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J-17/02/2015

 

 

17 février 2015

Journal Le Monde (daté du 18/02/2015)

Journal Le Figaro

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Journal La Croix

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La zone euro donne une semaine à la Grèce pour trouver un accord

Le dialogue de sourds entre Athènes et ses partenaires s’est poursuivi lundi 16 février entre les 18 ministres de la zone euro et leur homologue grec.

Si aucun accord ne sort des discussions, Athènes entrera dans une période de forte incertitude pour son financement et son avenir dans la zone euro.

La réunion de l’Eurogroupe démarrée lundi 16 février en début d’après-midi a finalement tourné court. Après « seulement » quatre heures de discussions entre le nouveau ministre des Finances grec Yanis Varoufakis et ses 18 homologues de la zone euro.

Mercredi dernier, un premier round de négociations de six heures avait abouti au constat d’un désaccord entre ces deux parties, mais il n’y avait pas eu « de clash en tant que tel », avait témoigné une source diplomatique européenne. Cette fois, les ministres sont allés jusqu’à une rupture abrupte de leurs échanges.

« Le sentiment général de l’Eurogroupe reste que la meilleure façon de procéder pour les autorités grecques est de solliciter une prolongation du programme d’aide » actuel, a dit Jeroen Dijsselbloem, le président de l’eurogroupe, en conférence de presse à l’issue de la rencontre. Mais Athènes a une nouvelle fois rejeté le projet de texte présenté par ses partenaires européens, qui allait en ce sens.

Les uns et les autres ont donné leur version des faits par conférence de presse interposée. Ainsi, depuis la petite salle de presse attribuée à la Grèce, envahie par les journalistes et les caméras, le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a semblé vouloir exploiter des divisions entre ses interlocuteurs. Il a affirmé qu’il avait été prêt à signer un projet d’accord présenté par Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, reconnaissant la gravité de « la crise humanitaire » en Grèce et proposant « une extension de quatre mois de l’accord de prêt » avec ses créanciers.

Cet accord, dont la Grèce aurait accepté qu’il soit assorti de « conditions », aurait permis de signer « un nouveau contrat » entre Athènes et la zone euro, a affirmé Yanis Varoufakis. En échange, le gouvernement grec était prêt à « ne pas appliquer pendant six mois son propre programme », à la seule condition « de ne pas se voir imposer de mesures créant de la récession, comme la hausse de la TVA ou une baisse des pensions des personnes les plus modestes », a poursuivi le ministre grec.

« Malheureusement, ce document a été remplacé » avant la réunion de lundi par un texte présenté par le patron de l’eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, a-t-il pointé du doigt. « Il nous était impossible de signer ce document », proposant une « extension du programme en cours », a ajouté Yanis Varoufakis.

Et de rappeler que le gouvernement grec avait déjà refusé une telle formulation mercredi 11 février. Le texte prévoyait certes une « certaine flexibilité » mais, selon le ministre, il s’agissait d’une promesse trop « nébuleuse ». Il s’est dit prêt, en revanche, « à signer le texte proposé par la Commission européenne aujourd’hui, demain, à tout moment. »

Autre version du côté de la Commission. Pierre Moscovici a ainsi appelé, à l’issue de la rencontre, à « sortir de l’idéologie et des querelles sémantiques (sur l’usage ou pas du mot « extension » notamment, NDLR) et à passer aux actes. Les actes, cela consiste pour les Grecs à demander la prolongation du plan actuel », a-t-il ajouté.

D’après une source diplomatique, les Européens auraient demandé aux Grecs de leur adresser une requête d’ici à la fin de la semaine. Cette missive devrait remplir cinq conditions :

– Ne pas revenir sur les mesures déjà acceptées par la Grèce (c’est-à-dire le programme d’aide actuel et ses contreparties) ;

– En cas de nouvelles mesures, en parler avec ses interlocuteurs et prévoir un financement ;

– S’engager à rembourser ses créanciers ;

– S’engager à travailler avec les « institutions » (nouvelle dénomination de l’ancienne troïka) ;

– S’engager à mener à son terme le programme actuel.

Les Grecs, de leur côté, campent sur leur position : pourquoi continuer à appliquer un programme qui a clairement échoué, a interrogé en substance Yanis Varoufakis. En outre, « nous remettons en cause ce programme et c’est pour cette raison que nous avons été élus », a-t-il expliqué.

