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J-17/02/2017

 

 

17 février 2017

Journal La Tribune

Journal L'Humanité

Journal Le Monde (daté du 18/02/2017)

Journal Le Figaro

Jannis Kounellis, la mort d'un poète de l'Arte povera

DISPARITION - Peintre de formation, il devint sculpteur du vide et de la vie. Le grand artiste grec installé en Italie vient de mourir à 80 ans. Il laisse une œuvre singulière qui mêle sculpture et symboles dans une simplicité théâtrale où le spectateur devenait acteur.

Il suffit d'aller à Chaumont-sur-Loire et de voir sa belle installation de cloches juchées sur de hauts piquets pour ressentir la force et la poésie de ce grand maître de l'arte povera. Toute l'histoire de l'homme résonne là comme un glas. Jannis Kounellis vient de nous quitter à seulement 80 ans.

C'est l'un des grands noms de l'Arte povera qui disparaît et avec lui la fin d'une époque dont il reste peu de représentants. Michelangelo Pistoletto, né en 1933 à Biella dans le Piémont, est son vétéran plein de panache à 83 ans. Giuseppe Penone qui aura 70 ans début avril pour l'installation de sa sculpture monumentale à Rome devant le Palazzo Fendi, est le benjamin de ce courant révolutionnaire à la fois intellectuel et sculptural qui défia les conventions et modifia l'espace de l'art.

C'est aussi un autre temps de l'art qui s'éloigne un peu plus de nous, un temps plus immatériel et plus utopique, loin des règles de l'argent et du show off, loin du temps précipité et de la consommation de l'art devenu souvent produit de luxe. Cette disparition intervient à deux mois de la 57e Biennale de Venise où, pour l'instant, il ne figure pas parmi les 120 artistes de Viva Arte Viva, l'exposition orchestrale conçue par la française Christine Macel qui s'ouvre le 13 mai au public pour sept mois.

Du Caravage à l'abstraction du langage fragmenté

Né au Pirée en 1936, Jannis Kounellis quitte la Grèce à vingt ans pour Rome où il étudie à l'Académie des Beaux-Arts. Peintre issu d'une tradition picturale (Caravage, Munch, De Chirico, les cubistes...), il lui devra l'influence première de l'expressionnisme abstrait et de l'art informel, point de départ de son œuvre singulière, sensuelle et réflexive, où le minéral épouse l'organique, où l'absence fait partie intégrante de l'œuvre, où la simplicité est éloquente, et de ses alliances nouvelles si en adéquation avec le nouveau monde l'après-guerre.

C'est un artiste qui d'emblée cherche à communiquer autrement, tout de suite, au premier regard, au premier frisson, avec le sens du grandiose, comme dans le théâtre antique grec dont il est nourri. En 1960, ses débuts ont lieu, à Rome , à la galerie La Tartaruga. Dans ses premières œuvres, il peint des signes typographiques sur fond clair, invention d'un nouvel ordre abstrait par ce langage fragmenté, comme pulvérisé.

L'arte povera, courant tout neuf défini par le jeune critique d'art génois Germano Celant, emploie volontairement des matériaux banaux, voire humbles, que l'art transforme et mythifie, comme la feuille de laurier de la Pythie de delphes. Kounellis s'en sert en maestro: ses installations sont de véritables scénographies qui occupent tout l'espace de la galerie et englobent le spectateur devenu acteur et protagoniste de l'œuvre. Il y placera jusqu'à des chevaux et des animaux vivants, contrepoint aux géométries construites qui évoquent la production industrielle. Dans la Margherita di fuoco apparaît même le feu, élément mythologique par excellence, via un trivial chalumeau.

Chef d'orchestre, démiurge, poète, témoin

Histoire de l'art en marche! Kounellis marque à jamais les esprits en 1969 avec sa performance les 12 Chevaux bien vivants qui sont attachés aux murs de la galerie L'Attico de Fabio Sargentini. Il livre ainsi, souligne Chiara Parisi qui l'accueillit en 2016 à La Monnaie de Paris, «une véritable expérience aux visiteurs en positionnant l'énergie vivante, animale ou humaine, au centre de son œuvre avec ces Chevaux en 1969. Il le réitère aussi dans Nabucco en 1970 ou les quartiers de viande suspendus de Barcelone, tout comme à la Synagogue Stommeln Pullheim quand des poissons évoluaient dans une assiette, menacés d'un couteau en 1991». Chef d'orchestre, démiurge, poète, témoin presque extérieur de ce qui survient, il est un peu tout cela.

