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J-06/01/2015

 

 

06 janvier 2015

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A Athènes, l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro est au centre des discussions

Ce lundi 5 janvier, en plein cœur d’Athènes, la grande rue commerçante d’Ermou accueille dans un froid glacial quelques rares clients. Fini les grandes bousculades des fêtes. Aujourd’hui, c’est le « Grexit » – contraction de Grèce et du mot anglais exit, pour désigner une sortie de la Grèce de la zone euro – qui est au centre des discussions.

« J’importe la plupart de mes produits d’Italie. Toutes mes transactions se font en euros avec des procédures simplifiées. Je ne m’imagine pas du tout revenir à la drachme. De toute façon, il n’y aurait alors plus personne en Grèce pour acheter mes chaussures ! », affirme Vassilis, marchand de chaussures. Sa voisine, qui vend des bijoux fantaisie, ne sait pas trop quoi penser du scénario d’une sortie de la Grèce de l’union monétaire à trois semaines du scrutin législatif anticipé du 25 janvier.

Le parti de la gauche radicale Syriza est donné gagnant dans les sondages avec trois petits points d’avance sur les conservateurs de Nouvelle Démocratie. Son programme anti-austérité et en faveur d’une renégociation de la dette publique agace Berlin qui n’exclut plus un « Grexit » si Athènes ne procède pas aux réformes promises ou décide de ne pas rembourser l’intégralité de ses dettes. Révélée par le Spiegel (du 5 janvier), l’information n’a été ni confirmée ni démentie par le gouvernement allemand.

« Lors des dernières élections, en 2012, on nous disait la même chose. Que Syriza au pouvoir, cela entraînerait forcément une sortie de l’euro. A l’époque je l’ai cru, mais aujourd’hui je ne sais plus », concède, désorientée, la jeune vendeuse de bijoux qui préfère garder l’anonymat. « Ce que je vois, c’est que mon chiffre d’affaires a de toute façon chuté de près de 40 % et que je n’arrive toujours pas à trouver de l’argent frais pour faire rouler mon activité. »

Manque de liquidités bancaires

Le manque de liquidités bancaires reste aujourd’hui le principal souci des petites et moyennes entreprises grecques alors que la consommation intérieure, qui s’est effondrée depuis quatre ans, peine à redémarrer. Quatre banques ont survécu en Grèce à la restructuration du système bancaire de 2013. Elles sont encore en phase de consolidation et le marché de l’emprunt – professionnel comme particulier – demeure hypotonique. « Les banques ont besoin de stabilité politique pour prêter, nous avons besoin de stabilité politique pour travailler et ces rumeurs de "Grexit" minent nos efforts de ces dernières années », se désole le marchand de chaussures.

Le président de l’Association des hôteliers grecs est, lui, catégorique. « Sortir de l’euro serait pour l’ensemble du secteur du tourisme, qui représente jusqu’à 18 % du PIB, une véritable catastrophe », explique Yiannis Rétsos. « Les Grecs seront plongés dans la pauvreté. Quel touriste voudra venir voir des gens fouiller dans les poubelles ? Nous devons rester dans l’euro absolument et nous avons besoin de responsabilité politique. »

Pour l’économiste grec Kostas Mélas, professeur en finances internationales à l’université Panteion d’Athènes, ce scénario d’un  « Grexit » est « improbable » et une pure « manipulation politique » pour soutenir les conservateurs en Grèce. « Aucun premier ministre grec ne décidera de sortir la Grèce de l’euro et il n’existe pas de mécanisme d’exclusion du côté européen », explique-t-il. « Le jeu politique de Berlin pour soutenir à tout prix la ligne de l’austérité en Europe, qui est par ailleurs critiquée par d’autres pays que la Grèce et d’autres partis que Syriza, est un jeu dangereux. »

M. Mélas s’étonne de « l’intransigeance allemande sur la question d’une renégociation de la dette alors même que les créanciers du pays ont promis dès novembre 2012 une telle renégociation si le gouvernement grec arrivait à dégager en 2013 un excèdent primaire (hors charge de la dette), ce qui s’est produit ». Manipulation politique ou pas, le retour du « Grexit » sur le devant de la scène affecte les marchés. Lundi, l’indice Athex de la Bourse grecque a perdu 5,63 %. Et l’ensemble des places européennes ont subi des pertes.

Adéa Guillot (Athènes, correspondance)

 

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Dernière modification : 08/01/2015