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J-03/05/2017

 

 

03 mai 2017

Journal Le Monde (daté du 04/05/2017)

Journal Les Echos

Journal Les Echos

La Tribune

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Journal La Croix

Journal La Croix

En Grèce, l’économie reste en panne

Huit ans après le déclenchement de la crise grecque, le pays n’a pas réussi à relancer la croissance et l’emploi. Un quatrième plan d’aide paraît inévitable.

Comment va l’économie grecque?

Électroencéphalogramme plat. En 2016, le Produit intérieur brut (PIB) de la Grèce a calé (0 % de croissance), d’après la première estimation publiée il y a un mois par l’organisme grec des statistiques. Une mauvaise nouvelle, alors que les prévisions d’Athènes et de ses créanciers tablaient sur un léger rebond de 0,3 %.

Depuis le déclenchement de la crise hellène en 2009, l’activité du pays n’aura connu qu’une seule année dans le vert, avec un encourageant + 0,8 % en 2014. Mais l’année suivante, les négociations tendues et prolongées entre le pays et ses créanciers ont fait replonger l’économie en récession (– 0,2 %).

La dette, du coup, représente toujours obstinément 180 % du PIB et prive l’économie de toute marge de manœuvre. Le chômage a légèrement décru, tout en restant très élevé (23 % aujourd’hui, contre 24,4 % à l’automne 2015, selon Eurostat).

Athènes a également dégagé l’an dernier un excédent budgétaire primaire (hors remboursement de la dette) de 3,5 %, en avance sur le calendrier fixé par les créanciers. C’est une performance rare en Europe – la France n’a connu qu’une seule année en excédent primaire depuis 1995.

Ce mardi 2 mai, un accord de réduction de la dette de 7 milliards d’euros a été signé entre la Grèce et ses créanciers. Il permet au pays d’éviter un défaut de paiement, ce qui aurait provoqué une nouvelle crise de la zone euro. En contrepartie, le gouvernement grec prend l’engagement de réduire les retraites – de 9 % en moyenne – et d’augmenter les impôts.

Pour autant, l’économiste Patrick Artus, chez Natixis, juge « irréaliste sur la durée et mortifère » l’effort budgétaire opéré par le pays. De fait, les faillites d’entreprises sont toujours plus nombreuses que les créations en Grèce.

Pendant ce temps, la fiscalité s’alourdit, surtout sur les classes moyennes: la TVA est passée de 19 % à 24 % ; l’impôt foncier et les cotisations sociales ont été relevés ; un impôt sur la téléphonie a été créé sans oublier de nouvelles hausses de taxes sur le tabac et l’essence.

Peut-elle se redresser?

« Le problème, décrypte l’économiste Christopher Dembik, chez Saxo Bank, c’est que le pays n’a dans ces conditions aucun moteur intérieur pour se redresser, qu’il s’agisse de la consommation des ménages ou de l’investissement des entreprises. » Ces dernières souffrent aussi du contrôle des capitaux instauré voilà bientôt deux ans et de la fiscalité qui en conduit beaucoup à délocaliser en Bulgarie.

« Le tourisme est le seul relai de croissance, poursuit Christopher Dembik. Les trois plans successifs d’aide au pays ont privilégié une approche comptable, focalisée sur des objectifs budgétaires à court terme. Aujourd’hui, personne n’a de vision d’un modèle de développement pour la Grèce et pas un centime n’a été versé pour soutenir les entreprises, tout est destiné au remboursement des créanciers. » Au point qu’un quatrième plan d’aide paraît inévitable, surtout si rien n’est fait pour alléger le fardeau de la dette hellène.

Quelle est la situation sociale?

Selon l’« Indice de justice sociale » publié par la fondation allemande Bertelsmann, la Grèce occupait la vingt-huitième et dernière place des pays de l’Union européenne en 2016, derrière la Bulgarie et la Roumanie.

Les indicateurs pris en compte sont la prévention de la pauvreté, une éducation équitable, l’emploi, la cohésion sociale, la santé et la justice intergénérationnelle. Avec un quart de la population vivant sous le seuil de pauvreté (370 € par mois) et un taux de chômage de 25 % en moyenne, la situation sociale est catastrophique.

Le plan de rigueur imposé en avril 2015 a réduit considérablement le budget de nombreux services publics, dont les hôpitaux. Et un deuxième plan d’économies de 3,6 milliards d’euros vient d’être accepté par le gouvernement. Les chambres hospitalières sont surchargées, et, faute de moyen, certains soins de base ne sont plus assurés. Un quart des Grecs n’a pas de couverture médicale. Face à de telles perspectives, les jeunes – dont le taux de chômage avoisine les 50 % – quittent massivement le pays.

