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J-04/10/2013

 

 

04 octobre 2013

Journal Le Monde

Le Grec Alexis Tsipras pourrait conduire la gauche radicale aux européennes

Alexis Tsipras, président de la coalition de la gauche radicale (Syriza) en Grèce, est bien parti pour devenir le chef de file de la gauche de la gauche pour les élections européennes de mai 2014, et la succession de José Manuel Barroso à la Commission européenne. Des sources au Front de gauche comme au Syriza confirment sa probable désignation, qui doit être entérinée au congrès du Parti de la gauche européenne, en décembre.

Interrogé sur le sujet lors d'une visite au Parlement européen, mercredi 2 octobre, Alexis Tsipras s'est contenté de dire que la décision serait prise en décembre. "Il ne dirait pas non, explique un parlementaire de la Gauche unitaire et démocratique, il est important d'avoir un chef de file qui porte notre critique des plans d'assainissement menés en Grèce, au Portugal ou en Irlande tout au long de la crise de la zone euro."

Ce quadragénaire qui fait encore figure de benjamin de la vie politique grecque s'est imposé comme une figure européenne des combats contre la "troïka" (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne) et la contestation des politiques d'austérité. En quelques années, le Syriza est devenu le deuxième parti du pays derrière Nouvelle démocratie – le parti conservateur du premier ministre Antonis Samaras –, passant de 4 % en 2009 à près de 19 % en 2012.

SOUFFLE NOUVEAU

Face à une classe politique marquée par le népotisme et le clientélisme, dominée par l'alternance régulière entre le parti socialiste (Pasok) et Nouvelle démocratie, tous deux jugés responsables de la crise, il a su imposer un souffle nouveau. Le Syriza est devenu le premier parti chez les moins de 40 ans. Alexis Tsipras s'est continuellement opposé à la logique des memoranda signés entre les différents gouvernements grecs et la "troïka" pour permettre le déblocage d'aides, en échanges de mesures d'économies draconiennes.

Lors des scrutins électoraux de mai et juin 2012, la possible victoire du Syriza prédite par certains sondages avait suscité de larges craintes dans les capitales européennes. M. Tsipras proposait, et propose toujours, d'en finir avec les plans d'austérité et de réaliser un audit de la dette grecque pour la restructurer profondément, tout en voulant rester dans l'Europe et dans la zone euro. Depuis, il a réorganisé le Syriza pour en faire un parti prêt à gouverner, et non plus une coalition de divers courants gauchistes.

COQUELUCHE DE LA GAUCHE EUROPÉENNE

Il est devenu une coqueluche de la gauche européenne, régulièrement invité par Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, et Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, ou par Die Linke (gauche radicale) en Allemagne. La visite à Bruxelles du leader de Syriza confirme qu'il est devenu aussi une figure courtisée dans d'autres cercles, après avoir avoir été persona non grata dans les instances européennes, au plus fort de la crise grecque.

"C'est un personnage désormais pris au sérieux, dont on sait qu'il peut jouer un rôle-clé au sein de l'opposition", observe un représentant de la commission à Athènes : "Syriza est toujours contre le mémorandum d'assainissement, mais il plaide pour rester dans l'euro."

Mercredi, Alexis Tsipras a rencontré le président du Parlement européen, Martin Schulz, le président du groupe socialiste au Parlement européen, Hannes Swoboda, puis le commissaire européen en charge de l'emploi, Laszlo Andor. A ses interlocuteurs, M. Tsipras a martelé qu'il se réjouissait que les enquêtes lancées par la justice grecque contre Aube dorée permettent "de faire la distinction", au sein des partis d'opposition, entre les forces extrémistes et sa formation.

Philippe Ricard et Alain Salles

Journal Le Figaro

Journal International Herald Tribune

Journal L'Humanité

Aube dorée, paradoxe révélateur

En Grèce, les députés du mouvement d’extrême droite ont été inculpés… et remis en liberté provisoire. Le gouvernement, qui a déclenché l’opération avec une précipitation inattendue, entend-il aller jusqu’au bout et casser ce parti ?

Inculpés… mais libres. Trois des quatre députés d’Aube dorée (AD) continuent de faire les fiers à bras après quatorze heures de déposition marathon devant un juge d’instruction à Athènes. Alors qu’ils quittaient le palais de justice, sourire aux lèvres, l’un d’eux a même lancé aux journalistes : « Le chef d’accusation va s’écrouler, vous êtes de petits valets. » Devant les magistrats, ils auraient nié toutes les charges retenues contre eux.

Les quatre députés du parti néonazi ont pourtant été inculpés, hier, de « constitution et appartenance à une organisation criminelle ». Seul l’un d’eux, Yannis Lagos, a été placé en détention provisoire, soupçonné d’implication dans le meurtre du musicien antifasciste Pavlos Fyssas, le 18 septembre près d’Athènes, perpétré par un membre du parti. Les trois députés placés en liberté conditionnelle ont interdiction de quitter le pays. Plus de quinze autres membres du parti ont été arrêtés ces derniers jours, dont quatre policiers. Enfin, le dirigeant d’Aube dorée, Nikos Michaloliakos, est entendu depuis hier par la justice, et son adjoint Christos Pappas, en garde à vue, doit déposer cet après-midi.

Alors que de nombreuses associations et responsables politiques dénonçaient depuis longtemps le caractère criminel de ce groupe néonazi fondé en 1980 et entré au Parlement en 2012, c’est la mort de Pavlos Fyssas qui a entraîné ce vaste coup de filet. En réalité, l’affaire, comme le moment, sont hautement politiques. Alors que la Grèce doit prendre la présidence semestrielle de l’UE le 1er janvier, la coalition gouvernementale est au bord du gouffre. Contestée par la population, et sous pression de la troïka pour appliquer de nouvelles mesures d’austérité, elle se fissure.

Le coup de filet ressemblait à un coup politique, ce que confirme la mise en liberté conditionnelle des députés néonazis. Ils poursuivent leur discours antisystème. Ilias Kasidiaris a déclaré aux juges que son arrestation relevait de « l’opportunisme politique en raison de l’imminence des municipales ». Le parti cherche à se victimiser quand la bataille sur le terrain politique s’effrite. À l’échelle nationale, Aube dorée est toujours en troisième place dans les sondages. Un réservoir de voix, voire un allié en cas d’élections prochaines ?

Fabien Perrier

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Dernière modification : 04/10/2013