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J-23/06/2015

 

 

23 juin 2015

Journal Le Monde (daté du 24/06/2015)

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Journal Le Figaro

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Journal Les Echos

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Journal La Tribune

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Grèce : pourquoi la question de la dette est désormais centrale

Pour maintenir sa majorité, Alexis Tsipras doit, d'ici jeudi, éviter de faire de nouvelles concessions aux créanciers, mais aussi obtenir un accord sur la dette. Une tâche difficile.

Les larges concessions acceptées par Alexis Tsipras pour obtenir un accord avec les créanciers dès ce jeudi 25 juin ont conduit la gauche de Syriza à faire part de sa mauvaise humeur ce mardi matin en Grèce. Dans une interview accordée à Die Zeit, le député et économiste Costas Lapavitsas, une des principales figures de cette aile gauche, ne refuse pas explicitement ces concessions, mais il prévient qu'il ne votera pas de « nouvelles mesures d'économies » et fait clairement savoir sa préférence pour une sortie de l'euro. De son côté, le vice-président du parlement Alexios Mitropoulos a prévenu à la radio ce mardi 23 juin au matin que la proposition grecque ne sera pas adoptée au parlement telle quelle.

Moins de lignes rouges, moins de majorité

Rien d'étonnant à cette révolte : les « lignes rouges » d'Alexis Tsipras avaient précisément pour vocation de maintenir l'unité interne de Syriza. Une fois ces dernières largement écornées, les tensions internes au parti renaissent logiquement. Le but principal des créanciers, celui de contraindre le premier ministre hellénique à devoir s'allier avec les centristes de To Potami, voire avec la droite au parlement, a donc à nouveau ses chances. Pour éviter un tel scénario, Alexis Tsipras  devra convaincre la gauche de Syriza que ses reculs sont non seulement nécessaires, mais qu'ils permettent de remplir les principaux objectifs du parti.

Comment maintenir la majorité d'Alexis Tsipras

Dans son interview à Die Zeit, Costas Lapavitsas résume ces conditions : pas de politique d'austérité, un plan de restructuration de la dette publique et un plan d'investissement. Alexis Tsipras peut toujours prétendre que, malgré ses concessions, il aura évité le pire en réduisant la facture demandée par les créanciers. A condition que d'ici jeudi, aucune nouvelle exigence ne naisse du côté des créanciers. Concernant le plan d'investissement, Jean-Claude Juncker, soucieux de passer pour bienveillant sur la Grèce, propose un plan d'investissement (qui reste à définir, sera-ce de l'argent réel ou inclut-il un « effet de levier ») de 35 milliards d'euros. Reste alors la question, désormais centrale de la dette.

Les leaders européens, lundi soir, ont exclu toute négociation sur la dette. Or, on le comprend, Alexis Tsipras ne peut réellement « vendre » au parlement un accord sans un plan sur la dette. Selon une source gouvernementale grecque, « nous insistons sur un règlement de la dette, il sera inclus dans l'accord. » Mais cet optimisme devra être confronté à la logique européenne, notamment allemande, qui, depuis le premier jour, refuse d'évoquer le sujet. Au mieux, Alexis Tsipras pourrait arracher une promesse de restructuration "plus tard, lorsque la confiance sera revenue". La même qu'avec obtenu son prédecesseur Antonis Samaras en novembre 2012 sans qu'elle ne soit suivie d'effet...

La dette, une question centrale

Pourquoi cette question de la dette est-elle centrale alors que la dette aux Etats européens n'est remboursable qu'à partir de 2020 ? Parce qu'accepter des mesures d'austérité sans restructuration de la dette ferait revenir la Grèce entièrement à la logique précédente où les excédents budgétaires ne servaient qu'au remboursement éternel des créanciers. Autrement dit, l'économie grecque serait ponctionnée pendant des années par des taxes et plombée par des mesures budgétaires restrictives (l'excédent primaire doit être de 3,5 % du PIB à partir de 2018 dans le nouvel accord) afin de rembourser les créanciers. Ce serait, en pire, la situation italienne depuis le milieu des années 1990 où les excédents primaires se succèdent et conduisent à un affaiblissement de la croissance qui, à son tour, rend les excédents primaires encore plus nécessaires... Un cercle vicieux qui laisserait l'économie grecque, malgré les investissements Juncker et l'assouplissement quantitatif de la BCE dans des tourments infinis, la Grèce n'ayant pas, comme l'Italie, un secteur exportateur fort.