Pour contester ces mesures de rigueur, les syndicats grecs ont appelé à la grève nationale lundi 1er mai, qui a rassemblé 10 000 personnes à Athènes. Le chef du parti communiste Dimitris Koutsoumbas a déclaré que les Grecs doivent « reprendre tout ce qui nous a été volé durant la crise ». Une autre grève générale est prévue le 17 mai.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a réclamé dans une lettre adressée au président de la commission européenne Jean-Claude Juncker et au président du Conseil européen Donald Tusk leur « aide pour défendre ensemble le droit de la Grèce à revenir aux critères du modèle social européen ».

Marie Dancer et Guillemette de Préval

Journal Libération

Pourquoi la Grèce évite (pour l'instant) une nouvelle crise

Athènes est parvenu à un accord préliminaire avec ses créanciers qui devrait ouvrir la voie à des discussions sur la réduction de sa dette.

Faut-il y voir le signe d’un simple bis repetita ou l’imminente annonce d’une sortie de tunnel. Il est, sans doute, encore trop prématuré pour en juger tant les points de détails pourraient très vite se transformer en blocages insurmontables. En attendant, il y a comme un air de déjà-vu dans les pourparlers qui opposent depuis des mois la Grèce à ses créanciers, Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international. Certes, ce n’est qu’un accord préliminaire, mais tout semble sur le point d’être résolu… Alors que tout paraissait paralysé il a encore quelques semaines. Ainsi vont les négociations entre la Grèce et ses créanciers, elles balancent entre espoir et désespoir. La Grèce a donc paré (pour l’instant) au risque d’un retour à la crise en s’entendant avec ses bailleurs sur un nouveau tour de vis d’austérité, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle réduction d’une dette publique qui frôle les 180% du PIB.

Annoncée ce mardi par le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, et confirmé du côté de la Commission européenne, à l’issue de négociation marathon dans la nuit de lundi à mardi, l’accord «technique préliminaire» entre la Grèce et ses créanciers a été jugé «équilibré et viable», par le porte-parole du gouvernement grec. Tout aussi optimiste, le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, y voit même le début de la fin de la purge infligée à la Grèce depuis 2010 en échange des trois programmes de prêts.

Pour honorer sa prochaine échéance relative à sa dette externe, Athènes doit débourser 7 milliards d’euros en juillet. Or, à l’image de ce qui s’est passé l’an passé à la même époque, les caisses du Trésor grec ne permettent pas de s’acquitter d’une telle somme. Pour convaincre ses créanciers de lui verser de quoi faire face à cette prochaine échéance, le gouvernement de gauche d’Aléxis Tsípras a dû accepter de légiférer par avance des économies supplémentaires de quelque 3,6 milliards d’euros pour 2019, année d’élections législatives, et 2020. Voilà qui devrait permettre d’éviter tout risque de défaut de paiement en juillet prochain.

14e diminution des retraites

Ces mesures, qui doivent encore être votées d’ici la mi-mai par le Parlement grec, se traduiront par une quatorzième diminution des retraites (-9% en moyenne) et une hausse d’impôts y compris sur les très faibles revenus (5 900 euros par an). Certes, Aléxis Tsípras fera valoir auprès des députés qu’il a obtenu de ses créanciers un accord lui permettant d’adopter des mesures anti-pauvreté et pour un montant équivalent. Mais rien n’est pour autant gagné. D’autant plus que le Premier ministre grec figure à la traîne dans les sondages derrière l’opposition de droite, pour avoir accepté après son arrivée au pouvoir début 2015 la prorogation de politique d’austérité. Restera, si le Parlement grec accepte les termes de l’accord préliminaire, de revenir vers les ministres des Finances de la zone euro pour avaliser le projet d’accord. Rendez-vous a été fixé au 22 mai.

En attendant, ce nouveau deal doit permettre d’ouvrir un autre chantier, celui de l’allégement de dette grecque. «L’accord préliminaire va maintenant être complété par de nouvelles discussions dans les prochaines semaines sur une stratégie crédible pour s’assurer que la dette grecque est supportable», a confirmé mardi le Mécanisme européen de stabilité (MES). Le Fonds monétaire international l’a de son côté admis : la dette grecque n’est pas soutenable. Et le FMI est très réticent à continuer à financer la Grèce sans accord préalable sur une restructuration de la dette.

En juillet 2015, la Grèce et ses créanciers avaient conclu un accord sur une troisième tranche de prêt de 86 milliards d’euros. Mais le FMI, qui s’oppose aux objectifs budgétaires fixés par la zone euro pour la Grèce tout en estimant que la dette publique grecque n’est pas soutenable, conditionne sa participation financière à ce troisième plan d’aide à un geste en faveur d’Athènes. Mais Berlin n’a cessé de freiner des quatre fers refusant, législatives allemandes du 20 septembre en ligne de mire, tout allégement de la dette. Mais cette fois, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble met en avant, ce qui n’est pas coutume, la bonne volonté du gouvernement grec dans l’adoption des mesures d’austérité exigées par ses créanciers. Pas au point de rassurer les milliers de Grecs qui ont défilé le 1er mai pour dénoncer l’intransigeance des créanciers du pays.

Vittorio De Filippis

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Dernière modification : mercredi 03 mai 2017