réforme plus appuyé et nous souhaitons soutenir cela, a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. Le message que l'Allemagne souhaite adresser à la Grèce est celui qu'elle délivre depuis longtemps et qu'elle avait également transmis lors de la visite de Samaras à Berlin, c'est-à-dire que nous voulons aider la Grèce et la stabiliser dans la zone euro». «Nous le faisons en contribuant massivement aux deux plans d'aide censés aider la Grèce à sortir de la crise», a-t-il ajouté, affirmant une nouvelle fois que ces aides étaient conditionnées par le fait que «les Grecs font eux-mêmes de grands efforts».

Renforcer les liens bilatéraux

Le porte-parole du gouvernement grec, Simos Kedikoglou, a immédiatement salué l'annonce. Cette visite à Athènes, «la première depuis cinq ans» de la chancelière, «est très positive pour le renforcement des liens» bilatéraux «et va constituer un pas supplémentaire vers les importantes décisions européennes futures», a déclaré Kedikoglou.

La visite de la chancelière intervient alors que la Grèce vient de présenter son avant-projet de budget 2013. Elle y prévoit une sixième année de récession sous l'effet de nouvelles mesures de rigueur visant à ramener le déficit public à 4,2% du PIB. Pour remplir cet objectif, qui permet au pays de tenir ses engagements vis-à-vis de ses bailleurs de fonds, l'avant-projet prévoit 7,8 milliards d'euros d'économies budgétaires sur la seule année 2013.

Le gouvernement Samaras est toujours dans l'attente du rapport de la troïka (UE, FMI et BCE), qui conduira ou non à une nouvelle tranche d'aides à Athènes. Dans cet entretien au Handelsblatt, Samaras affirme que son pays peut tenir «jusqu'à la fin novembre» sans nouvelle aide, «après les caisses seront vides».

La Grèce «se trouve à la limite de ce que nous pouvons demander à notre peuple», explique le premier ministre dans cet entretien. La «cohésion de la société» grecque est «mise en danger par la montée du chômage comme c'était le cas de l'Allemagne à la fin de la République de Weimar», a-t-il expliqué. La semaine dernière, l'ancien chancelier social-démocrate, Helmut Schmidt, 93 ans, considéré comme un «sage» outre-Rhin, avait mis les pieds dans le plat en fustigeant l'égoïsme de la chancelière et en affirmant qu'elle «y est pour quelque chose» si elle est caricaturée sous les traits d'un dictateur nazi dans les rues d'Athènes.

La chancelière est désormais solidement déterminée à éviter une sortie de la Grèce de la zone euro, dont elle juge «les conséquences incalculables». Son rival social-démocrate, Peer Steinbrück, a lancé sa campagne électorale en affirmant qu'elle doit la vérité aux Allemands: la Grèce aura besoin du soutien financier de Berlin tant qu'elle n'aura pas accès aux marchés pour se financer, c'est-à-dire pour les 7 à 8 ans à venir… Si la chancelière cherchait à créer une occasion pour donner une inflexion à son approche de la question grecque, elle ne ratera pas le rendez-vous d'Athènes.

Patrick Saint-Paul

 

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Dernière modification : lundi 08 octobre 2012