Accueil Actualités Communiqués Politique Etrangère Evénements culturels La Grèce en France Grèce Xenios Médias Olympisme Contactez-nous

J-02/08/2013

 

 

02 août 2013

Journal Le Monde (daté du 03/08/2013)

Journal International Herald Tribune

Journal International Herald Tribune

Journal International Herald Tribune

Magazine Le Point

Grèce, pourquoi les Européens vont passer (encore) à la caisse

Dans un rapport sans précédent, le FMI rappelle aux Européens qu'ils devront effacer une partie de la dette grecque qu'ils détiennent. Explosif.

La Grèce sera-t-elle jamais capable de rembourser les 245 milliards des deux plans d'aide accordés par les Européens et le Fonds monétaire international (FMI) ? La question est de moins en moins taboue, y compris parmi les créanciers publics d'Athènes. Mercredi, un représentant de 11 pays d'Amérique latine (dont le Brésil) au comité exécutif du FMI a révélé publiquement s'être abstenu lors du vote pour le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 1,7 milliard dans le cadre du plan de 173 milliards monté début 2012 pour éviter la faillite à la République hellénique. Un symptôme de la lassitude des pays émergents qui ont l'impression de déverser des torrents d'argent dans le tonneau des danaïdes.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Paulo Nogueira Batista n'a pas pris de gants pour faire valoir son point de vue. "Les développements récents en Grèce confirment quelques-unes de nos pires craintes (...) l'application (du programme de réformes) a été insatisfaisante dans pratiquement tous les domaines. Les hypothèses de croissance et de soutenabilité de la dette continuent à être trop optimistes", a-t-il lâché de manière fort peu diplomatique et inhabituelle. Selon lui, la cure imposée aux Grecs n'est plus acceptée : "Le sentiment largement répandu selon lequel le fardeau imposé par des politiques d'ajustement draconiennes ne paye pas a sapé le soutien de la population pour le programme d'ajustement et de réformes."

11 milliards de financements à trouver rapidement

Le Brésilien constate surtout que le rapport du FMI accompagnant l'octroi de l'aide "est à deux doigts de considérer la possibilité d'un défaut ou d'un retard de remboursement de la Grèce sur ce qu'elle doit au FMI". Les experts de l'institution de Washington se disent certes confiants dans la capacité de la Grèce à rembourser, mais à condition que le gouvernement continue à appliquer entièrement le programme. Une hypothèse loin d'être assurée, étant donné la fragilité de la majorité au Parlement.

Déjà, le FMI n'accepte de débourser son argent que parce que les Européens se sont engagés à combler les besoins de financement non prévus dans le plan d'aide. L'institution de Washington estime à plus de 11 milliards les besoins non couverts, d'ici à 2016, à cause d'un scénario économique plus noir que prévu. Les Européens contribueront à hauteur de 4 milliards dès 2014, puis à hauteur de 5,6 milliards en 2015.

En décembre dernier, ils avaient trouvé des subterfuges pour éviter de remettre formellement la main au portefeuille, par exemple sous la forme d'un nouveau plan d'aide, en réduisant les intérêts sur les prêts bilatéraux du premier plan de mai 2010, en reportant le paiement des intérêts des prêts du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et en promettant de lui rendre les intérêts payés sur les obligations grecques rachetées par la Banque centrale européenne.

Une nouvelle restructuration de la dette en vue

Mais ils ne pourront plus échapper bien longtemps à des mesures plus radicales et coûteuses pour le contribuable, l'essentiel de la dette hellénique étant détenu par les Européens et le FMI. Pas question de le crier trop fort avant les élections législatives allemandes de septembre 2013, mais les ministres des Finances de la zone euro se sont engagés auprès de l'institution de Christine Lagarde à alléger la dette grecque (prendre leurs pertes) dès qu'Athènes aura été capable de monter un budget excédentaire, avant remboursement des intérêts. Ce qui devrait être le cas dès l'année prochaine, si le scénario économique retenu à Washington est le bon. L'objectif du FMI est de s'assurer que la dette grecque retombera en dessous de 124 % du PIB en 2020, après un pic attendu maintenant à 176 % du PIB fin 2013. Pour cela, les Européens devront se mettre d'accord dès 2014-2015 sur un effort équivalent à 4 % du PIB grec, soit 7,4 milliards supplémentaires ! Mais cela pourrait encore se révéler insuffisant si l'économie ne repart pas aussi vite que prévu. Le FMI exige en effet que la dette continue ensuite de baisser à 110 % deux ans plus tard. Ce qui nécessitera probablement un énième effort des créanciers...

