Accueil Actualités Communiqués Politique Etrangère Evénements culturels La Grèce en France Grèce Xenios Médias Olympisme Contactez-nous

J-19/02/2013

 

19 février 2013

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal La Croix

Journal La Croix

Journal Les Echos

Journal La Tribune

Journal La Tribune

France-Grèce: 200 ans d'histoire agitée

Romaric Godin 

Le président se rend ce mardi à Athènes. L'occasion de revenir sur les relations franco-hellénique depuis l'indépendance de la Grèce.

La visite de François Hollande à Athènes se réalise dans le contexte très particulier de la crise de la dette. Mais elle s'inscrit aussi dans la longue histoire des relations franco-helléniques. L'histoire de relations souvent cordiales, mais aussi assez distendues. En voici les principaux moments.

1. La France, acteur de l'indépendance grecque.

Comme l'opinion britannique, l'opinion française a spontanément soutenu la rébellion grecque contre l'occupant ottoman au début des années 1820. Les poèmes philhellènes de Lord Byron, maître à penser de l'école romantique française, mort en 1824 à Missolonghi en Grèce ainsi que le chef d'œuvre de Delacroix, le Massacre de Scio (aujourd'hui Chios), émurent les masses françaises qui réclament une intervention. Le gouvernement est moins enthousiaste. La France a écrasé en 1823, au nom de la légitimité, la révolte libérale espagnole. Dans l'Europe du traité de Vienne, les rébellions, fussent-elles chrétiennes contre une puissance musulmane, ne sont pas bien vues. Mais la pression publique et la menace de voir la Russie prendre pied en Méditerranée orientale achève de convaincre Paris de mener une opération contre la Porte (nom alors donné à l'Empire ottoman) pour soutenir les rebelles grecs. Le 20 octobre 1827, dans la baie de Navarin (aujourd'hui Pylos), la flotte française attaque et détruit, avec les Britanniques et les Russes, la flotte turco-égyptienne. Dès lors, le ravitaillement des troupes ottomanes devient plus difficile. Un corps expéditionnaire français commandé par le maréchal Maison débarque en 1828 dans le Péloponnèse et en chasse les Turcs. La présence militaire française en Grèce perdurera jusqu'en 1833, un an après la reconnaissance internationale de l'indépendance grecque.

La France, quoique très active dans la guerre contre les Turcs, l'est assez peu dans ses suites politiques. Affaiblie par la révolution de juillet 1830 et occupée par la révolution belge, elle tente surtout de ne pas provoquer d'hostilité à son encontre, car la Monarchie de Juillet peine à s'imposer dans le concert des nations. Paris suit donc beaucoup les positions de Londres qui impose à la Grèce un roi de son choix (Otton de Bavière) et une lourde dette à laquelle participe la France.

2. La Grèce, jouet des grandes puissances

Dans les années qui suivent, la France est un des acteurs majeurs de la politique intérieure grecque. Autour du roi bavarois se développent trois partis, le « parti anglais », le « parti russe » et le « parti français » qui, chacun, réclame une influence majeure pour la grande puissance qui les patronne. L'influence française se réduit néanmoins progressivement au profit de celle de la Russie et du Royaume-Uni.

Le roi Othon, contesté par son peuple, tente de se forcer une légitimité en lançant la « Grande Idée », la réunification de tous les territoires peuplés de Grecs. Au début de la Guerre de Crimée (1854-1856), qui oppose les Anglo-franco-ottomans aux Russes, il soutient ainsi les rébellions hellènes dans les territoires ottomans. Paris et Londres assiègent et occupent alors le Pirée, le poumon économique de la Grèce. Athènes doit rester officiellement neutre. C'est un des rares combats où la France s'est opposée directement à la Grèce.

Durant la seconde moitié du 19ème siècle, la France continue à disposer d'une influence économique et culturelle importante en Grèce, quoique largement inférieure à celle du Royaume-Uni. Ce sont par exemple des ingénieurs français qui ont conçu et débuté la construction du canal de Corinthe à partir de 1882 et c'est un bateau français qui inaugura ce nouveau passage à travers l'isthme. L'influence culturelle française est alors à son apogée : Paris est l'eldorado des intellectuels grecs, comme ceux du reste de l'Europe. La création de l'institut français en Grèce en 1907 marque la concrétisation de cette influence.

