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J-26/09/2013

 

 

26 septembre 2013

Magazine L'Humanité dimanche

Magazine L'Humanité dimanche

Journal L'Humanité

Tour de chauffe contre l’austérité

Les agents de la fonction publique grecque manifestaient hier contre la casse du secteur. Dans les rangs, l’inquiétude est palpable face à la montée du néonazisme.

«Il aurait fallu qu’il y ait plus de monde ! » Marietta est mécontente. Fonctionnaire dans un ministère grec, elle a tenu à rejoindre les rangs de la manifestation qui, hier, a traversé le centre d’Athènes. Elle était dans le cortège mené par l’Adedy, la fédération syndicale des travailleurs du public. Auparavant, le cortège du Pame, le front syndical du KKE (PC grec) avait, lui aussi, traversé le centre-ville. Le Pame n’a pas, non plus, fait le plein. « Vous avez vu la casse de la fonction publique ? » interroge Marietta. D’ici à la fin de l’année, 25 000 fonctionnaires doivent être licenciés. « Après avoir amené les salaires au plus bas niveau possible, détruit les assurances sociales, privatisé les biens publics, ils détruisent tout ce qui est dans le secteur social », précise Christos Koniaris, responsable syndical dans la santé. Ainsi, sur 130 hôpitaux de médecine générale implantés en Grèce, 52 vont être transformés en centres de santé pour les premiers soins. Des classes, voire des écoles sont fermées. Quant à l’enseignement professionnel, il est voué à la disparition selon les syndicats d’enseignants, qui constatent que 43 spécialisations sont supprimées de l’enseignement cette année.

C’est le résultat de la politique menée depuis 2010 en Grèce. Avec les accords signés par le gouvernement grec avec la troïka (UE, BCE, FMI) en échange de prêts, les coupes budgétaires succèdent aux coupes budgétaires. La situation économique empire, et le tissu social se dégrade. Le chômage frappe près de 28 % de la population selon les chiffres officiels – 33 % selon les syndicats. Le désarroi dévore des pans entiers de la société. « Même le secteur de la défense est touché, souligne Christos Moustakas, président de la Fédération panhellénique de la défense. Nous sommes le seul pays qui licencie dans ce secteur. » Il poursuit : « Le programme appliqué est inhumain. Il renvoie les gens dans la misère. » Dans les rangs des manifestations, tous s’inquiètent : les néonazis ont tué. Et prospèrent sur ce terreau qu’est la destruction du tissu économique et social. Ces manifestants ont promis de revenir, aujourd’hui, au rassemblement de 14 heures ou à celui de 18 heures. Mot d’ordre : contre l’austérité et le fascisme. «J’espère qu’il y aura plus de monde », déclare Marietta. Panayotis Sotiris, professeur des universités, est aussi dans le cortège : «Il faut que le mouvement gonfle, la GSEE (syndicat du privé) appelle à manifester et à faire grève.» Dans ce contexte, le pays doit se montrer uni. Syndicalement et politiquement.

Fabien Perrier

 

Journal L'Humanité

Des Grecs manifestent contre les néonazis d'Aube dorée

Ne pas lâcher face aux crimes d'Aube dorée. Plusieurs milliers de personnes ont continué de manifester dans les rues d'Athènes ce mercredi soir, quelques jours après le meurtre d'un rappeur antifasciste.

Défilant pour la plupart dans le calme, la majorité des manifestants s’est arrêtée de manifester près de la Vouli, le Parlement grec, là où, depuis juin 2012, 18 députés du parti Chryssi avghi, Aube dorée, siègent. «Bon, nous ne sommes pas assez nombreux. En plus, il y a eu des scissions dans la manifestation», déplore Yannis Androulidakis, journaliste et manifestant. Pas assez nombreux face à l’importance du moment, au point de retournement où se trouve la Grèce aujourd’hui. Aube dorée a tué Pavlos Fyssas, un jeune antifasciste, après avoir attaqué des militants du KKE, le parti communiste grec. Scissions car le Pasok a voulu manifesté ; or, le parti social-démocrate a signé les programmes d’austérité. Scissions aussi car le KKE avait organisé sa propre manifestation à midi, quand les progressistes s’étaient donnés rendez-vous à 18h.

"Fais attention"

Marietta appelle son fils: «Tu ne vas pas devant. Tu fais attention. Ne dépasse pas le parlement. Ça va être dangereux après». Marietta est de toutes les manifestations, de toutes les grèves. Elle n’en peut plus. Aube dorée? «Il faut lutter contre Aube dorée ET les politiques néolibérales qu’impose la troïka» souligne la fonctionnaire, ancienne électrice du Pasok. Elle parle avec les autres manifestants, débat, écoute les allocutions diffusées dans les haut-parleurs qui envahissent la place Syntagma devant le parlement.