"Si les investisseurs ne sont pas persuadés que la politique de réduction de la dette est crédible, l'investissement et la croissance ne se redresseront probablement pas autant que prévu. L'engagement des Européens d'accorder une réduction de dette pour la maintenir sur la trajectoire prévue reste donc crucial", écrivent les auteurs du rapport. "Mais même le chemin programmé prévoit un niveau d'endettement très élevé jusque dans la prochaine décennie, laissant la Grèce sujette aux accidents pour une longue période", ajoutent-ils. D'où leur avertissement : "Si la soutenabilité de la dette devait peser sur la confiance des investisseurs (...) les partenaires européens devraient alors considérer un allègement permettant d'en réduire le poids plus vite que prévu".

L'Allemagne a immédiatement répliqué qu'il n'y aurait pas besoin d'une réduction de dette grecque supplémentaire. Une version qui ne convainc visiblement pas l'opposition. Le porte-parole du parti démocrate allemand Carsten Schneider a estimé que le FMI ne faisait que dire "l'amère vérité, encore une fois".

Des réformes insuffisantes

La Grèce a fait des efforts considérables pour réduire son déficit budgétaire, mais elle a du mal à mener les réformes structurelles nécessaires. C'est en substance ce qui ressort du dernier rapport du FMI sur la Grèce. Quelques chiffres permettent de se rendre compte tout à la fois de l'ampleur de l'effort réalisé et du chemin qu'il reste à parcourir. Depuis 2009, Athènes a amélioré son solde budgétaire avant paiement des intérêts de la dette de 15 points de PIB. Un ajustement brutal réalisé au détriment de la croissance et de l'emploi : l'économie grecque subit en 2013 sa sixième année de récession. Depuis son pic de 2007, le PIB a baissé d'un quart. Résultat, 27 % de la population active est au chômage, mais ce n'est rien à côté du fléau qui frappe la jeunesse : plus d'un jeune Grec sur deux est sans emploi (57 %) ! Si le déficit extérieur s'est amélioré, ce n'est donc pas tant grâce à un regain de compétitivité qu'à une compression de la consommation intérieure, qui a fait baisser les importations. Certes, des signes encourageants apparaissent, comme l'augmentation du tourisme ou l'amélioration du climat des affaires. Reste que la récession économique, en lente décélération, a encore atteint 5,5 % en rythme annuel au premier trimestre 2013. Dans ces conditions, difficile de croire, comme le FMI, au retour de la croissance dès 2014 ! D'autant que, comme le note le Fonds, "les réformes n'ont pas atteint la masse critique nécessaire pour ramener un climat favorable à l'investissement". Pire, il n'est pas sûr que celles-ci puissent être menées à bien à l'avenir après le départ du petit parti de gauche Dima de la coalition gouvernementale suite à la fermeture soudaine de la télévision publique grecque. Le parti du Premier ministre Antonis Samaras, Nouvelle Démocratie, allié au parti socialiste (Pasok), ne dispose plus que d'une majorité infirme au Parlement.

Dans ce contexte, le FMI identifie plusieurs éléments qui pourraient faire dérailler le pays de sa trajectoire. D'abord d'éventuels retards dans l'application d'une taxe foncière destinée à remplacer dès 2014 la très décriée taxe perçue via les factures d'électricité. Ensuite, les privatisations, cruciales en termes de revenus, qui ne vont pas aussi vite qu'attendu. Enfin, certains chantiers, comme la dérégulation des professions protégées, se heurtent à la résistance des lobbies.

Marc Vignaud

Magazine Le Nouvel Observateur

En Grèce, réouverture d'un théâtre édifié... il y a 2.300 ans  

Un des plus beaux théâtres de la Grèce antique s'ouvre à nouveau au public à Messène, dans le sud du Péloponnèse.

Nous avons l’habitude en France de voir des théâtres fermés pour restauration durant un an ou deux, afin de rouvrir leurs portes, plus éclatants, plus magnifiques encore. C’est arrivé à l’Opéra de Paris, au Grand Théâtre de Bordeaux, aux Théâtres des Champs-Elysées et de l’Odéon ou à l’Opéra de Lyon, pour ne citer que des maisons illustres.

Mais ce qui est pour nous infiniment plus rare, et dont on ne connaît d’exemples qu’avec les théâtres antiques d’Orange, d’Arles, de Fourvière ou Vaison-la-Romaine, rendus au public au XIXe et XXe siècles, c’est de voir ressurgir du néant un théâtre édifié… il y a 2.300 ans.

Abandonné par les Messéniens sous l’influence du christianisme (Epîtres de Saint-Paul aux Messéniens), oublié durant dix-sept siècles, le théâtre de Messène s’ouvre à nouveau à la vie par un concert qui aura lieu ce 3 août, après 1700 ans de silence, sur le site de l’antique cité grecque, au sud du Péloponnèse.

