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J-15/10/2012

 

15 octobre 2012

Journal Les Echos

Journal Les Echos

Journal Les Echos

La BCE relance le débat sur un rachat d'obligations d'Etat par Athènes

Par Thibaut Madelin 

L'idée lancée dans la presse allemande par Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne, ne rencontre pas l'enthousiasme à Berlin.

Les décideurs européens s'interrogent sur les moyens d'aider Athènes au-delà des programmes déjà engagés. Dernière idée en date, venant de Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) : le rachat sur le marché de sa dette souveraine par Athènes avec l'aide du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Concrètement, le gouvernement grec pourrait par exemple emprunter au FESF pour racheter des obligations valant aujourd'hui 70 milliards d'euros sur le marché mais dont la valeur nominale était de 100 milliards. Une opération gagnant-gagnant, du moins sur le papier, puisque le porteur de dette récupérerait une partie de sa mise -ce qui ne serait pas le cas dans l'hypothèse d'une faillite -et car la Grèce pourrait effacer ainsi 30 sur 100 milliards de dette.

«A l'heure actuelle, il semble que la dette souveraine grecque dépassera largement le niveau de 120% du PIB en 2020 qui est jusqu'ici vis', a déclaré Jörg Asmussen à la «Süddeutsche Zeitung». «Du coup, il faut songer à des éléments qui permettent d'approcher de ces objectifs. Le rachat de dette pourrait en faire partie», a-t-il ajouté, précisant que toute une série d'instruments pourrait être envisagée.

Pas d'enthousiasme à Berlin

L'idée ne rencontre toutefois pas d'enthousiasme à Berlin. «Je ne vais pas commenter chaque proposition que je survole» dans la presse, a commenté le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble à Tokyo, en marge de l'assemblée annuelle du FMI. L'année dernière, son ministère a intensément examiné un tel instrument, mais s'est vite trouvé confronté à des questions difficiles.

Quelle serait la réaction des marchés sur le cours des obligations dans le cas d'une telle annonce ? Selon toute vraisemblance, ils monteraient et risqueraient de rendre inefficace une telle opération. Serait-il acceptable que l'ensemble de la dette grecque soit détenu par des créanciers publics ? Quel serait le succès d'un tel instrument qui n'a jamais été testé ? Après réflexion, Berlin a préféré s'abstenir.

De notre envoyé spécial à Tokyo

 

Magazine Le Point

Îles grecques à vendre

De notre correspondante à Athènes, Alexia Kefalas

Pour alléger les dépenses publiques, l'État grec songeait à faire évacuer les îles de moins de 150 habitants. L'idée fait scandale.

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Selon la presse grecque de ce week-end, les émissaires de l'Union européenne et du Fonds monétaire international auraient proposé au gouvernement grec de "déplacer les habitants des îles comptant moins de 150 habitants vers des lieux plus accessibles". Une proposition reprise publiquement par Kostas Mousouroulis, le ministre grec des Affaires maritimes. Le pays possède en effet une myriade d'îles, dont beaucoup sont proches des côtes turques. Vingt-deux d'entre elles sont habitées par moins de 150 habitants. Leur fonctionnement, selon le ministre, aurait un "coût trop élevé pour l'État".

Cette annonce a provoqué un tel tollé dans le pays que Kostas Mousouroulis a été contraint de revenir sur ses propos, affirmant qu'il s'agissait d'une plaisanterie. Dans la foulée, le gouvernement dans son ensemble s'est empressé de démentir l'information. Mais nombre d'experts doutent d'une simple gaffe du gouvernement et croient plutôt à un ballon d'essai pour que l'idée fasse son chemin. À l'image de Manolis Glézos, le député du Syriza, le parti de la gauche radicale : "Oslo ne peut pas donner le prix Nobel de la paix à une Union européenne qui demande l'évacuation d'un certain nombre d'îles."

Déportation

Même démentie, cette hypothèse fait débat. Christos Christopoulos, avocat d'affaires, reste sceptique sur la concrétisation du projet, mais s'interroge : "Que dirait-on en France si l'on déplaçait les sept habitants du village de Chateauvieux-les-Fossés dans le Doubs ou ceux d'Aulan dans la Drôme ? Cette déportation de gens de leur lieu d'habitation, même au prétexte de non-rentabilité, réveille les traumatismes du passé pour les Grecs. De plus, ceci est juridiquement inadmissible et enfin cela engendrerait de sérieux risques pour la sécurité nationale", affirme-t-il.

Christos Christopoulos fait référence au déplacement de la population grecque d'Asie mineure, où elle était installée depuis la nuit des temps. Après la défaite des troupes helléniques, lâchées par les alliés face à Atatürk en 1922, le traité de Lausanne, un an plus tard, obligeait à un "échange de population". Près de deux millions de Grecs avaient alors dû quitter ce qui avait toujours été leur patrie pour s'installer en Grèce, qui comptait moins de cinq millions d'habitants à l'époque.