En coulisses, une source européenne soulignait que « le respect des choix démocratiques des peuples s’applique à tous les citoyens. Or si les parlements nationaux ont adopté les différents programmes d’aide à la Grèce, c’était parce qu’ils prévoyaient des contreparties, on ne peut donc pas les retirer d’un trait de plume comme si aucun vote n’avait eu lieu », insistait-il.

Il est « très clair que le prochain pas doit venir des autorités grecques (…) et au vu du calendrier, on peut utiliser cette semaine, mais c’est à peu près tout », a déclaré durant sa conférence de presse le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Une réunion supplémentaire pourrait être programmée vendredi 20 février, à condition qu’il y ait de la matière.

Yanis Varoufakis s’est dit malgré tout confiant lundi soir sur la possibilité de trouver un accord. « Je n’ai aucun doute que dans les prochaines quarante-huit heures, l’Europe va réussir à nous soumettre [un document] afin que nous commencions le vrai travail et mettions sur pied un nouveau contrat » pour la Grèce, a affirmé le ministre grec. De leur côté, les interlocuteurs de la Grèce se refusaient à évoquer à haute voix le scénario du pire, qui verrait les deux parties se figer sur leurs positions.

« Si rien n’est conclu d’ici au 28 février, le programme actuel expirera comme prévu par les textes », soupire une source européenne. Ce qui ouvrirait une immense incertitude sur l’avenir de la Grèce dans la zone euro. « Le pays vivrait alors d’expédients, en se finançant sur les marchés et un peu à la BCE, dans la mesure du possible. Et d’ajouter : jusqu’à ce qu’un accident se produise, qui voit le pays à court d’argent le jour où plus personne ne veut lui prêter par manque de confiance. » Un scénario catastrophe qui n’est plus improbable, au dire de plusieurs observateurs.

« C’est une évolution très négative pour l’économie et les banques, a estimé un banquier grec cité par Reuters. Les retraits au guichet vont continuer. Nous perdons de 400 à 500 millions d’euros tous les jours, cela veut dire deux milliards d’euros à peu près chaque semaine. Il y aura de la pression sur les actions et les rendements obligataires demain ».

La Banque centrale européenne (BCE) doit réexaminer mercredi 18 février pendant combien de temps elle peut autoriser la banque centrale grecque à fournir des liquidités d’urgence aux banques grecques afin de les maintenir à flot (programme ELA). Selon une source proche de la BCE, il est cependant peu probable que celle-ci ferme ce robinet des liquidités tant que les discussions se poursuivent.

La banque américaine JPMorgan estime que les dépôts des banques grecques fondent de deux milliards d’euros par semaine et qu’à ce rythme ces dernières se retrouveront à court de garanties pour de nouveaux prêts dans 14 semaines.

La Grèce sera peut-être encore au centre des discussions mardi 17 février, à l’occasion d’une réunion des ministres des Finances de l’ensemble de l’Union européenne cette fois, prévue de longue date mais qui pourrait offrir une nouvelle occasion de tenter de rapprocher les points de vue.

Marie Dancer (à Bruxelles)

 

Journal Les Echos

Journal International New York Times

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Journal Le Monde

Grèce : et si c’était une partie de poker menteur ?

L’Eurogroupe du lundi 16 février, à Bruxelles, a-t-il été une réunion où chacun – les Grecs d’un côté, les autres pays de la zone euro de l’autre – a surjoué l’affrontement, afin de ne pas perdre la face et mieux faire passer un futur accord, qui n’interviendra qu’à la dernière extrémité ? Ou a t-on assisté à un réel dialogue de sourds, sans issue ?

« Je ne joue pas, je n’ai pas de plan B », a juré le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis, à la sortie de ce nouvel Eurogroupe, qualifié « de la dernière chance » et consacré à l’énorme dette d’Athènes – elle s’établit à 320 milliards d’euros, soit 175 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. « J’espère qu’on était en pleine dramaturgie ce soir, mais je n’en sais rien », avouait, de son côté, une source bruxelloise. « Il y a encore du travail de compréhension », glissait, sobrement, une autre source, proche des négociations.

Ce qui est sûr, c’est que, après le fiasco du 11 février, première réunion au sommet entre M. Varoufakis et les dix-huit autres grands argentiers de la zone euro, le rendez-vous de lundi a tourné au « clash ». Il n’y a pas d’accord, a constaté en début de soirée, Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, qui a donné « jusqu’à la fin de cette semaine, pas plus » aux Grecs pour accepter les conditions des Européens. « Je n’ai aucun doute que dans les prochaines 48 heures, l’Europe va réussir à nous soumettre [un document] afin que nous commencions le vrai travail et mettions sur pied un nouveau contrat », a répondu, un peu plus tard, M. Varoufakis.