Eviter le « coup d'Etat financier »

Mais cette logique ne prévaut guère devant celle des créanciers qui peut se résumer par ces mots : « pas un euro des contribuables aux Grecs. » La tâche désormais du gouvernement grec d'ici à jeudi est d'arracher un accord sur la dette afin de maintenir dans la majorité le plus de député de Syriza possible et éviter que les créanciers ne réussissent à obtenir ce qu'ils cherchaient depuis le début : la destruction de la majorité du premier ministre. Reste à savoir ce qu'Alexis Tsipras fera s'il n'y parvient pas...

Romaric Godin

 

Journal Libération

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Grèce : «Athènes a rempli 90% des demandes»

Un accord se rapproche entre la zone euro, le FMI et la Grèce, qui a dû se résoudre à proposer de tailler dans ses dépenses et d’augmenter certains impôts.

L’accord entre la Grèce, la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) devrait être conclu lors du Conseil européen qui aura lieu jeudi et vendredi à Bruxelles. Les dix-neuf chefs d’État et de gouvernement de la zone euro réunis lundi soir dans la capitale européenne se sont contentés de noter que les propositions détaillées soumises par Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, étaient une «bonne base», même s’il «faut continuer à travailler intensément», comme l’a expliqué Angela Merkel, la chancelière allemande. Selon une source européenne, «Athènes a rempli 90 % des demandes qui lui étaient faites». En clair, elle a dû se résoudre à proposer de tailler dans ses dépenses, notamment dans le budget des retraites, et d’augmenter les impôts (TVA, impôts sur les sociétés, cotisations sociales des retraités), ce qui est loin d’être une victoire pour le gouvernement grec.

Celui-ci n’avait plus guère le choix : la Grèce est au bord du défaut de paiement, le plan d’assistance financière européen arrivant à échéance le 30 juin, les retraits massifs effectués par les Grecs ont fragilisé le secteur bancaire désormais tenu à bout de bras par la Banque centrale européenne (BCE) et l’économie s’est effondrée (les prévisions de croissance sont passées en quelques mois de 3 % à 0,5 %). Le pays a désespérément besoin des 7,2 milliards d’euros d’aide promis par ses créanciers. Il a donc fallu faire un effort pour dégager un surplus budgétaire primaire (avant la charge de la dette) que les créanciers ont accepté de ramener à 1 % 2015 (contre 3 %), à 2 % en 2016 et à 3 % en 2017.

Réforme de la TVA

Pour ce faire, Syriza, le parti de gauche radicale au pouvoir en Grèce, a dû se résoudre à accentuer l’austérité qu’il voulait remettre en cause. Si la TVA sur l’électricité (13 % actuellement) et les médicaments (6 %) devrait rester à son niveau actuel, Athènes a accepté la simplification du système en proposant de créer trois taux (6 %, 13 % et 23 %), alors que les créanciers en exigent deux (11 % et 23 %), ce qui devrait être entériné. La Grèce accepte que la TVA réduite appliquée aux îles soit remise en cause, mais seulement pour les plus riches (Mykonos, Santorin, Rhodes). Mais elle refuse encore d’augmenter la TVA sur l’hôtellerie et la restauration à 23 % alors que cela permettrait d’atteindre les objectifs budgétaires qu’elle a acceptés. C’est un point dur, mais comme le fait remarquer une source européenne, «ce sont les touristes, notamment allemands et français, qui la paieront».

