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J-09/12/2014

 

 

09 décembre 2014

Journal Le Monde

Journal La Tribune

Grèce : le pari très risqué d'Antonis Samaras

La Grèce revotera-t-elle en 2015 ?

Le Premier ministre hellénique a convoqué des élections présidentielles anticipées pour les 17 et 29 décembre. En cas d'échec pour élire un président, il faudra convoquer des élections générales. Pourquoi Antonis Samaras a-t-il avancé l'échéance ?

C'est un pari particulièrement risqué que s'est lancé le Premier ministre grec Antonis Samaras ce lundi 8 décembre au soir en convoquant des élections présidentielles deux mois avant la date prévue. La Vouli, le parlement hellénique, va donc tenter de choisir un nouveau chef de l'Etat le 17 et - si besoin - le 29 décembre. Pour trouver un successeur au président actuel, Karolos Papoulias, une majorité des deux tiers, soit 180 députés, est nécessaire. Et si cette majorité ne peut être atteinte le 29 décembre, la Vouli sera immédiatement dissoute et de nouvelles élections législatives convoquées. Lorsque l'on se souvient du psychodrame que les deux élections de mai et juin 2012 avaient provoqué en Europe, on mesure que ce pari d'Antonis Samaras est osé.

Faire peur

Pourquoi donc cette annonce surprise ? Le Premier ministre a pris cette décision juste après la décision de l'Eurogroupe d'accepter la demande grecque d'une prolongation de deux mois du plan de sauvetage qui venait normalement à échéance le 31 décembre. Dans l'esprit d'Antonis Samaras, ce délai serait le moment idéal pour une campagne électorale éclair. Le premier ministre se souvient que la pression européenne lui a permis le 17 juin 2012 d'obtenir, non sans mal une majorité absolue. Là encore, la majorité actuelle pourra mettre en garde le pays contre une arrivée de la coalition de la Gauche radicale, Syriza, alors même que l'aide européenne arrive à expiration. L'idée sera de présenter Syriza comme incapable de négocier avec l'Europe un accord acceptable.

Obtenir des concessions de l'Europe

Mieux même, Antonis Samaras sait combien les Européens redoutent de se retrouver face au leader de Syriza Alexis Tsipras. En cas d'élections anticipées, il pourrait donc demander des gages à la troïka et à l'Eurogroupe afin de revenir à Athènes en vainqueur et prouver que, grâce à lui, la Grèce peut en imposer à l'Europe. S'il parvient à faire taire la troïka sur ses exigences de nouvelles coupes budgétaires et de nouvelles hausses d'impôts ; s'il parvient à arracher une sortie officielle du « mémorandum » moyennant des lignes de crédit ayant toutes les caractéristiques du mémorandum, le nom mis à part, il pourrait s'appuyer sur l'envie des Grecs de ne pas remettre en cause les sacrifices des dernières années. Alors, il peut espérer convaincre les abstentionnistes et certains électeurs indécis de le soutenir et, comme en juin 2012, passer devant Syriza in extremis. Avec les 50 députés de « bonus » accordés au parti arrivé en première position, il serait en mesure d'imposer une alliance au Pasok et aux centristes de Potami et, ainsi, de rester au poste de premier ministre.

Obtenir un président, malgré tout

L'autre hypothèse, c'est qu'Antonis Samaras espère jouer sur la crainte du chaos pour convaincre des députés de l'opposition de rallier le candidat de la majorité à la présidence. Dans ce cas, la majorité actuelle pourrait achever son mandat jusqu'en 2016. Cette hypothèse est difficilement réalisable. La majorité actuelle est de 155 députés. Il manque donc 25 voix pour faire une majorité « présidentielle. » Or, Syriza et les Grecs Indépendants, parti eurosceptique de droite, ont convenu de ne pas voter pour le candidat de la majorité afin de convoquer des élections anticipées. Ils regroupent 94 députés. Deux autres groupes, les néo-nazis d'Aube Dorée (16 élus) et les Communistes du KKE (12 élus) semblent impossible à convaincre. Restent deux blocs : les 13 élus de la Gauche démocratique (Dimar), ancien partenaire de coalition d'Antonis Samaras, d'abord. Pour le moment, ils ne veulent pas rallier le candidat de la majorité. Mais ils sont plus modérés que les autres groupes et, surtout, des élections anticipées pourraient, selon les sondages, faire disparaître leur parti de la Vouli. Ils n'ont donc pas le même intérêt que Syriza à une dissolution. Enfin, un « marais » de 24 élus, indépendants et députés en rupture de ban avec leurs partis d'origine peut constituer la clé du scrutin. Si la majorité parvient à s'accorder sur un candidat consensuel et neutre, une partie des élus Dimar et du « marais » pourrait se laisser tenter. Obtenir 25 voix sur ces 37 n'est pas impossible. D'autant qu'Antonis Samaras en appellera à la responsabilité et ne cessera de rappeler le regard de l'Europe.

