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J-09/02/2017

 

 

09 février 2017

Journal Le Figaro

Grèce: les Européens contestent le rapport alarmiste du FMI

Le Fonds monétaire international avertit que la dette grecque, qui frôle 180% du PIB, est «totalement intenable» à long terme et deviendra «explosive» après 2030.

C'est une bombe qui fait sérieusement craindre une nouvelle crise grecque. Alors que les relations sont déjà extrêmement tendues entre Athènes et ses créanciers (UE, FMI) sur la mise en œuvre du troisième plan d'aide, le Fonds monétaire international vient de rendre public un rapport particulièrement alarmiste. La dette grecque, qui frôle 180% du PIB, est «totalement intenable» à long terme et deviendra «explosive» après 2030, affirme à nouveau l'institution de Washington. Et selon ses nouvelles estimations, cette dette risque de peser plus de 250% du PIB à l'horizon 2060.

Le message est une énième fois lancé aux Européens, et en particulier aux Allemands, qui refusent de s'accorder dès aujourd'hui sur l'épineux allégement de la dette grecque. Sauf que le FMI a conditionné sa participation officielle au plan d'aide de 86 milliards d'euros. Et, ironie du sort, dans certains pays dont l'Allemagne, garder le Fonds à bord est fondamental pour la crédibilité de ce programme.

Quant aux efforts budgétaires imposés aux Grecs une fois le programme fini, à partir de 2018, l'institution de Washington n'y va pas non plus de main morte dans son rapport. «La Grèce n'a pas besoin de davantage d'austérité en ce moment», insiste-t-elle. Trop «ambitieux», les objectifs budgétaires fixés par les Européens et qui imposent à Athènes de se serrer la ceinture «ne favorisent pas la croissance». Un sujet qui suscite toutefois des divisions chez les membres du conseil d'administration du Fonds, réputé pour ses positions généralement dures à l'égard des réformes que le pays doit mettre en œuvre.

Le président de l'Eurogroupe n'a pas mâché ses mots

Il reste que les Européens n'ont pas l'intention de changer de cap. Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe et ministre des Finances néerlandais, proche de son homologue allemand Wolfgang Schäuble dont la position se durcit en coulisse vis-à-vis de la Grèce, n'a pas mâché ses mots. Le rapport «très sombre du FMI a entre-temps été rattrapé par la réalité», a-t-il indiqué, mardi, dans une interview accordée à la télévision néerlandaise RTLZ . «La Grèce se porte déjà mieux maintenant que ce qui est décrit dans le rapport.»

Même son de cloche du côté du fonds de sauvetage de la zone euro (Mécanisme européen de stabilité - MES). «Il n'y a pas de raison de faire une évaluation alarmiste de la situation de la dette grecque», insiste un porte-parole de l'institution. «L'Europe a clairement pris des engagements pour soutenir la Grèce avec un allégement de la dette supplémentaire après le programme d'aide (2018), à condition que cela soit nécessaire», rappelle-t-il. Et surtout, après les élections néerlandaises, françaises et allemandes, qui se tiennent cette année. Sauf que le FMI a besoin de garanties dès aujourd'hui pour décider de participer au plan d'aide.

Un défaut de la Grèce n'est pas exclu

Le temps presse. Le spectre d'une crise grecque qui a frappé l'Europe en 2015 et menaçait d'un Grexit ressurgit bel et bien. Le rapport du FMI «réduit davantage la probabilité qu'il contribuera au plan d'aide, et accroît alors le risque que les paiements stopperont et la Grèce sera forcée de faire défaut», avertit le cabinet Capital Economics dans une note publiée mercredi. En effet, les créanciers n'ont pas l'intention de débloquer une nouvelle tranche d'aide à la Grèce si un compromis n'est pas trouvé. Or, Athènes va avoir besoin d'argent dès cet été pour rembourser de lourdes échéances qui pèsent plusieurs milliards d'euros.

Nul doute qu'un compromis sur les efforts budgétaires à partir de 2018 que la Grèce devra respecter serait une première étape. Pour les Européens, il n'est pas question de les revoir à la baisse. Aussi, afin de rallier le FMI à bord, Athènes est sommée d'adopter de nouvelles mesures d'austérité - par exemple, une baisse des retraites - qui seront mises en œuvre si nécessaire. Ce qui ne passe pas chez les Grecs, sous la tutelle des créanciers depuis 2010... La prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) aura lieu le 20 février.

Manon Malhère

 

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Dernière modification : 09/02/2017