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J-06/12/2016

 

 

06 décembre 2016

Journal La Tribune

Journal La Croix

Les Européens décident d’une légère réduction de la dette grecque

Les ministres des Finances de la zone euro ont acté lundi 5 décembre au soir des mesures techniques pour alléger le poids des remboursements dus par Athènes à ses créanciers. Le Fonds monétaire international juge ces mesures insuffisantes et réserve encore sa participation au troisième plan d’aide décidé en juillet 2015.

Un léger toilettage de la dette grecque. Les ministres des Finances de la zone euro, réunis lundi 5 décembre à Bruxelles, ont accordé à Athènes une série de mesures techniques sur les taux d’intérêt et la maturité de certaines dettes dues par le pays dans le but d’alléger son fardeau à rembourser. Difficile, toutefois, de parler de réelles améliorations car ces dispositions étaient en réalité prévues de longue date.

Ces mesures dites « de court terme », car elles pouvaient être prises rapidement, « auront un impact très important sur les années et les décennies à venir », a néanmoins tenu à souligner le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, qui avait annoncé huit jours auparavant la possibilité d’aboutir à un tel accord lundi.

Aucun coût pour le contribuable européen

Elles présentent surtout l’avantage – politique – de ne rien coûter au contribuable européen. Et leur effet reste très incertain, de l’aveu même de Klaus Regling, le directeur général du mécanisme européen de stabilité (MES), qui supervise les prêts de la zone euro à la Grèce.

Elles pourraient en fait n’avoir dans un premier temps qu’un impact limité sur les quelque 315 milliards de la dette grecque en 2016, ce qui représente environ 180 % du PIB malgré trois plans successifs de soutien financier par l’UE et le Fonds monétaire international (FMI) depuis 2010.

FMI et Allemagne face à face

Le FMI, de fait, ne s’y trompe pas qui considère l’avancée encore bien trop mince pour rejoindre le troisième plan d’aide à Athènes, décidé en juillet 2015 pour un montant de 86 milliards d’euros. Depuis plusieurs mois, l’institution internationale et la zone euro s’opposent sur la manière d’extraire la Grèce de six ans de crise financière, économique et sociale, le FMI plaidant pour un coup de pouce rapide et décisif sur la dette.

En face, l’Allemagne, premier créancier parmi les pays de la zone euro, reste campée sur son orthodoxie budgétaire et renvoie à 2018 un règlement de fond sur la dette, après ses élections législatives prévues en septembre 2017.

Plus d’efforts sur la Grèce

Résultat, la Grèce est prise entre deux feux. Le seul point de convergence possible entre les deux parties revient à faire porter tous les efforts par les Grecs, avec de nouvelles mesures d’austérité, y compris après la fin du programme en 2018. Une approche jusqu’alors « irréaliste » pour le FMI, mais qu’il n’exclut plus, selon une source européenne.

Ces âpres négociations ont poussé lundi 5 décembre le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem à insister sur l’objectif budgétaire d’Athènes pour 2018 et « les années suivantes » : un excédent primaire (sans la charge de la dette) de 3,5 % du PIB, qui imposerait d'« importantes réformes structurelles ». « Absurde », répondent dans un communiqué les services du premier ministre grec, qui dénoncent les « demandes extrémistes du FMI ».

« Pousser l’austérité »

Un haut responsable du FMI à Washington a rappelé que le Fonds préférerait un objectif moins ambitieux d’un excédent primaire de 1,5 % du PIB, ce qui réclamerait des réformes moins sévères. Il a regretté que ce soit le FMI que l’on accuse de « pousser l’austérité » alors que le Fonds se dit prêt à accepter des objectifs plus progressifs passant par « un allégement de la dette » de la part des partenaires de la Grèce.

Selon Jeroen Dijsselbloem, ce n’est qu’une fois qu’un accord aura été conclu sur ces réformes que le FMI décidera de participer ou non financièrement au programme d’aide. Et « il reste de travail à faire », notamment sur la réforme du marché du travail, a-t-il dit. « Nos équipes seront rapidement à Athènes pour finaliser un accord », probablement début 2017, a ajouté Pierre Moscovici.

