Accueil Actualités Communiqués Politique Etrangère Evénements culturels La Grèce en France Grèce Xenios Médias Olympisme Contactez-nous

J-13/06/2013

 

 

13 juin 2013

Journal Le Monde (daté du 14/06/2013)

Journal Le Monde (daté du 14/06/2013)

Journal Le Monde (daté du 14/06/2013)

Journal International Herald Tribune

Journal La Tribune

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal Les Echos

Journal Libération

Journal Libération

 

Journal Libération

Journal Libération

Journal L'Humanité

La démocratie n’émet plus, l'éditorial de Jean-Paul Piérot

À Athènes, où s’inventa le mot démocratie, l’évocation des coups d’État rouvre des plaies cruelles. Dans l’antique cité de Démosthène, nul n’a oublié le règne des colonels, des Papadopoulos et autres Pattakos, qui prenait fin il y a tout juste quarante ans. Certes, il n’y avait pas hier de chars au pied de l’Acropole, et pourtant c’est bien un coup d’État austéritaire qui a été perpétré mardi quand les écrans de la télévision nationale (ERT) se sont obscurcis et que la radio s’est tue.

Dans le plus grand secret, en violation de tous les principes du droit, le gouvernement a fomenté un véritable complot pour priver le peuple grec d’une information publique, indépendante des puissances d’argent, et jette à la rue les journalistes, les techniciens, tous les employés de l’audiovisuel national.

La grande braderie réclamée par le FMI et la Commission européenne et mise en œuvre sans sourciller par le Pasok (socialiste) et Nea Demokratia (droite) pour « assainir » les finances publiques de la Grèce avait déjà livré au privé des pans entiers des services publics et du patrimoine national. La saignée pratiquée par les docteurs Diafoirus de l’eurolibéralisme a réduit à l’indigence des millions de citoyens, privé de soins des milliers de personnes âgées. Ce traitement indigne et humiliant a été approuvé, appuyé même par les dirigeants de la zone euro. Les propos pour le moins imprudents du président français François Hollande lors de sa dernière conférence de presse – affirmant que « l’Europe a sauvé la Grèce » – ont aujourd’hui une curieuse résonance. Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, déplore « le symbole tragique de l’écran noir sur la télévision publique » et fait part de son « amertume » devant le fait que « l’austérité à laquelle la Grèce est soumise rime avec un abandon du pluralisme ». Faut-il vraiment s’en étonner ? Face aux résistances sociales, à la montée en puissance d’une gauche qui ne renonce pas, le gouvernement veut museler les journalistes et satisfaire aux exigences de la troïka qui réclame des milliers de licenciements dans le secteur public. En témoigne le commentaire digne de Ponce Pilate de la Commission européenne, qui « a pris acte » de la décision.

Un pays où la plus large part du paysage audiovisuel serait privatisée, voilà une perspective qui pourrait séduire d’autres gouvernements libéraux. La Grèce ressemble fort à un laboratoire pour des expériences qui risqueraient d’être menées ailleurs. Le droit à l’information est durement frappé à Athènes, c’est toute l’Europe qui est concernée. En Espagne, où 25 % des journalistes de la TVE ont perdu leur emploi, en Italie, en Grande-Bretagne mais aussi en France, où les plans de rigueur affectent l’audiovisuel public, la solidarité avec les salariés d’ERT est un devoir démocratique.

 

Magazine L'Humanité dimanche"

page précédente

 

Envoyez un courrier électronique à grinfoamb.paris@wanadoo.fr pour toute question 

ou remarque concernant ce site Web 

Copyright ©Ambassade de Grèce - Bureau de Presse et de Communication, Paris, 1999

Conception : Georges Bounas - Réalisation : Marie Schoina

Dernière modification : 13/06/2013