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J-23/10/2015

 

 

23 octobre 2015

Journal Le Monde (daté du 24/10/2015)

Journal Libération

En Grèce, les contrats se discutent en coulisse

Officiellement, les relations économiques ne sont pas au coeur de la visite de Hollande à Athènes. Mais les chefs d'entreprises embarqués dans la délégation espèrent quand même «rattraper leur retard» dans le pays.

Cette fois, il y a comme un hic. Une espèce de vrai-faux silence gêné. Alors que le succès d’un voyage officiel se mesure souvent au nombre de zéros accumulés sur les contrats signés en quelques heures, la visite de François Hollande échappe totalement à ce baromètre. Ou tout du moins essaie d’y échapper. Dans la délégation officielle, on en fait des tonnes sur l’Histoire et la culture, passant au second plan les relations économiques. Une première. C’est qu’il est difficile quand on a bataillé aussi fort pour garder Athènes au sein de la zone euro de jouer trois mois plus tard les rapaces autour du fonds de privatisation exigé par l’Allemagne. Qui est en passe, elle, de conclure le rachat de 14 aéroports grecs régionaux mis sur le marché par Athènes pour récupérer du cash.

Mais la France dit être là pour «apporter son expertise», «changer l’image de la Grèce» aux yeux des investisseurs internationaux et soutenir ses efforts de relance de la croissance (-4% l’an dernier) et de l’emploi (27,5% de chômage). «Il y a un intérêt politique à montrer qu’on peut avoir confiance, qu’on peut engager des entreprises et des investissements, souligne un diplomate français. La Grèce ce n’est pas qu’un programme d’austérité et une dette c’est un pays ami.»

Résilience

Un point c’est tout? Les chefs d’entreprise embarqués dans les avions présidentiels - «deux Falcons, pas des 747», insiste-t-on dans l’entourage de Hollande - ne tiennent pas tout à fait le même langage. «Nous pensons qu’il est largement temps de rattraper notre retard» en Grèce, clame Eric Ghebali, directeur du développement international de Suez Environnement. Sa société a des visées sur la gestion de l’eau dans la capitale et la seconde ville de Grèce, Thessalonique, et attend avec impatience le lancement officiel des offres. Mais cela ne se fera pas par une privatisation directe; le conseil d’Etat grec l’a interdit. Va pour le partenariat-public-privé! L’entreprise Bic, elle, n’a pas quitté la Grèce même au plus fort de la crise, que son directeur général adjoint, Thomas Brette, appelle un «aléa temporaire». «La Grèce est une démocratie, nous n’avons pas d’inquiétude sur sa stabilité», ajoute-t-il avant de détailler ses plans d’agrandissement et d’investissement sur place.

Les crises grecques n’empêchent personne de vouloir une part du gâteau. «Le modèle a prouvé sa résilience», explique Paul-Alexis Bouquet chez Vinci. Une nouvelle crise est un «risque industriel que nous serons peut-être amenés à calculer mais nous pensons qu’il est limité», complète Eric Ghebali. Philippe Delleur, patron d’Alstom International est aussi du déplacement, et piaffe d’impatience. Son groupe lorgne comme l’Allemand Siemens sur le réseau ferré (Eessty) qui est à vendre et les offres doivent être bouclées en décembre. Dans les infrastructures de transport, il va falloir aussi construire la ligne 4 du métro d’Athènes. Vinci, qui est déjà le premier investisseur étranger dans le BTP et les concessions d’infrastructures en Grèce, s’intéresse à l’aéroport Castelli, en Crète, et au marché des autoroutes à péage.

La France serait donc totalement désintéressée? Pas si sûr. Et d’une, Hollande aurait fait pression sur Bruxelles pour que les financements de l’autoroute Corinthe-Patras soient assurés intégralement par l’Europe. Et qui veut achever les travaux? Vinci! Et de deux, en signant des accords d’assistance avec les administrations grecques, elle rentre à l’intérieur des ministères… Soit le meilleur moyen d’accéder directement aux dossiers économiques. Et de trois, le conseiller économique de l’ambassade de France a le statut de «membre observateur» de l’Eurogroupe au sein de Taiped, l’organisme qui gère les privatisations et qui doit trouver cinquante milliards d’euros à l’horizon 2018. De jolis petits cailloux avant de cimenter les contrats.

Laure Bretton et Fabien Perrier

Journal Libération

Journal International New York Times

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Dernière modification : 23/10/2015