Dimitris Papachristos prend la parole. Pour l’ancien résistant au Colonel, figure en Grèce pour avoir appelé, le 13 novembre, à ne pas abandonner la lutte alors que les chars voulaient faire tomber la résistance, il n’est pas croyable «qu’après 40 ans de luttes, nous nous retrouvions dans la même situation, celle où des étudiants ont pour slogan «de l’éducation–du pain–de la liberté!». Comment pouvons-nous aujourd’hui ne pas couvrir les besoins de santé», s’interroge-t-il. Et de poursuivre: «Dans quel monde vivons-nous? Il faut renverser cette situation. Si nous ne le faisons pas, nous en porterons la responsabilité. Il faut la renverser par la lutte et l’affrontement.»

Aveu d'échec

«Ce meurtre a obligé le gouvernement à revoir sa stratégie fondée sur la théorie des deux extrêmes pour mettre Nouvelle démocratie (parti qui dirige la coalition, droite) au centre du jeu politique», explique, de son côté, Theano Fotiou. La députée Syriza est dans le cortège de son parti. Dans le mouvement. Pour elle, la première tentative a été de polariser le débat autour d’une question: pour l’euro ou pour la drachme? Puis, une deuxième fut: Syriza, c’est-à-dire le chaos, ou Nouvelle Démocratie, l’ordre? Ces stratégies ont échoué. «Même lorsqu’ils essayent de clarifier les choses comme dans la police, c’est un aveu d’échec puisqu’ils disaient qu’il n’y avait pas de problème dans la police».

Même Dimar, la «Gauche démocratique», qui a participé au gouvernement de coalition est dans les la manifestation. «C’est une manifestation antifasciste» précise Georgia Margariti. «Avec la hausse d’aube dorée, le problème du fascisme est en pointe en Grèce, ainsi que celui du racisme, à cause d’Aube dorée». Dimar, qui a participé au pouvoir jusqu’en juin 2013, est en perte de vitesse.

Aube dorée, elle, fait son miel chez les désabusés, les désespérés. Ceux qui ne voient plus de sens dans la politique.

Calme, dans un premier temps, la manifestation a connu quelques affrontements à la fin. Des manifestants avaient décidé de rejoindre le local d’Aube dorée près d’Athènes. Ils se sont heurtés… aux forces de sécurité.

Fabien Perrier

 

Journal Les Echos

La Grèce n’a pas besoin d’un troisième plan d’aide, affirme Venizelos, son vice-Premier ministre

Le vice-Premier ministre grec, Evangelos Venizelos, affirme qu’Athènes n’a pas besoin d’un troisième plan d’aide international et que le pays peut faire face à ses besoins financiers. Selon lui, une révision des taux d’intérêt suffirait.

Pour le vice-Premier ministre grec,Evangelos Venizelos, la Grèce n’aura pas besoin d’un troisième plan d’aide - Bloomberg

La Grèce, qui a déjà reçu 240 milliards d’euros de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international, a-t-elle besoin d’une troisième plan d’aide ? Bon nombre d’analystes estiment qu’Athènes aura besoin d’une nouvelle aide d’une dizaine de milliards supplémentaires sur deux ans. Cette aide serait décidée en novembre, après les conclusions de la «Troïka» (FMI, UE, BCE) sur l’avancée des réformes dans le pays. Mais le vice-Premier ministre,Evangelos Venizelos, s’inscrit en faux contre cette perspective.

Athènes n’a pas besoin d’un troisième plan d’aide international et peut pourvoir à ses besoins financiers en améliorant les conditions de sa dette, sans charge supplémentaire pour ses créanciers, et éventuellement en retournant sur le marché obligataire l’an prochain, a-t-il déclaré mercredi à New-York «Nous ne demandons pas un allégement», a expliqué Evangelos Venizelos, qui est également ministre des Affaires étrangères en évoquant une révision des taux d’intérêt et des échéances de la dette grecque. «Il s’agit, selon lui, d’un nouveau reprofilage sans problèmes, sans charge supplémentaire pour nos partenaires institutionnels».

Réaliser le programme actuel

« Notre but n’est pas de transformer le programme d’ajustement en un programme plus relâché mais de réaliser de façon intelligente le programme actuel », a ajouté le chef de file des socialistes grecs, qui participe à une coalition gouvernementale avec les conservateurs dont est issu le Premier ministre Antonis Samaras.

Ce dernier n’avait pas exclu, début septembre, une petite aide complémentaire de l’Europe . A condition qu’elle ne s’accompagne pas de nouvelles mesures d’austérité. Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, avait indiqué que si un troisième programme d’aide était nécessaire, il ne s’élèverait pas à plus de 11 milliards d’euros, soit 4,4 milliards en 2014 et 6,5 en 2015.

Depuis le début de la crise de la dette en 2010, la Grèce a bénéficié jusqu’ici de plusieurs centaines de milliards d’euros d’aide grâce à deux programmes de prêts successifs _ sans compter l’effacement des dettes et des créances (voir l’infographie des Echos en date du 14 février 2013) _ programmes qui se sont accompagnés de mesures de rigueur drastiques. Le deuxième plan court jusqu’en juillet 2014. Selon Antonis Samaras, «le danger d’une la faillite de la Grèce n’existe plus».

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Dernière modification : 26/09/2013