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J-03/10/2013

 

 

03 octobre 2013

Journal Le Monde (daté du 04/10/2013)

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal International Herald Tribune

Magazine Nouvel Observateur

"Du sang !" : le noyau dur néonazi d'Aube dorée bouge encore

Alors que le mouvement d'extrême droite pourrait être décapité par la justice grecque, la base du parti néonazi ne lâche pas les armes. 

"Du sang ! De l’honneur ! Aube dorée !". "Vous êtes des Grecs ! Vous êtes des héros !". Crânes rasés, t-shirts et pantalons noir moulants pour faire saillir les muscles bodybuildés, rangers, tatouages représentants souvent un "signe antique" aux allures de croix gammée, plus d’une centaine de militants du parti néonazi grec Aube dorée manifestent bruyamment, mercredi 2 octobre, devant le tribunal d’Athènes où viennent d’être inculpés leurs "héros".

Six des 18 députés de ce parti, nourri par la violente crise économique qui secoue le pays, ont été arrêtés le week-end dernier après l’assassinat le 18 septembre d’un rappeur grec connu par un néonazi. Le meurtre a bouleversé le pays. Car si les très violents militants d’Aube dorée avaient déjà tué des immigrés, c’était la première fois que le sang grec coulait. Quatre députés ont déjà été mis en examen. Le chef du parti, Nikos Michaloliakos, devait suivre. Mais, surprise, trois élus néonazis ont bénéficié d’une liberté conditionnelle. Souriants, ils sont ressortis du tribunal en vainqueurs : "Les chefs d'accusations vont d’effondrer, vous êtes de petits valets", a lancé l'un d'eux à la presse.

"Grèce ! Grèce ! La victoire ou la mort !"

A l’extérieur du tribunal, la tension monte chez les gros bras tatoués contre les journalistes, considérés comme des exécuteurs zélés des basses œuvres d’un "système pourri" et honni. "Journalistes, collabos ! Voyoux ! Traitres !", hurlent en cœur les "soldats de l’ordre noir", des jeunes hommes pour la plupart. Un reporter prend un coup de pied, d’autres sont bousculés. La presse doit se réfugier derrière la police antiémeute, venue en force. "Grèce ! Grèce ! La victoire ou la mort !", rugit la foule en habits noirs, plus prompte cependant à en découdre avec les journalistes armés d’un carnet de notes ou d’une caméra qu’avec les forces de l’ordre, boucliers et matraques prêts à l’action.

Les militants d’Aube dorée sont persuadés que leurs chefs sont victimes d’un complot dont la presse est le servile exécutant. Ils ne veulent pas croire les révélations des journaux, qui montrent que leurs leaders sont compris dans des violences, des assassinats, mais aussi dans la prostitution et autres malversations. "Tout est un coup monté", assure un des militants néonazis, bien que ceux-ci n’aient théoriquement pas le droit de parler à la presse. "Il n’y a pas de preuves. On va sa battre", jure-t-il. Avant d’ajouter, prudemment : "… mais par les moyens légaux".

Le début de la fin d'Aube dorée ?

Après avoir très longtemps toléré les agissements criminels d’Aube dorée pour des questions de basse opportunité politique, le fragile gouvernement de coalition (droite, socialistes) est donc passé à l’action, poussé par le choc du "meurtre grec" du 18 septembre. Est-ce le début de la fin d’Aube dorée, comme disent certains ? La justice aura-t-elle assez de preuves pour décapiter le mouvement ? Les néonazis ne risquent-ils pas de sortir de la bataille judiciaire innocents ou de la prison en martyrs ? Donc peut-être en vainqueurs ? Les analystes se perdent en conjecture.

Mais sur la place du tribunal, le noyau dur est, lui, toujours là. Comme pour rappeler la violence de la crise qui poussent les Grecs dans la misère et vers l’extrémisme, vers Aube dorée, des militantes de la formation d’Aube dorée brandissent une banderole : "Pas de politique avec la terreur et l’emprisonnement. La terreur, c’est que les gens ont faim".