3. La première guerre mondiale et ses suites

Au début de la première guerre mondiale, la Grèce reste officiellement neutre. Elle est pourtant fortement divisée entre le roi Constantin, très germanophile, et le premier ministre Eleftherios Venizélos, favorable à la France et au Royaume-Uni. En 1915, l'armée française prend le contrôle du port de Salonique (aujourd'hui Thessalonique) pour venir en aide à l'armée serbe, mise à mal par les Austro-hongrois. Mais Constantin chasse Venizélos et réaffirme la neutralité grecque. Le corps expéditionnaire français s'enferme dans Salonique jusqu'en 1917 où Paris et Londres organisent un coup d'Etat contre le roi.

Venizélos revient et déclare la guerre aux puissances centrales. Une armée majoritairement française, mais avec l'appui de l'armée hellénique, s'élance de la Macédoine grecque pour reconquérir les Balkans. En 1919, lors de la conférence de la paix, Clemenceau insiste beaucoup pour donner à la Grèce une forte récompense : outre la Thrace, Athènes gagne Smyrne (Izmir) en Asie mineure. L'armée grecque veut plus : elle envahit la Turquie et se heurte à Mustafa Kemal. Les Grecs sont rejetés d'Asie mineure, sans que ni Londres, ni Paris, dont les armées ne sont pas éloignées, ne bougent. S'en suit un échange dramatique de populations entre Turquie et Grèce, c'est la « grande catastrophe. » En Grèce, l'inaction française, tranchant avec le soutien de 1919, a laissé un goût d'amertume.

3. L'après-guerre

Occupée par l'Allemagne en 1941 (puis également par l'Italie et la Bulgarie), la Grèce partage le sort de la France durant la seconde guerre mondiale. Mais l'après-guerre est encore sanglant. Les anglo-américains veulent, conformément à leurs accords avec Staline, ancrer la Grèce dans le camp occidental. Il leur faut pour cela mater la résistance, majoritairement communiste. C'est la guerre civile (1946-1949) dans laquelle la France ne joue aucun rôle. L'influence française tend donc à disparaître en Grèce au profit des Etats-Unis. La France retrouve un regain d'influence en Grèce avec la dictature des colonels (1967-1974) pendant laquelle Paris devient le centre de la résistance et de l'exil. Des politiques, comme l'ancien premier ministre Constantin Caramanlis, et des artistes comme Vassilis Vassilikos, luttent depuis la capitale français contre le régime. C'est avec l'avion du président Valéry Giscard d'Estaing que, en juillet 1974, Constantin Caramanlis rentre en Grèce pour redevenir premier ministre.

C'est encore avec l'appui du président français que le dossier de candidature à la CEE d'Athènes est retenu, malgré les mises en garde de la commission et les doutes du chancelier Helmut Schmidt. « On ne claque pas la porte au nez de Platon », répondra le fringant Valéry Giscard d'Estaing, écartant d'un revers de main les arguments économiques. Comme son mentor français en mai 1981, Constantin Caramanlis doit céder la place au Pasok socialiste en octobre. Le nouveau premier ministre grec, Andreas Papandréou s'inspire ouvertement de la politique de relance de François Mitterrand. Comme lui, il dépense d'abord beaucoup, avant de tourner casaque en 1983 et de serrer un peu plus la vis budgétaire.

La France continue de bénéficier d'une image plutôt positive en Grèce en raison de sa non ingérence pendant la guerre civile et du soutien à l'opposition pendant la dictature des colonels. Mais la présence française et Grèce et les échanges commerciaux entre les deux pays restent modestes. En 2012, ils s'élevaient à 2,2 milliards d'euros seulement. Lorsqu'éclate la crise de la dette en 2010, Paris tente de freiner les volontés de remise à niveau budgétaire rapide de la Grèce prônée par Berlin. Là encore, la popularité française y gagnera. Mais Paris ne peut guère tenir longtemps cette ligne. Il lui faut adopter le discours européen dominant et réclamer que « la Grèce fasse des efforts » et « tienne ses engagements. » Pour autant, François Hollande n'a pas été reçu à Athènes comme Angela Merkel sous les sifflets et les quolibets. Preuve du reste d'image positive de l'Hexagone en Grèce. Ou de sa perte d'influence en Europe.