La cité idéale

L’histoire de Messène, des théâtres, des temples que renferment ses puissantes murailles, remonte à 369 avant J.C. L’illustre général thébain Epaminondas ayant vaincu les Spartiates à Leuctres en 371 et ayant enfin anéanti la tyrannie exercée par Sparte sur les nations voisines, libéra les peuples réduits en esclavage par la cité de Lycurgue. Il restitua la Messénie aux Messéniens, leur enjoignant d’édifier une capitale nouvelle où accoururent ceux de ce peuple qui s’étaient exilés en Libye, en Sicile où ils avaient fondé Messine, ou dans d’autres états grecs, de façon à résister à une possible revanche de Sparte.

C’est ainsi que naquit Messène, au pied du Mont Ithome,forteresse et sanctuaire dédié à Zeus Ithomatas. Construite harmonieusement en terrasses au cœur d’un cirque montagneux s’ouvrant vers la mer qu’on aperçoit au loin, conçue sur le modèle de la ville idéale établi par l’architecte et géomètre Hippodamus de Milet, Messène, dont les murailles renforcées de trente-huit tours couraient sur neuf kilomètres, renfermait en son centre ses plus beaux monuments publics de façon à ce que leur accès soit d’égale facilité pour tous les citoyens établis dans les quartiers alentour.

Un théâtre pour dix mille spectateurs

Agora magnifique, propylées imposants, fontaine monumentale, sources multiples, temples d’Esculape, d’Artémis ou de Déméter, odéon destiné aux assemblées populaires de l’Ecclesia, salle couverte vouée à l’assemblée des élus, la Boulé, stade superbe entouré de portiques et ouvrant sur le cirque des collines demeurées inchangées depuis l’Antiquité, un stade destiné à recevoir les 10 000 habitants de la cité et tous ceux des alentours, Messène dépassa sans doute en nombre d’habitants la population d’Athènes alors que trois ports la reliaient au reste du monde grec.

Edifié à la façon des théâtres grecs en utilisant la déclivité du terrain, adossé à un vaste mur semi-circulaire, le magnifique théâtre fut bâti lui aussi pour quelque dix mille spectateurs ou pour l’ensemble des citoyens à l’occasion de réunions d’ordre politique. Il ne subsiste plus que quelques rangées de gradins en grès, au premier rang desquels s’élève le siège à dossier destiné vraisemblablement au grand prêtre de ce temple de Zeus qui dominait la ville du haut de l’Ithome.

Si le géographe et écrivain Pausanias consacra de nombreuses pages à Messène dans sa "Description de la Grèce" au deuxième siècle après Jésus Christ, la cité devenue chrétienne fut plus tard abandonnée, recouverte par les vignes et les oliveraies, réduite à l’oubli et au silence même si des voyageurs français ou anglais en visitèrent les ruines dès le XVIIe siècle.

Statues d’Artémis, de Thésée, d’Hermès

Ce n’est qu’en 1986 que la Société archéologique d’Athènes racheta aux paysans des environs l’ensemble des terrains recouvrant la cité et que commencèrent des fouilles financées par l’Union européenne et confiées à l’archéologue Petros Themelis. On y a découvert des statues magnifiques de Thésée, d’Hermès, d’Artémis, celles de jeunes prêtresses de cette déesse  et cela aux emplacements même décrits par Pausanias.

Quant au théâtre, partiellement restauré avec des fonds de la Fondation Niarchos, et qui était doté d’une vaste scène mobile à l’époque de sa construction, il se prépare fébrilement à une soirée de gala donnée ce 3 août pour célébrer sa renaissance.

Sous la direction de Vassilis Christopoulos, directeur de l’Orchestre national d’Athènes, un ensemble de musiciens accompagnera deux artistes natifs de la région, la soprano Cecilia Costea et le baryton Dimitri Platanias. Dans un répertoire fort peu grec, bien évidemment, consacré à Verdi et Puccini. Une soirée où l’on attend des milliers de spectateurs  sur ce site généralement désert qui constituera le point final du Festival d’Athènes et d’Epidaure 2013, mais aussi le renouveau de l’un des plus beaux théâtres de la Grèce antique.  

Raphaël de Gubernatis

 

page précédente

 

Envoyez un courrier électronique à grinfoamb.paris@wanadoo.fr pour toute question 

ou remarque concernant ce site Web 

Copyright ©Ambassade de Grèce - Bureau de Presse et de Communication, Paris, 1999

Conception : Georges Bounas - Réalisation : Marie Schoina

Dernière modification : 02/08/2013