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J-09/10/2012

 

09 octobre 2012

Journal La Tribune

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Journal La Tribune

Athènes obtiendra-t-elle deux ans de plus pour réduire son déficit?

Alors qu'Angela Merkel est attendue à Athènes ce mardi, le ministre des Finances grec, Yannis Stournaras, a indiqué que les créanciers du pays évoquent la possibilité d'accorder un délai de deux ans supplémentaires à Athènes pour lui permettre de réduire son déficit.

Après la restructuration, le délai. Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a fait savoir mardi que deux années supplémentaires pourraient être accordé à la Grèce pour réduire son déficit public. "Les membres de la troïka [UE - BCE- FMI] ont mis cette option sur la table", a-t-il déclaré. Une annonce qui intervient après qu'un dirigeant du FMI a évoqué une possible nouvelle restructuration de la dette grecque.

Visite d'Angela Merkel

Le gouvernement grec, qui doit également tenter de juguler un taux de chômage au plus haut et une récession installée depuis six ans, tente depuis plusieurs mois de faire fléchir ses créanciers. Ce mardi, il tentera de gagner l'une des dirigeantes les plus inflexibles, Angela Merkel, qui se rend à Athènes pour y rencontrer le Premier ministre Antonis Samaras.

Un niveau de déficit insoutenable?

Le pays attend le versement d'une nouvelle tranche d'aide, de 31,5 milliards d'euros. Mais pour que celle-ci soit effectivement versée, la Troïka doit accepter le plan d'économie grec. Or, les créanciers ne croiraient plus possible que les objectifs de réduction d'endettement soient atteints. Pour obtenir les 130 milliards d'euros d'aide promise lors de la signature du second accord de sauvetage du pays, des conditions ont été acceptées par la Grèce. Celle-ci s'engageait à ce que son taux d'endettement baisse à 120,5% au plus tard en 2020, contre plus de 161% attendu fin 2012. Atteindre ce taux n'était alors considéré comme possible que si Athènes affiche un excédent primaire (hors remboursement de la dette) de 4,5% du PIB dès 2014. Un niveau que le gouvernement considère semble-t-il comme insoutenable à cette date.

 

Journal La Tribune

Interview

Grèce : "On est face à un gros point d'interrogation"

Propos recueillis par Romain Renier 

Ana Dumitrescu est grand reporter et notamment travaillé pour l'agence Gamma et le National Geographic. Elle présente aujourd'hui son film, "Khaos, visages humains de la crise grecque." Selon elle, la Grèce est aujourd'hui à un tournant et il est très difficile de prévoir quelle en sera l'issue.

Ana Dumitrescu est la réalisatrice du documentaire "Khaos, les visages humains de la crise grecque"

La crise grecque nous est souvent contée sous les angles macroéconomiques et politiques. Ana Dimitrescu, grand reporter, a fait le choix de vivre cette crise de l'intérieur, en prenant le pouls de cette population qui vit aujourd'hui au ralenti. "Khaos, les visages humains de la crise grecque," qui prend soin de ne pas tomber dans le parti pris, nous promène ainsi dans une Grèce à plusieurs visages, sans voix-off et sans commentaires, sinon ceux de la population elle même, et du fil conducteur, Panagiotis Grigoriou, historien et blogueur grec qui se pose en observateur de ses contemporains dans un pays en crise. Tous les profils y passent, de Dimitris qui songe à quitter le pays à Demosthène qui commente la politique française, espérant l'arrivée au pouvoir de François Hollande au pouvoir pour casser la dynamique Merkozy. Pendant que Marcy, elle, profite de la crise pour tenter d'innover au sein de son entreprise. Entretien.

Ana Dumitrescu, vous avez intitulé votre documentaire « Khaos , » faisant ainsi référence au Chaos d'Hésiode. Dans le mythe, le Chaos n'est pas forcément une mauvaise chose, il est juste ce qui précède le monde. Êtes-vous finalement optimiste pour la Grèce ?

Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Les grecs sont aujourd'hui à un tournant de leur Histoire. Dans une phase de changement. De cela naîtra la suite. Le film est un état des lieux au moment de ce tournant. Pour le moment, les grecs oscillent entre fatalisme et difficulté à renoncer au passé. Chaque pays se demande quel sera son avenir, et comment surmonter la crise, mais la Grèce plus que tout autre. Ce qui crée une sorte de situation d'attente. Le nouveau reste à venir. Mais lequel ? On est face à un gros point d'interrogation. Avec comme point de départ à cette question, un système qui a montré ses faiblesses.

Dans le film, on ressent une colère vis-à-vis des élites politiques grecques de la part de la population, mais aussi et surtout de l'Allemagne...

En période de crise, on recherche des fautifs, on sort les cadavres du placard. Comme dans une crise conjugale. Les grecs parlent du traité de 1953 qui a été annulé en 1981. Ils réclament une vieille dette de guerre. Et personne ne sait vraiment le vrai du faux. Mais il y a aussi autre chose. Ils se rendent compte que l'Europe n'est qu'économique. Et ils se sentent trahis. Les entreprises allemandes ont vendu des produits aux grecs, et maintenant ils ont la sensation qu'on le leur reproche. Par ailleurs, ils reconnaissent que la dette est ce qu'elle est. Mais ils voient bien que l'austérité ne fonctionne pas, que les choses ne changent pas. Ils ont donc de moins en moins confiance dans des partis politiques qui n'ont que cela à offrir. Cette culture du consensus autour de, l'austérité est dramatique parce qu'à côté, pendant ce temps là, des groupuscules se substituent à l'Etat dans son rôle social. Les grecs ne savent plus à quel saint se vouer, ce qui est très dangereux pour le pays.

Ont-ils la sensation qu'un amalgame est fait entre eux et leur élite politique ?

Depuis des décennies que l'Europe existe, ils se rendent compte qu'on ne se connaît pas entre peuples. On ne parle pas la même langue maternelle, mais on ne parle pas la même langue tout court non plus. Donc il y a forcément une incompréhension sur toute la ligne. Les grecs en ont assez d'être pointés du doigt. Les sorties sur « les grecs qui ne payent pas leurs impôts » leur ont fait très mal.

Les grecs ont souvent été accusés de ne pas travailler assez. Leur temps de travail légal a d'ailleurs été rallongé sous l'impulsion de la Troïka. Pourtant dans le film, on voit un homme qui dit travailler par habitude, sans salaire à la clé. Cette situation est-elle courante ? Qu'est ce qui les pousse à travailler dans de telles conditions ?

Les gens travaillent pour garder des repères, un cadre. Ils se disent qu'il vaut mieux être à son travail que n'être nulle-part. Mais aussi, et cela montre une certaine forme d'espoir, on continue à se rendre au travail pour ne pas le perdre, en espérant que les choses repartent finalement. Certains continuent donc à croire que les choses vont revenir. Et ce qui est surprenant aussi, c'est que les gens ne portent pas la crise sur eux. Beaucoup continuent de faire comme si tout allait bien. C'est en y regardant de plus près que l'on voit que tout ne va pas si bien.

Dans ces conditions, quelle est la position des grecs vis-à-vis de l'Europe ? Qu'en attendent-ils ? Souhaiteraient-ils par exemple sortir de la zone euro ?

Ils sont mitigés. Certains veulent la révolution. D'autres ne souhaitent pas sortir de l'Union européenne. Mais il n'y pas un courant qui l'emporte véritablement sur un autre. On a une Grèce qui est anti-Allemagne, du moins qui a la sensation d'avoir été volée par l'Allemagne, mais pas anti-Europe. Les grecs savent très bien que s'ils sortent de l'euro ils ne pourront plus importer. Or, ils sont très dépendants des importations. Seulement dans leur esprit, des questions demeurent : « Comment pouvons nous sortir de cette crise en baissant les salaires et en taxant absolument tout ? Comment relancer l'économie alors qu'on ne gagne plus rien ? » Tous les budgets sont coupés. On voit notamment dans le film le cas de cette enseignante pour qui son métier ne sert plus à rien. « Je demande à mes élèves d'acheter des fournitures que leurs parents ne peuvent pas leur offrir » dit-elle. De vraies questions se posent quand à l'avenir. Notamment celle de l'éducation et de la culture, qui sont considérés comme superflus puisque leurs budgets sont coupés.