Journal Le Monde

Grèce : La réforme administrative avance

Par Antonis Manitakis, ministre de la réforme administrative et de la e-gouvernance de la Grèce

Contre vents et marées, la Grèce lutte seule depuis trois ans pour survivre et se maintenir dans la zone euro. Elle a dû estimer ses faiblesses et prendre des mesures d'austérité draconiennes, appliquer un programme européen de stabilité et de rigueur financières sans précédent et redresser ses finances en l'espace de quelques mois, tout en restructurant radicalement l'Etat et l'administration.

Après trois ans de crise sociale et politique sévère et des mesures d'austérité inédites, les premiers indices de stabilité et de changement émergent aussi bien dans l'économie que dans le système politique.

La nécessité des réformes ainsi que l'abandon de pratiques caractérisant l'ancien régime politique semblent obtenir l'adhésion d'une part croissante de l'opinion publique. Aussi fragiles et incertains qu'ils soient encore, les progrès en matière de réforme de l'Etat sont nets.

UN GAIN BUDGÉTAIRE EN MOYENNE DE 12 %

Ainsi, en l'espace de cinq mois, des rapports évaluant les structures administratives de 15 ministères ont été réalisés par des comités composés entièrement de fonctionnaires grecs.

On estime que l'application des reformes entamées dans l'administration centrale, aura pour impact une diminution moyenne des structures administratives de l'ordre de 38 %, un gain budgétaire en moyenne de 12 % et que l'adoption des plans des effectifs permettront un fonctionnement optimal avec un personnel moins nombreux.

L'objectif stratégique principal de la réforme administrative, à savoir une restructuration profonde des unités administratives, suite à l'évaluation des structures, a été amorcé et suit son cours.

Dès ce mois-ci, il s'étend à l'ensemble du secteur public, de l'administration décentralisée, des collectivités locales et organismes publics.
L'effort demandé à la Grèce est certes à la hauteur du déficit de ses comptes publics mais il est sans précédent. L'objectif de réduction du nombre d'emplois publics résulte d'un calcul macroéconomique des besoins de financement de l'Etat Grec.

D'un point de vue opérationnel, il est très ambitieux (de l'ordre de -21% sur cinq ans) et il suppose, pour être atteint, que soient organisés des transferts de personnel sans précédent entre les différentes administrations, ainsi qu'un plan de requalification des agents pour doter les nouvelles organisations des compétences adéquates.

RETROUVER LA CROISSANCE

Cette réforme ne peut réussir et conduire à réduire les coûts du secteur public que si elle rencontre un minimum d'assentiment. Le gouvernement Grec a entrepris de faire cette réforme avec l'assistance technique de la Task Force pour la Grèce et du leader en matière de réforme administrative qu'est la France, parce qu'elle est nécessaire pour retrouver la croissance et améliorer les services publics.

La réforme demandera un effort sur la durée. Tout ne peut pas être obtenu en quelques mois. Le chemin est difficile car il se heurte à de nombreux intérêts et à des habitudes très anciennes mais il sera conduit à bien dans la durée.

Peu d'Etats ont réalisé une réforme aussi ambitieuse et encore moins dans des délais aussi courts. Après sept mois, le gouvernement tri-partite, sous la direction de Antonis Samaras, pose les fondements pour renverser le cap et mettre la réforme sur une trajectoire positive.

Malgré tous les maux qui semblent être sans fin pour le peuple grec, celui-ci y fait face, dans la dignité et dans la continuité de sa démocratie parlementaire, ainsi que de la garantie constitutionnelle de ses droits et ses libertés. Il vit avec l'espoir de voir approcher la sortie de cette crise, qui secrète tant de sentiments de désespoir et de déprime.