Jean-Baptiste Naudet

Magazine L'Express

Grèce: le chef du parti néonazi Aube dorée placé en détention

Nikos Michaloliakos, leader du parti néonazi grec Aube dorée, a été placé en détention provisoire ce jeudi matin. Son inculpation et celle de quatre autres députés font suite au meurtre d'un rappeur antifasciste à Athènes. 

Le chef du parti néonazi grec Aube dorée a été présenté mercredi soir à un juge d'Athènes et placé en détention ce jeudi matin. Le coup de filet contre son parti se poursuit, après le meurtre d'un rappeur antifasciste.

L'étau se resserre autour d'Aube dorée, en Grèce. Le chef du parti néonazi grec a été placé en détention provisoire tôt ce jeudi matin. Selon l'agence de presse grecque ANA, Nikos Michaloliakos, qui était déjà en garde à vue, a été accusé de "diriger une organisation criminelle" à l'issue d'une longue audition chez un juge d'Athènes. 

Nikos Michaloliakos, qui est député, avait été conduit au tribunal mercredi soir, alors que les autorités grecques poursuivent leurs démarches pour faire taire Aube dorée. Une centaine de militants du parti ont scandé "Sang, honneur, Aube dorée", brandissant des drapeaux grecs, à l'arrivée de leur chef, Nikos Michaloliakos, admirateur des colonels dictateurs grecs des années 1960, et qui tient les rênes du parti depuis 1980. 

Son arrestation et sa détention font suite au meurtre, le 18 septembre dernier, d'un rappeur antifasciste par un membre de ce parti, dans une banlieue d'Athènes. Ce meurtre a bouleversé la Grèce, poussant les autorités à passer à l'offensive pour la première fois contre Aube dorée (Chryssi Avghi), qui a multiplié dans une quasi impunité ces dernières années des actes de violence contre migrants et militants de gauche. 

Quatre autres députés inculpés

Mercredi, quatre députés de son parti ont déjà été inculpés pour appartenance à une "organisation criminelle". Trois d'entre eux ont bénéficié d'une liberté conditionnelle, tandis que le quatrième, Yannis Lagos, a été placé en détention provisoire. Yannis Lagos est mis en cause dans le meurtre du musicien antifasciste, Pavlos Fyssas.  

Les trois députés en liberté conditionnelle ont interdiction de quitter le pays, et la justice a infligé à l'un deux, Ilias Kassidiaris, porte-parole du parti et soupçonné d'être responsable de l'entraînement paramilitaire des militants, une caution de 50 000 euros. Ils ont quitté le palais de justice le sourire aux lèvres: "le chef d'accusation va s'écrouler, vous êtes de petits valets", a lancé l'un deux aux journalistes. Et Ilias Kassidiaris s'en est pris à un cameraman, à coups de pied et en l'insultant. 

"Front unanime contre les nazis"

Le gouvernement s'est pour sa part voulu rassurant. "Le front social et politique contre le nazisme et ses représentants est unanime", a affirmé le porte-parole du gouvernement Simos Kédikoglou. Au total six des 18 députés du parti avaient été arrêtés le week-end dernier dans un vaste coup de filet de la police anti-terroriste, dont Nikos Michaloliakos, et son adjoint Christos Pappas, lequel déposera jeudi.  

Aube dorée, qui surfe sur la grave crise économique en Grèce, est entrée pour la première fois au Parlement lors des élections de juin 2012. Une instruction complexe attend les juges d'instruction qui vont devoir rassembler des charges précises. Un rapport de la Cour suprême a lié Aube dorée à trois tentatives d'homicide et de nombreuses agressions surtout contre des migrants. 

Après des années de tolérance vis-à-vis des néonazis, le gouvernement s'est engagé à déposer au parlement un projet de loi antiraciste qui incrimine directement les actes xénophobes et nazis. Elaboré initialement par les socialistes et la gauche, ce projet de loi avait été torpillé par les conservateurs. 

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Dernière modification : 03/10/2013