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J-16/06/2016

 

 

16 juin 2016

Challenges.fr

Dette, chômage, croissance... pourquoi la Grèce va mieux

Nikos Pappas, ministre d'Etat grec explique à Challenges, avant l'Eurogroupe de Bruxelles ce jeudi, pourquoi la Grèce est désormais sur de bons rails. 

Ministre d’Etat sans portefeuille, bras droit du Premier ministre grec Alexis Tsipras, Nikos Pappas est chargé du suivi des dossiers sensibles (investissements, allègement de la dette, secteur de l’audiovisuel). Ce docteur en économie –qui ne porte pas de cravate- est passé à Paris avant l’Eurogroupe de Bruxelles, où se retrouvent ce jeudi 16 juin les ministres des finances.

Qu’est ce qui vous a amené en France?

Le suivi de la visite que Manuel Valls a effectué début juin. J’ai eu des entretiens à propos de privatisations que nous menons. Des entreprises françaises sont en lice. Mais je ne peux pas en dire davantage…

Comment va la Grèce, alors qu’une nouvelle tranche d’aide va être débloquée et que le Bundestag allemand vient de donner son feu vert à cette aide?

Une précision importante d’abord. La presse internationale parle beaucoup du Bundestag, et de ses votes, mais nous aussi, nous avons un parlement auquel nous rendons des comptes!  La Grèce va mieux. Elle est sur de bons rails. Nous progressons: nous sommes passés d’un PIB négatif l’an dernier (-2,5%), à une croissance qui se rapproche de zéro (-0,2%). Notre déficit primaire se réduit plus vite que ce que les objectifs nous avaient fixé. L’évasion fiscale ralentit et le contrôle des capitaux a obligé les Grecs à utiliser des cartes de crédit, réduisant l’évaporation du liquide.

Vous militez pour une restructuration de votre dette, où en sont les pourparlers?

Nous sommes en négociations justement, il est trop tôt pour en parler.

Le FMI est lui aussi favorable à un allègement de la dette. Etes-vous sur la même longueur d’onde?

Pour obtenir un allègement, oui, mais faire davantage d’efforts qui créeront davantage d’austérité, non! Mais nous sommes en pourparlers.

Votre programme de réforme a avancé, sur la base de l’accord de l’été dernier qui a suscité beaucoup de remous dans la population. La pilule est-elle passée?

L’accord de juillet était nécessaire. Celui que le gouvernement précédent avait passé avec les créanciers était irréaliste. Un de ses ex-ministres vient d’ailleurs de reconnaître publiquement qu’ils avaient signé des objectifs qu’ils savaient inatteignables. L’accord que nous avons passé est difficile, mais réalisable, et surtout il a obtenu l’aval de la population qui a pu s’exprimer lors des élections anticipées de septembre. Par ailleurs, nous avons initié les réformes les plus difficiles dès l’automne, tout de suite après le vote. Le Parlement grec vient d’entériner ces réformes et pas une voix ne nous a manqué!

Vous venez notamment de boucler la réforme des retraites. Quel en est l’esprit?

Auparavant le système était très fragmenté et injuste. Imaginez: il y avait 930 manières différentes de calculer une pension! Nous avons unifié les règles, quelle que soit la profession, et certaines professions –avocats, ingénieurs, pharmaciens- n’ont pas apprécié. Nous allons lancer une 2ème vague de réformes qui cette fois s’attaqueront à l’évasion fiscale.

Une des faiblesses de l’économie grecque reste le chômage. Comment le combattez vous?

S’il a un tout petit peu décru, il est malheureusement toujours à 24%. Il ne se réduira pas de moitié en deux ans. On ne peut pas faire de miracle! Nous tâchons de mettre en place un environnement stable. Et nous avons adopté des l’an dernier des mesures humanitaires: rétablir l’électricité pour 300.000 foyers, faire en sorte que 2 millions de personnes aient accès à une assurance maladie.

La population est fatiguée, la popularité d’Alexis Tsipras a baissé. Comment gérez vous ce passage à vide?

C’est difficile, c’est vrai. Mais le plus dur est derrière le Premier ministre. Il est actuellement au coude à coude avec le leader de l’opposition. Nous avons initié des réformes difficiles mais nécessaires. Il faut qu’inlassablement nous en expliquions la logique. La Grèce est sur la bonne voie. Longtemps elle a été le problème de l’Europe, aujourd’hui elle est une partie de sa solution.

Vous militez pour une autre Europe. Suivez vous la campagne électorale espagnole?

Je croise les doigts pour Podemos! Nous devons travailler à une nouvelle Europe plus solidaire, où les pays sont moins repliés sur eux mêmes. Nous devons entraîner la gauche et les socialistes à travailler à un nouvel agenda.

Sabine Syfuss-Arnaud

 

Journal Les Echos

Journal Le Figaro

Pourquoi la Grèce ne devrait pas troubler l'été des dirigeants européens

Les créanciers européens devraient donner leur feu vert au versement d'une aide d'un montant total de 10, 3 milliards d'euros, jeudi. Cela devrait permettre au pays d'honorer ses tombées de dettes estivales

C'est confirmé: sauf revirement de situation, le dossier grec ne s'envenimera pas cet été. Et c'est bien ce que voulait l'Union européenne qui tremble aujourd'hui non plus à cause de la menace d'un Grexit (sortie de la Grèce de la zone euro) comme ce fut le cas l'été dernier, mais à l'approche du référendum britannique sur le «Brexit» le 23 juin (sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne).

Après de longues négociations avec ses créanciers (UE et Fonds monétaire international), la Grèce devrait en effet recevoir, dès la semaine prochaine, un premier versement de 7,5 milliards d'euros du «MES», le Fonds de sauvetage de la zone euro. Cette nouvelle aide permettra au gouvernement d'Alexis Tsipras d'assurer le paiement d'arriérés et plusieurs remboursements aux créanciers dont 2,2 milliards à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet.

Ce n'est pas la fin de l'histoire

Réunis en Conseil des gouverneurs du MES à Luxembourg ce jeudi, les ministres des Finances de la zone euro devraient en effet donner leur ultime feu vert à un versement total de 10,3 milliards d'euros dans le cadre du plan d'aide de 86 milliards d'euros conclu l'été dernier. Cette aide était conditionnée à l'adoption de réformes impopulaires - comme la refonte du système des retraites - qui ont déclenché de nombreuses grèves.

Mais ce n'est pas la fin de l'histoire : si le premier paiement de 7,5 milliards d'euros devrait être déboursé la semaine prochaine, après un dernier aval des directeurs du Trésor de la zone euro, vendredi, l'argent restant (2,8 milliards d'euros) ne sera versé qu'à la condition que la Grèce adopte de nouvelles réformes, plus tard... Sans compter que la Grèce et les créanciers doivent toujours s'attaquer à l'épineux allégement de la dette du pays qui explose.

La BCE devrait rétablir un régime de faveur pour les banques grecques

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle étape dans le dossier grec poussera certainement la Banque centrale européenne (BCE) à décider, mercredi prochain, de rétablir un régime de faveur pour les banques grecques, ce qui ferait le plus grand bien à l'économie du pays. Et pour cause, ce régime - supprimé en février 2015 - permet aux banques du pays de se refinancer gratuitement auprès de la BCE en échange de titres d'État grecs (garanties apportées à l'institut de Francfort) alors même qu'ils sont irrecevables en l'état.

Manon Malhère

 

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Dernière modification : 16/06/2016