« On n’a pas avancé d’un iota »

Au bout d’à peine trois heures de réunion, la délégation grecque était descendue en salle de presse du Conseil européen, où se tenaient les discussions des ministres, brandissant un « draft » de conclusions de l’Eurogroupe, qu’elle a qualifié d’« inacceptable ». Selon ce document, les Grecs devaient s’engager à « accepter de conclure avec succès le plan d’aide ». Les Européens, eux, s’engageaient à » utiliser toutes les flexibilités que recèle le programme actuel ».

« Ce n’était pas du tout ce dont nous avions discuté avant l’Eurogroupe avec Pierre Moscovici [le commissaire européen à l’économie], avec qui nous avons eu un échange très constructif », a assuré une source gouvernementale grecque. Cette version des faits est toutefois contestée tant à la Commission qu’à l’Eurogroupe, où l’on prétend qu’il n’a même pas été question de discuter sur un texte d’accord, lundi, les positions ayant divergé tout de suite. « On en est au même point que la semaine dernière, on n’a pas avancé d’un iota », soupirait un proche des négociations, du côté des Européens, lundi soir.

De fait, les termes du débat restent les mêmes. Arrivé au pouvoir il y a à peine trois semaines, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, leader du parti de la gauche radicale Syriza, a promis de mettre en œuvre son programme anti-austérité : mesures d’urgence pour les foyers les plus pauvres, relèvement du salaire minimum à 751 euros, remise en cause des privatisations et des mesures de libéralisation du marché du travail imposées par la « troïka » des créanciers (Commission et Banque centrale européennes, Fonds monétaire international). Il demande à l’Europe un « moratoire », ou un « plan relais » de trois ou quatre mois, le temps de négocier cette nouvelle donne.

Utiliser « toutes les flexibilités »

De leur côté, les Européens, unanimes depuis le début des négociations, estiment qu’ils ne peuvent pas donner au gouvernement grec un chèque en blanc, ni le laisser mettre à terre cinq ans de travail de la troïka, alors que celui-ci commence juste à porter ses fruits, le pays ayant dégagé un petit excédent primaire, en 2014.

D’où leur exigence : Athènes doit accepter de « terminer » le deuxième plan d’aide internationale, quitte à en utiliser « toutes les flexibilités ». Ce plan, 130 milliards d’euros au total, lancé en 2012, est assorti de conditions, c’est-à-dire de réformes, qui visent à restaurer l’équilibre des finances publiques, la stabilité du système financier et la compétitivité des entreprises grecques, mais qui n’ont pas encore toutes été mises en place.

Aux yeux des Européens, le plus « logique », au vu des délais – le plan d’aide s’achève théoriquement le 28 février –, serait que les Grecs sollicitent sa prolongation pour six mois. Cette prolongation devant ensuite être approuvée par les parlements nationaux d’au moins quatre pays (Allemagne, Pays-Bas, Finlande, Estonie).

Ce schéma serait tenable d’ici à la fin de ce mois, si le « signal » d’Athènes arrive dans les jours qui viennent, assure-t-on à Bruxelles. Au-delà, sans « programme », la Grèce, qui doit faire face à d’importantes échéances de remboursement (en mars, en juin-juillet, puis en septembre) et ne peut se financer sur les marchés qu’au compte-gouttes et à un taux prohibitif, risque le défaut de paiement.

On ne parle plus de « troïka »

Mais pour M. Varoufakis, il n’est pas question, à ce stade, de se contenter des « flexibilités » promises par les Européens. Et pour M.Tsipras, il apparaît difficile, voire impossible d’accepter de travailler dans le cadre du deuxième plan d’aide : cela reviendrait à endosser politiquement un contrat signé par son prédécesseur, le conservateur Antonis Samaras.

Il y a quelque jours, certains à Bruxelles, avaient évoqué la possibilité, plus conforme au souhait des Grecs, de se lancer dans une discussion sur un troisième plan d’aide. Cette voie a pour l’instant été mise de côté. La proposition de ne plus utiliser le terme « troïka », abhorré des Grecs, a en revanche été adoptée.

A part cette concession minime, pour l’instant, c’est la ligne « dure » des Allemands qui prévaut. « Ils sont vraiment exaspérés », soulignait une source européenne, lundi soir. Les attaques de la presse grecque présentant le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, en nazi, et les demandes répétées de M. Tsipras de récupérer une « dette de guerre » allemande n’arrangent rien.

Cécile Ducourtieux

 

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Dernière modification : 17/02/2015