Journal Le Parisien

Grèce : visite d'Angela Merkel sous haute tension

Angela Merkel, la chancelière allemande, va affronter la colère de la rue grecque alors qu'elle vient ce mardi apporter son soutien au gouvernement conservateur qui poursuit sa politique d'austérité. En Grèce, la chancelière allemande est considérée comme la responsable de la baisse du niveau de vie de la population. | (AFP/Louisa Gouliamaki)

Conspuée par la rue, parfois caricaturée en nazi dans la presse tabloïd, Angela Merkel va pouvoir mesurer son impopularité en Grèce. La chancelière allemande arrive ce mardi à Athènes pour donner son soutien au gouvernement conservateur d'Antonis Samaras.

Au nom du maintien du pays dans l'euro, ce dernier tente d'imposer un nouveau train d'austérité rejeté par la population, après trois ans de crise en cascade qui ont éreinté le pays.

Alors que des manifestations sont attendues dans l'après-midi, le centre de la capitale grecque a été bouclé sous haute sécurité et restera coupé à toute circulation entre 9 heures et 22 heures (heures locales). L'escorte de protection de la chancelière est hors-norme : quelque 6500 policiers et membres des forces anti-émeute sont sur le pied de guerre pour tenter d'éviter tout dérapage, dans une ville où les manifestations qui s'enchaînent depuis trois ans deviennent de plus en plus violentes.

La visite d'Angela Merkel, la première depuis le début de la crise, prend une allure archi-symbolique. Elle est tenue par l'homme de la rue grec comme personnellement responsable de la baisse de son niveau de vie pour son intransigeance à vouloir d'abord assainir les comptes du pays, au risque de l'étouffer.

La Grèce comparée à la République de Weimar

Dans une interview à la presse allemande la semaine dernière, le Premier ministre Antonis Samaras a tiré la sonnette d'alarme sur l'état du pays, où le taux de chômage est de 24%. Dans le même temps, l'actualité est dominée par les scandales de corruption et les suicides, alors que les entreprises ferment par dizaines chaque jour.

Selon lui, la «cohésion de la société» grecque est «mise en danger par la montée du chômage comme c'était le cas de l'Allemagne à la fin de la République de Weimar», régime qui tentait aussi d'imposer une austérité budgétaire et dont la faillite a finalement entraîné l'accession d'Hitler au pouvoir.

Le conservateur plaide pour un allongement de la durée nécessaire (quatre ans au lieu de deux) pour appliquer un paquet de 13,5 milliards d'euros d'économie demandé par les créanciers du pays et pas encore voté au parlement, censé permettre la poursuite du maintien de l'aide financière de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI). Sauf que les créanciers du pays ne partagent pas du tout le même point de vue (lire l'encadré).

Le chef de l'opposition Alexis Tsipras, dirigeant du parti de gauche radicale Syriza a fustigé le soutien accordé par Angela Merkel à un gouvernement de coalition qui «s'écroule». «Ce qui arrive dans notre pays est sans précédent et criminel», a-t-il martelé, soutenant que les programmes d'austérité en cours «mènent à l'effondrement social».

Les créanciers de la Grèce perdent patience

Les créanciers de la Grèce lui ont demandé d'agir d'ici le prochain sommet européen du 18 octobre pour mettre en oeuvre les réformes promises. «Nous avons souligné qu'avant tout nouveau déblocage de fonds, la Grèce doit montrer sa détermination à mettre en place les réformes promises », a affirmé le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, lors d'une conférence de presse lundi à l'issue d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro.

«Concernant la Grèce, il y a encore du travail à faire», a renchéri la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, en évoquant «la fiscalité, les réformes structurelles et le financement de la dette».

Athènes cherche à débloquer une tranche vitale de 31,5 milliards d'euros tirée d'un prêt international de 130 milliards, accordé l'hiver dernier. Le versement a été bloqué depuis juin par ses créanciers dans l'attente de l'adoption d'un nouveau train d'économies budgétaires et de rigueur. Aucun accord n'est intervenu samedi sur ce programme. Les négociations ont été suspendues et doivent reprendre cette semaine.

LeParisien.fr 

 

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Dernière modification : mercredi 10 octobre 2012