Avec les années 1970, l'enthousiasme - au sens premier qui convoque la présence du divin- de Kounellis s'alourdit. Les rêves d'utopie de l'Arte Povera qui voulait sortir de la société de consommation, des espaces traditionnels d'exposition, musées ou galeries, deviennent sources de désenchantement et de frustration . Son travail traduira de plus en plus cet essoufflement, tant par des répétitions d'œuvres que par des réactivations d'installations historiques. Kounellis l'exprime d'abord avec sa porte fermée de pierres présentée pour la première fois à San Benedetto del Tronto. Comme souvent dans sa pratique, il la répétera au fil des ans et l'adaptera à de nouveaux lieux d'exposition, de Rome à Baden-Baden, de Londres à Cologne.

Éternel vieux guerrier de l'art

En 1971 à l'invitation du grand critique d'art et universitaire italien, Achille Bonito Oliva (il était présent à Rome au Palazzo della Civiltà Italiana pour le dernier vernissage de son ami Giuseppe Penone), Kounellis participe à la Biennale de Paris. En 1972, il participe pour la première fois à la Biennale de Venise. Il fera ainsi halte dans tous les grands rendez-vous de l'art, de Documenta l'Allemande si révolutionnaire à Kassel en 1972 à la grande foire internationale d'ArtBasel 2016, du Maxxi de Rome aux autres biennales plus classiques, comme un éternel vieux guerrier de l'art.

Avec l'âge, la fougue qui était la sienne s'exprime plus durement, comme dans l'installation funèbre de Chaumont-sur Loire: de 2008 à 2010, neuf salles du Château se sont muées en un labyrinthe poignant où 137 cloches en bronze sont suspendues à 137 poutres en peuplier, dressées du sol au plafond! Les années se teintent d'amertume et d'ombres. La suie remplace le feu, les animaux empaillés remplacent les animaux vivants. La chair est mise à nu. Comme dans le travail cru et expressionniste présenté aux Espai Poublenou de Barcelone en 1989: des quarts de bœuf fraîchement abattus, fixés au moyen de crochets à des plaques métalliques et éclairés de lampes à l'huile. Une référence formelle au Bœuf écorché de Rembrandt (1655) et de Soutine (1925).

En 2002, l'artiste réactive solennellement l'installation de ses Chevaux vivants à la prestigieuse Whitechapel Gallery de Londres et, peu après, à la Galerie Nationale d'Art Moderne de Rome . On l'a vu encore au printemps dernier à La Monnaie de Paris, grâce à l'invitation opportune de sa directrice artistique, Chiara Parisi. Il avait conçu son exposition en peintre, comme une fresque vivante, réactivant, dans les salons XVIIIe si dorés et parisiens de La Monnaie, Da inventare sul posto, tableau joué par une ballerine et un violoniste qui repoussait encore et toujours les limites de l'art. Il devait participer à un débat sur l'art contemporain à la Villa Médicis de Rome , dans quinze jours.

Jannis Kounellis restera comme le poète de la métaphore visuelle et de la mythologie contemporaine qui s'est exprimé en devin par le charbon, le coton, les sacs de jute et les amas de pierres.

Valérie Duponchelle

 

Magazine Télérama

Qui était Jannis Kounellis, maître de l'Arte Povera, mort à l'âge de 80 ans ?

L’artiste gréco-italien, dont l’œuvre s’inscrivait dans le mouvement Arte Povera revendiquant la pauvreté visuelle, est mort le 16 février 2017, à l’âge de 80 ans.

Moustache et cheveux blancs, veste anthracite : quelques mois avant sa mort, le 16 février 2017, Jannis Kounellis apparaissait aussi sobre que son œuvre à l’élégance brute, mêlant panneaux d’acier, suie et sacs en toile de jute. Cailloux laconiques, manteaux suspendus à des crochets de fer : une rigueur ascétique se dégage de ses mises en scène solennelles qui, à première vue hermétiques, s’avèrent chargées de sens…

A vingt ans, ce fils de marin (né au Pirée en 1936) largue les amarres pour Rome , où il fréquente les Beaux-Arts. L’heure est aux découvertes : tableaux en toiles à sac d’Alberto Burri, monochromes fendus au rasoir de Lucio Fontana, pieds-de-nez conceptuels de Piero Manzoni... Très vite, Kounellis peint ses premières œuvres: des tableaux couverts de grandes lettres noires, de chiffres, flèches et autres symboles. L’idée ? Montrer l’art comme une langue des signes.

Dans les années 60, Kounellis s’aperçoit que la peinture n’est pas adaptée à la complexité du monde. Qu’à cela ne tienne ! Il sort du cadre, remplaçant les toiles par des plaques d’acier, et les pigments par des objets disposés dans l’espace. Egalement écrivain, l’artiste fait de ces éléments les mots de son dictionnaire visuel, qu’il réutilise et combine à l’infini… devenant malgré lui l’un des pionniers de l’Arte Povera.