Antonis Manitakis, ministre de la réforme administrative et de la e-gouvernance de la Grèce

Magazine L'Expansion

Ce qu'il faut retenir de la visite de Hollande en Grèce

Plaidoyer pour la croissance, mobilisation des entreprises françaises, location de deux frégates à la marine grecque... les principaux points de la visite du président français ce mardi à Athènes.

Face à la crise dans la zone euro, le président français a appelé, ce mardi à Athènes, aux côtés du 1er ministre grec Antonis Samaras, à des investissements français dans l'économie grecque.

Le président français François Hollande a jugé ce mardi à Athènes que le retour à la croissance était la solution pour la Grèce, mais aussi l'Europe, face à la crise dans la zone euro, appelant à des investissements français dans l'économie grecque.

Accueilli à Athènes comme un "ami", quatre mois après la chancelière allemande

Hommage aux efforts grecs

Angela Merkel, qui avait elle été contestée dans la rue, M. Hollande a rendu un hommage marqué" aux "efforts considérables" des Grecs pour assainir leurs finances et engager des réformes structurelles. "Le maintien de la Grèce dans la zone euro est un acquis (...) elle doit rester soutenue par l'Europe toute entière", a-t-il affirmé, au côté du Premier ministre grec Antonis Samaras.

Nouveau plaidoyer pour la croissance

"Nous devons faire en sorte que la croissance et l'emploi reviennent. Nous avons besoin en Europe de plus de croissance, c'est ainsi que nous pourrons atteindre nos objectifs de réduction des déficits publics", a plaidé M. Hollande.

Le président français a été d'autant plus ferme dans cette approche qu'il a dû reconnaître que la France devra réviser à la baisse son objectif de croissance du PIB pour 2013. "Aujourd'hui chacun sait que nous n'atteindrons pas les 0,8%" qui étaient prévus", a-t-il indiqué, sans toutefois confirmer les estimations d'une croissance "aux alentours de 0,2-0,3%" avancées par son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

"Nous ne sommes pas dans la même situation que la Grèce qui vit sa 6e année de récession et dont la production nationale a baissé de 25%" pendant cette période, a toutefois souligné le chef de l'Etat Français, pour qui "la France est un des pays qui, aujourd'hui, sur le plan de la croissance est dans la situation la moins mauvaise" en Europe. Il a appelé les entrepreneurs français à contribuer à la relance du pays, au vu en particulier du vaste programme de privatisations dicté à Athènes par ses bailleurs de fonds UE et FMI.

Appel aux entreprises françaises à investir en Grèce

"Je suis ici pour mobiliser les entreprises françaises pour qu'elles investissent en Grèce", a-t-il déclaré. Pour les privatisations, "dès lors que des appels d'offre seront lancés, les entreprises françaises doivent être présentes", a-t-il insisté, mettant en avant leur savoir faire dans le domaine "de l'énergie, de la gestion de l'eau, des transports et chemins de fer" autant de secteurs où d'importantes sociétés publiques doivent être cédées.

Assistance technique et prospection pétrolière

Il s'est aussi engagé à élargir, notamment en matière de santé, l'assistance technique française fournie à la Grèce pour réformer ses services publics. Alors qu'Athènes a entrepris des prospections à la recherche de gisements d'hydrocarbures dans son espace maritime, M. Hollande a jugé que d'éventuelles ressources seraient "une opportunité pour la Grèce et l'Europe". "Si la France peut contribuer à leur exploitation, elle le fera", a-t-il ajouté, faisant écho aux spéculations des médias grecs sur un intérêt de Total pour ces prospections.

Location de deux frégates françaises

"Je ne suis pas venu ici pour vendre du matériel" militaire, a déclaré le chef de l'Etat français. Il faut dire que compte tenu de sa situation financière, la Grèce a dû geler l'essentiel de ses achats d'armements. Le pays a ainsi suspendu un programme de commande à la France de six frégates FREMM, discuté depuis des années. "Les discussions se poursuivent" sur ce projet entre Athènes et Paris. En attendant, la France va fournir en location et à bas prix deux bâtiments de ce type à la marine grecque a indiqué une source gouvernementale grecque à l'AFP. Cet accord "de principe" doit être finalisé lors de la venue fin février du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. La location de "quatre avions de coopération navale" est aussi discutée.

