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J-20/02/2013

 

20 février 2013

Journal Le Monde (daté 21/02/2013)

Journal Le Monde (daté 21/02/2013)

Journal Le Figaro

Journal La Tribune

Journal La Tribune

Journal Les Echos

Journal International Herald Tribune

Magazine Le Point

Grèce : Hollande à l'école de l'austérité

De notre envoyée spéciale à Athènes, Charlotte Chaffanjon

Le président a délivré un message de "confiance et de croissance" dans un pays ravagé par la crise alors que la France va vivre une année difficile.

Athènes est calme lundi soir, les rues du centre-ville sont vides. Les magasins ont fermé tôt, les terrasses des restaurants sont désertes. Sur la place du Parlement, des centaines de taxis attendent d'hypothétiques clients. Rien, si ce n'est quelques drapeaux français plantés au sommet des arbres du quartier présidentiel, ne laisse présager de la venue de François Hollande mardi matin. Le président atterrit à 11 h 30 sur le tarmac de l'aéroport d'Athènes. Il est accompagné dans son périple du ministre de l'Économie et des Finances Pierre Moscovici, du ministre délégué aux Affaires européennes Bernard Cazeneuve et de la ministre déléguée au Tourisme Sylvia Pinel. La délégation file vers le palais Maximou pour la signature d'un accord sur le tourisme avec le Premier ministre conservateur Antonis Samaras.

François Hollande donne le ton de la journée lors de sa conférence de presse commune avec ce dernier, à 13 heures. Il est à Athènes pour, dit-il, apporter un message "d'amitié, de soutien", mais surtout de "confiance, qui permettra de restaurer la croissance". Il assure que la crise de la zone euro "est finie", qu'il faut passer à une "nouvelle étape". Et relève, pour points positifs, qu'il "y a eu des résultats" aux mesures d'austérité imposées à la Grèce par la troïka (le FMI, la BCE et l'Union européenne) "en termes de réduction des déficits, notamment du déficit structurel", et que "des réformes importantes" ont été entreprises.

Chiffres affolants et dure réalité

Pourtant, il y a ce jour-là une grève des journalistes grecs. Il y aura le lendemain, mercredi, une grève générale, du public et du privé, qui paralysera le pays. La Grèce entame sa sixième année de récession, sur cette période la production nationale a baissé de 25 %, le taux de chômage atteint désormais 27 %, et chez les moins de 25 ans il flirte avec les 60 %... Derrière ces chiffres affolants, la dure réalité d'un peuple aujourd'hui symbole d'une crise économique devenue sociale et politique. François Hollande est bien obligé de consentir "qu'aucun peuple en Europe n'a vécu de telles épreuves".

Contrairement à la chancelière allemande Angela Merkel, il n'est pas accueilli par des manifestations hostiles. "L'Allemagne est perçue comme le grand décideur de toutes les mesures d'austérité qui nous ont frappés. La France est reconnue pour avoir poussé notre intégration dans l'Union européenne et notre adhésion à l'euro", raconte le photographe d'une agence de presse grecque. François Hollande lui-même ne manque pas de souligner qu'il est aussi ici "comme le président d'un pays qui a voulu que la Grèce reste dans la zone euro". "Nous avons besoin d'une zone euro stable et cohérente qui puisse montrer sa capacité à réagir face aux marchés", persiste-t-il.

"Sarkozy en a fait autant avant lui"

De fait, Hadi Haddouche, le directeur général de Vinci en Grèce, confirme au Point.fr que François Hollande est "beaucoup mieux accepté que d'autres dirigeants européens, comme Merkel par exemple", tout en précisant que cela n'a rien à voir avec son bord politique. "C'est une ligne continue, d'un président à l'autre. Sarkozy en a fait autant avant lui." Sauf que le président qui a sauvé la Grèce d'une sortie de la zone euro doit désormais aussi se préoccuper du sort de son pays, incertain.

C'est d'Athènes que François Hollande confirme que la prévision de croissance à 0,8 % ne sera pas tenue. Interrogé par Canal+ lors de sa visite à la communauté française, juste avant de s'envoler pour Paris en fin de journée, il refuse de parler d'austérité, préférant marteler que "ce qu'il faut faire, c'est redresser les comptes publics". Mais, déjà, plus personne ne doute que le déficit public ne sera pas ramené en 2013 à 3 % comme promis.

 

Journal L'Humanité

Hollande chasse les bonnes affaires grecques

Alors que se prépare une grève générale, le locataire de l’Élysée s’est surtout montré, hier lors de sa visite à Athènes, en VRP des groupes hexagonaux, comme s’il revendiquait la part française du gâteau des privatisations grecques.

Athènes, envoyé spécial. C’est à la veille d’une grève générale que François Hollande a fait une visite éclair en Grèce. Il a multiplié les messages de soutien à l’équipe gouvernementale, salué les politiques menées et encouragé l’investissement en terre hellène. Ce discours, le président français l’a martelé au cours des huit heures passées à Athènes.

Depuis mai 2010, le pays est sous la coupe de la troïka (BCE, Commission européenne, FMI) qui, en échange de prêt et d’une restructuration d’une part de la dette grecque, impose une austérité sans fin. Au programme, outre des coupes répétées dans les dépenses publiques, un flot de privatisations est imposé : eau, électricité, gaz, pétrole, télécommunications… toutes les entreprises publiques, ou à forte participation de l’État, sont concernées, prêtes à être dépecées et bradées.

Lors d’un forum avec les entrepreneurs grecs et français, le président français a ainsi rappelé que des sociétés comme Alstom, EDF, Suez, Air liquide étaient implantées en Grèce depuis de nombreuses années et qu’au total « plus de 120 entreprises françaises sont en Grèce, certaines depuis très longtemps ». Et en arrivant dans l’hôtel Hilton où se tenait le forum, François Hollande a déclaré : « C’est un choix qu’ont fait les Grecs. La France doit être partie prenante de ce programme. » Il avait d’ailleurs déclaré, lors de la rencontre avec le premier ministre, Antonis Samaras, qu’il était « ici pour mobiliser les entreprises françaises, pour qu’elles investissent en Grèce. Elles doivent renforcer leur présence ».

Ce discours, François Hollande l’a répété, en fin de journée, au cours de sa visite au lycée français d’Athènes, où il a reconnu que le peuple grec vivait un « moment éprouvant », mais qu’il souhaitait « parler de la sortie de la crise économique». Choix symbolique que d’évoquer cette question devant des jeunes qui, à 66 % d’entre eux, sont au chômage, selon les dernières données. Et choix paradoxal car, à part évoquer les «investissements français», le « programme de privatisations », et des « partenariats pour la croissance commune en Europe », le président n’a pas dégagé de vision d’avenir. Quelques mois après la venue de la chancelière allemande, Angela Merkel, en octobre, il semble que François Hollande soit venu chercher une part française du gâteau des privatisations grecques. Antonis Samaras, le premier ministre, l’a régulièrement remercié de son aide. Difficile, à ce moment, de ne pas se souvenir des déclarations de François Hollande, en juin 2012, en pleine campagne électorale grecque et alors que le leader de Syriza, Alexis Tsipras, grimpait dans les sondages : «Si l’impression est donnée que les Grecs veulent s’éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute la perspective de redressement, alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro», agitant le spectre d’une sortie de l’euro. Cette fois encore, François Hollande a rencontré les chefs des partis de gouvernement mais il n’aura entendu ni la vision d’Alexis Tsipras ni les témoignages des 27 % de Grecs au chômage.

Fabien Perrier

 

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Dernière modification : jeudi 21 février 2013