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J-06/06/2013

 

 

06 juin 2013

Journal Le Monde (daté du 07/06/13)

Journal L'Humanité

Grèce: l’antiracisme en pomme de discorde

Une loi destinée à combattre les incitations à la haine à l’égard d’une ethnie, d’une religion ou d’une orientation sexuelle vire à l’affrontement entre les forces de la coalition au pouvoir et risque de ne pas être votée.

La bataille qui se joue actuellement au Parlement grec en dit long sur le climat de tensions au sein du gouvernement, et dans le pays. Le cœur des débats porte sur les incitations au racisme et concerne aussi le financement public d’Aube dorée. Ce parti néonazi était initialement un groupuscule fasciste qui s’est construit dans les années 1980 ; puis, il a déposé ses statuts de parti en 1993 et a fait une percée significative lors des élections municipales de 2010, recueillant 5,3 % des voix à Athènes, puis en 2012, atteignant près de 7 % lors des législatives. Entre-temps, ses bandes organisées avaient multiplié les actions dans les rues de la capitale : « ratonnades » contre les immigrés, descentes violentes dans les quartiers populaires, soupes populaires réservées aux Grecs qui pouvaient prouver leur ascendance… Et ce parti semble suffisamment implanté dans la société pour brouiller les cartes politiques à droite. Les électorats semblent de plus en plus poreux entre Nouvelle Démocratie (ND) et l’extrême droite.

Il n’en fallait pas moins pour qu’un projet de loi devienne une pomme de discorde. Du côté de la coalition gouvernementale, dirigée par Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie, droite), le ministre de la Justice, Antonis Roupakiotis, de Dimar (gauche démocratique), présentait avec le soutien du troisième membre de la coalition, les sociaux-démocrates du Pasok, un texte qui, expliquait-il, visait à mettre le droit grec en conformité avec le cadre européen de lutte contre les comportements racistes et xénophobes.

Que comporte cette loi ? Elle interdirait les incitations à la haine s’appuyant sur l’ethnie, la religion ou l’orientation sexuelle. Elle rend passibles de peines de prison allant jusqu’à six ans les infractions relevant de ces griefs. Elle interdirait également la négation des crimes de guerre nazis. Surtout, cette loi s’appliquerait également aux députés. Si les dirigeants d’un parti représenté au Parlement niaient publiquement l’holocauste, participaient à des attaques racistes ou utilisaient le salut nazi ou d’autres symboles du même type au Parlement, ils verraient leur financement public suspendu. Cette partie du projet de loi vise Aube dorée, dont les députés sont régulièrement impliqués dans des attaques contre les immigrés et les opposants politiques. Plus largement, le ministre de la Justice espérait aussi mettre un coup d’arrêt aux violences perpétrées régulièrement contre les étrangers et les minorités par Aube dorée. La droite, elle, s’apprêtait à mêler ses voix, à la Vouli, aux députés néonazis, en votant contre ce texte. À tel point que, suite à l’interpellation d’une des figures de proue des intellectuels grecs, le poète Nanos Valaoritis, le premier ministre est sorti de sa réserve envers son groupe politique, et a imposé ses propres mesures.

Syriza, la coalition de gauche, principale force d’opposition, a préparé son propre texte – qu’elle n’a pas encore déposé. Il serait, selon différentes sources, plus dur que celui émis par la coalition. Enfin, d’autres forces de gauche, tel le KKE (PC grec), refusent de voter les textes, prétextant qu’il revient en réalité à faire passer des attaques contre les droits démocratiques pour une lutte contre les fascistes.

Fabien Perrier

 

Journal La Tribune

Le FMI fait son auto-critique sur le plan de sauvetage imposé à la Grèce en 2010

Les exigences posées par le Fonds monétaire international et ses partenaires en contrepartie de l'aide accordée à Athènes étaient inadaptées, a estimé mercredi le FMI, qui admet également que ses prévisions économiques pour la Grèce étaient trop optimistes, dans sa troisième évaluation du plan d'aide international.