Pourquoi le pari n'est pas gagné

Antonis Samaras savait qu'il ne pouvait échapper à l'échéance présidentielle. Il avait cependant un atout : celui de pouvoir décider du moment de cette échéance. Choisir le lieu de la bataille en quelque sorte. Ce délai européen lui semble le plus approprié. Mais il est loin encore de pouvoir sortir vainqueur. Les sondages donnent encore une large avance à Syriza, même si le parti d'Alexis Tsipras aura bien du mal à constituer une majorité. Mais Syriza est aussi parvenue à recentrer son discours et à gagner du terrain dans le traditionnel électorat des deux anciens grands partis. Par ailleurs, le Premier ministre a beaucoup perdu en crédibilité ces derniers mois en voulant à tout prix mais en vain faire sortir le pays du mémorandum, en dépit de l'opposition des Européens. Preuve qu'obtenir des concessions de ces derniers pour des raisons de politique intérieure sera délicat. Enfin, il ne faut pas l'oublier, la gestion d'Antonis Samaras est un désastre social et les récentes exigences de la troïka laissent entendre qu'en cas de reconduite du premier ministre au pouvoir, l'austérité pourrait reprendre son cours de plus belle. C'est dire si le pari d'Antonis Samaras est loin d'être gagné.

Romaric Godin

 

Journal Le Figaro

Une nouvelle crise politique menace la Grèce, la Bourse chute lourdement

Sous la pression de l’opposition, les élections présidentielles auront lieu dès le 17 décembre, mais aucun candidat ne s’est encore déclaré. Faute de président élu, le parlement sera dissous. La Bourse grecque s’effondrait 8 % mardi matin.

Les investisseurs fuyaient les actions grecques mardi, dans la crainte de voir la fragile majorité gouvernementale balayée, au moment même où les négociations entre le pays et ses créanciers sont actuellement en panne, interdisant pour le moment l’abandon de la tutelle de la zone euro en vigueur depuis 2010. Les principaux indices grecs, l’Athens Stock Exchange General Index et FTSE/Athex Large Cap, chutaient de 8 % mardi matin. Les banques figuraient parmi les plus touchées: -8,4 % pour EFG, -8,8 % pour Alpha Bank, -9 % pour Piraeus Bank et -15,4 % pour Attica Bank.

La crise qui était en gestation depuis les succès du parti d’opposition Syriza aux élections européennes et locales de mai dernier se précipite à quelques jours d’une élection présidentielle problématique. Lundi, le gouvernement grec a dû se résoudre à appeler dès le 17 décembre prochain le premier tour de l’élection qui devait se tenir en principe au premier trimestre 2015, espérant lever l’incertitude politique quant à aux suites du programme d’aide auquel est assujettie la Grèce, pour le moment prolongé jusqu’à fin février à cause des désaccords entre le pays et ses créanciers sur le projet de budget 2015.

À ce stade, aucun accord n’a non plus été trouvé entre les formations grecques pour la période d’après-tutelle.

La gauche radicale Syriza, en tête dans les sondages de popularité, dit qu’elle s’opposera à une candidature au poste de chef de l’État issue de la coalition Pasok-Nouvelle Démocratie. Or, celle-ci ne dispose que de 153 sièges à l’Assemblée alors qu’une majorité des deux tiers, soit 200 sièges sur 300, est nécessaire. Certains élus indépendants et les députés de la Dimar, ancien membre de la coalition, pourraient s’y rallier, mais cela ne suffirait pas alors que les communistes, les néo-nazis et les eurosceptiques ne devraient pas manquer l’occasion de s’opposer à un candidat d’union alors que le mécontentement populaire provoqué par les réformes économiques ne s’apaise absolument pas (l’adoption du budget 2015 a donné lieu ce week-end à de nouveaux affrontements, avec près de 300 interpellations).

Antonis Samaras se dit prêt à tendre la main à Syriza, pour éviter une période d’instabilité «dévastatrice». En effet, faute d’élection d’un Président, la constitution grecque conduira automatiquement à la dissolution du Parlement et à de nouvelles élections. Syriza appelle au contraire de ses voeux de nouvelles élections législatives, où les sondages lui donnent une avance certaine.

Le sentiment des experts du Figaro Bourse : La situation en Grèce menace-t-elle le traditionnel rally de fin d’année? Certes, le risque est aujourd’hui bien moindre qu’en 2010-11 pour les entreprises de la zone euro, qui ont en pratique totalement réduit leur exposition à l’économie du pays. Mais la question de la gouvernance économique de la zone euro risque de revenir brutalement sur la table. Dans ce contexte, nous recommandons une certaine prudence. À titre de protection, nous détenons dans le Portefeuille Offensif comme dans le Portefeuille Défensif, tous deux actuellement au plus haut, une couverture importante via des trackers baissiers.

Guillaume Bayre

 

Journal Les Echos

Journal International New York Times

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Dernière modification : 12/12/2014