Athènes propose aussi que l’impôt frappant les revenus de plus de 50 000 euros par an soit augmenté et qu’une taxe de solidarité de 8 % touche les revenus de plus de 500 000 euros, mais que ceux inférieurs à 30 000 euros soient moins imposés. Elle accepte aussi que l’impôt sur les sociétés passe de 26 % à 29 % et qu’une taxe de 12 % touche les bénéfices de plus de 500 000 euros (elle voulait au départ un million d’euros). Les piscines, les avions, les voitures de luxe, les bateaux de plus de 10 mètres devraient aussi être davantage taxés.

Le gouvernement grec a dû se résoudre à réformer en profondeur son système de retraite, mais seulement d’ici à 2020. Il propose dans l’immédiat que les retraités voient leurs impôts augmenter de 3,9 % et qu’ils cotisent davantage au système de santé (+ 5 % en moyenne), soit un gain de près d’un milliard d’euros. Il accepte aussi que les préretraites soient supprimées, mais seulement graduellement entre 2016 et 2025, et que l’âge légal de la retraite passe dans le même délai à 67 ans (alors que Syriza avait promis de le ramener à 60 ans). Le budget de la défense devrait aussi mis à contribution en 2016 à hauteur de 200 millions d’euros, ce qui reste un effort modeste (Athènes vient, par exemple, de signer un contrat de 500 millions d’euros pour remettre à niveau des avions de surveillance côtière vieux de 40 ans…). Enfin, la Grèce s’engage à poursuivre les privatisations, mais elle exige que l’opérateur historique de télécoms et le distributeur d’électricité ne soient pas concernés.

Près de 3 milliards d'euros cette année

Au total, ces mesures sont censées rapporter 2,69 milliards d’euros en 2015 et 5,2 milliards en 2016 (2,87 % du PIB). «Pour la première fois, le poids (de l’effort) ne reposera pas sur les salariés et les retraités», a clamé le Premier ministre grec. «Nous protègerons les pensions et les salaires,  nous protégerons les familles moyennes et pour la première fois le poids reposera sur ceux qui en ont la capacité». Une affirmation qui a tout de l’autopersuation…

La zone euro et le FMI estiment cependant que l’effort proposé est encore insuffisant. Tout comme ils rechignent à se montrer trop précis sur la restructuration de la dette, alors qu’ils s’étaient engagés, fin 2012, à réexaminer la question de sa soutenabilité lorsque la Grèce dégagerait un excédent primaire, ce qui est le cas depuis 2014… «La question la plus urgente n’est pas celle du remboursement de la dette» puisqu’Athènes ne devra rien payer à la zone euro avant 2023 a ainsi éludé la chancelière manifestement soucieuse de ne pas braquer son Parlement. En revanche, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission a répété qu’il était prêt à dégager de l’argent (un milliard d’euros immédiatement) pour relancer l’économie grecque. Enfin, la question d’un prolongement du programme d’assistance financière n’est pas encore tranchée : l’idée est de le poursuivre jusqu’au printemps 2016 et de trouver des sommes supplémentaires (la somme de 30 milliards d’euros est évoquée) afin d’évite à la Grèce un retour prématuré sur les marchés financiers.

Ce sont les ministres des Finances de l’Eurogroupe qui devront finaliser l’accord au cours d’une réunion convoquée mercredi, la veille du conseil européen, les chefs d’État et de gouvernement se contentant d’en prendre acte. C’est aussi une défaite politique pour Tsipras qui voulait que le compromis soit bouclé par les «chefs» afin de montrer à ses concitoyens qu’il s’agit bien d’une affaire politique. Angela Merkel a aussi exigé que l’éventuel accord soit d’abord approuvé par la Vouli, le parlement monocaméral grec, avant que les parlements nationaux soient saisis… Pas question de risquer un énième camouflet.

Jean Quatremer

 

Journal International New York Times

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Dernière modification : 23/06/2015