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J-18/12/2014

 

 

18 décembre 2014

Journal Le Monde

La Grèce vers des législatives anticipées ?

Grosse déception pour le gouvernement grec, mercredi 17 décembre au soir à Athènes. Seuls 160 des 300 députés que compte le Parlement grec ont voté en faveur de son candidat à la présidence de la République, Stavros Dimas, lors du premier tour d'un scrutin très surveillé par l'Union européenne. Le premier ministre, Antonis Samaras, espérait en rassembler au moins 165. Les 155 députés issus des deux partis de la coalition gouvernementale, les conservateurs de la Nouvelle Démocratie (ND) et les socialistes du PASOK, et seulement cinq députés indépendants ont voté « oui ». Mis à part cinq absentions, l'ensemble des 135 autres députés ont voté « non ».

Pour être élu, Stavros Dimas doit récolter au moins 180 voix lors du troisième et dernier tour, le 29 décembre. Il manque donc à la majorité 20 voix, et il semble très difficile à M. Samaras de rallier autant de députés dans les quinze prochains jours, alors que d'intenses négociations ont lieu en sous-main depuis plusieurs semaines déjà. Si le premier ministre s'est voulu « optimiste » à la sortie du vote en affirmant qu'un président allait sortir de ce Parlement, il a renvoyé les députés à leurs responsabilités de ne pas « précipiter le pays dans le chaos ».

« LA VOIE À DE NOUVELLES ÉLECTIONS »

Pour la plupart des autres dirigeants politiques, ce résultat ouvre la voie à des élections anticipées. Car si ce Parlement n'arrive pas, au terme de trois tours, à désigner de président, alors l'assemblée sera dissoute et des législatives auront lieu. « C'est le peuple grec qui décidera désormais », a déclaré Alexis Tsipras, le président de la gauche radicale Syriza. « Evidemment que ce résultat signifie des élections », a renchéri Panos Kammenos, du parti des Grecs indépendants. Fotis Kouvelis, le dirigeant de la Gauche démocratique, dont les dix députés pourraient bien être déterminants lors des deux prochains tours, a considéré lui aussi que ce résultat semblait « ouvrir la voie à de nouvelles élections ».

Sur l'ensemble des chaînes télévisées du pays, des députés de Syriza ont entamé un discours de campagne, martelant à chaque apparition les trois points majeurs du programme de leur parti : renégocier la dette, en finir avec les mémorandums et appliquer le programme économique de Syriza pour la relance économique. Au sein de la coalition gouvernementale, si un noyau dur de fidèles du premier ministre affirme qu'il n'y aura aucune solution intermédiaire et que ce sera « soit le président soit des élections », des députés – notamment du PASOK – appellent à de nouvelles propositions alternatives d'ici au prochain tour qui doit se tenir le 23 décembre à 12 heures.

EN FINIR AVEC LA MISSION DE CONTRÔLE DE LA TROÏKA

Plusieurs hypothèses circulent, allant de la désignation d'un nouveau candidat à la présidence à la démission peu probable du premier ministre, en passant – c'est l'hypothèse la plus discutée – par une solution de compromis proposée par huit députés indépendants : s'accorder sur la désignation du président et promettre à Syriza des législatives au printemps prochain.

Objectif ? En finir d'ici à fin janvier avec la mission de contrôle de la troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, Union européenne) dans le pays, sortir de la prolongation de deux mois du plan d'aide imposée par les créanciers du pays jusqu'à fin février... et débloquer ainsi près de 7 milliards d'euros de prêts en attente du FMI et des Européens qui permettraient notamment de faire face à des échéances de remboursements d'obligations courant mars et, une fois ces paliers dépassés, activer la ligne de crédit d'urgence promise par Bruxelles pour aider le pays à faire face au trou de financement de son budget 2015.

Donné vainqueur dans les sondages en cas de législatives anticipées et donc en position de force, Syriza a déjà prévenu qu'il n'accepterait pas ce type de compromis, même si ni Bruxelles ni les marchés ne voient d'un bon œil son arrivée éventuelle au pouvoir. Les quinze prochaines journées en Grèce seront celles des grandes manœuvres. Sauf déclaration surprise de M. Samaras, c'est désormais le 29 décembre que se scellera l'avenir du pays.

Adéa Guillot (Athènes, correspondance)

 

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Dernière modification : 18/12/2014