Austérité

Néanmoins, l'évacuation des îles de moins de 150 habitants aiderait-elle à résorber la dette grecque ? "On peut certainement comparer cela à l'évacuation de populations rurales d'Inde, de Chine ou du Brésil qui sont dépossédées de leurs terres au profit de l'agrobusiness, des complexes touristiques ou d'industries", commente Stathis Kouvelakis, maître de conférences au King's College de Londres. "La vente d'îles inhabitées ne vise pas simplement à économiser les dépenses engendrées par le maintien sur place des communautés îliennes. Le géographe britannique David Harvey a, pour sa part, imaginé l'expression accumulation par dépossession pour désigner ces processus de privatisation sauvage", ajoute-t-il. Les fonds marins grecs sont en effet de plus en plus convoités. De surcroît, la Grèce pourrait devenir en 2016 le premier producteur aurifère d'Europe, tant son potentiel minier est important.

Il y a quelques semaines, la presse grecque dévoilait le catalogue de quelque 47 îles et îlots choisis par le gouvernement de coalition dans le but d'être cédés à des investisseurs privés. Des baux de 30, 40 ou 50 ans pour des montants allant de 3 à 45 millions sont suggérés. Cette idée, énoncée en 2010 par un député allemand, avait alors soulevé une indignation générale. Cette fois, les Grecs, abattus par la rigueur, semblent trop tétanisés pour réagir alors que le taux de chômage touche plus de 25 % de la population active et que la récession continue de sévir pour la sixième année consécutive. La semaine prochaine, Antonis Samaras, le Premier ministre, doit annoncer une nouvelle cure d'austérité pour économiser 13,5 milliards d'euros et recevoir en contrepartie le versement de 31,5 milliards d'euros par ses créanciers publics. Un blanc-seing indispensable au pays pour éviter la faillite.

Journal Le Figaro

Journal Le Monde

Journal Le Monde

14 octobre 2012

Journal du dimanche

Les créanciers de la Grèce ont sous-estimé l'impact de la récession

L'effet de la récession sur les finances publiques grecques a été deux fois plus fort que prévu. Du coup, le problème de la dette publique du pays reste entier.

Le ministre adjoint grec aux Finances, Christos Staikouras, a affirmé lundi que les prêteurs du pays, et en particulier le Fonds monétaire international (FMI), se sont trompés en matière d'impact de la rigueur sur la récession. Alors que les Grecs ont subi des "sacrifices énormes" de quelque 49 milliards d'euros depuis 2010 en échange de deux prêts internationaux successifs, "les résultats budgétaires n'ont pas été à la hauteur, car l'impact de la récession a été beaucoup plus important que prévu", a souligné M. Staikouras lors d'une conférence organisée par l'International Herald Tribune à Athènes.

Deux fois plus d'effet récessif que prévu

Depuis 2009, "le coefficient multiplicateur" des mesures de rigueur sur le recul de croissance a été "d'environ 1, au lieu de 0,5" qui avait été retenu pour la mise au point par l'UE et le FMI des plans de redressement dictés à la Grèce en contrepartie de son sauvetage financier, a détaillé le ministre, soulignant que même le FMI "le reconnaît désormais".

Les médias grecs soulignaient également lundi que le cas de la Grèce, qui table pour 2013 sur une sixième année de récession consécutive, avait mis à mal les modèles mathématiques jusque là retenus pour doser les recettes de redressement des pays empruntant auprès du FMI. Pour sortir du cercle vicieux rigueur-récession-plus de rigueur, une attention particulière doit être apportée au "dosage des mesures", a souligné M. Staikouras, dont le gouvernement tente de conclure de difficiles tractations avec la troïka représentant ses créanciers sur un nouveau train d'économies conditionnant le maintien du pays sous perfusion internationale.

Des divergences d'opinion entre l'Europe et le FMI

Du fait de cette récession "sans précédent", les écarts budgétaires sont également "permanents", tandis que "les mêmes erreurs pèsent sur l'estimation du chômage", qui vient de franchir, en juillet, la barre fatidique des 25%, a ajouté le ministre. Parmi les difficultés actuelles du pays, il a également invoqué les "estimations contradictoires des gestionnaires du problème grec", en allusion aux divergences entre FMI et UE sur la solvabilité à terme du pays et les moyens de la garantir. Le FMI semble plaider pour un nouveau soutien financier, ce qu'exclut en l'état l'UE.

"Le problème maintenant est celui de la dette, où l'on constate une approche différente entre la FMI, l'UE et la Banque centrale européenne (BCE)", a renchéri le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, dans un entretien à la chaîne de télévision privée grecque Méga. Il a toutefois exprimé l'espoir que ces divergences seront résolues avant le sommet européen du 18 octobre. Le ministre des Finances, Yannis Stournaras, n'a pour sa part pas exclu que les négociations entre Athènes et ses prêteurs se poursuivent après le sommet européen.

"Nous essayons" de finaliser les décisions pour le sommet "mais je ne crois pas" que cela sera effectif, a-t-il affirmé en sortant d'un entretien avec le Premier ministre, Antonis Samaras. Il a évoqué dans le cas d'un renvoi à après le sommet, la possible tenue d'une réunion exceptionnelle des ministre des Finances de la zone euro (Eurogroupe) pour avaliser le programme grec, sans fournir de date. Mais il a relevé que le pays attendait toujours pour "courant novembre" le versement d'une tranche cruciale de 31,5 milliards d'euros des prêts UE-FMI, alors que ses caisses doivent être à vide à la fin novembre.

 

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Dernière modification : mardi 16 octobre 2012