Remerciements du Premier ministre grec

A la tête depuis juin d'une coalition avec les socialistes et la gauche modérée, le dirigeant conservateur Antonis Samaras l'a pour sa part remercié pour le soutien de Paris quand marchés et Européens prédisaient une exclusion de l'euro pour la Grèce. "La France nous a soutenu pour rester dans l'Europe et nous soutient maintenant pour que nous et l'Europe sortions de la crise", a-t-il déclaré, appelant, en vue de la présidence grecque au premier semestre 2014, à "de nouvelles initiatives en faveur de la croissance et de la lutte contre le chômage".

M. Samaras s'est aussi porté en faux contre toute division nord-sud en Europe, relevant que les "fortes relations gréco-allemandes étaient complémentaires" des liens gréco-français. La rue athénienne avait pour sa part fait son choix en s'abstenant de toute manifestation alors que quelques 30.000 Athéniens avaient saisi l'occasion de la venue de Mme Merkel pour manifester contre l'austérité.

M. Hollande n'aura par contre pas bénéficié des attentions médiatiques grecques en raison d'une grève de 24 heures des journalistes en prélude à une grève générale organisée mercredi contre les nouvelles mesures d'austérité imposées au pays en octobre en échange de son maintien sous perfusion financière.

Magazine Le Nouvel Observateur

La Grèce va louer "à bas prix" deux frégates à la France

En marge de la visite de François Hollande, Athènes tente ainsi de parer le gel de son programme de commande à la France en raison de la crise financière.

"Je ne suis pas venu ici pour vendre du matériel" militaire, a déclaré le chef de l'Etat français lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre grec Antonis Samaras. 

La Grèce va louer à la France deux frégates pour renforcer sa marine de guerre dans l'attente d'une reprise de ses achats militaires, a indiqué mardi 19 février une source gouvernementale grecque en marge de la visite à Athènes du président français François Hollande.

Cet accord "de principe" doit être finalisé lors de la venue annoncée pour fin février à Athènes par François Hollande du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a précisé cette source. La location par la Grèce de "quatre avions de coopération navale" est aussi discutée, a-t-elle précisé.

Location "à bas prix"

Louées "à bas prix", les deux frégates, de type FREMM, "seront intégrées à la flotte militaire grecque" en Méditerranée du sud-est, a ajouté la même source.

Cette location vise à parer au gel par Athènes, pour cause de grave crise financière, du plus gros de ses commandes d'armements, alors que le pays figure parmi les plus gros clients du secteur, auprès des Etats-Unis, de l'Allemagne et de la France, du fait de ses disputes de souveraineté avec la Turquie.

"Je ne suis pas venu ici pour vendre du matériel" militaire, a d'ailleurs déclaré le chef de l'Etat français lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre grec Antonis Samaras.

Programme de commande suspendu

La Grèce a ainsi suspendu un programme de commande à la France de six frégates FREMM, discuté depuis des années, et combattu par la concurrence allemande. "Les discussions se poursuivent" sur ce projet entre Athènes et Paris, a souligné la même source.

Les deux bâtiments français pourront "éventuellement" être affectés à l'encadrement de missions de prospection d'hydrocarbures dans l'espace maritime grec, a-t-elle ajouté, alors que cette hypothèse a été avancée par le quotidien grec Kathimerini.

Magazine Le Nouvel Observateur

La Grèce au creux de la vague ?

La réalisatrice Brigitte Roüana, qui a tourné son film "Tu honoreras ta mère et ta mère" (sorti le 6 février dernier) à Milos dans les Cyclades, est revenue un an après voir "ses Grecs", ses collaborateurs lors du tournage, pour témoigner de ce qu’ils sont devenus. Salaire divisé par deux pour la costumière, assistant-réalisateur sans emploi... Elle en a fait "Stop à la Grèce en slip", un petit documentaire très parlant sur la réalité grecque à l’échelle d’une production cinématographique. On y voit ainsi Vicky Vellopoulou, qui a repéré les décors, analyser la situation avec beaucoup de lucidités :

Avant d’arriver dans notre poche, la crise était éthique et culturelle (...). Nous étions devenus des machines à consommer."