Réformes grecques

L’UE, pressée par les échéances électorales à venir aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne, espère régler rapidement la question grecque. « L’économie grecque a fait énormément de réformes », a réagi lundi soir le ministre des Finances grec Euclide Tsakalotos. « Il est temps maintenant qu’elles portent leurs fruits », a-t-il ajouté. « Il est très important que toutes les parties, y compris le FMI, ne compromettent pas ces progrès. »

Marie Dancer

Journal Les Echos

Les Européens font un geste pour la dette grecque

Les créanciers de la Grèce se sont entendus pour accorder à Athènes des mesures d’allègement de dette dites de court terme.

Les créanciers de la Grèce se sont entendus, lundi soir, pour accorder à Athènes des mesures d'allègement de dette dites de court terme. Le principe de ce geste avait été acté en mai dernier. D'après Klaus Regling, qui dirige le Mécanisme européen de stabilité chargé de la mise en oeuvre de cet allègement, l'application de ces mesures devrait permettre de réduire le poids de la dette grecque, rapporté au PIB du pays, de 20 points de pourcentage à l'horizon 2060. Un chiffre encore largement abstrait et que Klaus Regling lui-même a conseillé d'appréhender avec prudence.

Très techniques, les mesures avancées par le MES sont de deux ordres. Elles consistent, d'une part, à étendre la maturité de certains prêts octroyés à la Grèce, pour les faire passer de 28 à un peu plus de 32 ans. Et d'autre part, le MES va agir sur les taux de certains prêts, en particulier en les convertissant en taux fixes, de manière à éviter à Athènes des remboursements aléatoires.

Un coût par Etat de 200 millions d'euros

Au total, Klaus Regling estime que le coût pour les Etats-membres de ces mesures est d'environ 200 millions d'euros. La Grèce, elle, se retrouve dans une situation paradoxale, puisque s'il est prévu qu'elle tire de modestes bénéfices de cet allègement, elle doit, dans un premier temps, assumer des coûts associés à sa mise en oeuvre.
Derrière l'effet d'annonce, l'allègement intervenu lundi soir est donc très modeste. Sur le fond, la relation semble, à nouveau, très âpre entre Athènes et ses créanciers. Si le commissaire Pierre Moscovici s'emploie régulièrement à arrondir les angles, et à souligner les « progrès » effectués par la Grèce dans la mise en oeuvre des réformes exigées d'elles, la ligne dure défendue par l'Allemagne l'a, à nouveau, emportée.

Athènes doit faire plus

Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, avait d'ailleurs choisi le week-end qui précédait cet eurogroupe pour affirmer, dans une interview, qu'Athènes devait faire des réformes ou quitter la zone euro. La fin de la « deuxième revue », étape importante du programme de réformes grecques établi dans le cadre du sauvetage financier intervenu à l'été 2015, aurait ainsi dû être annoncée au cours de cet eurogroupe. Mais il n'en a rien été, les Européens jugeant qu'Athènes doit faire plus, notamment concernant les règles qui régissent son marché du travail. Jeroen Dijsselbloem, le président de l'eurogroupe, a d'ailleurs rejeté l'idée, émise par son homologue français, Michel Sapin, qu'un accord sur ce sujet soit possible à court terme, jugeant plus « réaliste » de ne rien anticiper avant 2017.

Sachant que la conclusion de cette revue est une condition absolument nécessaire pour que le FMI puisse s'engager dans la suite des opérations avec les Européens. Autant dire qu'à ce stade, la pression reste maximale sur la Grèce. Et l'incertitude sur la suite du scénario grec, encore immense.

Gabriel Grésillon

Journal Le Monde

L’Eurogroupe valide les premières mesures d’allégement de la dette grecque

Les ministres des finances de la zone euro ont accepté que soient déclenchées les premières mesures de réduction de l’énorme dette du pays.