Le FMI a remis en cause l'efficacité de la "troïka" sur la gestion du dossier grec et le choix du plan d'aide imposé en 2010, dans un rapport publié mercredi. Il estime également que la dette de la république hellénique aurait du être restructurée dès 2010, et non pas en 2012.

Mieux vaut tard que jamais! "Il y a eu des échecs notables. La confiance des marchés n'a pas été rétablie et l'économie a été confrontée à une récession bien plus forte que prévu." Le Fonds monétaire international (FMI) a fait son mea culpa sur la Grèce, mercredi, dans un rapport évaluant les résultats du plan d'aide de 110 milliards d'euros accordé à Athènes en mai 2010 en contrepartie d'un plan d'économies drastiques.

Sixième année de récession

Le Fonds s'était alors montré bien optimiste en tablant sur un retour de la croissance en Grèce dès 2012 et une amélioration sur le front de l'emploi. Les faits lui ont donné tort : le pays s'enfonce actuellement dans la récession pour la sixième année d'affilée avec un taux de chômage de 27%, malgré un deuxième plan d'aide international massif au printemps 2012. Les projections de dette publique grecque établies par le Fonds ont elles aussi été balayées "dans une très large mesure", indique l'institution.

Ce n'est pas la première fois que le FMI fait son aggiornamento sur la Grèce. En octobre, son chef économiste Olivier Blanchard avait fait sensation en admettant avoir sous-estimé les "mutiplicateurs budgétaires" qui mesurent l'impact des mesures d'austérité sur la croissance.

L'efficacité de la troïka remise en cause

Mais le Fonds va plus loin aujourd'hui en remettant en cause l'efficacité même de la troïka, la structure hybride qu'il forme avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) et qui est aujourd'hui en charge de quatre plans de sauvetage dans la zone euro.

Selon le rapport, cette cohabitation a obligé le Fonds à "négocier d'abord avec les pays de la zone euro et ensuite avec les autorités grecques", créant une source d'"incertitude considérable" alimentée par les hésitations et revirement européens. "Il n'y avait pas de division claire du travail" au sein de la troïka, relève le rapport, qui ajoute que les Européens manquaient d'expérience et de "compétences" sur des programmes d'aide liés à de très strictes conditions.

L'ironie de l'Histoire veut que l'Europe voyait d'un très mauvais oeil l'arrivée du FMI sur le Vieux Continent. Début 2010, Jean-Claude Trichet, alors président de la BCE, jugeait même cette éventualité "mauvaise".

La dette grecque aurait du être restructurée en 2010

Décryptant les relations au sein de la troïka, le FMI s'attache à un point crucial du plan de sauvetage grec: la restructuration massive de la dette privée au printemps 2012. Le Fonds estime aujourd'hui que cette opération, la plus importante de l'Histoire, aurait dû être menée dès 2010 mais que cette solution n'était alors pas "politiquement réalisable" en raison de l'opposition des Européens. "La restructuration de la dette avait été envisagée par les parties à la négociation (du programme grec, NDLR) mais elle a été exclue par les dirigeants de la zone euro", qui craignaient qu'une telle mesure ne soit pas approuvée par les Parlements nationaux, indique le rapport.

Cette décision a été lourde de conséquences, selon le Fonds. Elle a permis à de nombreux créanciers privés (banques, fonds d'investissement) de "s'échapper" du pays sans subir la moindre perte et de "passer le fardeau" aux Etats et donc aux contribuables qui ont dû de nouveau renflouer la Grèce en 2012. "Nous aurions dû avoir une réduction de dette plus tôt en Grèce", a reconnu mercredi Poul Thomsen, chef de la mission du FMI en Grèce.

Le premier plan d'aide a en réalité été une mesure "d'attente", résume le rapport. Il a permis de donner le temps à la zone euro de construire son pare-feu, le Mécanisme européen de stabilité, afin de protéger d'autres pays "vulnérables" et limiter l'impact sur l'économie mondiale.

 

Magazine L'Humanité dimanche

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Dernière modification : 06/06/2013