Aujourd’hui, Vicky envisage de vendre sa maison pour faire face aux taxes qui se multiplient.

La semaine dernière une pluie de mauvais chiffres est tombée sur la Grèce. 6,4% de recul du PIB en 2012, qui est sa quatrième année de récession consécutive. Le chômage qui touche désormais 27% de la population active et monte à 61,5% quand il s’agit des moins de 25 ans, une génération sacrifiée. Le pays s’enfonce dans la pauvreté avec pour conséquence la montée des extrêmes. Pas un jour ne se passe sans que les militants du parti néonazi Aube dorée ne commettent des exactions principalement contre les étrangers. Les classes moyennes sont aussi touchées.

En fait, la politique d’austérité imposée à la Grèce a provoqué une récession beaucoup plus grave que prévue. Même le FMI reconnaît depuis le mois de janvier avoir fait une erreur de calcul avec le fameux multiplicateur budgétaire : en gros, on ne croyait pas que la réduction des dépenses publiques induirait une telle contraction de l’économie. Il n’est pas question pour autant de changer de potion. Car cette dernière serait en train de produire ses effets : en janvier, un excédent primaire (avant le paiement du service de la dette) a été dégagé pour la première fois sur le budget. La balance des paiements est par ailleurs régulièrement positives depuis 6 mois. De ce côté-là, rien d’étonnant : la consommation s’étant effondrée, la Grèce n’achète plus à l’étranger. Tandis que l’on note un léger mieux du côté des exportations, notamment grâce aux produits de l’industrie minière.

1,5 milliards d'investissement

Mieux, ces jours-ci d’importants contrats sont en train d’être signés. HP, le numéro un de l’informatique, est sur le point d’installer sa plateforme de distribution pour toute l’Europe centrale, le Moyen Orient et l’Afrique du nord au Pirée, sur les docks gérés par l’armateur chinois Cosco. L’initiative pourrait bientôt être suivie par d’autres. IKEA, Dell et Sony observeraient l’opération de près. Par ailleurs, un important contrat vient d’être signé pour lancer un projet de construction d’un gazoduc passant par la Grèce, l’Albanie et l’Italie pour importer en Europe le gaz d’Azerbaïdjan : si l’opération est confirmée, ce seront 1,5 milliards d’investissement et 2000 emplois créés pour le pays. Le gouvernement veut croire que le pays a touché le creux de la vague et que l’économie est prête à redémarrer.

Vincent Gouzi, ancien banquier préparant une thèse sur l’industrie de la Grèce, ose même penser que "la reprise économique sera plus précoce et plus forte que prévue", portée par les secteurs du tourisme, de la marine marchande et de l’industrie.

Cependant à l’échelle des petites et moyennes entreprises, les choses ne sont pas si simples quand on est un entrepreneur. Marina et Yanis souhaitent monter une petite entreprise pour produire et vendre des savons à l’huile d’olive. La marque est déposée, le site internet créé, le packaging et la gamme de produits définis. Reste qu’ils s’arrachent les cheveux face à une administration kafkaïenne pour créer leur société et obtenir une licence de production. Pour relancer son économie, la Grèce a encore de gros efforts à faire pour simplifier les démarches administratives, à commencer par la réforme de son système fiscal.

A Athènes, Maud Vidal-Naquet - Le Nouvel Observateur

 

page précédente

 

 

Envoyez un courrier électronique à grinfoamb.paris@wanadoo.fr pour toute question 

ou remarque concernant ce site Web 

Copyright ©Ambassade de Grèce - Bureau de Presse et de Communication, Paris, 1999

Conception : Georges Bounas - Réalisation : Marie Schoina

Dernière modification : mercredi 20 février 2013