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J-30/05/2013

 

30 mai 2013

Magazine Le Point

Journal La Croix

L’échec d’un projet de loi antiraciste secoue le gouvernement grec

Les partis de gauche, membres de la coalition gouvernementale grecque, soumettront au Parlement la proposition de loi antiraciste rejetée par le premier ministre de droite Antonis Samaras.

L’incapacité du gouvernement à s’entendre sur la lutte contre la xénophobie suscite l’inquiétude.

Le 6 mai dernier, un jeune Afghan de 14 ans a été victime d’une attaque raciste d’une extrême violence. Agressé à coups de tessons de bouteille par trois néonazis en plein jour dans les rues d’Athènes, l’adolescent s’en est sorti avec 30 points de suture. « Je n’avais jamais vu une telle barbarie », s’était indigné le docteur Kikitas Kanakis de Médecins du monde en Grèce.

L’affaire, qui avait suscité l’indignation, en plein débat houleux sur le projet de loi antiraciste, n’a pas permis à la coalition gouvernementale aux commandes en Grèce depuis juin 2012 de trouver un terrain d’entente sur la lutte contre la xénophobie. Lundi soir, le constat de désaccord a été entériné à l’issue d’une ultime réunion entre Antonis Samaras, premier ministre et chef du parti de droite Nouvelle démocratie (ND), et les deux présidents des partis de gauche, Evanghelos Vénizélos (Pasok, socialistes) et Fotis Kouvelis (Gauche démocratique).

Le premier ministre a refusé de soutenir le projet de loi, au motif qu’il briderait la liberté d’expression, alors que la gauche défendait le texte du ministre de la justice Antonis Roupakiotis. Aussi les deux dirigeants de gauche ont annoncé leur intention de soumettre désormais une proposition de loi au Parlement. Ils espèrent rallier une majorité d’élus soucieux de durcir la législation afin de réprimer les discours de haine ainsi que les dénis de crime de guerre et de génocide.

«La Grèce doit enrayer l’augmentation des crimes de haine et combattre l’impunité»

L’incapacité du gouvernement grec à combattre une xénophobie galopante dans le pays, alors que le parti néonazi Aube dorée, déjà fort de 18 députés, continue à gagner en audience dans les sondages, ne cesse de susciter l’inquiétude. « Est-ce que finalement la majorité gouvernementale n’est pas préoccupée par le racisme ? », interroge la Ligue des droits de l’homme en Grèce. Elle souligne que pourtant des lois similaires existent dans de nombreux pays européens.

Le Congrès juif mondial s’est inquiété de « l’échec » du gouvernement grec. « Les instigateurs de haine et les extrémistes de l’Aube dorée ne sont pas seulement une menace pour les minorités comme les juifs mais aussi une menace pour la démocratie », a souligné son président Ronald Lauder.

Le Conseil de l’Europe ne dit rien d’autre. « La Grèce doit enrayer l’augmentation des crimes de haine et combattre l’impunité », a estimé son commissaire aux droits de l’homme Nils Muïznieks dans son rapport sur la Grèce paru le mois dernier. Dans ses « Carnets des droits de l’homme », celui-ci rapportait le 13 mai que 220 agressions racistes avaient été signalées en Grèce entre octobre 2011 et décembre 2012.

Marie Verdier

 

Magazine L'Humanité dimanche

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Dernière modification : jeudi 30 mai 2013