Arte Povera

Le mouvement se dessine en 1967, sous l’influence du critique d’art Germano Celant, lors d’une exposition collective à Gênes. Une douzaine d’artistes (dont Kounellis, Giovanni Anselmo, Mario Merz et Giuseppe Penone) s’oppose au côté clinquant (trop mercantile !) du pop art, et à la neutralité (trop stérile !) du minimalisme. Tôle, laine, bois, abats: les matériaux humbles et quotidiens sont à l’honneur, dans cette guérilla lancée contre la société de consommation et l’hégémonie du marché de l’art américain.

Créer du sens : c’est le but premier de Kounellis, et de l’Arte Povera. En 1969 à Rome , le Grec frappe fort en exposant douze chevaux vivants, transformant la galerie de l’Attico en écurie. Confrontation brutale entre nature et culture ! La frontière entre la vie et l’espace d’exposition (blanc et aseptisé) vole en éclats. Devenus des signes vivants, les chevaux renvoient aux tableaux équestres de l’art classique… qu’ils dynamitent du même coup. L’art ne représente plus, il présente.

L'Homme au cœur de l'œuvre

Manteaux, chaises : tout chez Kounellis renvoie à l’Homme, épicentre et mesure de toute chose. Les plaques d’acier ? Elles ont le format standard d’un sommier métallique. Souvent suspendus, les objets soulignent la force de gravité liant l’homme à la terre. Epées de Damoclès, outils de cuisine ou armes du crime, les couteaux évoquent la violence, tragiquement quotidienne, de l’existence. Symbole du feu maîtrisé et de la révolution industrielle, le charbon renvoie quant à lui à l’humanité. Les manteaux noués les uns aux autres ? A la solidarité.

Chez ce grand lecteur de tragédies grecques, objets et matériaux ont un sens politique. Lié à l’Histoire et à la mémoire, l’art de Kounellis reste marqué par la guerre – tout comme le théâtre de Samuel Beckett, dont il s’inspire. Bombonnes de gaz projetant du feu, fumée associée à des fragments de sculptures classiques, portes murées, cloches recouvertes de linceuls… L’artiste exprimait la perturbation, le passage du temps, le mystère de l’existence. La mort… mais aussi la reconstruction. Sans explications et souvent sans titres, il continuait de nous confronter à la pureté (et la crudité) de ses présentations, qu'il renouvelait sans relâche. A nous de les digérer, et de méditer sur notre place dans le monde…

Joséphine Bindé

 

Magazine Télérama

Les médias grecs, victimes collatérales de la crise

Alors que la crise poursuit ses ravages en Grèce, les médias subissent les effets de la dégringolade économique. Première victime : l'historique groupe de presse DOL, dont les deux titres de référence, "Ta Nea" et "To Vima" ont disparu des kiosques.

« Nous n'avons même plus la trésorerie pour acheter le papier nécessaire à l'impression des journaux ». Le visage de Kostas Delezos s'assombrit : ce responsable syndical, représentant des journalistes du quotidien Ta Nea vient de sortir d'une assemblée générale agitée, empreinte d'angoisse et d'amertume. Personne ne sait comment réagir à la chute de l'empire DOL, auquel appartient ce titre historique de la presse grecque, mais tout le monde a compris que l'issue risquait d'être fatale. La fermeture du groupe ou de certains de ses titres signifierait la mise au chômage assurée pour au moins 500 salariés. Comme To Vima, l'hebdomadaire du groupe, Ta Nea est à bout de souffle financier. Un dernier tour de rotative a été donné le 8 février. Les journaux, désormais, ne sont plus présents en kiosque. Ils ne subsistent qu'en ligne, écrits par des journalistes auxquels les salaires n'ont pas été versés depuis plus de six mois. Pour la presse grecque, un monde s'achève, et un autre commence. Mais nul ne sait quelle en sera la romance.

Une affaire de famille

Né dans les années 30, DOL était un fleuron des médias grecs. A la base, une famille fondatrice, les Lambrakis. Le père d'abord (Dimitrios),  le fils ensuite (Christos). DOL signifie d'ailleurs « Δημοσιογραφικ?ς Οργανισμ?ς Λαμπρ?κη », « organisme de presse Lambrakis ». Il s'est développé autour du titre To Vima puis de Ta Nea, est également implanté sur Internet avec un site d'actualité, in.gr, et possède des radios comme VimaFM, ou encore des parts dans la chaine de télévision MegaChannel... sans compter les sociétés de distribution de presse, maisons d'édition et régies publicitaires.

