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J-21/11/2013

 

 

21 novembre 2013

Journal Libération

Journal La Croix

La Grèce réagit aux propos turcs sur Sainte-Sophie

Athènes a réagi très vivement, mercredi 20 novembre, aux propos du vice-Premier ministre turc Bülent Arinç, qui a souhaité que la basilique Sainte-Sophie, actuellement musée, redevienne une mosquée. 

« Les déclarations récurrentes faites par les hauts dirigeants turcs à propos de la reconversion des églises chrétiennes byzantines blessent les sentiments religieux de millions de chrétiens », a déclaré mercredi 20 novembre le ministre des Affaires étrangères grec, Elefthérios Venizélos. Il réagissait aux propos de Bülent Arinç, vice-Premier ministre turc, qui a affirmé samedi 16 novembre que « la mosquée Sainte-Sophie sourira bientôt de nouveau »

Il faisait référence à l’ancienne basilique Sainte-Sophie. Construite au VIème siècle, cette église, joyau architectural de la ville d’Istanbul, devint une  mosquée après la prise de Constantinople par les turcs Ottomans, en 1453. En 1934, un décret du chef d’Etat Atatürk l’a transformée en musée, dans sa politique de laïcisation du pays, et aussi avec l’objectif d’apaiser les tensions que le monument provoquait entre les communautés chrétienne et musulmane.

Le gouvernement turc accusé d’islamiser le pays

Samedi 16 novembre, Bülent Arinç a expliqué que, selon lui, « un lieu de culte ne peut pas servir à une autre fonction que celle initiale ». Cet épisode intervient alors que le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie, se voit de plus en plus reprocher sa volonté d’islamiser la société turque et de légiférer en ce sens. Ainsi, début novembre, le Premier ministre Erdogan avait annoncé sa volonté de s’attaquer à la mixité dans les résidences étudiantes, au nom de la morale. Et depuis quelques jours, des députées AKP s’affichent voilées au Parlement.

Ankara n’a pas manqué de s’agacer de la réaction de M. Venizélos. Dans un communiqué, le ministre turc des Affaires étrangères a estimé que la Turquie n’avait « rien à apprendre » de la Grèce en matière de liberté de culte et de préservation du patrimoine. D’après lui, « le mauvais traitement infligé par la Grèce aux objets culturels datant de la période ottomane et des lieux de culte est connu de tous ».

Grèce et Turquie : des relations tendues depuis longtemps

La rivalité traditionnelle entre les deux pays dépassent le cadre religieux. Depuis les années 1930, l’île de Chypre, à la population majoritairement grecque, est un grave sujet de discorde, et l’occupation du nord de l’île par l’armée turque reste aujourd’hui un sujet de tension permanente. Les deux États entrent aussi régulièrement en conflit à propos de l’immigration, et sur la question de leurs eaux territoriales respectives en mer Égée. 

G.V. avec AFP

 

Journal Le Monde

La Grèce et la "troïka" s'opposent sur une nouvelle cure d'austérité

Le président de l'Eurogroupe, le néerlandais Jeroen Dijsselbloem, avait prévenu : "Beaucoup de ministres des finances de l'Eurozone commencent à perdre patience" avec la Grèce, déclarait-il mercredi 20 novembre au quotidien grec Ta Nea, à la veille du dépôt par le gouvernement grec à la Vouli, le parlement national, de son projet de budget pour 2014.

Ce dernier, présenté comme prévu jeudi, maintient l'objectif d'un retour à la croissance en 2014, évaluée à 0,6 % du PIB, et d'un excédent budgétaire hors remboursement de la dette de 1,6 % du PIB. Il sera très certainement amené à être révisé, car il n'a pas été validé par les créanciers de la Grèce, la "troïka" (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Commission européenne).

La troïka multiplie depuis septembre les missions de contrôle pour mesurer l'état d'avancement des réformes exigées en échange des 240 milliards d'euros de prêts consentis en 2010. Mercredi, elle a mis fin à un round de négociations avec le gouvernement grec, sans parvenir à un accord sur plusieurs points importants. Jeudi, les bailleurs de fonds ont déclaré que les discussions se poursuivraient, "quelques questions" restant à régler.

DÉFAUT DE FINANCEMENT

Cela fait plus de deux mois qu'Athènes attend la validation du versement d'une nouvelle tranche de prêts de 1 milliard d'euros promis dans le cadre du plan de sauvetage financier du pays.

Mais "la Grèce a encore beaucoup de travail à faire", a déclaré M. Dijsselbloem à Ta Nea, ajoutant que les négociations avec la troïka portent sur "les progrès [de la Grèce], ou plutôt l'absence de progrès, au regard de ses engagements".

Au cœur du différend : un trou de financement dans le budget 2014, évalué à 500 millions d'euros côté grec et à près de 1,5 milliard côté troïka. Athènes se refuse à prendre de nouvelles mesures d'austérité pour combler ce défaut de financement, mais les bailleurs de fonds insistent.

Ils ne croient pas aux évaluations du ministère des finances qui promet de trouver l'argent nécessaire sans recourir à de nouvelles coupes dans les salaires et les pensions.

La troïka exige aussi l'adoption de mesures très impopulaires comme la levée des restrictions aux saisies immobilières ou la fermeture de trois entreprises d'armement. Elle continue de faire pression sur la question du dégraissage de la fonction publique.

RENDEZ-VOUS À BRUXELLES

Dès jeudi, le ministre de l'économie, Yiannis Stournaras, devait s'envoler pour Bruxelles afin d'assister à l'Eurogroupe vendredi 22 novembre, consacré à l'examen des budgets nationaux.

La Commission européenne disposant depuis cette année d'un nouveau droit de regard sur les budgets des pays de la zone euro, il y a fort à penser qu'une négociation sur les objectifs budgétaires de la Grèce va se délocaliser d'Athènes à Bruxelles.

Dans ce contexte, la rencontre prévue vendredi entre la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre Antonis Samaras est stratégique. Et explique en partie l'absence d'accord entre les techniciens de la troïka et les Grecs, à Athènes, tous étant suspendus aux déclarations qui suivront la rencontre gréco-allemande.

Les tensions sont cependant plus fortes que jamais en Grèce. Après six ans de récession qui a détruit 40 % des revenus disponibles des ménages et fait s'envoler le taux de chômage à près de 28 %, les Grecs disent qu'ils n'en peuvent plus.

Même le président de la république Carolos Papoulias est sorti de sa réserve, le 2 octobre, pour avertir qu'"aujourd'hui, les Grecs ont donné leur sang et tout ce qu'ils avaient pour surmonter la crise, et cela doit être respecté par l'Europe".

De hauts responsables n'hésitent plus, sous couvert d'anonymat, à agiter la menace d'élections anticipées si de nouvelles mesures étaient exigées.

Adéa Guillot

 

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Dernière modification : 21/11/2013