Les Grecs auront enfin un petit cadeau pour Noël. Les ministres des finances de la zone euro ont accepté, lors d’un Eurogroupe lundi 5 décembre à Bruxelles, que soient déclenchées les premières mesures d’allégement de l’énorme dette du pays – environ 180 % de son produit intérieur brut (PIB). Même si le chiffrage est presque impossible à effectuer, le fardeau grec s’en trouverait allégé de plusieurs milliards d’euros, alors que le pays est censé rembourser ses prêts jusqu’en 2060.

En quoi consisterait cette première réduction de la dette grecque ?

- Le Mécanisme européen de stabilité (MES), principal détenteur de la dette hellène, a proposé lundi de ne pas appliquer, sur une partie des dettes, la hausse des taux de 2 % à partir de 2017 qui avait été prévue dans le cadre des deux précédents plans d’aide au pays (le premier a été signé en 2010 pour sauver la Grèce de la faillite).

- Le MES a aussi suggéré de prolonger la maturité moyenne des dettes jusqu’à 32,5 ans, alors qu’elle est tombée à environ 28 ans après que les créanciers du pays n’ont finalement pas versé tous les prêts destinés, en 2015, à redresser le secteur bancaire grec. Ce dernier était fragilisé, mais pas autant qu’ils le craignaient.

- Enfin, le MES a étudié un changement de sa politique d’émission d’obligations afin de limiter le coût des prêts pour Athènes, en cas de hausse brutale des taux d’intérêt, pour l’instant très bas.

Ces trois mesures peuvent être avalisées très rapidement par le conseil des gouverneurs du MES, où siègent les ministres des finances de la zone euro. D’où le fait qu’à Bruxelles, on les qualifie de « court terme ».

Négociations entre Tsipras et les créanciers

Ces allégements n’ont rien d’une divine surprise. Le MES dispose d’un mandat officiel pour y travailler depuis la fin mai, après que les ministres des finances de la zone euro ont accepté de faire un geste en direction du gouvernement Tsipras. Ce dernier était parvenu, au printemps, à faire adopter une ambitieuse réforme des retraites malgré les difficultés politiques, dans un pays ravagé par six ans de récession et de mise sous tutelle financière.

Il y a quelques jours, la Commission européenne redoutait encore que le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, chantre de la ligne dure à l’égard d’Athènes, ne réclame un délai et n’exige que ces mesures d’allégement ne soient actées qu’après la conclusion de la seconde « revue » du troisième plan d’aide au pays (en tout, 86 milliards d’euros).

Cette « revue », négociation entre le gouvernement d’Alexis Tsipras et les représentants des créanciers – Banque centrale européenne (BCE), Fonds monétaire international (FMI) et MES –, est certes en bonne voie, mais elle n’était pas terminée lundi. Les discussions achoppent encore sur des divergences qui tiennent aux objectifs budgétaires et aux réformes des marchés du travail et de l’énergie, pierres angulaires de la seconde « revue » des réalisations accomplies par la Grèce.

Désaccord entre l’UE et le FMI

En outre, un désaccord persiste entre l’Union européenne et le FMI sur les objectifs budgétaires à moyen terme de la Grèce. L’excédent primaire public (hors charge de la dette) est censé atteindre 3,5 % du PIB à partir de 2018. Berlin souhaite qu’Athènes prolonge cet effort jusqu’en 2028 alors que la Commission plaide pour que ce niveau de surplus ne soit exigé que durant trois à cinq ans.

Le Fonds ne croit pas que le pays puisse y parvenir sans un nouveau train de mesures d’austérité, non prévu dans le cadre du troisième plan d’aide, ou sans un allégement important de la dette. Et il tergiverse toujours sur sa participation à ce troisième plan.

Reste la question des mesures d’allégement « à moyen et à long terme » sur la dette, elles aussi promises par les créanciers d’Athènes en mai et censées alléger bien plus significativement le fardeau hellène. Berlin restait, ces dernières semaines, sur une ligne dure, malgré l’insistance du FMI : pas question d’en parler avant la fin du troisième plan d’aide, en 2018, et surtout après les élections fédérales allemandes de 2017. Les Allemands n’ont aucune envie que cette question s’invite dans leur campagne électorale.

Cécile Ducourtieux

 

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Dernière modification : 06/12/2016