Peu avant sa mort, en 2009, Christos Lambrakis, qui n'avait pas d'enfants, cède l'essentiel de ses parts à Stavros Psycharis, son poulain. Celui-ci fait d'abord ses armes journalistiques comme reporter, puis grimpe les échelons dans le groupe jusqu'à devenir directeur du plus grand et plus populaire quotidien, Ta Nea, affichant une ligne de centre-gauche. « Autant Lambrakis était un être gentil, très cultivé, autant Psycharis était désagréable, voire insultant », se souvient Yannis Androulidakis. Journaliste, il a quitté la rédaction en 2012 après avoir mené une bataille syndicale contre la suppression de la convention collective et l'application de contrats individuels – un changement du droit du travail rendu possible en Grèce par les mémorandums qui, depuis 2010, sont signés avec les partenaires européens et le FMI qui et accordent au pays des prêts en échange de politiques d'austérité. Pour les salariés, ces contrats se sont alors soldés par une baisse de salaire de 20% et des pertes sociales importantes. Stavros Psycharis expliquait à l'époque que ces mesures permettraient d'éviter des pertes d'emploi, rappelle Yannis Androulidakis. Mais le patron savait en fait qu'il allait licencier : « Il me l'a dit lors d'un entretien auquel il m'avait convoqué après la publication d'un tract. » C'était à la fin de l'année 2011.

200 millions d'euros de dette

Déjà, le groupe allait mal. L'empire était « un des principaux symboles de la diaploki, c'est-à-dire l'interconnexion entre les intérêts médiatiques, économiques et politiques », explique Nikos Smyrnaios, chercheur à l'Université de Toulouse. Et ce dès la création du groupe. Journaliste spécialiste des médias, Christos Xanthakis précise : « le but premier de Lambrakis était d'avoir de l'influence ». Pour Yannis Androulidakis, « DOL était un faiseur de roi jusqu'au début des années 2000. Il était notamment un soutien de Simitis [Premier ministre de 1996 à 2004 appartenant au Pasok, le parti social-démocrate grec, NDLR] ». C'est notamment à cette période que remontent les racines de la crise actuelle grecque. Et aujourd'hui, les médias en sont, eux-aussi, victimes.

« DOL, comme nombre d'autres sociétés privées, connaît de sérieux problèmes économiques, principalement à cause de la crise, mais aussi à cause des emprunts très élevés qu'avait souscrits le groupe », explique Kostas Delezos. Aujourd'hui, les dettes de DOL atteignent 200 millions d'euros. Une part de ces prêts bancaires a été contractée dans les années 2000, sans présenter les garanties nécessaires, afin que Stavros Psycharis rachète des parts de DOL. « L'époque Psycharis avait une certaine superbe, ironise Kostas Delezos. L'homme avait des amis dans les banques qui lui versaient des emprunts sans assurance. Les banques ont installé Psycharis à la tête du groupe... sans respecter leurs propres règles ! » Avec la crise qui sévit en Grèce depuis 2010, les ventes des journaux et magazines ont chuté, les recettes publicitaires se sont effondrées. « Mais Psycharis a continué à contracter des dettes », explique Christos Xanthakis. Ancien directeur de la rédaction de Ta Nea, Dimitris Mitropoulos rappelle qu'« il existe actuellement des procédures judiciaires contre Psycharis. La banque Alpha lui a prêté de l'argent pour racheter une part du groupe. Il est mis en examen dans cette affaire, ainsi, d'ailleurs, que pour soupçon de fraude fiscale et suite à l'enquête sur la transparence menée par le Parlement. » A partir de juillet 2016, les problèmes ont été flagrants : les salaires n'ont plus été versés aux salariés. En décembre 2016, le groupe devait rembourser 99 millions d'euros. Il ne disposait pas de la somme dans ses caisses.

L'influence et l'argent 

Ce groupe de médias historiques trouvera-t-il un repreneur ? « Lambrakis a besoin d'une recapitalisation de 25 millions d'euros » affirme Dimitris Mitropoulos. Mais si l'ex-directeur de la rédaction reconnaît qu'il y a une « chute catastrophique du chiffre d'affaires », il n'y voit pas la seule raison de la chute de l'empire. Pour lui, les médias sont attaqués par le gouvernement en place, dirigé par Alexis Tsipras, Premier ministre issu du parti de la gauche grecque Syriza. Cet avis, le chercheur Nikos Smyrnaios ne le partage pas : « le modèle de ces entreprises est faussé originellement car il dépendait de financements soit publics, soit bancaires non liés à l'activité journalistique ou éditoriale. » Avec son sens de la synthèse, Christos Xanthakis résume : « Là où Lambrakis voulait avoir de l'influence, Psycharis, lui, voulait gagner de l'argent. »

A l'évocation d'erreurs potentielles des rédactions, Dimitris Mitropoulos soupire : « Le problème, ce ne sont pas les journalistes. La nouvelle génération est vraiment très bonne. Ce sont les investisseurs. Ceux à venir sont pires que les précédents. »

Fabien Perrier

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Dernière modification : 17/02/2017